"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 avril 2012

Fête du couvent de la Mère de Dieu "Portaïtissa" à Trazegnies (B) - historique de l'icône et de son protecteur le martyr José Munoz-Cortez



Dans le courant du mois de décembre 1999 est né le premier couvent de moniales orthodoxes de rite oriental en Belgique, le Couvent de la Mère de Dieu "Portaïtissa". Deux moniales venant du Couvent Saint Jean Baptiste à Den Haag (La Haye, Pays-Bas, juridiction du Patriarcat de Moscou), se sont installées dans une maison à Trazegnies, non loin du Château, dans la banlieue nord de Charleroi. Le petit couvent vit des dons, de la vente de chapelets, de la peinture d'icônes.



Couvent de la Protection de la Mère de Dieu, Portaïtissa
supérieure : Mère Lydia
Rue du Caillou 3
6183 TRAZEGNIES
Tél. 071.46.28.46
http://www.orthodoxia.be/FRkerk/Juridictions/4%20Archiepiskopia/Trazegnies.html

Aumônier:
Higoumène Paul (Pellemans)
paroisse de tous les saints ayant illuminé la terre russe
Rue du Tavernier 15
1340 OTTIGNIES (Louvain-la-Neuve)
Tél. 010.41.85.57





L'ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU PORTAÏTISSA (GARDIENNE DE LA PORTE)

A l'origine l'icône ibérienne de la Mère de Dieu (en russe lverskaïa, c'est-à-dire Géorgienne) appartenait à une riche veuve des environs de Nicée.

A partir de 829, la première année du règne de l'empereur Théophile, la possession et la vénération d'icônes furent sévèrement punies. La maison de la veuve fut également inspectée. En donnant de l'argent aux soldats, elle put les convaincre de lui laisser l'icône encore une journée. Elle préférait notamment donner l'icône à la nature qu'aux moqueries des hommes ou à la destruction. Avec son fils Jean elle mit l'icône à la mer, et à sa joie, elle la vit voguer bien droite sur les flots et s'éloigner de la côte. Afin d'échapper à la punition, Jean s'enfuit au Mont Athos où après une vie d'ascèse, il mourut en paix. Au préalable, il avait raconté aux moines ce qui s'était passé avec l'icône, et ils se souvinrent de cette histoire et la racontèrent à leur tour.

De nombreuses années plus tard, le moine Gabriel vivait au monastère d'lveron au Mont Athos. Le 31 mars 999, la Mère de Dieu lui apparut en rêve. Elle promit d'offrir cette icône au monastère, et dit qu'il devait la sortir de l'eau. Quand les moines se rendirent sur la grève, ils virent en effet l'icône toute droite dans l'eau. Ils la ramenèrent respectueusement au monastère, dans le sanctuaire. Le lendemain, l'icône avait disparu. Après avoir longuement cherché, ils la retrouvèrent au-dessus de la porte d'entrée du mur d'enceinte. Elle fut remise dans le sanctuaire, mais elle fut de nouveau retrouvée au-dessus de la porte d'entrée. Après une troisième fois, l'on comprit enfin que la Mère de Dieu le voulait ainsi et une petite chapelle fut construite près de l'entrée pour l'icône qui depuis lors s'appelle la Gardienne de la Porte: Portaïtissa.

Au 17ième siècle, cette icône fut connue en Russie. Le Tsar Alexis et l'archimandrite Nikon du monastère Novospasski (le futur patriarche Nikon) demandèrent à l'higoumène du monastère d'lviron en visite à Moscou, une copie peinte. Celle-ci fut solennellement reçue à Moscou le 13 octobre 1648, et placée dans la chapelle de la porte Voskressenki (Résurrection). Depuis, la fête de l'icône est célébrée le 13 octobre, le 12 février et le mardi de Pâques.

