"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 avril 2012

Fausse "bible de 1500 ans": propagande athée & musulmane (Assyrian International News Agency - AINA)

La "bible" de 1500 ans d'âge et la propagande musulmane
http://www.aina.org/news/2012022916569.htm




(AINA) Récemment, il y a eu beaucoup de remue-ménage à propos de la récente découverte en Turquie d'une bible qu'on affirme avoir été écrite en araméen il y a quelque 1500 ans. Les médias musulmans de même qu'occidentaux ont sauté sur l'information, affirmant que cette bible contenait des versets attribués à Jésus Christ, dans lesquels le Christ prédit la venue de Mahomet. Aucun de ces médias n'a publié de copie fac-similé de ces versets.

Cette "bible" est rédigée sur du cuir et en lettres d'or. L'image sur la couverture présente des inscriptions en araméen et le dessin d'une croix.

Pour toute personne dont la langue maternelle est l'assyrien moderne (ou néo-araméen), ce qui est le cas pour une majorité d'Assyriens, il est facile de lire l'inscription. L'inscription du bas, qui est ce la plus visible sur les photos rendues publiques, dit ceci:

Translitération: "b-shimmit maran paish kteewa aha ktawa al idateh d-rabbaneh d-dera illaya b-ninweh b'sheeta d-alpa w-khamshamma d-maran"

Traduction: au nom de notre Seigneur, ce livre est écrit de la main des moines du grand monastère à Ninive, en l'an 1500 de notre Seigneur.

Ninive est l'antique capitale assyrienne et se situe dans l'actuel nord de l'Irak, près de Mossoul.

On remarque directement des fautes d'orthographe.

Le premier mot, "b'shimmit maran" ("Au nom de notre Seigneur") est erronément écrit avec un 't' au lieu d'un 'd'. En assyrien, le 'd' est un génitif, un préfixe pour le mot qui suit. La version correcte serait "b-shimma d-maran", et pas "b-shimmit maran" (notez que le dernier mot de la phrase est correctement orthographié, "d-maran" ("de notre Seigneur")).

Le premier mot comporte aussi une autre erreur. Le mot "nom" en assyrien s'écrit correctement 'ashma', le premier 'a' étant silencieux. Dès lors la formulation correcte de "au nom de notre Seigneur" devrait être écrite "b-ashma d-maran".

Le mot 'idateh' est aussi mal orthographié, il devrait se terminer par 'a', "idata". De plus, la formule 'al idateh' est erronée, elle dit 'sur les mains'; pour être correcte, cela devrait être "b-idata", "de la main."

La phrase du bas utilise le mot 'ktawa' (livre) pour parler de l'ouvrage. Mais en assyrien, on ne fait jamais référence à la Bible en parlant de 'livre'. On parle de 'awreta' (Ancien Testament), 'khdatta' (Nouveau Testament) ou 'ktawa qaddeesha' (livre saint).

Ceci étant dit, n'ayant pu voir l'intérieur de cette "bible", on ne saurait être sûr qu'il s'agit d'une Bible.

Plus important, ce qu'on peut en lire est écrit en assyrien moderne, qui n'a été standardisé que dans les années 1840. La première Bible en assyrien moderne a été rédigée en 1848. Si ce livre avait été écrit en 1500, il l'aurait été en assyrien classique.



Il est hautement improbable que des moines auraient commis des erreurs aussi élémentaires. Il reste à découvrir si ce livre est une falsification, ou de quelle sorte de livre il s'agit.

L'inscription en bas dit que le livre a été écrit en 1500 après J-C. Si le livre contient réellement des versets annonçant la venue de Mahomet, ce n'est pas un grand exploit que de prédire quelque chose 870 ans après que le fait se soit produit, vu que Mahomet aurait fondé l'islam en 630 après J-C...

La plupart des annonces médiatiques, tant musulmanes qu'occidentales, titrent leur récit en parlant d'une "bible vieille de 1500 ans annonçant la venue de Mahomet" -- et ça sans le moindre fait pour prouver l'affirmation.

