"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 août 2012

un saint alcoolique! (p. Païssios l'Athonite)



C'est l'histoire d'un moine qui vivait à Karyès, sur le Mont Athos.
Il buvait et s'enivrait tous les jours, et cela causait le scandale auprès des pèlerins. Pour finir, il mourrut, et soulagé, un vieux fidèle alla raconter avec joie à père Païssios que l'énorme problème était enfin résolu.
Père Païssios répondit qu'il était au courant du décès du moine. Et qu'il avait vu un bataillon entier d'anges venir recueillir son âme! Les pèlerins en furent surpris, et certains protestèrent, et tentèrent d'expliquer au geronda Païssios de quoi il s'agissait exactement, pensant que l'ancien ne comprenait pas. Le père Païssios leur répondit :
"Ce moine était né en Asie Mineure, peu avant que les Turcs n'y détruisent tout et s'emparent de tous les garçons. Ils n'avaient pas pris ses parents, et en l'emportant, pour qu'il ne pleure pas, ils avaient mis un peu de raki (alcool turc) dans son lait pour le faire dormir. A force d'habitude, il en devint alcoolique. Plus tard, face aux conseils de différents médecins lui disant de ne pas chercher à fonder famille, il partit pour le Mont Athos et devint moine.
Il alla y trouver un ancien et lui expliqua qu'il était alcoolique. L'ancien lui dit de se prosterner tous les soirs et prier la Theotokos pour qu'elle l'aide à réduire progressivement les verres qu'il consommait. Le temps passant, il réussi ainsi à surmonter et se repentir, passant de 20 à 19 verres. La lutte continua des années durant, jusqu'à ce qu'il arrive à 2 à 3 verres, mais étant toujours alcoolique."
Le monde a vu en lui un moine alcoolique, scandalisant les pèlerins. Dieu a vu en lui un lutteur, qui a mené un combat sans fin pour vaincre sa passion. Il ne faut pas juger sans connaître les efforts et la vie d'autrui.
P. Païssios l'Athonite


(excusez la première moutûre, l'interface pourrie de google m'a fait effacer le définitif, croyant cliquer sur le brouillon. Ras le bol de ces systèmes d'hébergement qui n'arrêtent pas "d'améliorer" leur interface)

10 août 2012

Saint Laurent : le Seigneur a fait éclater Sa gloire en Ses saints (homélie saint Léon le Grand)




La fureur des autorités païennes sévissait sur les disciples du Christ les plus en vue, et recherchait tout spécialement ceux d'entre eux qui appartenaient à l'ordre sacerdotal. Le persécuteur impie déchaîna sa rage sur le diacre Laurent, dont les fonctions étaient importantes, car il avait le premier rang non seulement dans le service des mystères, mais encore dans l'administration des biens de l'Église. Il se promettait, en mettant la main sur un seul homme, de réaliser un double profit; car s'il lui faisait livrer le trésor sacré, il lui ferait aussi abandonner la vraie religion. Cet homme avide de richesses et ennemi de la vérité s'arma de cette double passion : de l'avarice pour s'emparer de l'or, et de l'impiété pour chasser le Christ. Il demanda donc à l'intègre administrateur du trésor sacré de lui apporter les richesses de l'Église, objet de ses ardentes convoitises. Le très chaste Diacre, lui désignant l'endroit où ces richesses étaient enfermées, lui présenta l'immense troupeau des fidèles pauvres qu'il avait nourris et habillés avec l'argent du trésor. Celui-ci se trouvait désormais hors de toute atteinte, et d'autant mieux sauvé qu'il avait été dépensé pour un plus noble et plus saint usage.
Le spoliateur ainsi frustré frémit de rage; il est enflammé d'une haine ardente contre une religion qui fait un tel usage de ses biens, et il va s'attaquer maintenant au trésor bien plus précieux que possède encore l'homme chez qui il n'a trouvé aucun argent. Il veut lui ravir sa plus grande richesse, le dépôt sacré de sa foi. Il somme donc Laurent de renoncer au Christ et se prépare à vaincre, par les plus horribles supplices, l'inébranlable fermeté de ce coeur de diacre. Les premiers tourments n'ayant donné aucun résultat, de plus terribles leur succèdent. Il ordonne d'exposer à un feu ardent ces membres déchirés et mis en pièces par d'innombrables coups de fouet. Il le fait donc placer sur un gril de fer rendu brûlant par un foyer constamment entretenu; et il le fait retourner tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, pour que la douleur soit plus vive et le supplice plus prolongé.