Avec la bénédiction de l'archevêque Simon de Bruxelles et de Belgique, les moniales du couvent orthodoxe de Trazegnies se sont placées sous la protection de l'icône de la Mère de Dieu Portaïtissa.

in : "Les Starets russes du monastère d'Optina" n°1", Noël 2002, page 46, édité par le couvent

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http://www.johnsanidopoulos.com/2011/04/appearance-of-iveron-portaitissa-icon.html



Photo prise en 1927 ou 1928 par Ali Sami Bei



Cette icône était la propriété d'une pieuse veuve qui vivait dans la région de Nicée, en Asie Mineure, à l'époque de l'empereur iconoclaste Theophilus (829-842). Lorsque les troupes de l'empereur arrivèrent pour chercher et détruire toute sainte icône, la pieuse veuve jeta l'icône miraculeuse de la Theotokos à la mer. C'est alors qu'elle observa un étrange phénomène. L'icône se redressa perpendiculairement à l'eau et dans cette position, avança vers l'ouest à travers les vagues.
Le temps passant, l'icône arriva face au monastère d'Iviron sur le Mont Athos. Un saint ermite nommé Gabriel la tira hors de l'eau, et la donna aux moines. Ils construisirent une petite église pour l'icône près de la porte du monastère, et y placèrent l'icône. Dès ce moment-là, elle reçu le nom de Portaïtissa.
Depuis lors, la très sainte Mère de Dieu a accompli nombre de miracles à travers sa sainte icône. Elle a guérit certains possédés par des démons, guéri des muets, et rendu la vue à des aveugles. En même temps, elle a protégé le monastère de tout danger, et l'a sauvé d'invasions étrangères. Entre autres bénéficiaires de la Portaïtissa, on trouve une princesse russe, la fille du tsar Alexei Michailovitch (1651).
L'icône est arrivée sur la sainte Montagne le Mardi Radieux de l'an 1004. Dès lors, le monastère d'Iviron célèbre cette radieuse fête en ce jour-là, à notre époque aussi. La Divine Liturgie est célébrée à l'église près de la mer, où l'eau bénie avait jailli lorsque le moine Gabriel avait retiré l'icône de la mer.
L'Icône Portaïtissa d'Iveron est aussi commémorée le 31 mars.








Παναγία Πορταΐτισσα
L'Icône originale au monastère d'Iviron, Mont Athos


La version de Montréal et le martyr José de bienheureuse mémoire
http://en.wikipedia.org/wiki/Panagia_Portaitissa#Montreal_version

Comme de coutume dans l'Eglise Orthodoxe, l'icône est un prototype qui a été bien des fois copié. Nombre de ces copies ont elles-mêmes été célèbres en termes de miracles, et l'une des plus célèbres est l'icône myroblyte de Montréal, Canada. Durant 15 ans (1982-1997), alors que le myron continuait de s'écouler de l'icône, le frère Jose Muñoz-Cortes s'est consacré à en prendre soin, l'accompagnant dans ses innombrables périples entre paroisses partout aux Etats-Unis et Canada, en Amérique du Sud, Australie et Europe. Une nouvelle copie de l'icône myroblite de Montréal a commencé à exsuder du myron à l'église orthodoxe russe d'Hawaï en 2007. Plusieurs jours de fête dans l'année liturgique célèbre certains de ces miracles.



http://orthodoxwiki.org/José_Muñoz-Cortes
José Muñoz-Cortes (1950, Chili - 1997, Grèce) était un Chilien converti au christianisme orthodoxe. Il s'intéressa à la vie monastique et devint le gardien de l'icône miraculeuse myroblite de la Mère de Dieu d'Iveron (dans sa copie appelée Icône de Montréal). Il fut assassiné le 31 octobre 1997 dans sa chambre d'hôtel à Athènes, Grèce.

