"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

19 mars 2011

Quand le prêtre n'est pas très érudit (Fulgence de Carthage)



Première lecture : Osée 4,6-11
"Mon peuple périt, faute de connaissance. Puisque toi, tu as rejeté la connaissance, Je te rejetterai de mon sacerdoce; puisque tu as oublié l’enseignement de ton Dieu, à Mon tour, J’oublierai tes fils. Tous tant qu’ils sont, ils ont péché contre Moi, Je changerai leur gloire en ignominie. Du péché de Mon peuple, ils se nourrissent, de sa faute, ils sont avides. Mais il en sera du prêtre comme du peuple; Je lui ferai expier sa conduite, Je lui revaudrai ses oeuvres. Ils mangeront, mais sans se rassasier, ils se prostitueront, mais sans s’accroître, car ils ont abandonné le Seigneur Dieu pour se livrer à la prostitution. Le vin et le moût font perdre le sens."


messe de saint Paul
évangéliaire de Drogon de Metz, 9ème siècle


Deuxième lecture
Quand le prêtre n'est pas très érudit - Fulgentius Ferrandus
était diacre à Carthage au 6ème siècle. Il était célèbre pour sa défense de la Foi Orthodoxe contre les Ariens.

De la Lettre Dogmatique du Diacre Ferrandus "Contre les Ariens" : L'action du prêtre

L'action du prêtre est double : d'abord il intercède afin d'être entendu,
et une fois entendu, alors il rend grâce.
Dans son intercession, il offre le sacrifice de supplication,
dans son action de grâce, il offre le sacrifice de louange.
Dans son intercession, il présente les besoins des pécheurs,
dans son action de grâce, il énumère les bienfaits accordés avec miséricorde à ceux qui se sont amendés.
Dans son intercession, il implore le pardon pour le coupable,
dans son action de grâce, il désire se réjouir avec ceux qui sont absous.
Et ainsi en est-il avec le Christ:
possédant la prêtrise éternelle qu'au contraire des autres prêtres, pas même la mort n'a pu interrompre,
Il intercède pour nous en offrant le sacrifice de Son propre Corps sur la Croix,
et Il intercède pour nous tous, maintenant aussi,
désirant que nous aussi devenions un pur sacrifice pour Dieu.

Mais lorsque la Divine Miséricorde sera devenue parfaite en nous,
lorsque la mort aura été écrasée victorieusement,
lorsque toutes nos tristesses auront disparu,
lorsque, comblés de tous bienfaits,
nous ne pécherons plus,
plus jamais nous ne nous lamenterons,
plus jamais n'aurons nous à souffrir de l'ennemi, le démon,
mais nous régnerons dans la paix et la félicité.
Alors, à vrai dire, le Christ n'intercédera plus pour nous,
car nous n'aurons plus besoin de demander quoi que ce soit.
Cependant, jamais Il ne cessera de rendre grâce pour nous,
comme actuellement c'est par la médiation de notre Grand Prêtre
que nous offrons le sacrifice de louange.

Alors le Christ sera toujours le Grand Prêtre
par la médiation de Qui nous offrirons le sacrifice de louange.
Toujours, Il S'abaisse car Il est le prêtre.
Cependant, parce que le Christ est un à jamais,
Il est Lui-même le Grand Prêtre,
et Il est Lui-même Dieu, Qui avec le Père et le Saint Esprit,
est adoré, béni et glorifié par les fidèles.
Il intercède Lui-même,
Il rend grâce Lui-même,
Et Il accorde Lui-même la Grâce.

traduit du "Lectionnaire monastique" latin


saint Odon de Cluny

18 mars 2011

les substituts à la viande & laitages en Carême (Pravmir / p. David Moser)

http://pravmir.com/what-about-meat-and-dairy-substitutes-during-great-lent/



Chaque année à l'approche du Grand Carême, il y a comme une course à la recherche de bonnes recettes de carême, rapides, faciles et nourrissantes. De plus en plus souvent, ces recettes contiennent des produits à base de soja ou d'autres produits végétaux qui ont été transformés de manière à ressembler et à être utilisé comme de la viande ou des produits laitiers. Avec l'apparition de ces produits, il semble que la question de savoir s'il y a "tricherie" ou pas puisse se poser. Après tout, quand quelqu'un sait se préparer un "hamburger végétarien" avec du "fromage" de soja pour dîner, en quoi cela serait-il différent d'aller manger dans un fast-food? Afin de comprendre comment ces substituts végétaux de viande et de laitages rentrent dans notre régime alimentaire carémique, il est nécessaire de prendre du recul et de réfléchir (au moins un peu) au pourquoi nous nous abstenons de viande.



