"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 février 2012

être ce en quoi l'on croit (saint Cyprien)

Avec un esprit droit, avec une foi affermie, avec une vertu robuste, soyons prêts pour la volonté de Dieu dans son entièreté. Repoussons la peur de la mort, pensons à l'immortalité qui la suit. Par cela, montrons nous comme étant ce en quoi nous croyons.
saint Cyprien de Carthage




"With a sound mind, with a firm faith, with a robust virtue, let us be prepared for the whole will of God: lay aside the fear of death, let us think on the immortality which follows. By this let us show ourselves to be what we believe." Saint Cyprian

16 février 2012

Les animaux comme don de Dieu (hiéromoine Tryphon, EORHF)

Hammi, notre chat forestier norvégien



Tous les soirs, j'essaie de passer une petite heure à la bibliothèque, assis devant le foyer. Notre bien-aimé chat forestier norvégien, Hammi, dort tous les soirs dans la bibliothèque / pièce commune. Hammi est très content lorsque toute la communauté monastique est s'y trouve avec lui. Il est un important membre de notre communauté, aimé de tous, et il est le seul chat que je connaisse à avoir sa propre page sur "facebook", une page lancée par une femme qui l'avait rencontré lors d'un pélerinage au monastère.


Ma première rencontre avec Hammi, un gros chat mâle, c'était alors que je marchais entre ma cellule et notre vieille caravane résidentielle (à présent partie), il y a 11 ans de ça. Nous nous étions observés mutuellement, mais au moment où je m'étais accroupi avec la main tendue, il était venu vers moi. Lorsque je l'ai pris, il a aussitôt commencé à ronronner, alors j'ai ouvert une boîte de conserve de saumon, et il n'est plus jamais reparti. Un mois après son arrivée, nous l'avons amené à un vétérinaire pour le faire examiner. C'est le vétérinaire qui suggéra qu'il devait avoir été abandonné par quelqu'un de Seattle, comme cela arrive fréquemment quand les gens veulent se débarrasser d'un animal, en étant certain que l'animal ne retrouverait pas le chemin de la maison (ce qui est impossible depuis une île).

Je raconte souvent aux gens qu'Hammi m'a domestiqué, car auparavant, je n'étais pas amateur de chats, étant allergique à leurs squames. J'ignorais au départ que les chats forrestiers norvégiens n'avaient pas de squames. Ils ont une fourure double très douce, de larges pattes, une bonne bouille, et sont une puissante boîte à ronrons. Ils sont sociables, ils aiment la compagnie humaine. Hammi salue quiconque vient au monastère, l'escortant pendant qu'il gravit les marches depuis le parking. Quiconque a déjà rencontré Hammi tombe sous son charme. J'ai abandonné le décompte du nombre de gens ayant déclaré ne pas aimer les chats mais qui voulaient avoir un chat forrestier norvégien, une fois qu'ils avaient rencontré Hammi.

De race intelligente, Hammia appris à nous faire comprendre ce qu'il voulait, qu'il s'agisse d'eau, de nourriture, de câlins, de se reposer, peu importe quoi. C'est un grand compagnon pour nous tous, il accompagne même lorsqu'un d'entre nous part méditer sur la Piste de Valaam. Il a un jeu particulier qu'il semble apprécier de jouer avec moi surtout. Je m'avance sur la piste, avec Hammi qui me devance. Il se cache derrière une grande fougère, et quand bien même je sais qu'il va arriver, il essaie toujours de me faire peur. Alors je cours vers l'avant, je me cache derrière un arbre, et je saute de ma cachette quand il arrive. Nous jouons à ce jeu jusqu'à la fin de la piste!

Il devient moins agile avec l'âge, tout comme moi. Nous souffrons tous les deux d'arthrite, et nous aimons nous asseoir près du feu les froides soirées d'hiver, lui ronronnant sur les genoux du vieux moine. J'ai tellement finit par m'y attacher que je ne saurais imaginer la vie du monastère le jour où il ne sera plus parmi nous.

