"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 avril 2011

Un tropaire pascal de saint Grégoire de Nazianze



Tropaire chanté à l'époque de saint Dorothé de Gaza - cfr homélie 16 de saint Dorothé "explication de quelques paroles de saint Grégoire chantées pour la sainte Pâques."

Αναστάσεως ημέρα
C'est le Jour de la Résurrection,

καρποφορήσωμεν ημάς αυτούς το τιμιώτατον Θεώ κτήμα και οικειότατον
portons du fruit dignement, en plus précieux et familiers de Dieu:

αποδώμεν τη εικόνι
retournons à l'image des origines

το κατ' εικόνα
pour être à l'image de Celui dont nous venons

γνωρίσωμεν ημών το αξίωμα
soyons conscients de notre dignité

τιμήσωμεν το αρχέτυπον
honorons l'Archétype [le Christ]

γνώμεν του μυστηρίου την δύναμιν
voyons la puissance du mystère [la Résurrection]

και υπέρ τίνος Χριστός απέθανεν
et pour qui le Christ est mort.


Comme il arrive souvent, l'allure rythmique de la phrase était tellement accentuée qu'on n'avait eu qu'à lui joindre une mélodie appropriée pour obtenir un cantique digne de figurer dans l'Office Pascal. Nous avons ici le plus ancien exemple constaté d'un procédé très fréquent chez les hymnographes postérieurs et dont Dorothé lui-même a tout l'air de parler comme d'un usage établi. Dès le 5ème siècle donc, les poètes d'Eglise ont commencé à faire entrer dans leurs pièces des fragments d'homélies patristiques, à côté des versets scripturaires: la période oratoire grecque, si nombreuse, se prêtait admirablement à cet exercice.
Les livres liturgiques actuels ne contiennent pas notre "psaume" : il a disparu devant les magnifiques compositions où saint Jean Damascène célèbre la Résurrection du Christ. Mais il est permis de croire que l'illustre hymnographe a d'abord changé à Saint-Sabbas cette oeuvre anonyme d'un obscur devancier, et qu'il s'en est inspiré : l'Office de Pâques dont il a doté l'hymnographie grecque nous offre en effet de multiple imitations de saint Grégoire, à commencer par la joyeuse exclamation du début : "Anastaseôs imera" (cfr G. Papadopoulos, Symbolai eis tin istorian tis par imiv ekklisiastikis movsikis, Athènes 1890, p. 207)

[...]


Ce tropaire, très différent pour le rythme de ceux au milieu desquels il est intercalé, est évidemment identique au "psaume" du 6ème siècle : l'invocation finale, l'emploi du mot "sympoimantinô" qui n'est pas dans saint Grégoire, prouvent que nous sommes bien devant le texte commenté par saint Dorothé de Gaza et non devant une imitation de saint Grégoire due à quelque hymnographe postérieur. Il suffit d'ailleurs d'examiner certaines parties de la "Paraklitiki" pour se rendre compte qu'avec leur rythme tres irrégulier elles ne sauraient appartenir au 9ème siècle comme le gros du recueil.

L'étude des deux Instructions de Dorothé nous permet de constater que, dès le milieu du 6ème siècle, la poésie hymnographique avait pénétré dans les monastères de Palestine, tandis que ceux de l'Egypte lui restaient fermés et qu'un siècle apres elle était encore exclue du Sinaï où on n'admettait que le psautier davidique.

Une dernière observation. Dorothé emploie toujours le mot "psaume" pour désigner ce que Théodore Lecteur appelle déjà tropaires: ceci s'explique par les habitudes traditionnelles du monachisme. (1) Mais on s'est peut-être demandé ce que veut dire au juste le titre de l'instruction 22, où nous voyons que les paroles de saint Grégoire sont chantées "meta tropariôn". Evidemment le rédacteur de ce titre, postérieur à saint Dorothé, pas de beaucoup sans doute, ne donne pas au mot tropaire le même sens que Théodore Lecteur et le seul que nous avons conservé, "piece rythmique destinée au chant". Christ a depuis longtemps prouvé (2) que la signification originelle de "troparion", diminutif de "tropos", est celle de "mode musical"; comparer "modus" et "modulus." Notre titre fournit, je crois, un exemple jusqu'ici unique de cette acception primitive.

1) Les poésies rythmiques chretiennes ont été dès l'origine appelées psaumes, hymnes et odes; cf. Col. 3,16; Ephes. 5,19. Le biographe de saint Syméon le jeune donne indifféremment le nom d'odes et d'hymnes aux tropaires composés par ce saint en 557 et dont un est encore en usage. — M. Batiffol, La littérature grecque p. 258, prétend que le concile de Laodicée, vers 360, interdit les psaumes privés dans les églises: il ne s'agit sans doute que des psaumes non-approuvés par l'autorité.

2) Anthologia carminum christianorum, p. 68

Constantinople. S. Petrides
"Notes d'hymnographie byzantine", Byzantinische Zeitschrift, 1904, pp 424-428

22 avril 2011

Office de l'Ensevelissement (Epitaphios) à Péronnes-lez-Binche (2011)

Au pied de la Croix, le noble Joseph recueillit Ton Sang précieux dans la Coupe du Salut, il descendit du bois Ton Corps très pur, L’enveloppa d’un linceul immaculé, et couvert d’aromates il Le déposa dans un sépulcre neuf.

Mais au troisième jour Tu es ressuscité, Seigneur, accordant au monde la grâce du Salut.






















à (re)lire sur le sujet, la méditation du p. Schmemann & photothèque :
http://stmaterne.blogspot.com/search/label/epitaphion

Funérailles: pourquoi les Chrétiens Orthodoxes ne se font-ils pas incinérer (p. John Touloumes)



http://www.saintbarbara.org/faith/society/cremation.cfm


La crémation – réduire en cendres le corps des défunts – est une pratique que l'on nous "vend" comme économiquement plus efficace que l'ensevelissement traditionnel du corps, et ce au niveau du coût et de l'espace requis. Cependant, tout au long de son histoire, l'Église Orthodoxe a interdit cette pratiqe. Mais comme dans nombre de domaines de la Foi, il est important de prendre du temps pour comprendre pourquoi l'Église a adopté une telle position. De la sorte, non seulement nous grandirons dans notre propre connaissance du Seigneur et de Son Église, mais nous serons mieux préparés pour répondre aux questions que les autres nous poseront à propos de la Foi Chrétienne Orthodoxe.

La compilation ci-dessous vient d'extraits du journal Orthodoxe "Life Transfigured" une publication du monastère Holy Transfiguration à Ellwood City, et de "Contemporary Moral Issues" (problèmes moraux actuels) par le p. Stanley Harakas.

p. John Touloumes



Une pratique et un problème croissants.
Dans notre pays, la crémation est pratiquée de manière croissante. Ceci tient en partie au fait de l'influence de religions orientales comme l'hindouisme et le bouddhisme, et à l'essor du néo-paganisme. Mais aussi à l'érosion de la pratique traditionnelle chez les chrétiens non-Orthodoxes. Dans nombre de confessions chrétiennes – et en tout cas parmi leur clergé libéral – il n'est plus nécessaire de croire à la "tombe vide," en la Résurrection physique du Christ. Ces prédicateurs traitent le "tombeau vide" de mythe et réduisent les apparitions de Jésus après la Résurrection à des expériences spirituelles virtuelles. La conviction Orthodoxe que le Fils de Dieu était aussi vraiment homme et a été relevé dans toute Sa nature humaine – corps et âme – explique le rejet traditionnel de la crémation par l'Église, une pratique qui est diamétralement opposée à l'attente de la résurrection des morts en Christ. Si la Résurrection n'est tout au plus qu'une légende ou une belle métaphore, alors voir ce que saint Paul en dit : "Si le Christ n'est pas ressuscité, alors votre foi est vaine" (1 Co 15,17).

Fondements historiques pour l'Église
Tout au long de son histoire, l'Église a mis l'accent sur l'importance de comprendre que Jésus était né avec un vrai corps humain, ayant les mêmes attributs et besoins que tout autre corps humain, lequel corps est mort lors de la crucifixion, de la même mort que tout autre corps décède. Trois jours plus tard, la Résurrection concernait aussi Son corps humain.
A travers tout ceci, Jésus rend bien clair que toute notre humanité – le corps de même que l'âme – a été appelée au Salut et à la vie éternelle. Toute la nature humaine a été élevée par l'Ascension du Christ à la droite du Père. Jésus nous en a donné bien des preuves, mais cela ressort particulièrement bien dans l'apparition du Christ à saint Thomas. Dans son "Commentaire sur saint Jean," saint Cyril d'Alexandrie écrit :

"Quel besoin avait-Il de montrer Ses mains et Son côté percé, si d'après l'égarement de certains, Il n'est pas ressuscité avec Sa propre chair? S'il voulait que Ses disciples croient autrement à Son sujet, pourquoi n'est-Il pas apparu autrement, pour abaisser la forme charnelle, pour les amener à une autre compréhension? Mais il était de la plus haute importance qu'Il Se montre Lui-même correctement à ce moment-là, afin qu'ils croient en la future résurrection de la chair."

Saint Cyril ajoute que le Corps du Christ avait à être relevé de la mort afin de vaincre la mort et de détruire la puissance de la corruption de la chair. Le corps du Christ, que saint Thomas a pu constater être bien réel en le touchant, rend clairement témoignage de la future résurrection de nos propres corps.

A l'image de Dieu
La personne humaine est créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Lorsque nous sommes baptisés, ce n'est pas seulement l'âme qui devient le temple du Saint Esprit, mais aussi le corps. Lorsque nous recevons la sainte Communion, nous recevons en nos corps les véritables Corps et Sang du Christ. Dans les mystères de la Chrismation et de la sainte Onction, c'est notre corps qui est oint du saint Chrême. Une preuve particulière de la sainteté du corps se voit chez des saints tels que Spyridon, Paraskeva, Savas, Gérasime, et Denys, dont les corps sont restés incorrompus des siècles après leurs morts physiques. L'Église connaît d'innombrables récits de guérisons survenues en étant béni avec les reliques d'un saint. Ces femmes et ces hommes ont mené leur vie en Christ de manière si entière que non seulement leurs âmes sont montées au Ciel, mais leur corps conserve la sainteté et la puissance guérissante de la présence du Saint Esprit.



L'exemple du Vendredi Saint
La future résurrection du corps et de l'âme du fidèle, selon la vérité que le Christ a révélée, dicte la nature des traditions Orthodoxes concernant le corps à sa mort. Dans les funérailles Orthodoxes, les fidèles en deuil se rassemblent "comme les femmes myrophores, afin de servir pour la dernière fois le corps Chrétien, en préparation de la Résurrection." Quiconque a assisté aux offices Orthodoxes du Vendredi Saint connaît la séquence qui suit la mort du Christ : Joseph d'Arimathie prend le grand risque d'aller supplier Pilate pour obtenir le corps de Jésus. Comme le montrent nos Icônes, la Théotokos, Nicodème, l'Apôtre Jean et les femmes Myrophores aident Joseph, couvrant le Très Précieux Corps de leurs larmes.

