"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

10 avril 2012

Transformation via le parcours du Carême (p. Tryphon, EORHF)



A Constantinople, la cour impériale était pleine de sycophantes, des intrigants qui passaient leur temps à nouer des alliances qui les aideraient à monter en rang et influence. Nombre d'empereurs se laissaient rouler et leur prêtaient l'oreille comme s'il s'agissait de vrais amis, fiables, alors qu'en réalité ils les manipulaient, ces vils flatteurs n'étaient pas leurs amis. Ces sycophantes changeaient facilement d'allégeance si une meilleure opportunité se présentait, et finalement, nombre d'empereurs finissaient trahis par ceux qu'ils pensaient dignes de confiance.

Ces flatteurs n'en manquaient pas moins de courage, et dans leur malhonnêteté simulaient la loyauté à l'empereur, et à la fin, tout l'empire en souffrait. Si ces gens avaient été de vrais citoyens de l'empire, et ne s'étaient pas uniquement préoccupés par leur propre intérêt, l'empereur aurait eu des citoyens loyaux, faisant passer l'intérêt général de l'empire avant le leur. Au contraire, l'empereur finissait trahi, et l'empire était victime de nouveaux complots.

La véritable loyauté n'est jamais basée sur l'obéissance aveugle, car un tel système ne sert que la promotion des flatteurs, et tout le monde finit par en souffrir. L'empereur qui n'aspirait pas aux flatteries mais cherchait d'authentiques conseillers, dirigeait dans la paix et l'harmonie, car ceux qui se servent eux-mêmes ne regardent qu'à eux, et ne font allégeance qu'à eux-mêmes.

Alors que nous arrivons au bout de ce grand et saint Carême, réexaminons nos propres relations. Sommes-nous des sycophantes, ou parlons-nous du coeur, sans nous soucier de nos intérêts? Sommes-nous de vrais amis pour ceux avec qui nous partageons nos vies, ou ne cessons-nous de penser à nous-mêmes? Voulons-nous réellement être des personnes aimables, ou ne sommes-nous intéressés que par nos propres besoins? Sommes-nous tels ces empereurs, ne nous entourant que de flatteurs, de gens qui nous disent uniquement ce que nous voulons entendre, ou sommes-nous prêts à recevoir ce qui nous concerne vraiment et pourrait nous aider à croître spirituellement?

Approchons-nous humblement du Sauveur au cours de ce Grand Carême, aspirant à notre transformation par Sa divine Grâce, et par Sa miséricorde, afin d'être rétablis en plénitude. Ne soyons pas les flatteurs et les traitres les uns des autres, mais de véritables amis, nous plaçant toujours en dernier lieu. Aimons Dieu par dessus tout, et les autres comme nous-mêmes, et avec l'aide de Dieu, ce parcours du Grand Carême aura été le plus profitable spirituellement pour chacun d'entre nous.

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon, EORHF



La fin de la route est proche!

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