Dans l'Hexameron, son grand ouvrage sur la Création, saint Basile le Grand nous donne quelques aperçus sur le lien étroit entre l'âme et le sang d'un animal. Commentant Lévitique 17,11, il dit :"..selon l'Écriture, 'la vie de toute créature est dans son sang' vu que le sang qui s'épaissit change en chair, et la chair lorsque corrompue, se décompose et retourne à la terre.. voyez l'affinité de l'âme avec le sang, du sang avec la chair, de la chair avec la terre" (homélie 8,2). C'est important pour nous qui jeûnons parce que la viande que nous mangeons, la chair d'animaux, est étroitement associée à l'âme animale. Qu'elle soit animale ou humaine, l'âme est le siège de la volonté et du désir, des sensations et émotions, et de l'intellect. On trouve fréquemment dans les cultures primitives la croyance qu'un chasseur ou un guerrier peut acquérir les caractéristiques de sa proie ou de son ennemi en mangeant sa chair. Vu l'étroite relation entre la chair et le sang, et le sang et l'âme, il devient plus clair qu'en consommant la chair des animaux, nous "communions" quelque part à leur volonté et passions animales. De la nature, nous voyons ce même processus dans l'alimentation du nourrisson par la mère qui l'allaite. La mère ne donne pas seulement au petit les nutriments physiques requis, mais en lui donnant un produit de son propre corps, elle lui communique les caractéristiques de sa nature. En s'abstenant de viande et de laitages, pendant le Carême nous nous abstenons de cette "communion" avec l'animal afin de pouvoir affaiblir les passions bestiales de notre nature déchue, afin de pouvoir plus facilement résister et vaincre les tentations et les appels qui en proviennent.

Gardant cela à l'esprit, revenons-en à la question des substituts de viande et de laitages. Ces substituts sont en général obtenus par raffinement de protéines végétales (habituellement dérivés de soja ou de gluten de blé) qui ont été traités pour leur donner une forme et une texture qui sont similaires aux produits carnés qui font habituellement partie de notre régime alimentaire. Ce n'est pas la forme et la texture de la viande qui nous relient aux passions bestiales, mais c'est plutôt le lien au sang de l'animal et dès lors son âme. Vu que ces substituts de viande sont à base végétale (et les plantes n'ont pas d'âme et dès lors ne nous communiquent pas les passions par leur nature), ce n'est donc pas la même chose que de la viande, malgré leur apparence et texture. Il est simple dès lors de voir qu'il n'y a pas d'objection de principe à utiliser ces substituts végétaux de viande.



Cependant, la question subsiste pour nous. Quelle est la raison pour tout ce processus de transformation de la plante afin de ressembler à de la viande et autre produit d'origine animale? Une des raisons tient dans nos habitudes culinaires, l'habitude de préparer de la nourriture avec des protéines animales. En utilisant ces substituts de viande et laitages, nous n'avons pas à réorganiser complètement nos cuisines et recettes. Nous parlons ici de la facilité de préparer la nourriture et de la facilité d'utiliser des techniques de cuisson qui nous sont familières. Dans un monde qui vit à un rythme fou, cette facilité nous donne la capacité de répondre plus facilement à toutes les sollicitations de nos vies, qui ne diminuent pas rien que parce que c'est temps de carême. En ayant ces produits pour notre facilité, nous sommes à même de nous couper d'un côté de l'influence de l'âme animale, et de l'autre de continuer à remplir nos obligations.

Un autre aspect similaire à celui de facilité précité, c'est la raison que dans nombre de ménages, en particulier dans la culture occidentale, il manque la connaissance du comment préparer des repas équilibrés sans utiliser de viande. Ces substituts de viande et laitages permettent à la cuisinière moyenne d'être à même de préparer des repas carémiques sans avoir à sacrifier l'aspect nutritionnel.



Dans les 2 exemples précités, le bénéfice spirituel de la facilité et du fait de ne pas devoir apprendre de nouvelles techniques de cuisine est important. Si nous avions à restructurer nos vies juste pour nous soumettre aux exigences du régime alimentaire carémique, alors une grande partie de notre temps et de notre énergie serait gaspillée dans cet effort plutôt que d'être investi dans un accroissement des labeurs spirituels du Grand Carême. Bien entendu, cela présuppose que nous augmentions effectivement nos efforts spirituels – en terme de prières tant à l'église qu'en privé, lecture de livres et articles spirituels, accroissement des oeuvres de miséricorde et ainsi de suite. C'est ici que nous commençons à voir peut-être une raison pour éviter les substituts de viande et de laitages. Si vous n'allez pas augmenter vos efforts spirituels, alors il n'y a réellement aucun bénéfice dans la facilité apportée par l'utilisation de ces aliments. Il vaudrait mieux avoir investi le temps et l'énergie à apprendre à cuisiner des aliments carémiques, et à travailler à réorganiser sa cuisine, que de gaspiller le temps épargné à ces efforts en continuant nos activités mondaines habituelles. Un autre problème en relation est exprimé par la recommandation patristique que durant le jeûne, nous devrions manger moins en quantité, et que l'argent que nous épargnons ainsi puisse être donné pour les pauvres. Lorsque nous payons fort cher pour ces substituts de viande et laitages, et que nous mangeons autant que d'habitude, alors non seulement il n'y a aucun gain financier, mais nous dépensons plus pour la nourriture que durant les périodes sans jeûne.



