"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 juillet 2012

Les Chrétiens de Jérusalem attaqués par les colons Juifs (Elena Viola, Alternative Information Center (AIC)

http://www.pravoslavie.ru/english/52015.htm

La croix Dominus Flevit, en surplomb du dôme du rocher
Photo : orcaman , Creative Commons.


Les récentes attaques de colons israéliens sur les lieux saints et église ont mis en lumière la lutte particulière à laquelle sont soumis les Chrétiens palestiniens à Jérusalem.

Des lieux saints et lieux de culte chrétiens à Jérusalem ont été violemment attaqués par des colons israéliens au cours mois passés. Suite aux scandaleux graffitis et affiches "à vendre" sur une église protestante baptiste à Jérusalem-ouest, dans un cimetière chrétien sur Mont Sion, et sur un monastère grec-orthodoxe dans la Vallée de la Croix, Elena Viola analyse la situation des Chrétiens dans la ville sainte de Jérusalem.

Les Chrétiens ont habité Jérusalem depuis l'époque du Christ et Ses disciples, et ont toujours vécu au milieu des musulmans et des Juifs. Bien que le nombre de Chrétiens à Jérusalem n'aie jamais été fort élevé, en partie à cause des conversions imposées à partir de l'arrivée de l'islam et la grande vague d'émigration Chrétienne dans la foulée des guerres de 1947 et 1967, ce nombre déjà restreint de Chrétiens continue de diminuer.

Partant d'une communauté de 32.000 avant la guerre du Proche Orient de 1948 et l'établissement de l'état d'Israël qui a suivi, la population Chrétienne à Jérusalem a dramatiquement chuté pour arriver à quelque 8.000 membres en 2011.

"Le fort déclin du nombre de Chrétiens de Jérusalem est le résultat de l'application par Israël d'une prise de contrôle étatique des lieux, explique Yusef Daher, secrétaire général du conseil oecuménique des églises. "Le gouvernement israélien a toujours poursuivi la même politique : faire de Jérusalem une ville juive, capitale d'Israël, tout en se débarrassant des Palestiniens Chrétiens (et musulmans)."

Les Palestiniens Chrétiens subissent les effets négatifs d'un "gouvernement israélien qui se dirige de plus en plus vers le fanatisme", continue Daher, et cela se reflète dans nombre d'aspects de la vie quotidienne à Jérusalem. Parmi les principaux problèmes auxquels sont confrontés les Chrétiens, on trouve la politique d'Israël pour restreindre le droit de résidence et les possibilités d'achats de logements.

Alors que tout Juif peut non seulement obtenir la nationalité israélienne mais aussi devenir résident à Jérusalem simplement du fait de sa religion, tous les Palestiniens qui ont vécu hors de Jérusalem pour plus de 7 ans et/ou acquis une nationalité étrangère ou un permis de résidence à l'étranger perdent automatiquement leur "résidence permanente" dans la ville de leur naissance. Pour la communauté Chrétienne de Jérusalem, cela signifie que dans les 7 ans à venir, le nombre de Chrétiens dans la ville va probablement chuter à moins de 5300 personnes.

Israël n'a assigné que 13% de Jérusalem-Est pour la construction, accroissant dès lors grandement la densité d'habitations pour les Palestiniens dans la ville, tout en forçant les autres à partir. Ceux qui restent dans leur ville de naissance rencontrent des difficultés bureaucratiques lorsqu'ils tentent de bâtir une vie pour leurs familles.

Elias Baseer, comptable pour les YMCA à Jérusalem-Est, explique que "après une attente de 5 années, et quelques 150.000 NIS d'investis, j'ai finalement obtenu la permission de construire une maison dans le village de Beit Safata (Jérusalem-Est). Si je ne parviens pas à payer toute la construction de ma maison avant la fin de cette année, j'aurai à payer 50.000 NIS de plus pour une prolongation de mon permis de bâtir. Et après cette date limite, les autorités israéliennes pourront révoquer n'importe quand mon permis de construire."

Les Chrétiens luttent pour se garder à Jérusalem. Si la vie pour les habitants non-Juifs est aussi dure pour tous dans la ville, les Palestiniens Chrétiens ont à affronter d'autres complications du fait de leurs convictions religieuses minoritaires.

