"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 janvier 2013

Péché ancestral contre péché originel (p. Tryphon, EORHF)



Le fait que nous autres Chrétiens Orthodoxes n'acceptons pas la doctrine du péché originel telle qu'adoptée par l'Occident ne suggère en aucun cas que nous n'aurions pas besoin de naître à nouveau. Nous croyons, comme le croyaient les antiques Pères de l'Église, que nous n'héritons que des effets du péché d'Adam, pas de sa faute. On parle de péché ancestral parce que le péché de nos premiers parents, Adam et Eve, nous a fait hériter de la mort, la maladie, et une inclinaison envers le mal. La mort du Christ sur la Croix a sa force, non pas comme d'un sacrifice rédempteur, mais dans la victoire sur la puissance de la mort. La mort est piétinée par la mort.

C'est par la Résurrection du Christ qu'un chemin s'est ouvert pour nous afin d'être transformés par le contact avec le Dieu vivant, devenant dès lors Ses enfants adoptifs.

Bien que nous ne faisons pas référence à nous comme des "sauvés", comme le font les protestants évangéliques, nous croyons cependant que nous sommes en grand besoin d'être sauvé. Nos croyons que le Salut est un processus. Notre compréhension du péché selon une manière ancestrale, qui est distincte du concept de péché originel et de la faute héréditaire que cela implique par conséquent, à savoir une sorte de sacrifice de substitution pour apaiser la colère divine, nous sépare doctrinalement du christianisme catholique-romain et protestant.

S'il n'y avait pas eu la Chute, la Seconde Personne de la sainte Trinité, le Logos, le Verbe, Se serait quand même incarné dans la chair et aurait pris notre nature. Car c'est par cette condescendance de notre Dieu Créateur pour assumer la nature qu'Il a créée, que nous recevons l'opportunité d'être déifiés (Saint Paul dit que nous deviendrons comme des dieux).

Notre voyage dans le coeur culmine dans la déification, la theosis, par laquelle nous nous joignons à l'éternelle communion avec le Dieu même Qui nous a créés. Saint Athanase d'Alexandrie disait "le Fils de Dieu est devenu homme, afin que nous puissions devenir dieu." Dans la 2ème épitre de saint pIerre, 1,4, nous lisons que nous sommes devenus "participants de la nature divine." Saint Athanase poursuit en disant que la déification c'est "devenir par grâce ce que Dieu est par nature."

Dans l'amour du Christ,

hiéromoine Tryphon




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