Comment nous prenons soin du corps
Depuis la Crucifixion du Christ, l'Église a toujours enseigné sans équivoque que la manière convenable de traiter le mort était un service funéraire respectueux du corps, dans le cadre de funérailles religieuses appropriées, avec des prières pour ceux qui se sont endormis dans le Seigneur. Nous chantons des hymnes et des Psaumes pour accompagner le défunt sur son chemin et pour exprimer à Dieu notre reconnaissance pour sa vie et sa mort. Nous enveloppons le corps d'un linge neuf, symbolisant le nouveau vêtement d'incorruptibilité que la personne est destinée à recevoir. Nous versons myrrhe et huile sur le corps, comme nous le faisons au baptême. Nous accompagnons cela d'encens et de cierges allumés, montrant notre foi en la libération de la personne des ténèbres et son avancée vers la vraie Lumière. Nous plaçons le corps dans la tombe, tournée vers l'Est, pour symboliser la Résurrection qui vient. Nous pleurons notre peine, mais pas sans retenue, car nous connaissons la joie qui va arriver.

Le processus de la mort.
"Ô mort, où est ton aiguillon? Ô tombe, où est ta victoire?" (1 Co 15,55). La mort n'est ni une finalité, ni même tout au plus une étape d'évolution. Dans sa sagesse, l'Église commémore les saints le jour où ils sont morts à cette vie-ci, l'appelant le jour de leur naissance à la vie éternelle au Ciel ("dies natalis"). Une mort Chrétienne signifie la vie éternelle avec le Christ, où au Jugement Dernier, le corps et l'âme seront réunis et glorifiés ensemble.

La Chambre Nuptiale
Un splendide verset des Matines (Orthros) de Pâques au sujet de la Résurrection corporelle du Christ, sorti vivant de la tombe, insiste sur la bienheureuse espérance qu'Il nous a donnée à tous, disant :
"en ce jour, du tombeau / comme au sortir de la chambre nuptiale / resplendissant s'est levé / le Christ, comblant de joie les myrophores en leur disant: / Informez les Apôtres de Ma Résurrection!"

Une image de fond
En conclusion, l'acceptation de la crémation représenterait un abandon radical d'une pratique établie pour laquelle il ne semble pas y avoir de raison valable d'instituer un changement. L'argument que les cimetières gaspillent de l'espace ne tient pas dans un pays comme le nôtre, en particulier lorsque la grande disponibilité de moyens de transport permet d'avoir des lieux de sépulture facilement accessibles loin des centres urbains. Le prix exorbitant de certaines funérailles n'est pas non plus regardé comme une raison obligeant à autoriser la crémation, car l'Église ne demande pas des funérailles extravagantes et coûteuses, mais qu'un certain respect soit montré à l'égard du corps humain qui était autrefois le temple d'une âme humaine. C'est pourquoi l'Église, par souci pastoral pour la préservation d'une juste croyance et d'un pratique correcte restant ancrée dans la Tradition des Pères, et par sens de respect pour ses défunts, doit continuer de s'opposer à cette pratique. Chaque Chrétien Orthodoxe devrait savoir que puisque la crémation est interdite par les Canons (règles de l'Église), ceux qui insistent pour obtenir leur crémation ne pourront pas avoir des funérailles au sein de l'Église. Naturellement, il y a des exceptions lorsque l'Église est confrontée avec le cas d'accidents ou de cataclysmes naturels où la crémation est nécessaire pour sauvegarder la santé des vivants. Dans ces situations particulières, l'Église autorise la crémation des fidèles Orthodoxes concernés, mais avec autorisation épiscopale préalable, et uniquement par "économie."

P. John



"Il entra et saisit la main de la jeune fille"
Dès lors que le Christ est entré en nous par Sa propre chair, nous ressusciterons entièrement. Il est inconcevable, ou plutôt impossible, que la Vie ne fasse pas vivre ceux chez qui elle s’introduit. Comme on recouvre un tison ardent d’un tas de paille pour garder intacte le germe du feu, de même notre Seigneur Jésus Christ cache la vie en nous par Sa propre chair et y met comme une semence d’immortalité qui écarte toute la corruption que nous portons en nous. Ce n’est donc pas seulement par Sa parole qu’Il réalise la résurrection des morts. Pour montrer que Son corps donne la vie, comme nous l’avons dit, Il touche les cadavres et par Son corps Il donne la vie à ces corps déjà en voie de putréfaction. Si le seul contact de Sa chair sacrée rend la vie à ces morts, quel profit ne trouverons-nous pas en Son Eucharistie vivifiante quand nous la recevrons ! Il ne suffirait pas que notre âme seulement soit régénérée par l’Esprit pour une vie nouvelle. Notre corps épais et terrestre aussi devait être sanctifié par sa participation à un corps aussi consistant et de même origine que le nôtre et devait être appelé ainsi à l’incorruptibilité.
Saint Cyril d'Alexandrie
Commentaire sur l’évangile de Jean, 4 (PG 73, 560)


L'Ancien Testament connaît aussi le miracle de la résurrection d'un mort au contact de reliques d'un saint, en l'occurence celles du prophète Élisée:
"Élisée mourut et on l’enterra. Des bandes de Moabites faisaient incursion dans le pays chaque année. Il arriva que des gens qui portaient un homme en terre virent la bande; ils jetèrent l’homme dans la tombe d’Élisée et partirent. L’homme toucha les ossements d’Élisée: il reprit vie et se dressa sur ses pieds."
2ème Livre des Rois, ch. 13, vv 20-21

La Passion en 12 Évangiles


de la Passion à la Résurrection, via la Descente dans l'Hadès pour nous sauver et le tombeau vide, l'Église nous invite à une plongée spirituelle des plus denses. Les 12 évangiles du vendredi sont traditionnellement lus à la Liturgie du Jeudi soir.

source texte forum-orthodoxe

source enluminures : évangéliaire de Gelati, Géorgie, 12ème siècle

Matines de la Passion et lecture des douze Evangiles.








Selon l'usage en vigueur dans les paroisses, cet office est célébré le Jeudi Saint au soir.


Après l'Hexapsalme

Alleluia
Ton 8
V. : Au milieu de la nuit, mon esprit veille sur Toi, ô Dieu, parce que lumière sont tes préceptes sur la terre.
V. : Apprenez la justice, habitants de la terre.
V. : Mon ressentiment saisira un peuple indocile, et maintenant le feu dévore mes ennemis.
V. : Ajoute leur des malheurs, Seigneur, ajoute leur des malheurs, aux glorieux de la terre.


Tropaire
Ton 8 - Quand les glorieux disciples recevaient la lumière - leurs pieds lavés durant la Cène - Judas l'impie se couvrait de ténèbres - malade de son amour de l'argent - et aux juges iniques il Te livra, juste Juge - Vois, toi qui aimes l'argent, l'avare qui pour lui s'est pendu - Fuis l'âme insatiable qui osa cela contre le Maître - Toi qui es bon pour tous, Seigneur, gloire à Toi.

Gloire…

Quand les glorieux disciples recevaient la lumière…

Et maintenant…

Quand les glorieux disciples recevaient la lumière…


Durant le chant de l'Alleluia et du tropaire, les portes Royales s'ouvrent, et le saint Evangile est porté au milieu de l'église. Encensement de l'Evangile, du sanctuaire, de l'iconostase, de l'église entière et des fidèles.

Après le chant du tropaire, petite litanie et ecphonèse :
Car à Toi est la force, à Toi le règne, la puissance et la gloire, Père, Fils et Saint Esprit…


Lecture du 1er Evangile de la Passion (Jean 13,31 - 18,1)


Avant et après chaque Evangile, le chœur chante : Gloire à ta patience, Seigneur, gloire à Toi.

Petit encensement (de l'Evangile, de l'iconostase et des fidèles) durant les antiennes, après les cinq premiers Evangiles.


lère Antienne Ton 8 - Les princes des peuples se sont rassemblés - contre le Seigneur et contre son Christ.

Ils profèrent contre moi des paroles d'iniquité Seigneur, Seigneur, ne m'abandonne pas.

Purifions nos sens, offrons les au Christ - sacrifions Lui nos âmes, par amour de Lui - N'étouffons pas sous les soucis de la vie, comme Judas - Mais prions en nos cœurs - Notre Père qui es aux cieux, délivre nous du mal.

Gloire… Et maintenant…

Vierge tu as enfanté, Vierge tu es demeurée - Mère inépousée, Marie, Mère de Dieu - Prie le Christ notre Dieu de nous sauver.


2ème Antienne
Ton 6 - Judas courut dire aux scribes iniques - Que voulez vous me donner, et je vous Le livrerai ? - Au milieu d'eux qui s'accordaient pour Te prendre - Tu étais Toi même invisiblement - Toi qui connais les cœurs, garde nos âmes.

Servons Dieu avec amour, comme Marie pendant le repas - Et n'aimons pas l'argent, comme Judas - afin d'être toujours avec le Christ, notre Dieu.

Gloire… Et maintenant…

Vierge inexplicablement tu as enfanté Dieu qui aime l'homme - Ne cesse pas de Le prier - pour qu'Il sauve des dangers ceux qui se réfugient auprès de Toi.


3ème Antienne
Ton 2 - Pour la Résurrection de Lazare, Seigneur qui aimes l'homme - les enfants des Hébreux Te chantèrent : Hosanna - Mais Judas l'inique n'a pas voulu comprendre.

Pendant ta Cène, Christ Dieu - Tu prédisais à tes disciples - l'un de vous Me trahira - Mais Judas l'inique n'a pas voulu comprendre.

A Jean qui Te demandait - Seigneur, qui est celui qui Te trahira ? - Tu as par le pain montré le traître - Mais Judas l'inique n'a pas voulu comprendre .

Christ, lavant les pieds à tes disciples - Tu leur disais : Faites ce que vous me voyez faire - Mais Judas l'inique n'a pas voulu comprendre.

Notre Dieu, Tu disais à tes disciples - veillez et priez pour ne pas entrer en tentation - Mais Judas l'inique n'a pas voulu comprendre.

Gloire… Et maintenant…

Mère de Dieu, sauve des périls tes serviteurs - Tous nous nous réfugions après Dieu auprès de toi - rempart indestructible qui nous protèges.

Petite litanie et ecphonèse : Car à Toi appartiennent toute gloire, honneur et adoration, Père, Fils et Saint Esprit…


Cathisme
Ton 7 - Pendant la Cène, Tu nourrissais les disciples - Tu connaissais que Judas cherchait à Te trahir - Tu le dénonçais. Tu le savais incorrigible - Mais Tu voulais révéler à tous que Tu Te livrais de Toi-même - afin de reprendre le monde à l'étranger - Dieu patient, gloire à Toi.


Lecture du 2ème Evangile de la Passion (Jean 18, 1-28)


4ème Antienne
Ton 5 - Aujourd'hui Judas abandonne le Maître et accueille le diable - Aveuglé par la passion de l'amour de l'argent - il tombe dans les ténèbres, hors de la lumière - Comment pourrait-il voir, lui qui a vendu la lampe pour trente pièces d'argent ? - Mais sur nous s'est levé Celui qui a souffert pour le monde - Disons Lui : Toi qui as souffert et donné aux hommes ta compassion, gloire à Toi.