Il y a une autre raison qui rend moins approprié l'usage de ces substituts de viande et laitages. C'est que ces substituts nous permettent de manger des aliments plus goûteux et plus agréables pendant le jeûne. C'est une défaite. Il n'est pas utile de se retrancher d'une source de tentation (l'âme animale) d'un côté, pour nous soumettre de l'autre à nos tentations de gloutonnerie et d'amour du plaisir de la table de l'autre. Il vaut mieux manger des aliments simples et naturels sans de coûteux substituts à la viande et laitage, que d'utiliser ces derniers pour préparer des plats goûteux et agréables.




L'utilisation de substituts de viande et laitages n'est pas en soi-même un problème spirituel – ce sont simplement des aliments à base végétale transformés pour donner une autre apparence mais sans changement fondamental. Spirituellement, manger un "hamburger végétarien" n'est en rien différent de manger ses composants végétaux. Le danger de ces substituts de viande et laitages, c'est dans la manière dont nous les utilisons. Si nous les employons pour libérer du temps et de l'énergie pour nous adonner à toujours plus d'efforts spirituels, alors c'est cohérent avec le Carême. D'un autre côté, si nous utilisons ces aliments pour nous apporter une opportunité d'alimenter d'autres passions, et que nous gaspillons le temps gagné en frivolités, alors il vaudrait mieux que nous n'en achetions pas. Il est nécessaire de s'examiner en son âme et conscience, et là où il y a le moindre doute, de demander à votre confesseur comment faire. Le but du Grand Carême est de nous donner la possibilité d'un plus grand renoncement à soi, et d'affaiblir les passions qui nous assaillent de toutes parts. Ces substituts à la viande et aux laitages sont des moyens à utiliser dans cet effort. S'ils nous aident dans cet effort, alors ils peuvent être utilisés. Si d'un autre côté, ils sont là comme des barrières bloquant notre développement spirituel, alors il faut les éviter.

Archiprêtre David Moser


16 mars 2011

Présanctifiés - différences de pratique entre Grecs et Slaves (mgr Basile Krivochéine)

http://www.holy-trinity.org/liturgics/krivoshein-greekandrussian.html



[...]
On ne pourrait pas dire cela à propos du Grand Canon de saint André de Crète. Il est très populaire parmi les Russes, étant un de ces moments qui amènent à une attitude de repentance durant le Grand Carême. Il a lieu de manière presque imperceptible chez les Grecs. Pour eux, un Office de Carême plus populaire et aimé et bien suivi (à l'exception de la Semaine de la Passion), c'est l'Acathiste à la Mère de Dieu. Les Grecs ne se contentent pas de l'avoir aux Matines de la Cinquième Semaine, comme le prescrivent les anciens Typikons, mais ils l'ont plus souvent, l'ayant divisé en 4 parties et le célébrant à Complies pendant les 4 premières semaines du Grand Carême. Ici, l'on peut trouver une vénération plus intense de la Théotokos durant le cycle du Carême, s'il n'y avait pas eu d'autres facteurs contradictoires dont nous parlerons plus loin. Paradoxalement, les prières pour les Catéchumènes deviennent une marque caractéristique du Grand Carême puisque, en dehors de la Liturgie des saints Dons Présanctifiés, les Grecs ne les entendent pas durant les autres périodes de l'année.

On pourrait penser que la Liturgie des saints Dons Présanctifiés pourrait avoir la même signification pour les Grecs et pour les Russes. Les fidèles aiment cet Office et sont nombreux à y participer, en particulier s'il est célébré au soir, comme cela devrait être le cas, bien que cette "audacieuse nouveauté" rencontre encore de fortes objections et n'est pas partout pratiquée, excepté chez les Orthodoxes en Occident. Cependant, quand bien même il n'y aurait pas de notables différences dans la célébration de la Liturgie des Présanctifiés, qui pourrait avoir un impact sur l'expérience spirituelle des fidèles, il y a pourtant d'importantes différences théologiques, qui bien que non-officiellement formulées, marquent les actions et les paroles des célébrants derrière les iconostases.