Tu n'as donc rien obtenu, sauvage cruauté, tu ne gagnes rien. L'enveloppe mortelle du martyr est soustraite à tes supplices. Laurent est au Ciel et te voilà vaincue devant tes feux inutiles. La charité du Christ a triomphé de la flamme. Le feu qui brûle les choses extérieures a été moins puissant que le feu intérieur qui consume l'âme. Persécuteur, tu t'es acharné sur le martyr, et, plus tu redoublais les supplices, plus tu rendais sa palme glorieuse. Laquelle de tes cruelles inventions n'a pas ajouté à la gloire du vainqueur, alors que les instruments même du supplice sont devenus ses plus honorables trophées ? Réjouissons-nous donc, mes bien-aimés, d'une joie spirituelle, et, honorant la très heureuse fin de cet homme illustre, glorifions-nous dans le Seigneur qui est admirable dans Ses saints, qu'Il nous donne ici-bas comme protecteurs et comme modèles. Il a fait éclater Sa gloire dans le monde entier, de l'orient à l'occident, par l'éclat fulgurant de la lumière des diacres; autant elle a brillé à Jérusalem par Étienne, autant elle devait être illustrée à Rome par Laurent.

+ Léon, évêque de Rome (+ 461)

Sancti Leonis Magni Tractatus, SERMO LXXXV [Al. LXXXIII]. In Natali S. Laurentii martyris (cap. II > IV)



Tombe de saint Laurent, à San Lorenzo fuori le mura


La pierre sur laquelle on déposa la dépouille de saint Laurent après son martyre, San Lorenzo fuori le mura


Reliquaire de saint Laurent à Lucina, Rome, qui contiendrait la grille sur laquelle saint Laurent a été martyrisé à mort.


Située dans la partie Est de Rome, derrière la station Termini, San Lorenzo fuori le Mura (Saint Laurent hors les murs) est une antique basilique riche de très anciens éléments d'art Chrétien. Construite sur la tombe de saint Laurent (+ 258), San Lorenzo est une des 5 basiliques patriarcales et une des 7 églises de pèlerinage de Rome. Plus d'informations (en anglais) ici.

Tropaire de saint Laurent, ton 4
Allumé par l'Esprit divin,
comme braise tu consumas les ronces de l'erreur,
archidiacre du Christ, victorieux martyr Laurent.
Et comme encens de spirituelle suavité,
tu brûlas pour Celui Qui t'a glorifié,
atteignant par le feu ton ultime perfection.
De tout dommage garde les fidèles vénérant ton souvenir


Kondakion de saint Laurent de Rome, ton 2
Ton coeur au feu divin se consumant,
tu as réduit en cendres le brasier des passions,
soutien des athlètes victorieux,
Laurent, saint martyr porteur de Dieu.
Au combat tu t'écrias, plein de foi :
Nul ne pourra me séparer de l'amour du Seigneur.


-*-*-*-*-*-*-*

Au début des années 2000, séjournant dans une communauté religieuse en Bretagne, avec ma famille, j'étais de service en cuisine. Quelqu'un avait mal placé la grande poëlle à frire, tout en acier, et la poignée avait été chauffée à fond au dessus de la flamme. L'ignorant, je l'a prise, cette poignée, et à pleine main pour aller servir.. Ca venait juste d'être éteint.. Comme toute la viande était dedans, je n'ai pas laché, j'ai redéposé sur la cuisinière, puis j'ai courut placer ma main dans une bassine d'eau froide. J'ai réfléchi aux saints du jour, c'était un 10 août.. J'ai regardé la page des intercessions du jour dans le livret qui était en cuisine, et pour les brûlures, on le recommandait. Je l'ai invoqué, j'ai prié. Dix minutes plus tard, j'ai sorti la main de l'eau, je n'avais plus la moindre douleur, j'ai pu continuer mon service les jours suivants aussi. Ce n'était pas la première fois que l'intercession des saints était si évidente dans la vie de ma famille, là c'était dans ma chair. J'oublie pas.

Saint Laurent, diacre du Christ, prie Dieu pour nous.

Office / hymne acathiste à saint Laurent de Rome

09 août 2012

Soyez de purs enfants de Dieu au milieu de toute cette fange (saint Grégoire le Théologien)

Puissiez-vous êtes des enfants de Dieu, purs et sans reproche, au milieu de cette génération mauvaise et pervertie (cf Phil 1,15). Puissiez-vous ne jamais être pris dans les pièges du démon, qui rôde autour de vous, ou être liés par les chaînes de vos péchés. Puisse le Verbe de Dieu ne jamais être étouffé en vous par les soucis de cette vie, vous empêchant ainsi de porter du fruit. Mais puissiez-vous marcher sur la Voie Royale, ne vous détournant jamais ni à droite ni à gauche, mais restant guidés par l'esprit à travers la porte étroite.

Saint Grégoire le Théologien



"May you be children of God, pure and unblameable, in the midst of a crooked and perverse generation (cf. Phil. 1:15): and may you never be entangled in the snares of the wicked that go round about, or bound with the chains of your sins. May the Word in you never be smothered with the cares of this life and so make you unfruitful: but may you walk in the King's Highway, turning aside neither to the right hand nor to the left, but led by the Spirit through the narrow gate."
St. Gregory the Theologian

07 août 2012

votre chapelet, votre arme (saint Ignace Brianchaninov)

Détruisez en vous ce par quoi le démon règne sur vous. Détruisez toute son influence sur vous. Acquerez la liberté spirituelle. Le fondement de votre lutte, c'est la grâce du saint Baptême. Votre arme, c'est la Prière de Jésus.
Saint Ignace Brianchaninov



"Destroy within you the devil's rule over you; destroy all his influence over you; acquire spiritual freedom. The foundation for your struggle is the grace of
holy baptism; your weapon is the prayer of Jesus."
Saint Ignatius Brianchaninov

06 août 2012

La sainte Transfiguration de notre Seigneur (Synaxaire)



Le 6 août, nous célébrons la mémoire de la Sainte TRANSFIGURATION de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ [1]


Six jours après avoir déclaré à Ses disciples: « Il en est ici qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu venu en puissance » (Mat. 16:28, Marc 9:1)[2], Jésus prit avec lui Ses Disciples préférés: Pierre, Jacques et Jean; et les emmenant à l'écart, Il monta sur une montagne élevée: le mont Thabor en Galilée, pour y prier. Il convenait en effet que ceux qui allaient assister à Son agonie à Gethsémani et qui seraient les témoins privilégiés de Sa Passion, fûssent préparés à cette épreuve par le spectacle de Sa gloire. Pierre, car il venait de confesser sa foi en Sa divinité; Jacques, car il fut le premier à mourir pour le Christ; et Jean qui témoigna de son expérience de la gloire divine en faisant retentir comme "fils de tonnerre", la théologie du Verbe venu dans la chair.

Il les fit monter sur la montagne, en signe de l'ascension spirituelle qui, de vertu en vertu, conduit à la charité, vertu suprême qui ouvre l'accès à la contemplation de Dieu. Cette ascension était en fait le résumé de toute la vie du Seigneur qui, revêtu de notre faiblesse, nous a frayé le chemin vers le Père, en nous enseignant que l'hésychia est la mère de la prière et que c'est la prière qui nous manifeste la gloire de Dieu.

« Et comme Il priait, soudain, l'aspect de Son visage devint autre, Il Se transfigura et brilla comme le soleil, tandis que Ses vêtements devinrent resplendissants, d'un blanc fulgurant, tel qu'aucun foulon sur la terre ne peut blanchir » (Marc 9:3). Le Verbe de Dieu incarné manifesta ainsi la splendeur naturelle de la gloire divine, qu'Il possédait en Lui-même et qu'Il avait gardée après Son Incarnation, mais qui restait cachée sous le voile de la chair. Dès le moment de Sa conception dans le sein de la Vierge, en effet, la divinité S'est unie sans confusion avec la nature de la chair, et la gloire divine est devenue, hypostatiquement, gloire du corps assumé. Ce que le Christ manifestait ainsi à Ses disciples au sommet de la montagne n'était donc pas un spectacle nouveau, mais la manifestation éclatante de la divinisation en Lui de la nature humaine - y compris le corps - et de son union avec la splendeur divine.