Si dans le passé, traditionnellement, les Chrétiens avaient des commerces prospères et vivaient dans les quartiers huppés de ce qui est aujourd'hui appelé Jérusalem-Ouest, de nos nos jours ils sont concentrés sur un marché limité, et du fait qu'Israël a isolé la Bande de Gaza de Jérusalem, ils n'ont plus comme possibilité de commercer qu'avec les 200.000 Palestiniens vivant à Jérusalem-Est.

De plus, une grande majorité de Chrétiens de Jérusalem travaille de nos jours pour des organisations non-gouvernementales chrétiennes, et ne perçoivent que des salaires minimaux. "Les revenus moyens qu'une famille de 4 enfants a besoin pour mener une vie décente - pas "bonne" mais simplement "décente" - sont 3 fois supérieurs à ce salaire," dit Baseer, "dès lors les gens doivent avoir plusieurs activités lucratives pour ne pas être écrasés par la pression dans cette ville."

Un autre aspect important, c'est l'éducation au sein de la communauté chrétienne de Jérusalem. Les familles Chrétiennes envoient souvent leurs enfants dans de coûteuses écoles privées, parce que, comme l'explique Baseer, "d'un côté, ils veulent que leurs enfants aient une éducation chrétienne, et de l'autre, ils ne veulent pas que leurs enfants soient sans cesse persécutés par les autres élèves. Dans une ville comme Jérusalem, où les 3 religions monothéistes vivent ensemble, il est quasiment impossible de faire abstraction des croyances des gens - même pour les enfants."

Les Palestiniens Chrétiens et musulmans entretiennent globalement de bonnes relations entre eux. Ils sont partenaires dans leurs activités commerciales, et partagent la même lutte quotidienne pour survivre à la croissante occupation et colonisation de Jérusalem par Israël.

"Ce qui est difficile cependant de faire comprendre aux Palestiniens musulmans," explique Baseer, "c'est que même la communauté chrétienne n'est pas un bloc monolithique : il y a des catholiques-romains, des Arméniens et des Orthodoxes. Ce problème complexe ressort à chaque fois qu'une partie de la communauté renforce un lien commercial avec Israël. En ces circonstances, non seulement celui qui le fait est blâmé et considéré comme un traître, mais aussi toute la communauté Chrétienne."

"Si des colons israéliens nous crachent dessus ou nous harcèlent, nous leur pardonnons, car notre religion nous dit de le faire," explique Daher. "Mais ici c'est allé trop loin. Des colons Juifs endommagent et volent nos propriétés, et le gouvernement les soutien."

"Le gouvernement israélien a toujours été de droite," explique Baseer. "Mais il y a une sorte de gouvernement qui complique la vie à 20%, et une autre qui le fait jusque 80%. L'actuel gouvernement, qui soutient les agressions violentes et scandaleuses, est dangereux jusque 99%."

"Comment les autorités israéliennes pourraient atteindre la barre des 100%," conclu Baseer, "tout simplement en nous expulsant tous de nos maisons et prenant le contrôle intégral de Jérusalem."

Alternative News

étiquettes de prix et graffitis "dehors les Grecs" sur une voiture garée devant le monastère de la Croix à Jérusalem

2 commentaires:

Anonyme a dit…

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Jerusalem-nouvel-acte-de-vandalisme-anti-chretien-2013-05-31-967157
Jérusalem: nouvel acte de vandalisme anti-chrétien
31/5/13 - Mis à jour le 31/5/13 - 14 H 19
Des graffitis et des insultes anti-chrétiens en hébreu ont été tagués dans la nuit de jeudi à vendredi sur un mur de l'église de la Dormition, l'une des principales abbayes de Jérusalem, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Deux voitures ont également été couvertes de slogans et ont eu leurs pneus crevés, a précisé à l'AFP le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld.

Les enquêteurs soupçonnent des extrémistes religieux juifs, une piste déjà privilégiée dans une vague de déprédations anti-palestiniennes mercredi.

L'abbaye de la Dormition, située sur le mont Sion à Jérusalem, abrite une communauté de moines bénédictins allemands, qui ont découvert les inscriptions vendredi matin, a précisé le patriarcat latin (catholique) de Jérusalem dans un communiqué.

Des graffitis ont aussi été inscrits sur l'une des portes du cimetière grec-orthodoxe voisin, selon des témoins.