A la grande surprise de nombre de laïcs et même de clergé qui ne suspectent même pas cela, c'est ici que surgit la question : est-ce que le vin dans le Calice, durant la Liturgie des saints Dons Présanctifiés, se change pour devenir le Précieux Sang du Seigneur, comme cela a lieu durant les Liturgies de saint Jean Chrysostome et saint Basile le Grand, ou est-ce que cela reste ce que c'est, en dehors du fait que cela a été béni et sanctifié? En tout cas depuis l'époque de Pierre Mogila, la Liturgie russe répond par la négative : le vin n'est pas changé. Ce point de vue est démontré par le fait que le célébrant consommant le Corps du Christ présanctifié, qui a été humecté avec le Précieux Sang sanctifié à la Liturgie chrysostomienne ou basilienne, boit au Calice sans prononcer les paroles qu'il prononce lorsqu'il consomme lors d'une Liturgie "complète." De plus, s'il célèbre sans diacre et qu'ensuite il consomme le restant des Dons lui-même, il ne boira pas du Calice. Le diacre qui consomme le restant des Dons à la fin de la Liturgie ne boit jamais du Calice même quand il reçoit la Communion. Boire du Calice est vu comme un empêchement pour consommer le restant des Dons, comme l'expliquent les "Notes concernant certaines procédures pour la célébration de la Liturgie des saints Dons Présanctifiés," qui remonte à l'époque de Pierre Mogila :"Si le prêtre célèbre seul.. il ne boit pas du Calice jusqu'à la fin de la Liturgie. Même si le vin est sanctifié en y versant des parcelles (du saint Corps), il n'est pas transubstantié en Divin Sang, puisque les paroles de l'Institution n'ont pas été prononcées dessus comme c'est le cas lors des Liturgies de saint Jean Chrysostome et saint Basile le Grand." Cette même opinion est exprimée dans la pratique de l'Église de Russie, qui n'admet pas les petits enfants à la Communion durant la Liturgie des Présanctifiés, car à leur âge, ils sont incapables d'avaler une parcelle du Corps du Christ et le vin n'est pas considéré comme ayant été changé en Précieux Sang. Comme mentionné dans les livres liturgiques bien que pas de manière très explicite, la pratique grecque laisse supposer ce qui semble être une position théologique complètement différente. Concernant la Liturgie des Présanctifiés, il est brièvement noté : "Le prêtre consomme... des Saints Dons comme durant la Liturgie de saint Jean Chrysostome." A savoir que lorsqu'il boit du Calice, il dit "Le précieux et saint Sang de notre Seigneur et Dieu et Sauveur Jésus-Christ m'est donné.." Dès lors, ce qui est dans le Calice est considéré comme étant le Sang du Christ. Ce point est soutenu par la pratique de boire 3 fois au Calice, comme pendant les Liturgies chrysostomienne et basilienne, ce qui n'aurait pas beaucoup de sens si ce qui était prononcé ne l'était qu'à propos de vin et non pas du Saint Sang. Après tout cela, le célébrant consomme les Saints Dons comme durant les Liturgies habituelles. Quant aux explications théologiques, nous les retrouvons chez les liturgistes helléniques à partir du 11ème siècle : lorsque les parcelles du Corps du Christ sont déversées dans le Calice, le vin se change en Précieux Sang du Seigneur au contact avec Son Corps.

Je ne m'exprimerai pas personnellement concernant cette question théologique importante. Poser une décision à propos de cette différence (si elle existe réellement, car on ne saurait tirer de conclusion sérieuse sur base de différentes pratiques qui concernent des différences de croyance), ce serait au delà de ma compétence, car l'Église, ni dans le monde hellénique, ni en Russie, n'a adopté la moindre décision conciliaire sur le sujet. Je remarquerai seulement que l'explication du changement du vin en Sang du Christ par le contact avec une parcelle du Corps me semble étrange, et est inconnu des anciens Pères. Quant à la "note" de Pierre Mogila, elle est de toute évidence non-applicable vu sa terminologie scolastique ("transubstantiation") et sa théologie non-Orthodoxe d'après laquelle, l'Épiclèse est remplacée par les paroles de l'Institution durant la sanctification des Dons Eucharistiques.

Les éditeurs des livres liturgiques en Russie l'ont bien compris : bien qu'ils incorporent la "note" de Pierre Mogila dans le texte, sa partie la plus choquante, que nous avons partiellement citée ci-dessus, est mentionnée entre parenthèses. D'un autre côté, la théorie d'un changement par le contact est aussi faible : elle ne laisse nulle place à l'Épiclèse. En ce qui concerne la pratique russe, elle semble être plus correcte, mais elle est contradictoire puisqu'elle prescrit au célébrant de boire à 3 reprises du Calice (quel sens cela pourrait-il avoir si ce n'est pas le Sang du Christ?). Et pourtant elle est excessive car elle lui interdit d'en boire s'il célèbre seul.

15 mars 2011

Le nectar spirituel du Mont Athos (père Païssios l'athonite)

Η πνευματική γύρη
Όταν είχα έρθει στο Άγιο Όρος, γύριζα στο περιβόλι της Παναγίας, όπως συνήθως όλοι οι αρχάριοι, για να βρω τα αρωματισμένα λουλούδια της Παναγίας -αγίους Γεροντάδες- και να πάρω πνευματική γύρη.
Γέροντας Παΐσιος

Lorsque je suis arrivé au Mont Athos, j'ai parcouru le Jardin de la Toute Sainte, comme le font habituellement tous les débutants, afin de trouver les fleurs parfumées de la Mère de Dieu – les saints anciens – et d'en tirer le nectar spirituel.
Ancien Païssios l'Athonite