Les animaux nous enseignent beaucoup à propos de la vie, et à propos de l'amour inconditionnel. Je n'oublierai jamais le jour où Hammi a repéré nos nouvelles poules qui venaient d'arriver. J'étais assis dans la veranda du réfectoire avec des hôtes. Hammi s'assis en observant les volatiles, puis commença à marcher vers la chapelle Saint Jean. Je le suivit, de même que nos hôtes. Lorsque nous arrivâmes à la barrière, Hammi s'applatit, prêt à bondir pour chasser. Il m'a suffit de lui dire "Non, Hammi, ce sont nos amis." Et il se redressa et reparti vers la véranda, me laissant avec mes amis près des poules. Il ne les a plus jamais approchées depuis.

Bien qu'ayant grandit avec chiens et chats, ils n'avaient pas fait partie de ma vie d'adulte, jusqu'à ce qu'Hammi arrive. Je suis très reconnaissant qu'il soit venu.

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon


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mon chien-loup et moi, dans la campagne enneigée, 4.2.2012


à lire à vos enfants, ce merveilleux petit livre (en anglais) :

14 février 2012

Ces lieux où on se sent plus près de Dieu (hiéromoine Michael, EORHF / Rite Occidental)

Les "lieux fins"

Les Celtes - l'antique Église de Brittanie - avaient un dicton à propos des "lieux fins" - cette conception qu'il semblait y avoir quelques rares endroits sur cette terre où la division entre la dimension céleste et la terrestre était en effet très fine - où il était possible de voir la transition - de comprendre plus facilement la dimension céleste. En effet, de tels endroits existent, où pour quelque raison que ce soit, il est plus facile de prier - non pas des endroits "faciles" comme une chapelle paisible ou un bâtiment inspirant - mais "faciles" parce que la division "semble" être mince.

Ces endroits se trouvent un peu partout - certains en trouvent sur une certaine montagne, d'autres dans un véritable désert, d'autres en des lieux où mer, terre et ciel semblent se rejoindre, peu importe.

Les scientifiques semblent à présent être d'accord avec saint Paul, qu'il y aurait en effet au moins 4 dimensions dans cet univers, et que l'univers tel que nous le connaissons ne saurait continuer à exister s'il n'en était ainsi. Nous autres Chrétiens, nous le savons parfaitement - que sans ces dimensions du Ciel, cet univers n'existerait plus.


L'univers est absolument gigantesque - nous l'apprenons des sciences modernes - nous pourrions bien ne jamais être à même de discerner les confis de l'univers, nos télescopes ne pourraient bien jamais voir la plus éloignée des étoiles. Tout cela se trouve au delà de nos imaginations éduquées. Cependant, ici, assis en tel ou tel "lieu fin," nous nous sentons proche - très proche de la dimension céleste qui embrasse l'entièreté de cet insondable cosmos.

Nous nous sentons on ne peut plus proche de Dieu - plus proche que n'importe où, proche de Ses intentions envers nous, proche de Sa pensée pour nous, proche en toutes manières - et attirés vers Sa dimension - un endroit bien meilleur pour se trouver, un lieu désiré de tout notre être.

Ce Dieu, ce Maître de l'univers, notre Dieu, notre Maître, qu'ici bas nous arrivons à peine à comprendre est là, proche, accessible, nous attendant. Nous nous approchons, nous prions non pas avec des paroles, mais avec notre désir d'être avec Lui, pour être comme Lui désire que nous soyons. Cela, c'est en effet un "lieu fin."

Hiéromoine Michael (Woods), monastère Saint-Petroc, Tasmanie




The Celts – the Early British Church had a saying about “thin places” – the concept that there seemed to be some very few places on this earth where the division between the Heavenly dimension and the worldly dimension seemed very thin indeed – where it was possible to see transition – to understand more easily the Heavenly dimension. There are indeed such places, for some reason they are easier to pray in – not “easy” like a quiet chapel or inspirational building – but “easy” as in the division “seems’ thin.

Such places vary – some find it on a particular mountain – some find it in a real desert, some find it in one of those places where sea, land and sky seem to merge, it matters not.

The scientists now seem to agree with Saint Paul, that there are indeed at least four more dimensions in this universe, and that the universe as we know it could not continue to exist if they were not there. We Christians know that perfectly well – that without these dimensions of Heaven, this universe would no longer exist.