Aujourd'hui Judas contrefait l'amour de Dieu et se sépare de la grâce - Il était disciple, il devient traître - sous son affection, il cache la malice - Il préfère follement trente deniers à l'amour du Maître - et se fait le guide de l'assemblée inique - Mais nous qui avons le salut dans le Christ, glorifions Le.

Ton 1 Acquérons l'amour fraternel, comme des frères en Christ - Ne soyons pas insensibles à ceux qui sont près de nous - afin de n'être pas condamnés comme le serviteur que l'argent rendit impitoyable - et de ne pas nous repentir inutilement, comme Judas.

Gloire… Et maintenant…

On a dit de toi partout des choses glorieuses - Car tu as enfanté dans la chair le Créateur de l'univers - Marie toute célébrée, Vierge Mère de Dieu.


5ème Antienne
Ton 6 - Le disciple marchanda le Maître - Pour trente pièces d'argent, il vendit le Seigneur - Par un baiser trompeur, il Le livra aux iniques, pour la mort.

Aujourd'hui le Créateur du ciel et de la terre dit à ses disciples - L'heure approche. Judas vient, qui Me livre - Que nul ne Me renie, Me voyant sur la croix entre deux larrons - Car Je souffre comme un homme - Mais en Dieu qui aime l'homme, Je sauve ceux qui croient en Moi.

Gloire… Et maintenant…

Vierge qui dans les derniers temps ineffablement as conçu et enfanté ton propre Créateur - sauve ceux qui t'exaltent.


6ème Antienne
Ton 7 - Aujourd'hui Judas veille pour livrer le Seigneur - le Sauveur du monde qui est avant les siècles - qui avec cinq pains nourrit la multitude - Aujourd'hui l'inique renie Celui qui l'enseignait - Il était disciple, il a livré le Maître - Il a vendu pour de l'argent Celui qui de manne a rassasié l'homme.

Aujourd'hui les Juifs ont cloué sur la croix le Seigneur - qui ouvrit la mer par la verge et les conduisit dans le désert - Aujourd'hui, ils ont percé de la lance le côté - de Celui qui pour eux frappa de plaies l'Egypte - Ils ont abreuvé de fiel Celui qui sur eux - avait fait pleuvoir la nourriture de la manne.

Seigneur, parvenu à ta Passion volontaire, Tu disais à tes disciples - Si vous ne pouvez même pas veiller une heure avec Moi - pourquoi Me promettiez vous de mourir pour Moi ? - Considérez que Judas ne dort pas, mais cherche à Me livrer aux iniques - Levez vous, priez. Que nul ne Me renie, Me voyant sur la croix - Dieu patient gloire Toi.

Gloire… Et maintenant…

Réjouis toi, Mère de Dieu qui as porté dans ton sein Celui que les cieux ne peuvent contenir - Réjouis toi, Vierge, prédication des Prophètes - Par toi la lumière de l'Emmanuel a brillé sur nous - Réjouis toi, Mère du Christ.

Petite litanie et ecphonèse : Car béni et glorifié est ton Nom vénérable et magnifique, du Père, du Fils et du Saint Esprit…


Cathisme
Ton 7 - Qui a fait de toi, Judas, le traître du Sauveur ? - Qui t'a séparé du chœur des Apôtres ? - Qui t'a privé de la grâce des guérisons ? - Qui t'a écarté de ceux qui avec toi mangeaient à la table ? - Quand Il lava les pieds des autres, a-t-Il dédaigné les tiens ? - Que de biens as-tu oubliés. Ton ingratitude est révélée - Mais sa patience incomparable est annoncée, et son grand amour.


Lecture du 3ème Evangile de la Passion (Matthieu 26, 57-75)


7ème Antienne
Ton 8 - Aux iniques venus Te prendre - Seigneur en ta patience Tu disais - Quand vous frapperiez le Pasteur et disperseriez les douze brebis mes disciples - Je pourrais appeler plus de douze légions d'anges. Mais Je fais patience - afin que s'accomplissent les mystères et les secrets que Je vous ai révélés par mes prophètes - Seigneur, gloire à Toi.

Pierre Te renia trois fois - Mais il comprit aussitôt ce que Tu lui avais dit - et Te porta les larmes du repentir - Dieu pardonne moi et sauve moi.

Gloire… Et maintenant…

Célébrons la Vierge Sainte, la Porte salutaire le Paradis des délices, la Nuée de la lumière éternelle - Disons lui : Réjouis toi.


8ème Antienne
Ton 2 - Dites nous, iniques : Qu'avez vous entendu de notre Sauveur ? - N'a-t-Il pas expliqué la Loi et les enseignements des Prophètes ? - Comment donc avez vous cherché à livrer à Pilate Dieu, le Verbe de Dieu - le Rédempteur de nos âmes ?

Qu'Il soit crucifié, criaient ceux qui avaient toujours joui de tes grâces - Les meurtriers des justes demandaient le malfaiteur au lieu de leur bienfaiteur - Mais Tu ne dis rien, Christ. Tu supportais leur audace - voulant souffrir et nous sauver, dans ton amour de l'homme.

Gloire… Et maintenant…

Nous ne pouvons parler à cause du nombre de nos fautes - Mais Vierge Mère de Dieu, prie Celui qui est né de toi - Car la prière de la Mère peut beaucoup pour gagner la grâce du Maître - Vierge pure, n'écarte pas ce que demandent les pécheurs - Car Il est compatissant et peut nous sauver - Lui qui a voulu souffrir pour nous.


9ème Antienne
Ton 3 - Ils donnèrent trente pièces d'argent - le prix de Celui qu'ils estimèrent d'entre les fils d'Israël - Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation - L'esprit est prompt, mais la chair est faible. Veillez.

Pour nourriture, ils M'ont donné du fiel - Pour ma soif, ils M'ont abreuvé de vinaigre - Mais Toi, Seigneur, ressuscite Moi - Et rends leur ce qui leur est dû.

Gloire… Et maintenant…

D'entre les nations, nous te célébrons, Vierge toute pure - Tu nous as enfanté le Christ, notre Dieu qui par toi délivra les hommes de la malédiction.


Petite litanie et ecphonèse : Car Tu es notre Dieu et nous Te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit…


Cathisme
Ton 8 - Comment Judas qui était alors ton disciple a-t-il pu méditer de Te trahir ? - L'injuste, le rusé, dans sa malice partagea ton repas - Et il alla dire aux prêtres : Que me donnerez vous, et je vous Le livrerai - Celui qui a détruit la loi et profané le sabbat - Seigneur patient, gloire à Toi.


Lecture du 4ème Evangile de la Passion (Jean 18,28 - 19,16)


10ème Antienne
Ton 6 - Celui qui se revêt de lumière comme d'un manteau - Etait nu quand Il fut jugé - giflé sur la joue par les mains qu'Il avait créées - Le peuple inique cloua sur la croix le Seigneur de la gloire - Alors le voile du temple se déchira - Et le soleil se couvrit de ténèbres, ne supportant pas de voir blasphémé Dieu que révère l'univers. Adorons Le.

Le disciple renia. Mais le larron appela - Souviens Toi de moi, Seigneur, dans ton Royaume.

Gloire… Et maintenant…

Donne au monde la paix, Seigneur - qui de la Vierge as bien voulu porter la chair pour tes serviteurs - afin que nous Te glorifiions d'une même voix, Dieu qui aimes l'homme.


11ème Antienne
Ton 6 - Pour le bien que Tu avais fait, Christ, à la race des Hébreux - ils Te condamnèrent à être crucifié - Ils T'abreuvèrent de vinaigre et de fiel - Mais donne leur, Seigneur, selon leurs œuvres - car ils n'ont pas compris ta descente parmi nous.

Te trahir, Christ, ne suffit pas aux enfants des Hébreux - Ils secouaient la tête, T'outrageaient et se moquaient - Mais donne leur, Seigneur, selon leurs œuvres - Car ils se sont en vain révoltés contre Toi.

Ni la terre qui trembla, ni les pierres qui éclatèrent - ni le voile du temple, ni la résurrection des morts - rien ne put convaincre les Hébreux - Mais donne leur, Seigneur, selon leurs œuvres - Car ils se sont en vain révoltés contre Toi.

Gloire… Et maintenant…

Nous avons connu Dieu incarné en toi - Vierge Mère de Dieu, seule pure, seule bénie - Ne cessant de te célébrer, nous t'exaltons.


12ème Antienne
Ton 8 - Le Seigneur dit aux Juifs : Mon peuple, que T'ai-Je fait ? - En quoi T'ai-Je troublé ? - J'ai guéri tes aveugles, J'ai purifié tes lépreux - J'ai relevé l'homme qui gisait sur sa couche - Mon peuple, que T'ai-Je fait, et que M'as-tu rendu ? - Au lieu de la manne, le fiel - Au lieu de l'eau, le vinaigre - Au lieu de M'aimer, vous M'avez cloué sur la croix - Je ne vous supporte plus. J'appellerai à Moi les nations - Elles Me glorifieront avec le Père et l'Esprit - Et Je leur donnerai la vie éternelle.

Aujourd'hui le voile du Temple se déchire - pour dénoncer les iniques - et le soleil cache ses rayons, voyant le Maître crucifié.

Législateurs d'Israël, Juifs et Pharisiens, le chœur des Apôtres vous dit - Voici le Temple que vous avez détruit - Voici l'Agneau que vous avez crucifié, que vous avez mis au tombeau - mais de son propre pouvoir, Il est ressuscité - Juifs, ne vous y trompez pas - Il est Celui qui vous a sauvés dans la mer et vous a nourris dans le désert - Il est la vie, la lumière et la paix du monde.

Gloire… Et maintenant…

Réjouis toi, Porte du Roi de la Gloire - que seul a passée le Très Haut - Puis Il l'a gardée scellée pour le salut de nos âmes.


Petite litanie et ecphonèse : Que la puissance de ton Royaume soit bénie et glorifiée, Père, Fils et Saint Esprit…


Cathisme
Ton 8 - Dieu, quand Tu fus mené devant Caïphe - Juge, quand Tu fus livré à Pilate - les Puissances célestes tremblèrent de peur - Alors Tu fus élevé sur la croix entre deux larrons - Toi qui es hors du péché, Tu fus compté parmi les iniques, pour sauver l'homme - Seigneur qui souffres le mal, gloire à Toi.


Lecture du 5ème Evangile de la Passion (Matthieu 27, 3-32 )


13ème Antienne
Ton 6 - L'assemblée des Juifs à Pilate demanda de Te crucifier, Seigneur - Ils ne trouvèrent pas de faute en Toi, mais ils délivrèrent Barabbas le coupable - Ils Te condamnèrent, le Juste, et prirent sur eux le meurtre - Mais donne leur, Seigneur, ce qui leur est dû - Car ils se sont en vain révoltés contre Toi.

