"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 décembre 2012

Ne paniquez jamais! (p. Païssios)

Ne cédez pas à la panique. Les lâches ne servent à rien. Dieu regarde la situation d'une personne et l'aide. Nous devons garder notre sang froid et utiliser notre cerveau. Peu importe ce qui se passe, nous devons continuer de prier, penser et agir. Dans une situation difficile, le mieux est de toujours lutter en utilisant des moyens spirituels. Cependant l'audace spirituelle qui est née de la sainteté et pousse vers Dieu est manquante de nos jours, comme l'est l'audace naturelle requise afin de ne pas lâchement fuir en face d'un danger. Afin de repousser un grand mal, une grande sainteté est nécessaire. Une personne spirituelle sait repousser le mal et aider les autres. Dans la vie spirituelle, le plus grand lâche sait parvenir à un grand courage en s'abandonnant au Christ et à Sa divine aide. Il est capable de monter au front, de combattre l'ennemi, et de gagner! Ainsi nous ne craindrons que Dieu seul, pas les gens, peu importe à quel point ils peuvent être mauvais. La crainte de Dieu transforme n'importe quel lâche en héros! Une personne deviendra intrépide dans la mesure de son union à Dieu.
Père Païssios l'Athonite




Don’t give in to panic. Cowards are of use to no one. God looks at a person’s situation and helps him. We have to remain cold-blooded and use our brains. No matter what happens, we must continue to pray, think and act. It’s best to always stand up to a difficult situation using spiritual means. However that spiritual boldness which is born of holiness and striving towards God is missing today, as is the natural boldness needed in order not to turn coward in the face of danger. In order to hold back a great evil, great holiness is needed. A spiritual person can hold back evil and help others. In the spiritual life the biggest coward can attain great courage by entrusting himself to Christ and His divine help. He can go to the front lines, do battle with the enemy, and win! So therefore we will fear God alone, not people, no matter how evil they may be. The fear of God makes any coward into a hero! A person becomes fearless to the extent he unites with God.
Elder Paisios



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28 décembre 2012

Béatitudes "Loubardes" (Guy Gilbert)

Bienheureux celui qui va à la messe et refuse d'ignorer ou de dégueuler le reste du temps sur les taulards de France.

Bienheureux celui qui, écoutant ou lisant la violence distillée par les médias ne veut pas s'abreu­ver de sang et de haine.

Bienheureux celui qui ne juge pas ceux qui ont été condamnés ou qui ne se réjouit jamais d'avoir été, lui, assez habile pour ne pas se faire prendre.

Bienheureux celui qui ne hait ni le voleur, ni le violeur, ni l`assassin, car il sait que personne ne l'est comme ça de naissance.

Bienheureux celui qui connaît l'adresse de la prison de sa ville et qui refuse de penser que ceux qui la peuplent doivent y rester et y croupir.

Bienheureux les regards qui ne sont jamais hostiles dès qu'ils aperçoivent un tatouage dessiné sur un bras.

Bienheureux celui qui, voyant un blouson noir, discerne d'abord, caché derrière le cuir, un amas de souffrances dingues et un appel à compter pour quelqu'un.

Bienheureux celui qui pense que le dernier des muscles à mettre au service des prisonniers est la langue.

Bienheureux celui qui ne se gargarise pas de mots, tels que réinsertion sociale, et qui, ne discou­rant pas sur la délinquance, écoute d'abord celui qui sort de prison aigri, haineux, meurtri et lui ouvre sa porte.

Bienheureux celui qui refuse tous les bureaux mis entre l'homme qui appelle à l'aide et ceux qui, devenus des spécialistes, savent tout de lui, avant même de le connaître.

Bienheureux les politiciens qui refusent d'appeler sans cesse à la sécurité mais mettent toutes leurs forces au service de la prévention, de la stabilité des couples, de l'affection et l'attention pour les jeu­nes, de la formation et d'une école où les moins doués comptent autant que les premiers de la classe.

Bienheureux celui qui épaule, soutient, accueil­le la femme et le gosse du prisonnier.

Bienheureux ceux qui trouvent intolérable que des mômes de seize à dix huit ans puissent aller en prison, et jettent toutes leurs forces pour que cela cesse.

Bienheureux enfin celui qui n'oublie jamais que, dans I'Evangile, le pardon a été donné au dernier moment au gangster repenti qui a filé tout droit et le premier dans le royaume de l'amour.

p. Guy Gilbert, "Aventurier de l'Amour", page 122, éditions Stock, 1988


photo :  messe du mariage de SAR le prince Laurent de Belgique et mlle Claire Coombs, 12 avril 2003

27 décembre 2012

Homélie celtique sur le martyre, 8ème siècle (en la fête de saint Étienne)

1. A. TARDIF, Fragment d'homélie en langue celtique, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. 1852, p. 193-202.