The universe is stupendously immense – we learn that from the modern sciences – we may never be able to discern how far the universe extends, we may never see with our telescopes the farthest star. It is beyond our educated imaginings. Yet, here, sitting in some thin place, we feel close – very close to the dimension of Heaven which encompasses the entirety of this stupendous cosmos.

We feel exceedingly close to God – closer than elsewhere, close to His intentions for us, close to His thinking for us, close in every way – and drawn to His dimension – a far better place to be – a place to be desired with our whole being.

This God, this Master of the universe, our God, our Master, whom we can scarcely comprehend is there, close, accessible, waiting. We draw near, we pray not with words but with our desire to be with Him, to be as like Him as He desires us to be. This is indeed a thin place.
Fr. Michael





"Devant ce décor fantastique, le corps semble anéanti, trop grêle. Mais l'âme est à l'aise, et la prodigieuse poussée des roches fauves devient une prière."
méditation dans le Grand Canyon, Guy de Larigaudie, "Par trois routes américaines", 1935



13 février 2012

Être sauvé ou perdu, cela ne dépend que de vous (saint Innocent d'Alaska)

"Chrétien! Ton salut ou ta perdition, c'est quelque chose qui est entièrement entre tes mains. Dans Son insondable sagesse et amour, le Seigneur t'a donné la liberté de choisir ce que tu voulais, et Il ne te force à rien contre ta volonté. Dès lors, si tu souhaite vraiment suivre Jésus-Christ, Il te montrera le chemin du Royaume des Cieux, et t'aidera tout au long du chemin. Si tu ne veux pas Le suivre, c'est ta décision. Mais prends garde à ne pas dédaigner la grâce de Dieu!"
saint Innocent d'Alaska



"Christian! Your salvation or perdition is entirely in your own hands. In His unspeakable wisdom and love, the Lord has given you freedom to chose what you wish, and He does not force you to do anything against your will. Therefore, if you truly wish to follow Jesus Christ, He will show you the way into the Kingdom of Heaven and will help you along each step. If you do not wish to follow Him, it is your decision. But take care not to disdain the grace of God!"
Saint Innocent of Alaska

12 février 2012

Médecin des âmes - Dieu n'est pas un Procureur mais un Médecin (hiéromoine Tryphon, EORHF)



Les saintes Écritures, les oeuvres des Pères de l'Église antique, et les textes liturgiques de l'Église, tous attestent du fait que l'Église antique n'enseignait pas que l'Incarnation du Christ était destinée à être une propiation de la justice divine (ndt: apaiser un "courroux"). Au contraire, le Christ est venu comme un Médecin, avec l'intention d'apporter la guérison à l'humanité déchue. L'Incarnation du Christ a amené toute la nature humaine à Sa divine Nature, pour une guérison. Sa médecine spirituelle apporte la guérison, enlève la souillure du péché qui avait introduit la mort dans le cosmos, et rend tout à la plénitude.

Cette condescendance de Dieu, assumant notre chair humaine, et nous adjoignant Sa divinité, ne saurait se voir en termes légalistes, mais doit être comprise d'un point de vue médical. Nous sommes malades. Notre péché n'est pas une question de loi, mais de maladie. Dans notre état déchu, nous avons quitté la communion d'avec Dieu, et la mort du Christ sur la Croix n'a pas été accomplie parce que le Père aurait exigé du sang, mais parce qu'Il désire nous guérir, et restaurer la vie pour Ses créatures qui avions hérité de la mort de notre ancêtre déchu, Adam. Le fait que le Christ aie assumé notre nature humaine a rendu le traitement curatif possible.

Le Seigneur Jésus a fondé Son Église pour être l'hôpital de l'âme, et c'est entre ses murs que nous recevons le remède qui nous amène à la guérison dont nous avons besoin. Dieu ne désire pas la souffrance, ni même notre sang, mais uniquement que nous soyons restaurés à l'image qu'Il avait voulue pour nous. Ce Père aimant n'est pas un procureur, mais notre Médecin.

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon
All-Merciful Saviour Orthodox Christian Monastery, EORHF