Les inscriptions comparent les chrétiens à des singes et appellent à la "vengeance".

"Il faut absolument mettre fin à ces actes de vandalisme en favorisant une meilleure éducation des jeunes, notamment à l'école", a déclaré le vicaire patriarcal pour Jérusalem, Mgr William Shomali, cité dans le communiqué du patriarcat, appelant à faire preuve de "beaucoup de patience".

"Le patriarcat condamne ces actes qui ont eu lieu à Jérusalem, Ville Sainte pour les trois religions (judaïsme, christianisme et islam). Poser un tel acte est une tentative abjecte de miner la coexistence entre les différents croyants", selon le texte.

En septembre et octobre, Israël avait déjà connu une série de profanations d'édifices chrétiens.

Le 4 septembre, une porte du monastère de Latroun, près de Jérusalem, avait été incendiée et les murs tagués d'insultes anti-chrétiennes. La semaine suivante, un graffiti en hébreu insultant Jésus avait été écrit sur la porte d'entrée d'un couvent franciscain du Mont Sion à Jérusalem. Une église roumaine orthodoxe avait aussi été la cible de pierres, de bouteilles et de détritus.

Une vingtaine de voitures palestiniennes ont été incendiées ou ont eu des pneus crevés mercredi dans plusieurs localités de Cisjordanie occupée ainsi qu'à Jérusalem-Est occupé et annexé, où des graffitis vengeurs ont également été retrouvés. La police a attribué ces actes à des colons juifs extrémistes.

Cette vague d'exactions intervenait 30 jours après l'assassinat par un Palestinien d'un colon, premier Israélien tué en Cisjordanie depuis septembre 2011, auquel les graffitis se référaient explicitement. Dans la religion juive, le 30ème jour marque la fin de la période de deuil pour les proches.

Des extrémistes de la colonisation et des milieux nationalistes religieux mènent sous le nom de "Prix à payer" des actions consistant à se venger sur des villageois palestiniens, des lieux de culte musulmans et chrétiens, des militants pacifistes israéliens, voire l'armée, des décisions gouvernementales qu'ils jugent hostiles à leurs intérêts ou des attaques attribuées à des Palestiniens.

Malgré les condamnations systématiques de tels actes par les autorités israéliennes, leurs auteurs sont très rarement appréhendés et encore moins traduits en justice.
AFP

Anonyme a dit…

Nouvel acte de vandalisme anti-chrétien à Jérusalem
31/05/13 - 12h53 Source: Belga
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/detail/1643457/2013/05/31/Nouvel-acte-de-vandalisme-anti-chretien-a-Jerusalem.dhtml
Des graffitis et des insultes anti-chrétiens en hébreu ont été tagués dans la nuit de jeudi à vendredi sur un mur de l'église de la Dormition, l'une des principales abbayes de Jérusalem, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Deux voitures ont également été couvertes de slogans et ont eu leurs pneus crevés, a précisé la police israélienne, qui a ouvert une enquête et soupçonne des extrémistes religieux juifs.

L'abbaye de la Dormition, située sur le mont Sion à Jérusalem, abrite une communauté de moines bénédictins allemands, qui ont découvert les inscriptions vendredi matin, a précisé le patriarcat latin (catholique) de Jérusalem. Des graffitis ont aussi été inscrits sur l'une des portes du cimetière grec-orthodoxe voisin, selon des témoins.

Les inscriptions comparent les chrétiens à des singes et appellent à la "vengeance".

En septembre et octobre, Israël avait déjà connu une série de profanations d'édifices chrétiens.

Le 4 septembre, une porte du monastère de Latroun, près de Jérusalem, avait été incendiée et les murs tagués d'insultes anti-chrétiennes. La semaine suivante, un graffiti en hébreu insultant Jésus avait été écrit sur la porte d'entrée d'un couvent franciscain du Mont Sion à Jérusalem. Une église roumaine orthodoxe avait aussi été la cible de pierres, de bouteilles et de détritus.

Des ultras de la colonisation juive et des milieux nationalistes religieux mènent depuis des années une politique dite du "prix à payer", consistant à se venger sur des villageois palestiniens, des lieux de culte musulmans et chrétiens, des militants pacifistes israéliens, voire l'armée israélienne, des décisions gouvernementales qu'ils jugent hostiles à leurs intérêts.