"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 mai 2011

Se révolter contre une autorité temporelle impie n'est pas un mal (Origène)

"S'il arrivait à quelqu'un d'être engagé parmi les Scythes sans en pouvoir sortir, se trouvant séduit à vivre au milieu de ces peuples dont les lois sont abominables, il serait en droit, pour maintenir la vérité et ses lois, qui passent pour criminelles parmi eux, de faire ses assemblées avec ceux qui seraient de même sentiment que lui, bien qu'il ne le pût faire sans choquer les lois du pays. Ainsi, lorsqu'il s'agit de ces lois qui établissent parmi les nations le culte des simulacres et l'adoration de plusieurs dieux, qui est un vrai athéisme, l'on ne doit pas trouver étrange que ceux qui connaissent la vérité fassent des assemblées pour ses intérêts, malgré des lois qui, devant son tribunal, sont jugées aussi impies et plus impies même, s'il se peut, que celles des Scythes. Si un tyran s'était rendu maître de quelque république, ceux qui s'assembleraient en cachette pour conspirer contre lui mériteraient de la louange. Les chrétiens en méritent donc aussi, puisqu'ils ne s'assemblent que pour secouer le joug d'un cruel tyran qu’ils nomment le diable, avec qui règne le mensonge, et dont ils ne craignent point de violer les lois pour travailler au salut de ceux à qui fis peuvent persuader de se délivrer d'une loi dont on voit une image dans celles des Scythes et des tyrans."
(Origène d'Alexandrie, Contre Celse, livre 1)
(en anglais)



Origène martyrisé pour la Foi (+ 234)

source image dans un vieux livre protestant mélangeant hélas saints martyrs de l'Eglise et leurs victimes de la répression catholique-romaine


Origène fut martyrisé, mais l'Eglise est très hésitante quant à son statut. Le 5ème Concile en 533 a condamné l'origénisme, mais pas vraiment Origène puisque ce dernier étant mort depuis 3 siècles, il ne savait pas y être entendu! De plus il ne savait pas être condamné pour certaines de ses théories erronées puisque des conciles postérieurs à son décès avaient seulement commencé à préciser la doctrine de l'Eglise sur ces sujets - et nul ne saurait être coupable à l'avance, il faut pour cela avoir été au courant de son erreur et y persister.
Il lui est reproché d'avoir accepté pour finir de déposer de l'encens sur l'autel d'une divinité païenne, après avoir longtemps été jusqu'à recevoir coups et tortures à les dénoncer.. Certes mais il avait reçu le choix entre accepter ça ou être violé par un esclave africain, et comme pour lui le "temple du Saint Esprit" (dixit saint Paul) ne saurait être ainsi souillé, et qu'on ne lui laissait pas l'alternative de la mort, il avait préféré sacrifier puis s'exiler. Qui aurait agit autrement, qui lui jettera la première pierre?
Un auteur très remonté contre l'origénisme, c'est saint Epiphane de Salamine, dont l'extrait (en anglais) de son "Panarion" comprend de très longues pages contre Origène, avec d'abondantes citations in extenso qui montrent aussi toute sa difficulté à faire le tri entre ce qu'Origène a vraiment dit et fait, et ce qui appartient à ses successeurs, plus ou moins bien éclairés mais visiblement fanatiques défenseurs de la mémoire de leur maître, le grand bibliste alexandrin. On sent aussi dans ce Panarion le classique affrontement exégétique entre les écoles antiochiennes & alexandrines d'une part, et l'école plus hellénistique de l'autre. Ca perturbe la "lecture" de la vie du confesseur de la foi.

11 mai 2011

l'âme poétique et le Chrétien (ancien Porphyrios)

Pour devenir Chrétien, il faut avoir une âme poétique. On doit devenir poète. Le Christ ne cherche pas la compagnie d'âmes insensibles. Un Chrétien, quoique seulement lorsqu'il aime, est un poète et vit au milieu de la poésie. Les coeurs poétiques embrassent l'amour et le ressentent profondément.
Ancien Porphyrios
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