Un fragment d'homélie en langue celtique a été trouvé, il y a un demi-siècle, dans un manuscrit de la bibliothèque de Cambrai (n° 619), provenant de la spoliation de la bibliothèque capitulaire de cette ville à la fin du XVIIIe siècle. Ce texte remonterait, paraît-il, au VIIIe siècle, peut-être même un peu plus haut. En voici la traduction:

Au nom du Dieu très haut. Si quelqu'un veut me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et vienne. Ce sont les paroles que notre Seigneur Jésus-Christ adresse à chacun de nous, pour nous inviter à renoncer au vice et au péché, à nous enrichir de vertus, à porter la croix pour l'amour de lui, tandis que notre âme est unie à notre corps; enfin à suivre par nos bonnes actions les traces de notre divin Maître. Jésus-Christ dit en effet.: Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il vienne. Or nous ne Le suivons pas, si nous refusons d'obéir à ce précepte, si nous ne veillons pas sur nos passions, si nous ne résistons pas aux tentations. Nous prenons au contraire notre croix, quand nous acceptons les condamnations, les afflictions, le martyre pour l'amour du Christ. Comme le dit un sage : Le mot croix s'applique à ce qui nous fait souffrir ; nous avons deux manières de porter la croix du Seigneur, soit par la mortification corporelle, soit par la compassion à l'égard du prochain dont les besoins deviennent nôtres.
Celui qui ressent le mal d'autrui porte la croix intérieure. Et l'Apôtre dit aussi : Pleurez avec ceux qui pleurent, réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent : si un membre souffre, que tous les membres s'associent à cette souffrance. Lorsqu'on éprouve une douleur dans une partie du corps, qu'elle ait son siège au bras ou aux doigts, le corps tout entier souffre de cette douleur. C'est ainsi que nous devons agir : chacun des membres du grand corps humain doit prendre part aux douleurs, aux peines qui affligent son voisin, comme le dit l'Apôtre : "Quis scandalizatur et ego non uror" ? "Ne suis-je pas comme dans le feu, lorsque quelqu'un est scandalisé" ? (2 Co 11,29) Ces paroles que prononce le saint apôtre dans l'élan de sa charité reviennent à dire que je souffre des souffrances des autres, je m'afflige de leurs afflictions, je me fatigue de leurs fatigues. C'est ainsi que chaque homme doit compatir dans son coeur à toutes les maladies, à toutes les privations, à tous les labeurs de ses frères. Le sage dont nous avons rapporté la parole nous apprend aussi que toute affliction qui rentre dans l'un des trois genres de martyre peut être regardée comme une croix, que ce soit le martyre blanc, le martyre gris ou le martyre rouge. On souffre le martyre blanc quand on renonce pour l'amour de Dieu à ce que l'on aime, quoiqu'on doive endurer des privations de la pauvreté. On souffre le martyre gris quand on renonce à ses passions pour se repentir et faire pénitence. Le martyre rouge consiste à souffrir les supplices et la mort pour l'amour du Christ, comme les Apôtres qui voulaient à la fois déraciner le vice et promulguer la Loi de Dieu, de sorte qu'ils souffrirent ces trois genres de martyre. Se repentir sincèrement de ses fautes; renoncer à ses passions; supporter les tourments, les afflictions, les fatigues pour l'amour du Christ, voilà ce que comprennent les trois genres de martyre, tous précieux devant Dieu, Qui nous récompensera si nous avons su les souffrir. Chasteté dans la jeunesse, modération dans l'abondance.


in : "Les Martyrs", p.354, vol 4
Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XX° siècle
Traduites et publiées par le R. P. Dom H. LECLERCQ
Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough de 1903 à 1924

source (page disparue) : http://www.amdg.be/martyrs1.html

26 décembre 2012

"Lumière dans les ténèbres" - faire la paix pour Noël(paraboles celtiques)