Alors que le visage de Moïse avait resplendi d'une gloire qui venait de l'extérieur après la révélation du mont Sinaï (cf. Exode 34:29), le visage du Christ apparut au Thabor comme une source de lumière, source de la vie divine rendue accessible à l'homme, et qui se répandait aussi sur ses "vêtements", c'est-à-dire sur le monde extérieur et sur les produits de l'activité et de la civilisation humaines.

« Il est transfiguré, assure Saint Jean Damascène, non pas en assumant ce qu'Il n'était pas, mais en montrant à Ses disciples Ce qu'Il était, leur ouvrant les yeux et, d'aveugles qu'ils étaient, les faisant voyants »[3]. Le Christ ouvrit les yeux de Ses disciples, et c'est d'un regard transfiguré par la puissance de l'Esprit-Saint que ces derniers virent la lumière divine indissociablement unie à Son corps. Ils furent donc eux-mêmes transfigurés, et c'est dans la prière qu'ils purent voir et connaître le changement advenu à notre nature du fait de son union avec le Verbe (Saint Grégoire Palamas).

"Tel est le soleil pour les choses sensibles, tel est Dieu pour les spirituelles" (Saint Grégoire le Théologien), c'est pourquoi les Evangélistes rapportent que le visage du Dieu-Homme, qui est la "lumière véritable qui éclaire tout homme venant en ce monde" (Jean 1:9), brillait comme le soleil. Mais cette lumière était en fait incomparablement supérieure à toute lumière sensible et, incapables de supporter Son éclat inaccessible, les disciples tombèrent à terre.

Lumière immatérielle, incréée et intemporelle, elle était le Royaume de Dieu venu dans la puissance du Saint-Esprit, conformément à ce que le Seigneur avait promis à Ses disciples. Entrevue alors pour un instant, cette lumière deviendra l'héritage permanent des élus dans le Royaume, quand le Christ viendra à nouveau, resplendissant dans tout l'éclat de Sa gloire. Il reviendra dans la lumière, dans cette lumière qui a brillé au Thabor et qui a jailli du tombeau le jour de Sa Résurrection, et qui, se répandant sur l'âme et le corps des élus, les fera resplendir eux aussi "comme le soleil" (cf. Mat. 13:43).

« Dieu est lumière, et Sa vue est lumière »[4]. De la même manière que les Disciples au sommet du Thabor, de nombreux Saints ont été témoins de cette révélation de Dieu dans la lumière. Toutefois la lumière n'est pas pour eux seulement objet de contemplation, mais elle est aussi la grâce déifiante qui leur permet de "voir" Dieu, de sorte que se vérifient les paroles du Psalmiste: « Dans ta lumière, nous verrons la lumière » (Ps. 35:10).

Au sein de cette vision glorieuse, apparurent aux côtés du Seigneur Moïse et Élie, les deux sommets de l'Ancien Testament, représentant respectivement la Loi et les Prophètes, qui lui portaient témoignage en tant que maître des vivants et des morts [5]. Et ils s'entretenaient avec Lui, dans la lumière, de l'"Exode qu'Il allait accomplir à Jérusalem", c'est-à-dire de Sa Passion, car c'est par la Passion et par la Croix que cette gloire devait être donnée aux hommes.

Étant sortis d'eux-mêmes, ravis dans la contemplation de la lumière divine, les Apôtres étaient comme accablés de sommeil et, « ne sachant pas ce qu'il disait, Pierre dit à Jésus: "Maître, il est bon que nous soyons ici, et si tu veux nous ferons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie" ». Détournant Son disciple de ce désir trop humain, qui consistait à se contenter de la jouissance terrestre de la lumière, le Seigneur leur montra alors une "tente" meilleure et un tabernacle de beaucoup supérieur pour abriter Sa gloire. Une nuée lumineuse vint les couvrir de Son ombre, et la voix du Père Se fit entendre au sein de cette nuée, portant témoignage au Sauveur: « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en Qui Je Me suis complu; écoutez-Le. » Cette nuée représentait la grâce de l'Esprit d'adoption; et, comme lors de Son Baptême au Jourdain, la voix du Père rendait ainsi témoignage au Fils et manifestait que les trois Personnes de la Sainte Trinité, toujours unies, collaborent au Salut de l'homme.