14 mars 2011

Cierges et bougies: leur signification et symbolisme (iera moni Vatopedi)

http://vatopaidi.wordpress.com/2009/09/16/%E2%80%9Cthese-truths-we-hold%E2%80%9D-part-ix/


Allumer un cierge et des lampes d'icônes (lampadas) a une signification symbolique spéciale dans l'Église Chrétienne, et on ne saurait accomplir d'Office Chrétien sans cela. Dans l'Ancien Testament, lorsque le premier Temple de Dieu a été construit sur terre – le Tabernacle – les Offices y étaient célébrés avec des lampes, comme le Seigneur Lui-même l'avait ordonné (Exode 40,5; 40,25). Suivant l'exemple de l'Église de l'Ancien Testament, l'allumage des cierges et des lampadas n'a pas manqué d'être inclus dans les Offices de l'Église du Nouveau Testament.

Le Livre des Actes d'Apôtres mentionne l'allumage de lampes pendant les Offices à l'époque des Apôtres. Ainsi, à Troas, où les disciples du Christ se réunissaient le premier jour de la semaine (dimanche), afin de "rompre le Pain," à savoir célébrer l'Eucharistie, il y avait beaucoup de lampes dans la chambre haute (Actes 20,8). Cette référence à un grand nombre de lampes signifie qu'elles ne servaient pas qu'à l'éclairage mais pour leur signification spirituelle.

L'antique rituel Chrétien d'apporter une lampe pour l'office vespéral a mené à l'actuel ordo des Vêpres avec son entrée et au chant de l'ancien hymne "Joyeuse Lumière," qui exprime l'enseignement Chrétien de la lumière spirituelle qui illumine l'homme – le Christ, la Source de la Lumière qui donne la grâce. L'ordo de l'Office des Matines est aussi lié à l'idée de la Lumière Incrée du Christ, manifestée dans Son Incarnation et Sa Résurrection.



Les Pères de l'Église témoignent aussi de la signification spirituelle des cierges. Au 2ème siècle, Tertullien écrivait "Nous ne célébrons jamais un Office sans cierges, et pourtant nous ne les utilisons pas simplement pour disperser les ténèbres de la nuit – nous célébrons aussi nos Offices en plein jour – mais afin de représenter de la sorte le Christ, la Lumière Incréée, sans Qui en plein jour nous errerions comme si nous étions perdus dans les ténèbres de la nuit" (Oeuvres, 3ème éd., Kiev, 1915, p.76). Saint Jérôme écrivait au 4ème siècle que "dans toutes les Églises d'Orient, on allume des cierges même quand il fait jour, lorsque l'on va lire les Évangiles, en vérité non pas pour dissiper les ténèbres, mais comme signe de joie.. afin que par cette lumière matérielle nous puissions ressentir la Lumière dont nous lisons dans les Psaumes (119,105) : Ta Parole, lampe à mes pieds, et lumière sur mon chemin" (Oeuvres, 4ème partie, 2ème édition, Kiev, 1900) [Traité contre Vigilantius, ndt]

Saint Sophrone, patriarche de Jérusalem, écrivait au 7ème siècle : "Les lampadas et les cierges représentent la Lumière Éternelle, et aussi la lumière qui rayonne du juste" ("écrits des saints pères, Saint-Petersbourg 1855, vol 1). Suite au "horos" des saints pères du 7ème Concile Oecuménique, dans l'Église Orthodoxe, les saintes Icônes et reliques, la Croix du Christ et le saint Évangile ont à être honorés par encensement et bougies.
Et saint Siméon de Thessalonique (15ème siècle) écrivait que "l'on allume aussi des cierges devant les Icônes des saints, par honneur pour leurs bonnes oeuvres qui resplendissent en ce monde" (oeuvres, Moscou, 1916, p. 108).



Le fidèle Orthodoxe allume des cierges devant les Icônes comme signe de sa foi et de son espérance dans l'aide de Dieu, qui est toujours accordée à ceux qui se tournent vers Lui et vers Ses saints avec foi et prières. La bougie est aussi un symbole de notre amour brûlant et reconnaissant envers Dieu. Pendant la lecture des 12 Évangiles de la Passion, lors des Matines du Vendredi Saint, les fidèles se tiennent avec une bougie ou un cierge à la main, remémorant les souffrances du Seigneur et brûlant d'amour pour Lui. Une ancienne coutume chez les Chrétiens Orthodoxes de tradition russe est de ramener à la maison un cierge allumé durant cet Office, et de tracer un Signe de Croix avec sa flamme sur leur porte, en souvenir des souffrances de notre Seigneur et comme protection contre le mal.



Lors des Vêpres du Vendredi Saint, quand l'Epitaphion / Plashchanitsa (linceul) est amené depuis l'Autel et aussi pendant les Matines des Lamentations le Samedi Saint, les fidèles se tiennent avec une bougie allumée, comme signe d'amour pour le Christ crucifié et décédé, montrant leur foi dans Sa radieuse Résurrection. Pour Pâques, au moment de la procession autour de l'église, en mémoire des femmes Myrophores qui étaient venues avec des lampes allumées au sépulcre du Seigneur, les fidèles s'avancent avec une bougie allumée à la main, qu'ils gardent jusqu'à la fin de la Liturgie pascale, exprimant leur grande joie et le triomphe spirituel.