Celui devant qui tremble et frémit l'univers - Celui que célèbrent toutes les nations - le Christ, la puissance de Dieu, la sagesse de Dieu - Les prêtres le giflèrent et Lui donnèrent du fiel - Mais Il voulut tout souffrir pour nous délivrer de nos iniquités - par son propre sang, dans l'amour de l'homme.

Gloire… Et maintenant…

Mère de Dieu qui par la parole qui dépasse la raison -as enfanté ton propre Créateur - prie Le de sauver nos âmes .


14ème Antienne
Ton 8 - Seigneur qui pris pour partir avec Toi le larron - dont les mains étaient souillées de sang - compte nous avec lui dans ta bonté et ton amour de l'homme.

Sur la croix le larron dit peu de mots - Mais sa foi était grande. En un instant il fut sauvé - Il ouvrit le premier les portes du Paradis et il entra - Toi qui as reçu son repentir, Seigneur, gloire à Toi.

Gloire… Et maintenant…

Réjouis toi, qui as reçu de l'Ange la Joie du monde - Réjouis toi, qui as enfanté ton Créateur et ton Seigneur - Réjouis toi, qui fus digne d'être la Mère du Christ notre Dieu.


15ème Antienne
Ton 6 - Aujourd'hui est suspendu à l'Arbre de la Croix Celui qui a suspendu la terre sur les eaux (ter) - Il est couronné d'épines, Lui le Roi des Anges - Il est revêtu de fausse pourpre, Lui qui revêt le ciel de nuées - Il est giflé, Lui qui dans le Jourdain a délivré Adam - Il est cloué, Lui l'Epoux de l'Eglise - Il est percé de la lance, Lui le Fils de la Vierge - Christ, nous nous prosternons devant ta Passion (ter) - Révèle nous ta glorieuse Résurrection.

Ne célébrons pas la fête comme les Juifs - Car le Christ Dieu, notre Pâque, s'est immolé pour nous - Mais purifions nous de toute souillure - et prions Le du fond du cœur - Lève Toi, Seigneur, sauve nous, dans ton amour de l'homme.

Ta croix, Seigneur, est la vie et la Résurrection pour ton peuple - Confiés en elle, nous Te célébrons, notre Dieu crucifié - Aie pitié de nous.

Gloire… Et maintenant…

Christ, Te voyant suspendu à la croix, celle qui T'a conçu implorait - Quel est ce mystère étrange que je vois, mon Fils ? - Comment meurs Tu sur l'Arbre de la croix - cloué dans la chair, Toi qui donnes la vie ?


Petite litanie et ecphonèse : Car béni est ton Nom très saint, et glorifié est ton Règne, Père, Fils et Saint Esprit…


Cathisme
Ton 4 - Tu nous as rachetés de la malédiction de la Loi par ton sang précieux - Cloué à la croix et percé par la lance - Tu as donné aux hommes la source de l'immortalité - Notre Sauveur, gloire à Toi.


Lecture du 6ème Evangile de la Passion (Marc 15, 16-32)


Pendant les Béatitudes, grand encensement de toute l'église :

Dans ton Royaume, souviens Toi de nous, Seigneur, quand Tu viendras dans ton Royaume.
Bienheureux les pauvres en esprit. Car le Royaume des cieux est à eux.
Bienheureux les affligés. Car ils seront consolés.
Bienheureux les doux. Car ils hériteront de la terre.


Ton 4 - Du Paradis par l'Arbre fut éloigné Adam - Et dans le Paradis par l'Arbre de la croix entra le larron - L'un en mangeant le fruit transgressa l'ordre du Créateur - L'autre, crucifié avec Toi, confessa le Dieu caché - Souviens Toi de nous, Sauveur, dans ton Royaume.

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice. Car ils seront rassasiés.

Les iniques achetèrent au disciple Celui qui avait fondé la Loi - Ils Le menèrent comme un transgresseur devant le tribunal de Pilate, en criant : Crucifie Le - Lui qui leur avait donné la manne dans le désert - Mais nous, imitant le juste larron, appelons dans la foi - Souviens Toi de nous, Sauveur, dans ton Royaume.

Bienheureux les miséricordieux. Car ils obtiendront miséricorde.

L'assemblée des meurtriers de Dieu - le peuple injuste des Juifs, criait furieusement à Pilate - Crucifie Le, crucifie le Christ, l'innocent - Et ils demandèrent que fut libéré Barabbas - Mais nous, appelons avec le larron reconnaissant - Souviens Toi de nous, Sauveur, dans ton Royaume

Bienheureux les cœurs purs. Car ils verront Dieu.

Christ, ton côté qui porte la vie - comme la source qui coulait de l'Eden - arrose ton Eglise tel un Paradis spirituel - et comme en quatre fleuves se divise en quatre Evangiles - irriguant le monde, réjouissant la création - et enseignant fidèlement aux nations à adorer ton Royaume.

Bienheureux les artisans de paix. Car ils seront appelés fils de Dieu.

Tu fus crucifié pour m'accorder le pardon - Tu fus percé au côté pour verser sur moi les sources de la vie - Tu fus cloué pour que je puisse Te dire dans la foi - devant la profondeur de tes souffrances et la hauteur de ta puissance, - Christ qui donnes la vie - Gloire à ta croix, Christ, et à ta Passion.

Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice. Car le Royaume des cieux est à eux.

Christ, toute la création, Te voyant crucifié, trembla - Les fondements de la terre furent ébranlés sous la peur de ta puissance - Les luminaires se cachèrent . Le voile du Temple se déchira - Les montagnes frémirent, les pierres éclatèrent - Et le larron fidèle T'appelle avec nous : Sauveur, souviens Toi.

Bienheureux serez vous lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de Moi.

La sentence qui nous condamne, Seigneur, Tu l'as déchirée sur la croix - Compté parmi les morts, Tu as lié le tyran - Tu nous as tous délivrés des liens de la mort par ta Résurrection - qui nous illumine, Seigneur qui aimes l'homme, et nous T'appelons - Souviens Toi de nous, Sauveur, dans ton Royaume.

Gloire…

Fidèles, puissions nous glorifier dignement d'un même cœur - le Père, le Fils et l'Esprit Saint - l'Unité de la Divinité en trois Personnes, sans confusion - simple, indivisible, inaccessible - par qui nous sommes délivrés du feu de la damnation.

Et maintenant…

Christ, ta Mère qui sans semence et vraiment Vierge T'enfanta dans la chair - et resta Vierge après l'enfantement - nous lui demandons d'intercéder auprès de Toi, Dieu d'amour - pour que Tu accordes le pardon des fautes à ceux qui appellent - Souviens Toi de nous, Sauveur, dans ton Royaume.


Petite litanie et ecphonèse : Car c'est Toi que louent toutes les Puissances célestes, et nous Te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit…


Prokimenon
Ton 4 : Ils se sont partagé mes vêtements. Et ils ont tiré au sort mon manteau.
V. : Dieu, mon Dieu, entends moi. Pourquoi m'as Tu abandonné ?


Lecture du 7ème Evangile de la Passion (Matthieu 27, 33-54)


Psaume 50


Lecture du 8ème Evangile de la Passion (Luc 23, 32-49)

Après le 8ème Evangile, le clergé rentre dans le sanctuaire.


Triode. Poème de Cosmas.
5ème Ode
Hirmos
Ton 6 - Je me lève à l'aube vers Toi qui sans changer - T'es dépouillé Toi-même en ta miséricorde pour celui qui était tombé - et jusqu'à la Passion, impassiblement T'es abaissé, Verbe de Dieu - Donne moi la paix, dans ton amour de l'homme.

Leurs pieds lavés, et purifiés par la communion au mystère divin - maintenant tes serviteurs, Christ, s'en vont de Sion - vers la grande montagne des Oliviers - Te célébrant, Dieu qui aimes l'homme.

Tu disais : Veillez, mes amis, à n'être pas troublés - Car maintenant l'heure approche - où Je serai pris et tué par les mains des iniques - Tous, vous serez dispersés, vous M'abandonnerez - Mais Je vous rassemblerai pour M'annoncer, Dieu qui aime l'homme.

Katavasia : Je me lève à l'aube vers Toi…


Kondakion °
Ton 8 - Venez, célébrons tous Celui qui fut crucifié pour nous - Marie le voyait sur la croix et disait - Quand bien même Tu supportes la croix - Tu es mon Fils et mon Dieu.

Ikos - Comme la brebis regardant son agneau mené à l'immolation, Marie suivait, épuisée, avec les autres femmes, et disait : Où vas Tu, mon Enfant ? Pour qui prends Tu ce chemin rapide ? Y a-t-il d'autres noces à Cana ? Y vas Tu maintenant pour leur faire du vin avec l'eau ? Irai-je avec Toi, mon Enfant, ou T'attendrai-je ? Donne moi une parole, Verbe, ne me quitte pas sans parler, Toi qui m'as gardée pure - Car Tu es mon Fils et mon Dieu.

Synaxaire
Le grand Vendredi Saint, nous célébrons la sainte, terrible et salutaire Passion du Seigneur notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ, les crachats, les coups, les gifles, les injures, les rires, le manteau de pourpre, le roseau, l'éponge, le vinaigre, les clous, la lance, et surtout la croix et la mort qu'Il a voulu souffrir pour nous, et la confession sur la croix du larron reconnaissant crucifié avec Lui.
Tu es le Dieu vivant, et Tu es mort sur l'Arbre de la croix. Ô mort dépouillé et Verbe du Dieu vivant.
Le larron ouvrit les portes fermées de l'Eden, il avait pris pour clef : Souviens Toi de moi.
Par ta surnaturelle et infinie miséricorde pour nous, Christ-Dieu, aie pitié de nous. Amen.


8ème Ode
Hirmos
Ton 6 - Les divins Enfants refusèrent la stèle du mal dressée contre Dieu - L'assemblée inique murmure et délibère vainement contre le Christ - Elle médite de tuer Celui qui tient la vie dans sa main - et que bénit toute la création, le glorifiant dans les siècles.

Christ, Tu disais : Disciples, chassez maintenant le sommeil de vos paupières - Veillez dans la prière, afin de ne pas succomber à la tentation, et surtout Simon - Car le plus fort est soumis à la plus grande épreuve - Pierre, connais en Moi Celui que bénit toute la création, Me glorifiant dans les siècles.

Pierre dit : Maître, je ne permettrai jamais à mes lèvres une parole souillée - Je mourrai avec Toi, reconnaissant, quand bien même tous Te renieraient - Ce n'est pas la chair ni le sang, c'est ton Père qui T'a révélé à moi - Toi que bénit toute la création, Te glorifiant dans les siècles.

Le Seigneur dit : Tu n'as pas sondé toute la profondeur de la sagesse et de la connaissance divines - Homme, tu n'as pas compris l'abîme de mes jugements - Tu es chair. Ne te glorifie pas. Car tu Me renieras trois fois - Moi que bénit toute la création, Me glorifiant dans tous les siècles.

Le Seigneur dit : Simon Pierre, tu refuses de croire ce qui t'est dit - Bientôt te frappera de peur la servante qui va s'approcher de toi - Mais pleurant amèrement tu trouveras le pardon - En Moi que bénit toute la création, Me glorifiant dans les siècles .