Jonathan et Thomas se disputaient tout le temps. Ils étaient voisins et, chaque fois qu'ils se voyaient, ils trouvaient quelque chose d'injurieux à se dire. Un jour, c'était Jonathan qui reprochait à Thomas de laisser ses bestiaux se pencher par-dessus la clôture et brouter de l'herbe dans ses champs. Le lendemain, c'était Thomas qui se mettait en colère contre Jonathan parce que des orties se propageaient du terrain de ce dernier sur son terrain à lui. Leurs deux épouses étaient amies intimes et mouraient d'envie de voir Jonathan et Thomas être amis eux aussi.
Finalement, un hiver, les deux femmes si patientes jurèrent que la situation n'était plus supportable. «Voici venir Noël », dirent-elles à leurs maris. « C'est censé être l'époque de la paix et de la bonne volonté. Nous sommes certaines que vous êtes capables d'apprendre à être en paix l'un avec l'autre et à cesser de vous disputer.»
Mais dès le lendemain, Thomas accusa Jonathan d'envoyer des pelletées de neige sur son terrain - et une violente dispute s'ensuivit. Alors leurs épouses se rendirent chez le prêtre du lieu pour savoir s'il pouvait trouver une solution. Le père Kevin était un vieillard, à la tête chauve et à la longue barbe blanche. Après avoir écouté les deux épouses épancher leurs ennuis, il resta assis en silence, grattant son crâne chauve et se caressant la barbe. Puis, sans un mot, il se leva et sortit pour aller voir les deux hommes.
« Je désire que vous fassiez un concours avec moi la veille de Noël », annonça le prêtre. « Cela offrira une occasion de divertissement pour les habitants du village. Voici en quoi consistera le concours. Nous diviserons la grange à côté de ma chaumière en trois parties égales. On verra lequel d'entre nous arrivera, entre l'aube et le crépuscule, à remplir sa partie au maximum - on aura le droit de se servir de tout ce qu'on voudra. Si l'un d'entre vous gagne, je lui céderai tous les fruits et les légumes qui pousseront dans mon jardin au cours de l'année à venir. Si c'est moi qui gagne, il faudra que vous juriez de ne plus jamais vous disputer et d'apprendre, au contraire, à être amis. »
Jonathan et Thomas pensèrent qu'ils n'avaient rien à perdre et acceptèrent donc de participer au concours. A l'aube de la veille de Noël, tous les habitants du village s'étaient rassemblés autour de la grange. Et dès que le soleil apparut à l'est au-dessus de la ligne d'horizon, Jonathan et Thomas se mirent à parcourir le village à toute vitesse en amassant absolument tout ce qu'ils pouvaient trouver pour remplir chacun sa partie de la grange - des bottes de paille, de vieux seaux, des sacs de pommes de terre et tout ce qu'ils pouvaient encore trouver à transporter. Mais quant au père Kevin, on ne le voyait nulle part.
A midi, Jonathan et Thomas étaient toujours très occupés à essayer de remplir chacun sa partie de la grange. Quant au père Kevin, il était toujours invisible. Quelques heures plus tard, alors que le soleil commençait à se coucher à l'ouest au-dessous de la ligne d'horizon, Jonathan et Thomas avaient tous les deux rempli leur partie de la grange presque jusqu'au toit. Mais la partie du père Kevin était toujours complètement vide.
Enfin, alors que pâlissaient les derniers rayons du soleil, le père Kevin sortit de sa chaumière, portant une bougie éteinte. Il entra dans la grange et plaça la bougie en son milieu. Il prononça les versets du chapitre d'ouverture de l'évangile selon saint Jean: «La lumière du Christ luit dans les ténèbres et les ténèbres ne peuvent en triompher. » Puis il s'agenouilla et alluma la bougie.
Dans les ténèbres de la nuit de Noël, sa lumière emplit toute la grange et son rayonnement atteignait jusqu'aux chevrons du toit. Tout le monde éclata en applaudissements en comprenant que le père Kevin avait gagné le concours. Jonathan et Thomas s'avancèrent, et, debout, se serrèrent la main au-dessus de la bougie. Et à partir de ce Noël-là, ils furent les plus fidèles amis du monde."

PARABOLES CELTIQUES (récits, poèmes et prières), chapitre "LA PAIX ET LE CONFLIT", pages 172 à 174, isbn 2-02-050887-7, éditions du Seuil 02/2002, collection "Sagesses"


source (page disparue) : http://www.amdg.be/parabolcelt1.html


Miracles et science (saint Augustin d'Hippone)

Les miracles ne sont pas contraire à la nature, mais seulement contraires à ce que nous connaissons de la nature.
Saint Augustin d'Hippone



Miracles are not contrary to nature, but only contrary to what we know about nature.
Saint Augustine of Hippo

25 décembre 2012

Le Christ est né pour nous sauver de nous-mêmes! (saint Jean de Cronstadt)