Depuis les temps anciens, lors des offices hiérarchiques, on emploie des porteurs de cierges. Les fidèles se courbent avec révérence lorsqu'ils sont bénis par l'évêque avec le dikeri – le cierge double représentant les deux Natures du Christ, Sa divinité et Son humanité – et le trikeri – le cierge triple représentant la Sainte Trinité. On allume aussi cierges et bougies pendant la célébration de la sainte Eucharistie.

Le saint Baptême est célébré avec le prêtre portant tous ses habits liturgiques et tous les cierges et bougies sont allumés. Trois cierges sont allumés devant le font baptismal comme signe que le Baptême est accompli au Nom de la Sainte Trinité. Et la personne qui va être baptisée (si c'est un adulte) ainsi que ses parrain et marraine, tiennent un cierge en main pendant la procession autour du font baptismal, exprimant ainsi la joie de l'entrée d'un nouveau membre dans l'Église du Christ.



Lors de la cérémonie de mariage, le prêtre remet un cierge allumé à l'époux et à l'épouse avant qu'ils n'entrent dans l'église pour y recevoir le Sacrement de Mariage; ils garderont ce cierge allumé en main tout au long de la cérémonie afin de symboliser leur profond amour l'un pour l'autre, et leur désir de vivre avec la bénédiction de l'Église.



Lors du Sacrement des Malades, on allume 7 bougies autour du récipient d'huile bénite, comme signe de l'action de la grâce venant des dons du Saint Esprit. Et lorsque le corps d'une personne décédée est apporté à l'église, on place 4 cierges autour du cercueil afin de former une croix, pour montrer que le défunt est Chrétien. Pendant l'Office des funérailles, de même que les Offices de commémoration, les fidèles se tiennent avec une bougie allumée, comme signe que l'âme du défunt a quitté ce monde et est entrée dans le Royaume des Cieux – celui de la Lumière de Dieu, celle qui jamais ne s'éteint.



Pendant la Liturgie des Présanctifiés, dans la partie Vêpres, le prêtre béni l'assemblée avec un cierge allumé et un encensoir, proclamant "La Lumière du Christ illumine tout!" La veille de la Nativité du Christ et de la Théophanie, on place un cierge allumé devant l'Icône de la fête, qui est placée au milieu de l'église, pour nous rappeler la naissance et la venue sur terre du Christ notre Sauveur, le Donateur de la Lumière. Lors de toutes les Divines Liturgies, des cierges allumés sont portés en procession dans diverses parties de l'office liturgique.



On allume donc des cierges, bougies et lampadas lors de tous les offices religieux, et cela avec une grande varité de significations spirituelles et symboliques. "En effet le Dieu qui a dit: Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos coeurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ" (2 Co 4,6). Dès lors, allumer des cierges à l'église est aussi une expression pour les fidèles de leur adoration et amour de Dieu, leurs sacrifices pour Lui, et en même temps leur joie et le triomphe spirituel de l'Église. En se consummant, les cierges nous rappellent la Lumière qui ne s'éteint jamais, celle qui réjouit les âmes des justes qui sont dans le Royaume des Cieux pour avoir plu à Dieu.

Extrait de "These Truths We Hold – The Holy Orthodox Church: Her Life and Teachings". Compiled and Edited by A Monk of St. Tikhon’s Monastery. Copyright 1986 by the St. Tikhon’s Seminary Press, South Canaan, Pennsylvania 18459.

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Métropolite Vitaly : "Les cierges sont apparus dans toutes les églises Orthodoxes aux premiers siècles de notre ère. Eusèbe de Césarée rapporte que pendant la vigile pascale, les fidèles allumaient une telle quantité de bougies que la nuit semblait être comme le jour. C'était des cierges de cire, dont la taille les faisait ressembler plutôt à des cierges-pilliers actuels"
Parish Life, mai 1988




Un jour Abba Lot alla voir Abba Joseph, et lui dit : "Abba, selon ce que je peux, je fais mon petit Office de prière, je jeûne un peu, je prie et je médite, je vis en paix, et autant que je peux, je purifie mes pensées. Que puis-je donc faire d’autre ?" L’ancien se leva, il étendit ses mains vers le ciel, et ses doigts devinrent comme dix lampes de feu. Et il dit à Abba Lot : "Si tu le veux, tu peux devenir tout entier comme un feu".