Louons, bénissons et adorons le Seigneur…

Katavasia: Les divins Enfants refusèrent la stèle…


9ème Ode
Hirmos
Ton 6 - Toi plus vénérable que les Chérubins - et plus glorieuse incomparablement que les Séraphins - Toi qui sans tache enfantas Dieu le Verbe - Toi véritablement Mère de Dieu, nous t'exaltons.

La troupe de malheur, tes ennemis - l'assemblée des malins meurtriers de Dieu - vint sur Toi, Christ, T'entraîna comme un homme injuste - Toi le Créateur de l'univers, que nous exaltons.

Les impies qui ne connaissent pas la Loi - qui étudient en vain les paroles des Prophètes - T'entraînèrent comme une brebis pour T'immoler injustement - Toi le Maître de l'univers, que nous exaltons.

Les prêtres et les scribes ont livré la Vie aux nations - Ils L'ont menée à la mort en frappant dans leur malice jalouse - Celui qui par nature donne la vie, et que nous exaltons

Une meute de chiens T'entoura, Seigneur - Te frappant sur la joue, T'interrogeant - ils témoignaient contre Toi faussement - Mais Tu supportais tout, pour tous nous sauver.

Katavasia: Toi plus vénérable que les Chérubins…


Petite litanie

Exapostilaire
Ton 3 - Seigneur, au larron le jour même - Tu as donné d'entrer dans le Paradis - Par l'Arbre de la croix, illumine moi et sauve moi. (ter)


Lecture du 9ème Evangile de la Passion (Jean 19, 25-37)


Stichères des Laudes
Ton 3 - Mon fils premier né Israël a fait deux choses mauvaises - Il M'a abandonné, la Source de l'eau de la Vie - Et il a creusé pour lui un puits brisé - Il M'a crucifié sur l'Arbre de la croix - Et il a demandé Barabbas, il l'a délivré - Devant cela le ciel a frémi, le soleil a caché ses rayons - Mais toi Israël, tu n'as pas eu honte - Tu M'as livré à la mort - Pardonne leur, Père Saint, car ils ne savent pas ce qu'ils font. (bis)

Tous les membres de ta chair sainte - ont supporté l'infamie pour nous - la tête, les épines. Le visage, les crachats - Les joues, les gifles. La bouche, la bile mêlée de vinaigre - Les oreilles, les blasphèmes impies - Le dos, la flagellation. Et la main, le roseau - Tout ton corps fut étendu sur la croix - Les pieds ont souffert les clous. Et le côté, la lance - Toi qui as subi pour nous la Passion et nous as délivrés des passions - Toi qui es descendu vers nous par amour de l'homme et nous as élevés - Sauveur Tout Puissant, aie pitié de nous.

Te voyant crucifié, Christ, toute la création trembla - Les fondements de la terre se renversèrent de peur devant ta puissance - Car aujourd'hui Tu as été élevé, la race des Hébreux s'est perdue - le voile du Temple s'est fendu en deux - les sépulcres se sont ouverts, et les morts sont ressuscités des tombeaux - Un centurion voyant le miracle frémit - Et ta Mère implorait : Comment ne pas me lamenter, ne pas frapper mon sein - quand je Te vois dépouillé, suspendu à l'Arbre de la croix comme un condamné ? Crucifié, enseveli, ressuscité des morts, Seigneur, gloire à Toi.

Ton 6 Gloire…

Ils ont enlevé mes vêtements - ils M'ont couvert d'un manteau de pourpre - ils ont mis sur ma tête une couronne d'épines - et ils M'ont donné dans la main droite un roseau - pour que Je les brise, comme les vases du potier.

Et maintenant…

J'ai livré mon dos à la flagellation - Je n'ai pas détourné mon visage des crachats - Je suis allé devant le tribunal de Pilate - et J'ai souffert la croix, pour le salut du monde.


Lecture du 10ème Evangile de la Passion (Marc 15, 42-47)


Lecteur : C'est a Toi que convient la gloire, Seigneur notre Dieu, et nous Te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit…

Doxologie

Litanie de demande et ecphonèses ordinaires.


Lecture du 11ème Evangile de la Passion (Jean 19, 38-42)


Apostiches
Ton 1 - Toute la création se renversa de peur - Te voyant, Christ, suspendu à la croix - Le soleil s'obscurcit, les fondements de la terre tremblèrent - l'univers souffrait avec son Créateur - Toi qui as voulu souffrir pour nous, Seigneur, gloire à Toi.

V. Ils se sont partagé mes vêtements. Ils ont tiré au sort mon manteau.

Ton 2 - Pourquoi se révolte dans sa vanité - le peuple impie et transgresseur ? - Pourquoi a-t-il condamné à mort la vie de l'univers ? - Grand miracle, le Créateur du monde est livré aux mains des iniques - Il est élevé sur l'Arbre de la croix dans son amour de l'homme - afin de délivrer les captifs de l'enfer qui appellent - Seigneur patient, gloire à Toi.

V. Pour nourriture ils M'ont donné du fiel. Et pour ma soif, ils M'ont abreuvé de vinaigre.

Aujourd'hui la Vierge pure Te voyant - Verbe, suspendu à la croix - a souffert amèrement dans son cœur de Mère - elle implore, douloureuse, du fond de l'âme - Le visage et les cheveux défaits, elle se frappe le sein et gémit - Hélas, Enfant divin. Hélas, Lumière du monde - Pourquoi Te caches Tu à mes yeux, Agneau de Dieu ? - Et les ordres des Anges tremblent et disent - Seigneur incompréhensible, gloire à Toi.

V. Dieu avant les siècles est notre Roi. Il a fondé le salut au milieu de la terre.

Te voyant suspendu à l'Arbre de la croix - Christ, Dieu Créateur de l'univers - celle qui T'enfanta sans semence implorait amèrement - Mon Fils, où est allée la beauté de ta forme ? - Je ne supporte pas de Te voir crucifié injustement - Mais relève Toi bientôt - Que je voie ta Résurrection des morts le troisième jour.

Ton 8 Gloire…

Seigneur, quand Tu es monté sur la croix - la création fut dans la crainte et le tremblement - Mais Tu as empêché la terre d'engloutir ceux qui Te crucifiaient - Tu as ordonné à l'enfer de renvoyer ses captifs - pour que renaissent les mortels - Juge des vivants et des morts, Tu es venu donner la vie, et non la mort - Dieu qui aimes l'homme, gloire à Toi.

Et maintenant…

Déjà est prise la décision des juges iniques - Jésus est jugé. Il est condamné à la croix - La création souffre de voir le Seigneur crucifié - Mais Tu souffres pour moi dans la nature du corps - Seigneur bon, gloire à Toi.


Lecture du 12ème Evangile de la Passion (Matthieu 27, 62-66 )


Lecteur : Il est bon de confesser le Seigneur… Trisagion. Notre Père.


Apolytikion
Ton 4 - Tu nous as rachetés de la malédiction de la Loi par ton sang précieux - Cloué à la croix et percé par la lance - Tu as donné aux hommes la source de l'immortalité - Notre Sauveur, gloire à Toi.


Litanie

Congé : Celui qui supporta, pour le salut du monde, les crachats, les coups et les soufflets, la croix et la mort, le Christ, notre vrai Dieu…

Prime n'est pas lue à la fin de cet office de matines, mais inaugure l'office des Heures Royales, qui est célébré le Vendredi Saint au matin.


21 avril 2011

Ne dévoilez pas les chutes de vos parents (saint Tikhon de Zadonsk)


Noé recevant l'Alliance du Seigneur au sortir de l'Arche
Venise, basilique Saint-Marc


Couvrez du voile du silence toute infirmité que vous pourriez vous en vos parents, ce qui arrive même chez les gens bien. Mais même si vous deviez voir quelque chose de scandaleux, évitez résolument de les juger et de le dévoiler à qui que ce soit. N'imitez pas Cham, le fils de Noé, qui avait vu la nudité de son père et était allé en parler auprès de ses frères.
Mais imitez ses frères, Sem et Japhet, qui prirent un manteau et le tinrent sur leurs épaules, et à reculons, recouvrirent la nudité de leur père (Gen. 9,23), etc. Lorsque vous voyez quelque chose en vos parents, vous devriez être comme si vous n'aviez rien vu.
saint Tikhon, évêque de Zadonsk

20 avril 2011

Ne jugez pas vos prêtres, et ne jugez personne (p. Arsenie Papacioc)

http://valahia.wordpress.com/2010/09/12/dont-judge-priests/



La critique est permise, mais juger les prêtres ne l'est pas. Comme dit le dicton, critiquer quelqu'un ou le travail d'autrui, c'est le couronner (et c'est une bonne chose). Mais juger quelqu'un du clergé, le juger dans un contexte où tout le monde tend à critiquer précisément parce que les membres du clergé sont ceux qui communiquent la puissance et la Grâce de Dieu et tout le monde pointe du doigt sans cesse vers eux.. après tout, n'oublions pas qu'ils sont humains, eux aussi. De plus, ils ont la possibilité de se sauver plus facilement que vous, parce qu'ils ont la Grâce et les Mystères de l'Église et les oeuvres et tâches qui leur ont été confiées – et ce qui n'est pas la moindre des choses, ils doivent aussi avoir quelque conscience, ne croyez-vous pas?

Permettez-moi d'ajouter ceci – aucun membre du clergé ne devient ainsi sans la volonté de Dieu. Car Dieu dirige la vie de ces gens-là.

Mais revenons-en à notre point de départ : nous avons tendance à critiquer autrui mais pas nous-mêmes!
Pensez-y – lorsque vous irez là-haut, que vous rencontrerez le Christ, et qu'on vous montrera que vous avez jugé le prêtre – il a fait ceci au lieu de cela, etc. Vous voyez bien.. ce que vous avez fait, c'est juger les faits et gestes du prêtre dans sa vie, et c'est une grosse erreur.



Je vous le redis : peu importe la coupe dont vous buvez le vin – qu'elle soit en cristal ou en terre cuite, ça reste du vin. Et l'on boit le vin du saint Calice, qui contient le Saint Corps et Saint Sang de notre Sauveur. Parce que ce n'est pas la dignité du prêtre qui est responsable de la merveilleuse transformation qui a lieu à ce moment-là, lorsque le vin se change en Saint Sang et le pain en Saint Corps du Christ – mais la Grâce de Dieu!

Dès lors, qu'il soit digne ou indigne, ce qu'accomplit le prêtre dépend de la Grâce, et de rien d'autre. Alors ne vous empressez pas de le juger, car vous commettez ainsi une énorme erreur. Ici je me dois de revenir à une remarque précédente – vous ne devriez juger personne, pas même un terrible assassin – alors sûrement pas non plus un prêtre! Pourquoi voudriez-vous vous immiscer ainsi dans sa vie? Vous en serez sévèrement condamné. Vous avez rejoint le Christ? Priez le Christ, afin d'aider le prêtre.

Mes chers amis, je le répète : nous sommes responsables de toutes les erreurs qui sont commises en ce monde – nous sommes personnellement responsables pour elles, chacun d'entre nous. Voilà. Dès lors nous devons avoir cette attitude de sacrifice. Parce que le Mystère du Salut de l'homme, pour chacun d'entre nous, est porté sur la Croix. Ce que nous devrions en comprendre, c'est que la Croix est le plus grand don sur terre, de la plus haute importance.