Pour les musulmans, les implications de ces titres sont désirables - que Jésus-Christ ne serait qu'un prophète, comme Mahomet, et pas le Fils de Dieu. Selon Al Bawaba, le ministre turc de la culture et du tourisme, Ertugrul Gunay, a déclaré "conformément à la religion musulmane, cet évangile traite Jésus comme un être humain et non un Dieu. Il rejette les idées de sainte Trinité et la Crucifixion, et révèle que Jésus a prédit la venue du prophète Mahomet."

Commentant les erreurs dans ce livre, Al Bawaba dit dans un autre article:
"Par exemple, ce livre dit qu'il existe 9 Ciels et que le 10ème est le Paradis, alors que le coran dit qu'il n'y en a que 7; et que la Vierge Marie a donné naissance à Jésus sans douleurs, alors que le coran dit qu'elle a enfanté dans la douleur."
Selon cet évangile, Jésus dit aux prêtres Juifs qu'il n'est pas le Messie, et que c'est Mohamet le messie. Cela nie l'existence d'un Messie, qui est en fait Jésus Christ, et cela fait comme si Jésus et Mahomet n'étaient qu'une seule et même personne.
Le livre comporte aussi de l'information sans crédibilité historique, comme la présence en Palestine de 3 armées, de chacune 200.000 soldats, alors qu'à l'époque sur ce territoire la population entière ne comptait pas 200.000 habitants. De plus le pays était sous occupation romaine, et il est impossible dès lors qu'ils auraient pu avoir leurs propres armées palestiniennes.
La dernière phrase du chapitre 217 dit que 100 livres de cailloux furent placées sur le corps du Christ. Ceci confirme que cet évangile a été composé plutôt récemment car la première utilisation de la livre comme unité de poids a eu lieu par les Ottomans, dans leurs expériences avec l'Italie et l'Espagne, et n'était pas connue au temps de Jésus.
Le chapitre 20 affirme aussi que les villes de Jérusalem et Nazareth sont des ports de mer.
"

Ce même article s'achève par "selon de nombreuses études, l'évangile attribué à saint Barnabas a été écrit par un Juif européen, qui était relativement au courant du coran et des Évangiles. Il aurait donc mélangé les faits de l'un et de l'autre, et ses intentions pour cela sont inconnues."

Mais malgré la disponibilité d'informations sur cette "bible", la plupart des médias, musulmans, modernistes et séculiers ont décrit cette découverte comme quelque chose qui minerait le Christianisme, ignorant les nombreux problèmes que présente cet ouvrage, et le présentant comme une réalité bien concrète. En fait, dans leur zèle pour soutenir le récit anti-Chrétien, ils ont passé sous silence ou supprimé diverses informations mettant en doute l'authenticité de ce livre. Pour ces personnes ou ces organisations, ce livre est un nouvel outil dans leur arsenal pour attaquer les fondements de la doctrine Chrétienne.

Peter BetBasoo et Ashur Giwargis
© 2012, Assyrian International News Agency

08 / 03 / 2012

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Article repris par :
http://www.pravoslavie.ru/english/52073.htm



NDT 1 : l'article musulman d'Albawa que cite AINA dit aussi :
"Ces contradictions, qui étaient la principale raison pour laquelle les érudits Arabes ont ignoré la traduction arabe publiée il y a quelque 100 ans d'ici, furent exposées en détail par l'écrivain et penseur Égyptien Abbas Mahmoud al-Akkad. Dans une analyse qu'il a publiée le 26 octobre 1959 dans le quotidien égyptien al-Akhbar, Akkad disait que la description de l'enfer dans cet évangile de Barnabas était basée sur de l'information relativement récente, qui n'était pas connue à l'époque où le texte prétend avoir été écrit."


NDT 2 : Salir le livre pour qu'il soit illisible ou le brûler, c'est pareil. Il serait bon alors que les auteurs athées et musulmans s'excusent pour avoir sali la Bible, qui est le livre saint des Chrétiens, en publiant récemment leurs affirmations concernant ce grossier faux. Non? :-)

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