La signification des bougies dans les Offices (saint Jean de Cronstadt)
http://orthodoxservices.blogspot.com/2007/07/meaning-of-candles-in-services.html
Les cierges qui brûlent sur l'Autel représentent la Lumière incréée de la Trinité, car le Seigneur demeure dans une lumière qu'on ne saurait approcher. Ils représentent aussi le feu de la Divinité qui détruit notre impiété et nos péchés. Les bougies que l'on allume devant les icônes du Sauveur signifient qu'Il "est la Vraie Lumière qui illumine tout homme venant dans le monde" (Jean 1,9); en même temps, Il est un feu qui englobe et ravive nos âmes et nos corps. Les cierges allumés devant les icônes de la Mère de Dieu sont un symbole du fait qu'elle est la Mère de la Lumière Inapprochable, et aussi de son amour si pur et brûlant pour Dieu, et de son amour pour l'humanité. Les cierges allumés devant les icônes des saints reflètent leur ardent amour pour Dieu, pour Qui ils ont tout donné, abandonnant tout ce à quoi tiennent les hommes dans cette vie, y compris leur propre vie, comme l'ont fait les saints apôtres, les martyrs et tant d'autres. Ces bougies signifient aussi que ces saints sont des lampes qui brûlent pour nous, et nous apportent la lumière par leur propre vie de sainteté, leurs vertus, et leur ardente intercession pour nous devant Dieu par leurs constantes prières jour et nuit. Les cierges qui brûlent sont là aussi pour représenter notre ardent zèle et notre sincère sacrifice que nous faisons par dévotion et reconnaissance envers eux pour leur sollicitude en notre faveur devant Dieu.



Saint Nicolas Velimirovic : Les lampes de vigiles sont allumées pour nombre de raisons
http://96.0.18.35/forum/viewtopic.php?p=1452&hilit=deeds
1. Parce que notre foi est lumière. Le Christ a dit "Je suis la Lumière du monde" (Jean 8,12). La lumière des lampadas nous rappelle cette Lumière par laquelle le Christ illumine nos âmes.
2. Afin de nous rappeler le caractère radieux du saint devant l'icône duquel nous allumons la lampada, car les saints sont appelés "fils de la Lumière" (Jean 12,36; Luc 16,8).
3. Afin de nous servir de reproche pour nos oeuvres de ténèbres, nos mauvais désirs et pensées, et afin de nous appeler à revenir sur le chemin de la lumière évangélique; de sorte que nous nous efforcions avec plus de zèle à accomplir le commandement du Sauveur "que votre lumière brille devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres" (Mathieu 5,16).
4. Afin que la lampada soit notre petit sacrifice à Dieu, Qui S'est donné Lui-même entièrement en sacrifice pour nous, et comme petit signe de notre grande gratitude et de notre ardent amour pour Celui dont nous demandons en prière pour la vie, la santé, et le Salut, et toutes choses que seul un infini amour céleste pourrait nous donner.
5. Afin que la terreur frappe les puissances du mal, qui nous attaquent parfois même pendant la prière et nous écartent les pensées loin du Créateur. Les puissances maléfiques aiment les ténèbres et tremblent devant toute lumière, en particulier celle qui appartient à Dieu et à ceux qui Lui plaisent.
6. Afin que cette lumière nous guide vers le désintéressement. De même que l'huile et la mèche (ou la cire) brûlent dans la lampada, soumises notre volonté, que nos âmes brûlent aussi de la flamme de l'amour dans toutes nos souffrances, étant toujours soumises à la volonté de Dieu.
7. Afin de nous enseigner que de même que la lampada ne sait pas s'allumer sans notre intervention, ainsi notre coeur, qui est notre lampe intérieure, ne sait pas s'allumer sans le saint feu de la Grâce de Dieu, quand bien même nous serions remplis de toutes les vertus. Car toutes nos vertus ne sont, après tout, que comme du combustible, mais le feu qui les consomme provient de Dieu.
8. Afin de nous rappeler qu'avant toute chose, le Créateur du monde a créé la lumière, et puis ensuite tout le restant dans l'ordre : "Et Dieu dit 'que lumière soit', et lumière fut" (Genèse 1,3). Et cela doit aussi être un commencement pour notre vie spirituelle, afin qu'avant toute chose, la lumière de la vérité du Christ brille en nous. De cette lumière de la vérité du Christ naîtra tout bien, qui jaillira et grandira en nous.
saint Nicolas, évêque de Zica et Ochrid




et quand nous n'avons pas la possibilité d'allumer nos cierges.. ils s'allument tous seuls!

13 mars 2011

L'honneur rendu aux images saintes (dimanche de l'Orthodoxie - saint Jean Maximovitch, saint Basile, saint Grégoire, etc)



"L'honneur rendu à l'image passe à celui que l'image représente"
saint Basile le Grand, Traité du Saint-Esprit, XVIII 45, P.G. 32, cοl. 149 C



Au 6ème siècle, le pape de Rome, en tant que métropolite pour la Provence, s'adressait à Serenus, évêque de Marseille, qui avait fait enlever les saintes icônes dans ses églises :
"Ce n'est pas sans raison que l'antiquité a permis de peindre dans les églises la vie des saints. Εn défendant d'adorer ces images, vous méritez l'éloge; en les brisant, vous êtes dignes de blâme. Autre chose est d'adorer une image, autre chose d'apprendre par le moyen de l'image à qui doivent aller nos adorations. Οr ce que l'Écriture est pour ceux qui savent lire, l'image l'est pour les illettrés..."
saint Grégoire le Grand, pape de Rome, lettre 1,9 P.L. LXXVII cοl. 949



