"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 avril 2012

Le saint des saints dans une église chrétienne, orthodoxe (p. Tryphon, Eorhf)


Depuis l'Antiquité, les églises orthodoxes ont conservé la même structure et fonction. Se basant sur le modèle du Temple de l'Ancien Testament, les églises chrétiennes orthodoxes sont divisées en plusieurs parties ou espaces dépendant de leurs fonctions respectives. Le saint Autel, sur lequel est célébré l'Eucharistie, est situé dans l'extrémité orientale du bâtiment, derrière l'iconostase (séparation portant des icônes). C'est une continuité, cela correspond au saint des saints dans l'ancien Temple israélite à Jérusalem.

Tout l'espace derrière l'iconostase est appelé Autel, et considéré comme la partie la plus sacrée de l'église. Bien qu'il convienne de respecter profondément toute l'église, l'Autel est très particulier. C'est ici que le Saint Esprit descend (*), transformant l'offrande du pain et du vin en Corps et Sang du Christ.

Seuls ceux qui ont reçu une bénédiction particulière de l'évêque ou du prêtre peuvent y entrer, car nul n'a le droit de pénétrer derrière l'iconostase! L'Église n'y autorise l'accès qu'à ceux qui ont un motif précis pour s'y trouver, une tâche ou fonction spécifique. Même si quelqu'un sert régulièrement derrière l'iconostase, il faut à chaque fois demander la bénédiction. Nul ne devrait s'aventurer en ce lieu sans bénédiction pour le faire.

Le saint Autel, la table de préparation (proskomedia), la patène et le calice ne devraient jamais être manipulés par quiconque d'autre qu'un évêque, un prêtre ou un diacre. Le caractère sacré de ces objets mis à part pour le service divin est tel, car ils ont été tous bénis par l'Église pour le culte rendu à Dieu.

Nous nous approchons de notre Dieu avec crainte et respect, et pleins d'émerveillement, pendant le culte, nous nous prosternons devant Son Trône. Nous adorons la Sainte Trinité avec la même révérence que ne le faisaient les premiers Chrétiens. C'est le même Dieu Qui nous a créés, et Qui a condescendu à unir Sa divinité à notre humanité, Qui est adoré dans nos églises de manière aussi splendide que celle qu'Il avait ordonnée, lorsqu'Il demanda de construire le Temple dans la Ville Sainte, parce qu'Il nous a invités à entrer en communion avec Lui.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon

Aucun commentaire: