"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 février 2012

Quelques autres simples paroles (dimanche du Publicain et du Pharisien - prêtre Theodore Liudogovsky)



http://www.pravmir.com/and-further-words-of-foolishness/


"
Deux hommes montèrent prier au temple; l'un était pharisien, l'autre publicain. Debout, le pharisien priait en lui-même : Je Te remercie, mon Dieu, de ne pas être comme le reste des hommes, rapaces, malhonnêtes, adultères, ni même comme le publicain que voilà; je jeûne deux fois la semaine; je paie la dîme de tous mes revenus.
Le publicain, lui, restant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; il se frappait la poitrine en disant : Ô Dieu, aie pitié du pécheur que je suis!
Eh bien! Je vous le déclare, celui-ci redescendit chez lui justifié, au contraire de l'autre. Quiconque en effet s'élève, sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé.
"
Luc 18,10-14



Le Grand Carême est occupé à se rapprocher progressivement. Le premier élément, c'était dimanche dernier, l'histoire de Zachée. En l'entendant à la Liturgie, nous avons compris qu'il était temps de se préparer au jeûne. Cependant, jusqu'à présent, il est peut-être suffisant de garder à l'esprit la pensée que le grand Carême va bientôt commencer.

Comme rien en la matière ne va commencer avant samedi et dimanche prochain, nous en sommes presqu'enclins à croire que cela n'aura pas lieu. Mais l'Église ne nous laisse pas nous assoupi. Elle ne nous laisse pas stagner dans l'auto-suffisance et la complaisance. Aux matines festives après l'évangile dominical, après le chant "ayant contemplé la Résurrection du Christ" et le Psaume 50, nous entendons une hymne, dont le contenu ne laisse aucun doute : "Ô Donateur de Vie, ouvre-moi les portes de la repentance."

Et au matin, à la Liturgie, c'est la parabole du Publicain et du Pharisien qui est lue.

Qui sont les personnages de cette parabole, racontée il y a 20 siècles? Nous pouvons facilement nous les dépeindre. Ce sont des gens de leur époque et lieu. Le publicain était un collecteur d'impôts, détesté de tous : il extorquait l'argent de ses compatriotes, et une partie était destinée aux occupants romains, et une partie directement pour lui. Cependant, le pharisien était un homme respectable. Un "nationaliste" dans le bon sens du terme, un zélé observateur de la Loi, et même à un degré supérieur, des préceptes des anciens. L'on pourrait argumenter que ces 2-là appartenaient à des groupes sociaux diamétralement opposés au sein de la société israélite de l'époque. Le publicain était sans aucun doute un pécheur, et le pharisien.. Certes, bien sûr, nous sommes tous pécheurs, mais dans l'ensemble, le pharisien était le genre de brave type, un citoyen respectable.

Cependant, la plupart d'entre nous le savent à force d'avoir entendu cette parabole se répéter, le pharisien était le mauvais, et le publicain était bon. Est-ce que c'était vraiment le cas?



Voyons ce que l'Évangile nous dit à propos des autres publicains et autres pharisiens. Prenons par exemple, le publicain Matthieu. Il quitta absolument tout et suivit le Maître. Voici d'autres publicains - le Sauveur s'assied parmi eux et mange avec eux. Mais est-ce que cela signifie que les publicains sont bons par eux mêmes et en eux-mêmes? Non. Le Christ ne dit rien de la sorte, et nulle part dans l'Évangile nous ne trouvons une telle affirmation.

Regardons alors les pharisiens. Est-ce que le Seigneur leur reproche d'être pharisiens, de respecter la Loi, ou de leur "nationalisme" positif? Non, absolument pas. Le Christ avait au contraire déclaré que pas un iota de la Loi ne passerait. Et à la Cananéenne, Il avait répondu "Je suis envoyé aux brebis perdues de la maison d'Israël." On ne trouve ni modernisme ni esprit cosmopolitain ici. De plus, Jésus nous commande d'accomplir tout ce que le pharisien dit faire.

Seulement, ne le faites pas comme eux, nous avertit le Maître. Pourquoi? Parce qu'ils disent, mais ne font pas.

Telle est l'essence de ce pharisaïsme comme nous le comprenons à présent. Le pharisaïsme devint synonyme d'hypocrisie, de duplicité, de piété feinte. Cependant, cet avertissement et la connaissance de ces faits ne nous empêchent pas de commettre encore et encore les mêmes erreurs.

Le publicain était l'opposé du pharisien, mais pas seulement socialement, aussi spirituellement. Il est évident que le publicain est mauvais. Cependant, nombre de publicains le reconnaissaient et voulaient changer. D'un autre côté, les pharisiens - qu'ils soient bons ou pas entièrement bons - se satisfaisaient d'eux-mêmes. Le pharisien affirmait la droiture de sa vie.

Notre Salut est accompli en coopérant avec Dieu. Seul, Dieu saurait faire absolument tout, et Il fait presque tout pour nous - la parabole du Fils Prodigue, qui suivra, nous en parle. Mais l'action et l'effort sont requis de notre part. Ce que sera cette action, vers où nous dirigerons notre volonté, tout cela ne dépend que de nous. Si nous devenons humbles, le Seigneur nous exaltera. Au niveau de la prise de décision, le choix est évident. Cependant, qu'il est difficile d'accomplir réellement ce choix, qu'il est difficile de le confirmer par nos vies!


O Seigneur, aide-nous à changer, et à Te présenter une repentance sincère pendant les jours du Grand Carême!



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