"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

22 avril 2012

Dimanche de Thomas - iconographie



Tropaire dimanche de Thomas (ton 7)
Tu T'élances hors du tombeau scellé, ô Christ-Dieu, Vie qui se lève du sépulcre. Tu entres chez tes disciples, les portes étant fermées; par eux, Tu renouvelles en nous l'esprit de droiture, selon ta grande Miséricorde, Toi, la Résurrection de tous. Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit.

Kondakion dimanche de Thomas (ton 8)
De sa main curieuse, Thomas scruta ton Côté vivifiant, ô Christ-Dieu, lorsque Tu entras, les portes étant fermées. Et s'unissant aux autres apôtres, il Te cria : Tu es mon Seigneur et mon Dieu. Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.



Psautier Hunterian, université de Glasgow




enluminure bas-germanique



Silos, Espagne - fin de la période orthodoxe



église Saint-Germain-l'Auxerrois
Manéglise, Normandie


1 commentaire:

Nicodème a dit…

Depuis ce dernier vendredi , les hasards des croisements entre calendrier grégorien et calendrier lunaire hébraïque font que la Pâque juive , qui dure 8 jours , englobe la Pâque chrétienne '(version latine) . Pour moi , il s’agit d'un tout . La Pâque chrétienne est l'accomplissement de la Pâque juive . Que veut dire ce mot francisé en Pâques ? eh bien , il correspond à l'hébreu "Pessah" , qui signifie "passage" .

De même que la Pâque juive commémore le passage de la mer rouge (évidemment , c'est probablement légendaire , mais cela a un sens figuré) , de même la Pâque chrétienne fait mémoire du passage du rabbi itinérant et thaumaturge Yeshouah de Nazareth de la vie à la Résurrection , en passant par la Passion et la mort .

Ainsi , pour chacun de nous , la vie est-elle un passage , du néant d'avant notre conception à la vie "éternelle" , càd celle où toute souffrance est bannie , et que nous ne pouvons concevoir avec nos catégories de ce monde physique , mais à laquelle aspire tout notre être , consciemment ou non .

Seulement voilà , ce "passage" ne se fait pas sans souffrance . Aucune grande philosophie de vie ni aucune grande tradition spirituelle n' a trouvé le moyen d'expliquer cette prégnance incontournable de la souffrance , tant physique que morale , dans notre vie , et qui ne cesse de nous révolter.

Souffrance qu'il ne faut pas , bien évidemment rechercher , ce serait une perversion doloriste , mais qu'il faut toujours tendre à soulager , d'abord chez autrui , ensuite pour soi . L'extrême frayeur des colonnes d'hébreux dépenaillés , se risquant à traverser la Mer rouge , qui s'était retirée , chose prodigieuse , mais pour combien de temps ? leur extrême dénuement dans le Sinaï , leur découragement , leurs révoltes... le recul du rabbi Yeshouah , qui se savait pourtant le Messie , et qui avait conscience de sa divinité , son recul humain devant ce qui l'attendait , son angoisse , sa peine extrême de ce qu'il savait des hommes ... nos maladies , nos chagrins , notre mal d'être , nos mal-aimer , et nos mal-aimé , nos inquiétudes pour ceux que nous aimons , notre misère devant nos nullités ..


Ce que nous dit l'arrivée dans la Terre de Canaan , ce que nous dit la Résurrection du Christ , eh bien , c'est que , au terme de cette lutte sans merci contre le mal , et contre les maux , chacun de nous est appelé , par delà sa mort corporelle , à la vie en plénitude . Là où il n'y a plus de larmes , ni de pleurs ni de grincements de dents . Pourvu qu'il accepte de briser son orgueil dans le repentir sincère de ses fautes et qu'il prenne la main que le Seigneur lui tend , comme on peut le voir dans la très belle icône de la Résurrection, dans laquelle on voit le Christ ressuscité tirer les morts du "Shéol" .