Quel devrait alors être votre "sacrifice?" Vous devriez faire le sacrifice de votre jugement d'autrui, ne pas le juger pour quelque erreur qu'il / elle aurait commis(e). Et si vous en êtes arrivé au point de juger ceux qui sont dans l'Église où demeure la Grâce de Dieu et que vous jugez le prêtre, vous commettez une grave, une très grave erreur. Lorsque vous regardez vers l'Église, prenez tous l'habitude de voir le Christ, car il y a cette prière que lit le prêtre à voix basse pendant qu'on chante la première partie du Cherubikon, prière qui dit entre autres ceci : "Car c’est Toi Qui offres et Qui es offert, Qui reçois et Qui es distribué, ô Christ notre Dieu." Alors quoi, si le prêtre est en charge de telles choses? C'est comme si.. "Oui, mais sans toi, Mon prêtre, Je ne sais pas accomplir ces choses," dira le Christ – rien sans la grâce de la prêtrise. Et oui, bien sûr, comme prêtre, cet homme ne vaut peut-être pas grand chose, mais il a la Grâce, et c'est une chose divine. Alors vous vous condamnez terriblement si vous le jugez. Il est responsable de ses actes. Mais vous, d'un autre côté, vous serez tenu grandement responsable de vos actes et des siens aussi, car vous l'aurez jugé.

Un jour, un grand ermite reçu la visite d'un fidèle de son village, qui était venu le voir dans son coin désertique. Dans le village de l'ermite, il y avait un très grand pécheur. L'ermite demanda au visiteur : "Est-ce que notre compatriote X a enfin changé ou est-il encore comme je l'ai toujours connu?" L'homme répondit : "Il n'a pas changé, père." Et l'ermite soupira. Le lendemain, un Ange vint le voir et lui demanda : "Dieu m'envoie vers toi pour te demander ceci : où doit-Il envoyer l'âme de cet homme pécheur, qui est mort la nuit dernière – au Ciel ou dans l'Hadès? Parce que tu l'as jugé." L'ermite se lamenta et se repentit pour le restant de ses jours, afin de recevoir de Dieu un signe de pardon, et il n'en vit pas. Et l'homme qu'il avait jugé était pourtant vraiment un grand pécheur. Mais il l'avait jugé.

Il aurait mieux fait de dire "Oh Dieu, s'il Te plaît, aie pitié de lui, protège-le." Je le répète et j'insiste, et pardonnez-moi d'être répétitif : NOUS sommes coupables des erreurs des autres. Toute la tragédie humaine dépend du désordre dans nos propres vies.

Parce que si quelqu'un parle d'amour, c'est d'amour. Rien à redire. Regardez les choses comme elles sont vraiment. C'est comme ceci : je suis un être humain, avec mains, doigts, etc, rien à redire. Avec un coeur, aussi. Nul ne saurait nier tout cela. L'enseignement Chrétien parle de l'intégrité de la personne humaine. Alors nous n'avons pas à nous occuper de tout un tas de choses qui peuvent nous faire chuter – ou pourrir nos vies. Je vous le redis – ce jugement des autres que nous commettons est si grave que – et je pense l'avoir écrit quelque part – je crois que la plupart des âmes qui sont dans l'Hadès sont des gens qui ont dit du mal de leur prochain. Ils s'excusent eux-mêmes en disant "mais je ne suis pas le seul à médire d'autrui," ou "ne méritait-il pas d'être jugé?" Non. Si quelqu'un est coupable, vous aussi vous êtes coupable de sa culpabilité, car vous n'avez pas prié pour lui – et bien sûr, si vous l'avez jugé, alors vous avez commis une erreur encore plus grave.


Sainte Deborah, Juge dans l'Ancien Testament

19 avril 2011

Psaume 50, grand Carême et Divine Liturgie (Archimandrite Vassilios Papavassiliou)


http://www.pravmir.com/psalm-50/


Le seul Psaume qu'il est prescrit de réciter en entier lors de chaque Divine Liturgie est le Psaume 50 dans la Bible orthodoxe (1), et 51 dans le texte hébreux et les traductions occidentales qui le suivent (2). Pendant l'hymne des Chérubins, juste avant la Grande Entrée, lorsque les dons du pain et du vin sont apportés à l'Autel alors que l'église se prépare pour la sainte Oblation, le prêtre encense l'Autel, le sanctuaire et le peuple, et récite à voix basse le Psaume (et il est censé le connaître par coeur) : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande miséricorde, et dans Ton immense compassion, efface mon péché." Le prêtre récite le Psaume jusqu'au verset 19 : "Le sacrifice qui convient à Dieu, c’est un esprit brisé ; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point," et il conclut le Psaume après la procession solennelle avec les saints Dons lorsqu'il place le pain et le vin sur l'Autel : "Accorde Tes bienfaits à Sion dans Ta bienveillance, Seigneur, et que soient relevés les murs de Jérusalem ; Alors Tu prendras plaisir au sacrifice de justice, à l’oblation et aux holocaustes, alors on offrira de jeunes taureaux sur Ton Autel."

C'est dans ce contexte liturgique que j'aimerais examiner cette remarquable prière de repentance.

Le Psaume 50 a été écrit par le roi-prophète David, après avoir reconnu et confessé son péché auprès du prophète Nathan (2 Samuel 12). Le péché de David était un terrible péché à double facette. Il avait commis l'adultère avec Bethsabée, la femme d'Urie le Hittite. Bethsabée était tombée enceinte et David avait rappelé Urie, qui était dans l'armée israélite qui assiégeait Rabbah, de sorte que ce dernier couche avec sa femme et cache ainsi la véritable identité du père de l'enfant. Urie refusa car ses compagnons étaient au front, alors David le renvoya à Joab, le commandant, avec un message ordonnant d'abandonner Urie sur le champ de bataille afin qu'il soit abattu et meure.


Détail de "la punition de David"
gravure sur bois de Julius Schnoor von Carolsfeld (artiste allemand, 1794-1872)


Dès lors, c'est la prière d'un meurtrier et d'un adultère que récite le célébrant de la Liturgie, et qui la fait sienne pendant qu'il prépare la sainte Oblation. Car le péché ne se trouve pas seulement dans nos actions, mais aussi dans l'état de corruption et les mauvais désirs du coeur. En fait, si le prêtre avait réellement commis un meurtre ou un adultère, d'après le droit canon, il devrait être défroqué et ne pourrait plus du tout célébrer la Liturgie. Et cependant ici le prêtre est censé s'identifier avec un meurtrier et un adultère – le meurtre et l'adultère étant les 2 plus graves péchés contre Dieu et l'homme. Dans Son sermont sur la montagne, notre Seigneur déclare "Vous avez entendu qu’il a été dit: Tu ne commettras pas l’adultère. Eh bien! Moi Je vous dis: Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son coeur, l’adultère avec elle" (Mt 5,27-28). Pour la question du meurtre, saint Basile le Grand et saint Jean Chrysostome insistent fort sur le riche aidant le pauvre, exposant que ceux qui refusent de partager avec autrui qui serait dans un grand besoin, lorsque la famine et la maladie posent une menace directe sur la vie humaine, peuvent dès lors être considérés comme coupables de meurtre. Comme saint Basile l'écrit dans l'homélie "en temps de famine et de sécheresse","quiconque a la possibilité de remédier aux souffrances d'autrui, mais choisi au contraire de conserver l'aide pour des raisons égoïstes, peut assurément être considéré comme un meurtrier." Et saint Jean Chrysostome, dans son homélie sur la 1ère épître aux Thessaloniciens, dit que celui qui refuse l'aumône à l'affamé est autant le meurtrier de son frère que ne l'a été Caïn.

Pendant que le prêtre récite le Psaume, le choeur chante l'hymne des Chérubins : "Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins, et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis de ce monde, afin de recevoir le Roi de tout l'univers.." En déposant nos soucis de ce monde, nous déposons aussi tous nos péchés devant Dieu, pour "reposer nos troubles sur le Seigneur" (Ps 54,22), et ayant ainsi déchargé nos coeurs, nous allons pouvoir offrir la sainte Oblation en paix. Cela ne concerne pas que le clergé mais aussi toute l'assemblée. Car c'est le clergé et l'assemblée ensemble qui vont offrir la sainte Oblation, et pas le clergé seul. Mais c'est la croix particulière du prêtre, son appel spécial et son service à l'Église, que de prendre les péchés du peuple sur lui comme étant les siens, et de les déposer devant Dieu, et de demander Sa miséricorde. Cela ressort clairement des prières du clergé à la Divine Liturgie : "permet-nous de T'offrir ces dons et sacrifice redoutable et non sanglant pour nos propres péchés et ceux commis par ignorance par le peuple."
A la Grande Entrée, nous ne sommes pas loin d'entendre l'hymne des Séraphins, que le prophète Isaïe et le bien-aimé disciple Jean ont entendu (Isaïe 6,1; Apoc. 4,8) : "Saint, saint, saint, le Seigneur Sabaoth, le Ciel et la terre sont remplis de Ta gloire.." Et notre réponse devant cette sainteté est celle d'Isaïe : "malheur à moi! Je suis perdu! Car je suis un homme aux lèvres impures, et je vis parmi un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur Tout-Puissant." Notre sens de notre état de péché ne provient pas d'une évaluation de la distance entre notre conduite et une sorte de morale ou de loi; ce n'est qu'en présence de Dieu Lui-même, le seul Saint, que nous en venons à réaliser à quel point nous sommes pécheurs. Et en effet, en cet instant-là, nous nous sentons comme des meurtriers et des adultères. Au plus profond nous entrons dans l'infinie sainteté et présence de Dieu, au plus nous nous sentons pécheurs, par comparaisons. C'est pour cela que nous nous identifions avec un meurtrier et un adultère dans le Psaume 5O.

Ce Psaume n'est pas simplement une expression de pénitence et de dégoût de soi. C'est l'immense sainteté de Dieu qui est la source de la profonde repentance, et ceci est en particulier lié à la venue du Saint Esprit. La récitation du Psaume 50 est une préparation pour l'épiclèse, lorsque nous appelons le Saint Esprit afin qu'Il change le pain et le vin en Corps et Sang du Christ. Et ainsi dans le Psaume 50, le prêtre dit : "Crée en moi un coeur pur, ô Dieu, et renouvelle en ma poitrine un esprit droit. Ne me rejette pas loin de Ta face, et ne retire pas de moi Ton Esprit-Saint." Dans la Liturgie de saint Basile le Grand, le prêtre prie que Dieu, à cause de ses propres péchés : "n'éloigne pas de ces Dons ici offerts, à cause de mes péchés, la grâce de Ton Esprit Saint."