La lumière de Dieu, qui avait d'abord permis aux Disciples de "voir" le Christ, les fit accéder à un état supérieur à la vision et à la connaissance humaines quand elle brilla plus intensément. Sortant de tout ce qui se voit ainsi que d'eux-mêmes, ils entrèrent alors dans la ténèbre supra-lumineuse, dans laquelle Dieu fait Sa retraite (cf. Ps. 17:12), et "fermant la porte de leurs sens", ils y reçurent la révélation du Mystère Trinitaire, qui transcende toute affirmation et toute négation[6].

Encore insuffisamment préparés à la révélation de tels mystères, car ils n'étaient pas encore passés par l'épreuve de la Croix, les disciples en furent fort effrayés. Mais quand ils relevèrent la tête, ils virent Jésus, seul, ayant retrouvé Son aspect habituel, Qui S'approcha d'eux et les rassura. Puis, descendant de la montagne, Il leur recommanda de garder le silence sur ce qu'ils avaient vu, jusqu'à ce que le Fils de l'Homme Se relève d'entre les morts.

La fête d'aujourd'hui est donc par excellence celle de la divinisation de notre nature humaine et de la participation de notre corps corruptible aux biens éternels, qui sont au-dessus de la nature. Avant même d'accomplir notre Salut par sa Passion, le Sauveur montra alors que le but de Sa venue dans le monde était précisément de conduire tout homme à la contemplation de Sa gloire divine. C'est pour cette raison que la fête de la Transfiguration a connu une faveur particulière parmi les moines, qui ont consacré toute leur vie à la quête de cette lumière [7].


NOTES:

[1] La Transfiguration étant célébrée pendant le carême de la Dormition, on n'accorde aujourd'hui qu'une dispense de poisson, et non dispense totale de jeûne, comme pour les autres fêtes du Seigneur. La plupart des homélies des Saints Pères sur cette fête sont maintenant traduites dans: Joie de la Transfiguration d'après les Pères d'Orient, "Spiritualité Orientale 39", Abbaye de Bellefontaine, 1985.

[2] Le récit de St Luc mentionne un délai de huit jours, en incluant les deux jours extrêmes. Les deux versions suggèrent le dépassement de ce monde, créé en six jours, pour atteindre le Royaume éternel, symbolisé par le nombre huit. Selon certains la Transfiguration eut lieu quarante jours avant la Passion; c'est pourquoi cette fête a été fixée quarante jours avant celle de l'Exaltation de la Croix.

[3] St Jean Damascène, Homélie sur la Transfiguration, 12 (PG 96, 564).

[4] St Syméon le Nouveau Théologien, Discours Éthique V, 276 (SC 129, 101).

[5] Moïse était mort avant d'entrer dans la Terre Promise, et Élie fut transféré dans un lieu mystérieux sans connaître la mort.

[6] La théologie mystique de St Denys l'Aréopagite a été appliquée au Mystère de la Transfiguration principalement par St Grégoire Palamas.

[7] De très nombreux Monastères ont été dédiés à cette Fête, surtout depuis la controverse hésychaste du XIVe siècle, qui portait précisément sur la nature de la lumière du Thabor et de la contemplation. Notons en outre que, d'après une tradition qui circulait au temps de l'iconoclasme, la première Icône, peinte par les Apôtres eux-mêmes, fut celle représentant la Transfiguration. Il s'agit bien sûr moins d'un fait historique, que d'une interprétation symbolique, rendant compte du lien intime entretenu dans la tradition de l'Église entre l'art de I'Icône et cette Fête de la vision du Christ dans la gloire.

Source: Le Synaxaire. Vie des Saints de l'Église - par le hiéromoine Macaire. Monastère de Simonos-Petra, Mont Athos

05 août 2012

Récent nouveau miracle du père Païssios l'Athonite à Serres, Grèce (14.7.12)


Cet article est une traduction par John Sanidopoulos d'un article qui paraîtra dans l'édition de septembre 2012 du mensuel grec DIALOGOS (ΔΙΑΛΟΓΟΣ). L'auteur a permis cette diffusion vu les temps difficiles que nous vivons, en particulier en Grèce.