Frère José est né au Chili dans une pieuse famille catholique-romaine d'origine espagnole. Il avait 12 ans lorsqu'il a rencontré l'archevêque Leonty du Chili, et sous son influence, José a été baptisé 2 ans plus tard dans l'église orthodoxe, avec le consentement de sa mère. Il commença à mener une vie de type monastique, autant que cela était possible dans les circonstances du monde, et ce sans entrer pour autant dans un monastère. Plus tard, lorsqu'il émigrera au Canada, il continuera ce style de vie.
Artiste de talent, il obtint une place d'enseignant de l'art à l'université de Montréal, et commença à étudier l'iconographie.
Au cours de l'été 1982, frère José parti pour le Mont Athos dans le but d'y visiter certains skites et monastères spécialisés dans l'iconographie. Au petit skite de la Nativité du Christ, l'higoumène, l'ancien Clement, accueilli chaleureusement frère José et ses compagnons de voyage et leur offrit la traditionnelle hospitalité athonite. Puis il les emmena voir l'atelier d'iconographie.
Frère José ressenti aussitôt une forte attraction pour une icône de la Mère de Dieu, une copie contemporaine (1981) de l'ancienne et vénérée Icône d'Iveron. C'était une des premières icônes à avoir été peintes dans ce skite, par le p. Chrysostomos en 1981. Fr. José fut déçu d'apprendre qu'elle n'était pas à vendre, mais à sa grande joie, au moment où il quittait le skite, l'higoumène Clément courru après lui et lui remit l'icône, disant qu'il était agréable à la Mère de Dieu de l'accompagner en Amérique du Nord.
De retour à Montréal, frère José commença à lire quotidiennement l'acathiste devant l'icône. Quelques semaines plus tard, le 24 novembre, il se réveilla et senti un fort parfum. La nouvelle icône exsudait du myron, émanant miraculeusement des mains et des étoiles de la Mère de Dieu.
Peu après, cela fut reconnu par l'Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières, et cela reçu bénédiction pour aller de paroisse en monastère pour l'édification des fidèles chrétiens.
Au cours des 15 années qui suivirent, le myron continua à exsuder de la sainte icône. Frère José se consacra à en prendre soin, accompagnant la sainte Icône au cours des innombrables voyages vers des paroisses des Etats-Unis, du Canada, d'Amérique du Sud, d'Australie et d'Europe. En Bulgarie, quelque soixante mille fidèles vinrent dans une église à Sofia pour y vénérer cette icône.
Frère José était aussi très fidèle à accomplir les innombrables demandes de prière qu'il recevait chaque jour, commémorant quotidiennement des milliers de noms, dont plusieurs dizaines de filleuls.



Décès
Fr. José fut torturé et brutallement assassiné par plusieurs individus dans une chambre d'hotel à Athènes, Grèce, la nuit du 31 octobre 1997.
Il avait prévu de rentrer le lendemain au Canada pour célébrer le 15ème anniversaire de l'apparition miraculeuse du myron sur l'icône. L'affaire n'est toujours pas résolue, bien que plusieurs furent suspectés dans ce crime.
L'icône myroblite de Montréal disparu après le meurtre de frère José, et on ne l'a pas revue depuis.
Frère José n'a pas encore été glorifié comme saint par l'Eglise, bien que nombre de miracles ont été rapportés comme ayant eu lieu en son nom, y compris des icônes de frère José qui se sont mises à exsuder du myron.
Un miracle relié à ces événements est la nouvelle icône miraculeuse à Hawaï, copie de l'icône myroblite Iveron de la Mère de Dieu, qui se mit elle-même à exsuder du myron juste avant le 10ème anniversaire du martyre de frère José. L'Icône d'Hawaï est une copie imprimée de l'Icône de Montréal. D'autres copies de l'Icône de Montréal sont devenues myroblites à diverses reprises.



A lire en français (& source de la photo sous le lien):
http://orthodoxologie.blogspot.com/2009/11/12-novembre-2009-frere-joseph-ambroise.html



A lire en anglais :
http://www.stjohndc.org/Russian/munoz/MunozE/e_00_MunozTitle.htm



La Mère de Dieu dans son Jardin : la sainte Montagne de l'Athos
Hyper Aghia Theotoke, presbebai hyper hymas!

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