C'est à cause de cette conscience d'être en présenc de la sainteté que le Psaume 50 est loin d'être morbide et morose. Nous y sommes rappelés que la repentance trouve son accomplissement non pas en regardant en arrière vers nos péchés, en désespérant, mais en regardant vers l'avenir avec espérance et foi; non pas en regardant vers les flammes de l'Hadès, mais en regardant vers Dieu au Ciel. Nous sommes appelés à devenir ce que Dieu veut que nous soyons : saints. Dieu dit à Son peuple : "Soyez saints, car Je suis Saint" (Lév. 11,44). Et saint Pierre écrit "de même que Celui Qui vous a appelé est Saint, soyez vous aussi saints en tout ce que vous entreprennez," et il continue en citant le Lévitique : "car il est écrit 'Soyez saints, car Je suis Saint" (1 P 15-16). Saint Paul appelle les Chrétiens des "saints" (ἅγιοι). On nous rappelle cet appel à la sainteté jusque avant la Communion, lorsque le prêtre élève le Corps du Christ et proclame : "les saints Dons aux saints!"

Le Psaume 50 n'est pas une prière de désespoir mais d'espérance : "Tu m’aspergeras avec l’hysope, et je serai purifié, Tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que la neige. Tu me feras entendre des paroles de joie et d’allégresse, et ils exulteront, les os humiliés [..] Rends-moi la joie de Ton Salut, et fortifie-moi par l’Esprit souverain. J’enseignerai Tes voies aux pécheurs, et les impies reviendront vers Toi." Il nous est aussi rappelé que Dieu écoute la prière du coeur contrit : "Si Tu avais voulu un sacrifice, je Te l’aurais offert, mais Tu ne prends aucun plaisir aux holocaustes. Le sacrifice qui convient à Dieu, c’est un esprit brisé ; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le méprise point."

Ainsi donc, alors que commence la Liturgie des Fidèles, nous avons à décharger nos coeurs en confessant devant Dieu, alors que nous mettons de côté tous les soucis de cette vie, afin que nous puissions nous tenir "avec bien et avec crainte" et être "attentifs à offrir en paix la sainte Oblation! Miséricorde de paix, sacrifice de louange." En dehors de l'humilité de coeur, Dieu désire de nous miséricorde et paix. Tel est le sacrifice que Dieu nous demande. Mais pour l'offrir, nous devons d'abord reconnaître que nous nous sommes éloignés de la miséricorde et de la paix de Dieu. Nous devons nous tourner vers Dieu dans la repentance, évacuer toute haine et animosité, tout orgueil et toute injustice, et s'être réconciliés les uns avec les autres. Car nous ne saurions offrir miséricorde et paix si nous-mêmes n'en avons pas. Sans amour, paix et humilité, notre Liturgie n'est pas acceptable à Dieu. Le prophète Isaïe le dit avec force: "Que M'importent vos innombrables sacrifices, dit le Seigneur. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; au sang des taureaux, des agneaux et des boucs, Je ne prends pas plaisir. Quand vous venez vous présenter devant Moi, qui vous a demandé de fouler Mes parvis? N'apportez plus d’oblation vaine: c’est pour Moi une fumée insupportable! Néoménie, sabbat, assemblée, Je ne supporte pas fausseté et solennité. Vos néoménies, vos réunions, Mon Esprit les hait; elles Me sont un fardeau que Je suis las de porter. Quand vous étendez les mains, Je détourne les yeux; vous avez beau multiplier les prières, Moi Je n’écoute pas. Vos mains sont pleines de sang: lavez-vous, purifiez-vous! Otez de Ma vue vos actions perverses! Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien! Recherchez le droit, redressez le violent! Faites droit à l’orphelin, plaidez pour la veuve!" (Isaïe 1,11-17)

C'est pour cela que le célébrant de la Liturgie, s'identifiant avec les pire des pécheurs, demande en priant la miséricorde de Dieu pour lui-même et pour le peuple, alors que l'Église commence à se préparer pour la sainte Oblation et pour recevoir le Christ dans la sainte Communion. "Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, et de mon péché purifie-moi [..] Crée en moi un coeur pur, ô Dieu, et renouvelle en ma poitrine un esprit droit." Car il n'y a que lorsque nous sommes en paix – avec Dieu, avec notre prochain, et avec nous-mêmes – que nous pouvons dignement offrir notre Liturgie à Dieu, et, ce faisant, être dignes de recevoir le Corps et le Sang du Christ pour le pardon des péchés et la vie éternelle. Alors "Tu me feras entendre des paroles de joie et d’allégresse, et ils exulteront, les os humiliés," et nous pouvons retourner dans le monde pour "raconter les grandes choses que Dieu a faites pour nous" (Lc 8,38). Et ainsi comblé de cette joie et allégresse divines, nous enseignerons "Tes voies aux pécheurs, et les impies reviendront vers Toi."



PSAUME 50
Supplication du pécheur repentant.
1. Pour la fin. Psaume de David.
2. Quand Nathan le prophète vint le trouver, après qu’il eût
péché avec Bethsabée, la femme d’Urie.
3. Aie pitié de moi, ô Dieu, selon Ta grande
miséricorde, et dans Ton immense compassion,
efface mon péché.
4. Lave-moi de plus en plus de mon iniquité, et de
mon péché purifie-moi.
5. Car je connais mon iniquité, et mon péché est
constamment devant moi.
6. Contre Toi seul, j’ai péché, et j’ai fait le mal sous
Tes yeux.
Ainsi, tu seras trouvé juste en tes paroles, et tu
seras vainqueur quand on te jugera.
7. Vois : dans l’iniquité j’ai été conçu, et dans les
péchés ma mère m’a enfanté.
8. Mais Tu aimes la vérité : Tu m’as révélé les
mystères et les secrets de Ta sagesse.
9. Tu m’aspergeras avec l’hysope, et je serai purifié,
Tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que la
neige.
10. Tu me feras entendre des paroles de joie et
d’allégresse, et ils exulteront, les os humiliés.
11. Détourne Ta face de mes péchés, efface toutes mes
iniquités.
12. Crée en moi un coeur pur, ô Dieu, et renouvelle en
ma poitrine un esprit droit.
13. Ne me rejette pas loin de Ta face, et ne retire pas
de moi Ton Esprit-Saint.
14. Rends-moi la joie de Ton Salut, et fortifie-moi par
l’Esprit souverain.
15. J’enseignerai Tes voies aux pécheurs, et les impies
reviendront vers Toi.
16. Délivre-moi du sang, ô Dieu, Dieu de mon Salut,
et ma langue exultera pour Ta justice.
17. Seigneur, ouvre mes lèvres ; et ma bouche
annoncera Ta louange.
18. Si Tu avais voulu un sacrifice, je Te l’aurais offert,
mais Tu ne prends aucun plaisir aux holocaustes.
19. Le sacrifice qui convient à Dieu, c’est un esprit
brisé ; un coeur broyé et humilié, Dieu ne le
méprise point.
20. Accorde tes bienfaits à Sion dans Ta bienveillance,
Seigneur, et que soient relevés les murs de
Jérusalem ;
21. Alors Tu prendras plaisir au sacrifice de justice, à
l’oblation et aux holocaustes, alors on offrira de
jeunes taureaux sur Ton Autel.


Les Psaumes
Traduction du R.P. Placide (Deseille)

Monastère Saint Antoine le Grand
26190 Saint Laurent en Royans

Source: Archdiocese of Thyateira and Great Britain
[1] L'Ancien Testament Orthodoxe est l'ancienne traduction grecque appelée la "Septante" (LXX). Elle a été traduite par étapes entre le 3ème et le 2ème siècle avant Jésus-Christ. Elle était utilisée par les Juifs de la Diaspora. C'est le texte de l'Ancien Testament Chrétien depuis le 1er siècle de notre ère.

[2] La numérotation des Psaumes diverge après le Psaume 8 et se rejoint à partir du 148:

Septante Hébreu

1-8 1-8

9 9-10

10-112 11-113

113 114-115

114 116 v.1-9

115 116 v.10-19

116-145 117-146

146 147 v.1-11

147 147 v.12-20

148-150 148-150

151*

* Bien qu'il soit présent dans les plus anciens manuscrits encore existant de la Septante, le Psaume 151 n'est pas considéré par l'Église comme équivalent aux 150 autres Psaumes; il est appelé "hors numérotation", ἔξωθεν τοῦ ἀριθμοῦ, et n'est jamais lu en église.

Archimandrite Vassilios Papavassiliou

THÈMES DES PSAUMES
(Numérotation des Septante)

1. L’ÉCONOMIE DU SALUT

La création : 8, 18, 32, 64, 103, 148.
L’histoire d’Israël : 76, 77, 88, 104, 105.

LE CHRIST

Incarnation : 2, 44, 71, 84, 88, 131, 138.
Nativité : 2, 18, 84, 97, 109.
Baptême au Jourdain : 28, 113.
Tentation au désert : 90.
Transfiguration : 88.
Passion : 3, 8, 21, 30, 34, 39, 40, 48, 54, 68, 141, 142.
Croix : 4, 73, 98.
Descente aux enfers : 23, 87.
Résurrection (le Seigneur " se lève ") : 8, 15, 29, 64, 75, 109, 114, 117.
Ascension : 18, 23, 46, 56, 67, 107.
Pentecôte : 18, 67.
Seigneurerie universelle : 2, 8, 20, 71, 92. 94, 95, 96, 97, 98, 99.
Parousie : 49, 52, 58, 74, 75, 96. 149.
Rédemption : 39, 48.
Universalité du salut : 46, 59, 66, 67, 99, 107, 116.
Le Saint-Esprit : 32, 50, 103, 138, 142.
L’Église : 44, 45, 47, 86, 121, 124, 126, 132, 136.
La Mère de Dieu : 44, 45, 86.

2. PRIÈRE ET VIE CHRÉTIENNES

Supplication
- dans l’épreuve et la tentation : 3, 6, 7, 9, 11, 12, 16, 25, 27, 38, 40, 43, 53, 54, 55, 57, 59, 63, 67, 69, 70, 73, 108, 119, 122, 139, 140, 141, 142, 143 ;
- dans la maladie 6, 37, 40, 87, 101 ;
- dans l’exil : 4l, 42, 60, 119, 136 ;
- de l’Église persécutée : 43, 58, 73, 78, 79, 82, 93, 101, 139.
Pénitence : 6, 24, 31, 37, 50, 101, 129, 142.
Fragilité et grandeur de l’homme : 8, 89, 101, 138, 143.
Confiance : 9, 10, 11, 26, 38, 55, 56, 61, 70, 88, 90, 120, 128, 130.
Abandon à Dieu : 4, 22, 61, 90.
Action de grâces :17, 29, 33, 64, 65, 75, 102, 103, 106, 110, 112, 114, 115, 123, 134, 135, 137.
Louange : 32, 66, 94 à 99, 116, 133, 134, 135, 143 à 150.
Bénédictions : 66, 113B, 133.
Amour de la loi du Christ : 1, 18, 118.
Désir de Dieu : 26, 41, 42, 60, 62, 72, 83, 119, l36.
Proximité de Dieu : 4, 5, 14, 15, 26, 30, 35, 62, 72, 83, 138.
Grandeur de Dieu : 8, 23, 28, 46, 47, 94, 138.
Douceur de Dieu : 22, 26, 33, 35, 62, 76, 80, 85, 144, 145.