Tout péché est une guerre contre Dieu. Cependant - oh infinie condescendance de l'amour de Dieu envers l'Homme! - lorsque nous étions tombés au plus bas dans notre péché contre le Créateur, lorsque de la vie nous nous étions plongés dans la mort, en nous détournant de Dieu, Qui est notre Vie; lorsque nous nous étions corrompus nous-mêmes par les péchés; et lorsque nous étions menacés par la mort éternelle - alors Dieu envoya sur terre le Rédempteur du Monde, Son propre Fils Unique, dans la chair tout comme nous, pour souffrir nos offenses et nous purifier de nos péchés par la repentance et la foi en Lui, et nous ramener à Son Père, dont nous nous étions séparés. Apprécions donc pleinement cela, ce si grand don de Dieu pour nous, et "ne négligeons pas un si grand Salut" (Héb. 2,3)! Souvenons-nous sans cesse de notre corruption pécheresse, et des canaux de la Grâce offerts par l'Église pour notre régénération.
Saint Jean de Cronstadt

24 décembre 2012

Christmas - Noël - origine du terme anglais



Noël est la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ - Christmas is the birth of our Lord Jesus Christ. Amen.

Le mot anglais pour désigner Noël, "Christmas", est une contraction de 2 mots, "Christ's mass", ou "messe du Christ." Il vient de l'anglais médiéval (middle english) Cristemasse, qui provient du Vieil Anglais Crīstesmæsse, un terme que l'on retrouve dans un manuscrit de 1038 (ndt : donc avant l'invasion normande et le remplacement de l'Orthodoxie locale par le catholicisme-romain)
Crīst (genitif Crīstes) vient du grec Khrīstos (Χριστός), une traduction du terme hébreux Māšîaḥ (מָשִׁיחַ), "Messiah"; et mæsse vient du latin missa, la célébration de l'Eucharistie.



La forme "Christenmas" a aussi été, historiquement, utilisée, mais est considérée à présent comme archaïque, relevant du dialecte. Elle dérive du middle english "Cristenmasse", littéralement "messe chrétienne."

"Xmas" est une abréviation pour "Christmas", on la retrouve particulièrement dans les textes imprimés, utilisant la lettre initiale grecque "chi" / X, du début du terme grec Khrīstos (Χριστός), "Christ", fort utilisée bien que fortement déconseillée par nombre de manuel de linguistique. Elle a cependant un précédent en middle english "Χρ̄es masse" (le "Χρ̄" étant une abréviation pour Χριστός).

JOYEUX NOËL!!






Cantique de la Vierge à l'Enfant Jésus en "middle english", 15ème siècle - les lecteurs néerlandophones comprendront plus facilement que les autres :-)


Refrain
Lullay, myn lykyng, my dere sone, myn swetyng,
Lullay, my dere herte, myn owyn dere derlyng.

I saw a fayr maydyn syttyn and synge,
 Sche lullyd a lytyl chyld, a swete lordyng,

Refrain

That eche lord is that that made alle thinge,
 Of alle lordis he is lord, of alle kynges kyng.

Refrain

Ther was mekyl melody at that chyldes berthe,
 Alle tho wern in hevene blys thei made mekyl merthe,

Refrain

Aungelebryt thei song that nyt and seydyn to that chyld,
 “Blyssid be thou, and so be sche that is bothe mek and myld”.

Refrain

Prey we now to that chyld, and to his moder dere,
 Grawnt hem his blyssyng that now makyn chere.


Refrain

23 décembre 2012

La sagesse est crainte par ceux qui n'en veulent pas (saint Maxime le Confesseur)

Pour ceux qui n'y aspirent pas, la sagesse est crainte, du fait de la souffrance de ce qu'ils perdent en tentant de la fuir. Mais à ceux qui s'y attachent, la sagesse est un désir très cher, amenant à un état interne de joyeuse activité. Car la sagesse crée la peur, délivrant une personne des passions en lui apportant la crainte de la punition. Et aussi, elle produit un désir plein d'amour, habituant l'intellect, par l'acquisition de vertus, à contempler les bénédictions qui nous sont réservées.
Saint Maxime le Confesseur



To those who do not long for it, wisdom is fear, because of the loss which they suffer through their flight from it; but in those who cleave to it, wisdom is loving desire, promoting an inner state of joyous activity. For wisdom creates fear, delivering a person from the passions by making him apprehensive of punishment; and it also produces loving desire, accustoming the intellect through the acquisition of the virtues to behold the blessings held in store for us.
St. Maximos the Confessor