Il y a quelques semaines, un nouveau miracle du père Païssios a eu lieu, dans la petite ville de Serres. Il a été rapporté par le sous-diacre Amphilochios, de la cathédrale des saints Archanges, à Serres, et est survenu à Pantelis K.

Pantelis, 18 ans, était un jeune toxicomane. Il a eu un terrible accident de moto à la sortie de son village, avec fractures du crâne et nombre de contusions. Il roulait probablement sous l'influence de la drogue, car bien qu'il était en programme de traitement de substitution, le démon de l'héroïne ne le quittait pas. Il s'est ainsi retrouvé aux soins intensifs à l'hôpital principal de Serres, avec ses graves blessures à la tête.

Les médecins l'ont placé en coma artificiel, pour traiter une infection, et il sombra dans le coma total, avec diagnostic final de la mort cérébrale. N'ayant pas d'alternative devant eux, les médecins abandonnèrent et dirent à la mère éplorée que la situation était entre les mains de Dieu.

La date de déclaration de mort cérébrale était le 13 juillet. Le lendemain, son fils aurait dû avoir 18 ans, et au lieu d'entrer dans la vie adulte, elle le voyait gisant sur ce lit, ne luttant plus contre l'esclavage de la drogue, mais directement pour sa survie.

Cette brave mme Anastasia ne se laissa pas abattre. Suivant le conseil de son père spirituel, père Athanasios, elle prit le bus pour Thessaloniki le lendemain matin, et se rendit au saint monastère de saint Jean le Théologien, à Souroti.

Elle connaissait la grande réputation du père Païssios, mais elle ignorait que ce jour-là, 14 juillet 2012, cela faisait exactement 18 ans que l'Ancien s'était endormi. Lorsqu'elle arriva et vit le nombre de pèlerins, elle fut surprise. Lorsqu'elle apprit que son fils unique était né exactement le jour où l'Ancien s'était endormi, elle faillit s'évanouir. Elle ressentit quelque chose d'indescriptible. Une union avec le divin, la présence du père, et une impression que quelque chose de bon allait se produire.

Malgré l'état critique de son fils, elle ne voulu pas dépasser la file, et elle attendit avec humilité, agenouillée 4 heures durant, jusqu'à ce que son tour vienne pour aller vénérer l'endroit où reposait l'Ancien Païssios. Elle pria pour son enfant, et emporta un peu de terre de la tobe, qu'elle apporta à son père spirituel. Ce dernier dit une prière sur cette terre, et la mit en un petit sachet. Mme Anastasia courut à l'hôpital et plaça le sachet sous l'oreiller de son fils.

La nuit venue, elle vit en songe l'Ancien Païssios qui lui dit "n'ayez pas peur. Pantelis va s'en remettre."

Le lendemain matin, Pantelis revint à lui, complètement guérit, quelque chose que les médecins ne parvinrent pas à expliquer. Un fort parfum avait envahi la chambre, et on remarqua par la suite qu'il venait de son oreiller, sous lequel sa mère avait secrètement placé le petit sachet avec la terre de la tombe de l'Ancien.

La seule chose dont Pantelis se souvenait de son coma, c'était l'image d'un ancien, de noir vêtu, lui disant "Allons, gamin, relève-toi et rejoins ta mère. Ton kolyva (*) n'est pas encore sur la table. Il faudra encore longtemps avant qu'on ne le mange."

Depuis ce matin-là, Pantelis a une profonde aversion pour les drogues, et il est guéri. Il étudie et voudrait entrer à l'université. Il se confesse au père spirituel de sa mère, et il a voulu que ce miracle vécu par sa famille soit rendu public par le sous-diacre Amphilochios.

"Dieu, parfois, lorsque quelqu'un ne veut pas comprendre ce qui est pour son bien, permet qu'il subisse une épreuve, afin de guérir. S'il n'y avait pas cette petite souffrance, cette maladie, etc, les gens deviendraient comme des bêtes, et ne se tourneraient plus du tout vers Dieu."

Ancien Païssios


(*) NDT : Le Kolyva est ce plat de blé qui est béni pour les commémorations des défunts. Voir cet article :

http://stmaterne.blogspot.be/2008/04/la-prire-pour-les-dfunts-panikhide.html