LES SACREMENTS

Baptême, chrismation, eucharistie : 22.
Baptême : 28, 41.
Eucharistie : 33, 49, 80, 115, 147.
Mariage : 127.

LES SAINTS

Apôtres : 18, 67.
Martyrs : 65, 115.
Confesseurs : 15, 36, 91, 111, 138.
Vierges : 44.
Saintes femmes : 127.
Défunts : 50, 118, 129, 142.



le roi-prophète David et des musiciens
Psautier Vespasien, Angleterre, 8ème siècle

18 avril 2011

Qu'est-ce que la prière (p. Arsenie Papacioc)

http://valahia.wordpress.com/2010/09/12/about-prayer-3/#more-635

Une entrevue avec le p. Arsenie Papacioc au monastère de Techirghiol, Roumanie


- Père, qu'est-ce que la prière?

- En fait, la prière c'est tout. La prière, c'est avoir votre coeur dans le coeur de Dieu. C'est une sorte d'éducation que chacun doit "s'imposer" à lui-même – pour être présent avec son coeur en Dieu, peu importe ce que la personne est occupée à dire à ce moment-là. La prière est un profond silence et un état qui surpasse l'imagination humaine. C'est parler avec Dieu – mais pas avec des paroles humaines. C'est quelque chose qui nous dépasse totalement. La prière est nécessaire.. la prière est notre vie (et en disant cela, j'ai quelque peu "abaissé" le niveau de notre présente discussion).

- L'homme peut-il acquérir la prière sans avoir de père spirituel?

- Tout à fait. Lorsque j'étais enfant, j'ai un jour demandé à ma mère, alors que je regardais la brebis que nous avions parce qu'elle bougeait sa patte d'une manière marrante avant de s'endormir : "pourquoi fait-elle cela avec sa patte, maman?" - et ma maman avait répondu : "elle fait son signe de Croix, fiston" [rires]. L'idée venue, voyez-vous, c'était "alors pourquoi moi aussi je ne prierais pas?"

Mon cher, Dieu ne nous a créés que pour Lui. Et il aurait été impossible pour Lui de ne pas nous doter de quelque chose qui nous aiderait à communiquer avec Lui. La prière est bien plus qu'une conversation. La prière est quelque chose de permanent, c'est comme notre nom. Je porte un nom et je m'appelle tout le temps ainsi – y compris lorsque je marche, parle ou que sais-je. Mon nom est toujours le même, n'est-ce pas? A savoir, je m'appelle X (peu importe votre nom) – et je suis un Chrétien.

Bien sûr, pour ceux qui travaillent avec diligence la prière, les dons qu'elle apportent l'approfondissent – comme il y a des situations où, comme on en parlait tout à l'heure, quelqu'un a une "épine" (un problème) dans sa vie, qui ne saurait être "extraite" d'aucune autre manière que par l'aide de Dieu. Car là se trouve "l'ustensile" pour résoudre le problème..

17 avril 2011

Réjouis-toi, ô fille de Sion! Homélie pour le Dimanche des Rameaux (saint Ignace Brianchaninov)

http://www.pravoslavie.ru/english/34671.htm


Réjouis-toi, fille de Sion! Crie de joie, fille de Jérusalem! Voici que ton roi vient à toi: il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse (Zach. 9,9).



Le prophète de Dieu prononça cette prophétie quelque 400 ans avant l'événement que nous commémorons et célébrons aujourd'hui. Ayant achevé Sa prédication sur terre, notre Seigneur Jésus-Christ fit Son entrée triomphale dans la cité royale de Jérusalem, dans la ville où le vrai Dieu était adoré, une ville pieuse à bien des égards. Le Seigneur fit son entrée comme Roi et vainqueur, afin d'achever Sa mission par un exploit décisif : détruire la mort par la mort, enlever la malédition qui pesait sur la race humaine en la prenant sur Lui-même. Cette entrée dans la cité royale, Il l'a accomplie assis sur le dos d'un ânon "qui n'avait jamais été monté" (Lc 19,30), afin de restaurer à l'humanité la dignité royale que notre ancêtre avait gâchée; et restaurer cette dignité en montant sur la Croix. L'ânon a été apprivoisé par le merveilleux Conducteur. Les Apôtres placèrent leurs vêtements sur l'ânon; une grande foule courut pour accueillir le Seigneur et marcher avec Lui, criant avec joie "Hosanna au fils de David, bénit soit le roi (Lc 19,38) qui vient au Nom du Seigneur, Hosana au plus haut des Cieux (Mt 21,9). Le Seigneur est proclamé Roi au Nom du Seigneur à Son propre titre – pas par hasard et pas par volonté humaine consciente. Au cours des 4 jours qui vont suivre, ce même peuple qui L'a proclamé Roi va hurler "crucifie-Le, crucifie-le...nous n'avons pas d'autre roi que César!" (Jn 19,15).
Quelle est la signification de l'entrée du Seigneur à Jérusalem sur un ânon? D'après l'explication des saints Pères, cela a une profonde signification prophétique. Le Seigneur, voyant tout, avait déjà vu à l'avance les Juifs approchant l'apostasie finale. Il avait annoncé cette apostasie déjà lorsque la Loi avait été donnée aux Israélites sur le Mont Sinaï, par la bouche du Législateur inspiré. "Ils ont péché," dit Moïse du futur péché des Juifs contre le Dieu-homme, comme s'il parlait de quelque chose de déjà accompli. "Ils ont péché, ne Lui étant pas agréables; enfants indignes, une génération obstinée et perverse. C'est ainsi que vous récompensez le Seigneur? (Deut. 32,5-6 LXX). "Car c’est une nation aux vues courtes, privée de discernement. S’ils étaient sages, certes ils aboutiraient, ils sauraient discerner leur avenir" (Deut. 32,28-29). "Car leur vigne vient de la vigne de Sodome et des plantations de Gomorrhe: leurs raisins sont raisins vénéneux, leurs grappes sont amères" (Deut. 32,32). Alors qu'au contraire, "Cieux, exultez avec Lui" – le Fils de Dieu "et que les Anges de Dieu L’adorent! Nations, exultez avec Son peuple, et que tous les envoyés de Dieu affirment Sa force!" (Deut. 32,43). L'entrée à Jérusalem sur un ânon est la répétition de la prophétie de Moïse – pas en paroles mais en symbole. Moïse avait prédit que les païens et les étrangers se réjouiraient dans le Seigneur, mais les Juifs seraient rejetés. Ici, l'ânon jamais monté (Lc 19,30) est une image de ces peuples des nations étrangères. Les vêtements des Apôtres sont les enseignements du Christ par lesquels ils instruraient les nations, et le Seigneur S'assis Lui-même spirituellement sur les nations, les rendant tels Dieu. Il les conduit dans Jérusalem, dans le sein de l'Église, vers l'éternelle cité de Dieu non-construite par les mains des hommes, vers la cité du Salut et de la béatitude. Les Juifs rejetés y sont aussi présents. Avec leurs lèvres, ils ont crié "le Roi d'Israël," mais dans leur âme, leur Sanhédrin, ils avaient déjà résolu de tuer le Sauveur.
Voici une autre signification de l'ânon jamais monté. C'est une image de toute personne qui est guidée par des désirs irrationnels, privée de liberté spirituelle, enchaînée aux passions et habitudes de la vie charnelle. Les enseignements du Christ libèrent l'ânon de son attachement; c'est-à-dire, de l'accomplissement de sa volonté pécheresse et charnelle. Alors les Apôtres mènent l'ânon au Christ, posent leurs vêtements dessus; le Seigneur S'assis dessus et fait Son entrée dessus dans Jérusalem. Cela signifie que la personne qui a quitté sa vie pécheresse est guidé vers les Évangiles, et est revêtu comme s'il portait des habits apostoliques, dans la connaissance la plus détaillée et précise du Christ et de Ses Commandements. Ensuite le Seigneur s'assied dessus en lui apparaissant spirituellement, et en demeurant spirituellement en lui, car tel était Sa volonté de promettre : "Celui qui a Mes Commandements et qui les garde, c’est celui-là qui M’aime; or celui qui M’aime sera aimé de Mon Père; et Je l’aimerai et Je me manifesterai à lui." (Jn 14,21) "et Mon Père l’aimera et Nous viendrons vers lui et Nous Nous ferons une demeure chez lui" (Jn 14,23). La venue du Seigneur est accompagnée d'une paix surpassant les mots et la compréhension; une paix qui est pleine de grâce, et digne de Celui Qui l'accorde – le Seigneur. Cette paix n'est pas comparable avec le repos naturel de l'homme qui a chuté, qui peut ressentir du repos et du plaisir dans les délices charnels, et qui peut considérer sa propre insensibilité, sa propre mort éternelle, comme étant du repos. Le Seigneur est au dessus des qualités naturelles de la personne qui s'est soumise à Lui et a assimilé Ses enseignements saints; et Il guide cette personne vers la cité spirituelle de Dieu, la cité de paix – dans la Jérusalem créée par Dieu, et pas par l'homme.
L'âme qui contemple de Seigneur est accueillie par le Saint Esprit, Qui offre à cette âme la joie spirituelle qui est incorruptible et éternelle. Réjouis-toi, ô fille de Sion, la fille de la sainte Église – car tu appartient à nul autre qu'à Dieu. Crie de joie, fille de Jérusalem! Voici que ton roi vient à toi: il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse (Zach. 9,9). Tu as ressenti la paix du Christ, pleine de grâce, et tu es devenue enfant de cette paix; tu as été renouvelée par la jeunesse spirituelle et tu a appris à connaître le Royaume du Christ par l'expérience. Les passions sont apaisées en toi, par la puissance pleine de grâce du Conducteur Qui te dirige; tes qualités naturelles ne savent pas briser leurs lois naturelles, elles ne savent pas aller au delà de leurs limites et être transformées en d'incontrôlables passions! Tirant toutes tes pensées, tous tes sentiments, toutes tes actions du Seigneur, tu sais et tu dois proclamer le Nom du Seigneur à ton prochain, et Le louer dans l'assemblée de l'Église (Ps 21,22). Né du Saint Esprit et enfant de l'Esprit, tu es capable de contempler la procession spirituelle de ton Roi, tu es capable de contempler la justice et la droiture de ton Roi. Il est "humble et doux de coeur" (Mt 11,29), et "Il guidera le doux dans le jugement, Il enseignera Ses voies à l'humble" (Ps 24,9 LXX). Notre Dieu est un Esprit qui est incomparable à tout esprit créé, car Il est en tous les aspects indéfiniment différent de toutes les créatures. Les saints esprits angéliques créés sont Ses trônes et chariots. Il est assis et avance sur les chérubins. Il est assis et avance sur ces âmes humaines bénies qui se sont soumises à Lui et Lui rapportent toutes leurs qualités humaines comme une offrande consumée. Le Roi avance sur de telles âmes, et entre ainsi dans la sainte cité de Dieu, y introduisant aussi les saintes âmes. Hosanna au plus haut des Cieux! Béni est le Roi d'Israël qui vient. Amen.
















































source photos :
http://www.pravmir.com/palm-sunday-2/