"Gardant les lois de l'Église observées par nos pères, nous peignons les images, nous les vénérons de notre bouche, de notre coeur, de notre volonté, celles du Christ et de tous les saints. L'honneur et la vénération adressés à l'image remontent au prototype: c'est la doctrine des Pères inspirés de Dieu, c'est celle que nous suivons"
saint Théophane le Marqué, chant 6 du Canon des Matines



"A l'avenir, quiconque enlèvera, anéantira, déshonorera ou insultera les images du Seigneur ou de Sa sainte Mère ou des Apôtres, etc..., ne pourra recevoir le Corps et le Sang du Seigneur et sera exclu de l'Église."
Concile de Rome, 731
Charles-Joseph Hefele & Henri Leclerc, Histoire des Conciles, Letouzey & Ané, Paris 1910, t.III, p. 677


Le Dimanche de l'Orthodoxie
(saint Jean Maximovitch)




Le Grand Carême – tous ses Offices sont unis par une même idée : préparer pour la sainte Pâques, pour aller rencontrer avec un coeur pur le Christ Ressuscité. Pourquoi nous préparons-nous de la sorte? Qu'est donc Pâques? Pâques est un avant-goût de la joie du Paradis! Qu'est donc cette joie? C'est celle de la vision de Dieu et de Sa gloire! L'Église aime la gloire du Seigneur! Lorsqu'elle célèbre la Fête de l'Orthodoxe, elle célèbre la fête du jour du rétablissement de la vénération des Icônes. Une icône est simplement un rappel du Christ, le Dieu-homme sur terre. Les icônes de saints nous rappellent tous ceux qui ont suivi le Christ, qui Lui ont été fidèles et dévoués, et qui ont brûlé d'amour pour Lui. La vénération des saintes Icônes est la vénération de la gloire du Seigneur. Celui qui se réjouit de la gloire de Dieu et de tout ce qui la lui rappelle dans cette vie-ci, s'en réjouira aussi dans la Vie à venir. Celui qui a lutté pour Dieu en cette vie se pressera vers Lui avec joie lorsqu'au Jugement redoutable, il entendra les paroles "Venez à Moi, vous les bénis..."

Tous ceux qui ne savent pas comment se réjouir dans la gloire de Dieu, tous ceux en qui le Royaume divin et ses règles provoquent un état de non-joie, ceux qui aiment le faste et l'apparence, ceux qui n'aiment pas la Lumière, ceux-là ne répondront pas à ce "Venez à Moi." Ils reculeront indignés, sans joie, dans la jalousie et la colère envers l'humble et le doux qui iront vers la Lumière, celle de Dieu Lui-même, Qu'ils vont commencer à blamer pour être dans leur état. Ils vont même se détruire d'eux-même, car ils ne voudront pas reconnaître leur faute. Un tel état est une véritable souffrance. L'Hadès ("enfer") n'est pas un lieu, un endroit, mais un état de l'âme. Cela commence ici, sur terre. De même, le Paradis commence dans l'âme d'un homme ici dans la vie terrestre. Ici nous sommes déjà en contact avec le divin, au jour de la Radieuse Résurrection, et lorsque nous recevons dignement la sainte Communion. Il est nécessaire de se préparer pour la confession : toute écharde doit être enlevée, car s'il en subsiste quoi que ce soit, l'infection commencera. Il est nécessaire de prier pour la repentance, et pour la joie de la purification, de sorte qu'un rayon de lumière puisse toucher notre âme, et elle en viendra à aimer la Lumière.. Il est nécessaire de prier pour rencontrer avec un coeur pur le Christ Ressuscité, afin de goûter au moins un tout petit peu à la joie du Royaume des Cieux.
Jean, archevêque de Bruxelles, Shangai & San Francisco, 7/20 mars 1954


dimanche de l orthodoxie

les familles apportent à l'église une de leurs icônes - ici des enfants qui posent avec l'icône devant l'iconostase d'une paroisse antiochienne, aux USA
A l'origine, après la crise iconoclaste qui avait écrasé l'Orient chrétien 2 siècles durant, cette procession des icônes familiales ce dimanche précis avait une fonction essentielle : veiller à l'orthodoxie des icônes utilisées à domicile. Car tout le monde n'étant pas théologien, le pasteur a(vait) le devoir sacré de veiller à ce que les fidèles n'apprennent pas n'importe quoi et n'importe comment. Quand on voit ce que certains fidèles annoncent fièrement de nos jours avoir comme "icône" à domicile, voire déclarent avoir peint / écrit, on comprend mieux à quel point, plus que jamais, connaissant le rôle pédagogique et spirituel de l'icône, cela est grandement nécessaire..