"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 mars 2013

La vénération de la Vierge Marie - la Mère de Dieu - Theotokos (p. Tryphon, EORHF)



 "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. Tu es bénie entre toutes les femmes" (Lc 1,28). Cette salutation adressée à la Vierge Marie par l'Archange Gabriel, est reprise dans l'hymne de l'Église la plus fréquemment chantée en son honneur. Élisabeth, la cousine de la Vierge, considérant comme un honneur que la Mère de son Seigneur la visite, s'exclama "Que me vaut que la Mère de mon Seigneur vienne à moi?" (Lc 1,43). C'était durant cette visite de la Vierge Marie à sa cousine, que la sainte Vierge prononça ces paroles qui servent d'hymne principale chantée en son honneur au cours des Matines : "Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Car Il S'est penché sur Son humble servante, et désormais tous les âges me diront bienheureuse" (Lc 1,47-48).

"Remplie de l'Esprit Saint," Élisabeth s'écria "Bénie es-tu entre toutes les femmes, et béni est le fruit de ton sein!" (Lc 1,41,42) C'est le même honneur rendu à la Mère de Dieu par sa cousine qui a été le fil conducteur pour toutes les générations de l'Église pour l'appeler bienheureuse. De plus, lorsque notre Seigneur dit ceci "Voici ta mère" (Jn 19,27) à l'Apôtre Jean, alors qu'Il pendait au bois de la Croix, elle devint la Mère de tous les Chrétiens! Il est clair que si elle avait donné naissance à d'autres enfants, il n'aurait pas été nécessaire au Christ de demander à Jean de prendre soin de Sa mère, dès lors Ses paroles furent prononcées pour le bien de tous Ses disciples.

D'un point de vue Orthodoxe, la Vierge Marie n'est pas vue comme une médiatrice ou co-rédemptrice, comme elle l'est dans les cercles catholiques-romains. Nous la voyons comme un intercesseur pour nous, et les prières que nous lui adressons sont sous la forme d'une requête pour son intercession. Le concept Orthodoxe de l'Église est la raison de base pour l'invocation de la Theotokos et de tous les saints.

L'Église enseigne que "l'Église militante" sur terre et "l'Église triomphante" au Ciel ne sont pas séparées l'une de l'autre, mais sont en réalité unies dans le Seigneur Jésus-Christ. De même que nous ici sur terre nous sommes chargés de la tâche de prier les uns pour les autres, ainsi le font aussi ceux qui sont partis avant nous, ils continuent à prier pour nous. Nous sommes unis dans la prière, et unis par un lien d'amour mutuel. De même qu'il convient que nous qui sommes membres du Corps du Christ, nous prions les uns pour les autres, nous savons que ce Corps, qui est l'Église, est uni, même par delà la mort. Dès lors, il n'en est que plus profitable d'invoquer les prières des saints, qui ont remporté le combat, et qui sont au Ciel avec le Christ.

Les saintes Écritures sont explicites, ceux qui sont au Ciel restent conscients de ce qui se passe ici sur terre, car sinon comment pourraient-ils se réjouir de la conversion d'un seul pécheur? "De même, Je vous le dit, il y a de la joie en présence des anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent" (Lc 15,10). En Luc 20,36, nous lisons "ils ne savent plus mourir, car ils sont égaux aux anges et sont enfants de Dieu, étant fils de la Résurrection."

Nous honorons et vénérons la Vierge Marie comme étant "plus vénérable que les Chérubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins.." et nous invoquons son nom dans tous nos offices, cherchant son intercession devant le Trône de Dieu. Nous lui avons donné le titre de "Theotokos", à savoir en grec "Celle qui a enfanté Dieu", et de "Mère de Dieu", ayant donné naissance au Christ Jésus, Qui est à la fois Vrai Dieu et vrai homme. Comment pourrions-nous dès lors négliger son importance et l'oublier?

Comment pourrions-nous nier à la Theotokos un rôle important dans la vie de l'Église? Notre théologie historique a toujours insisté sur les 2 natures parfaites de notre Seigneur Jésus-Christ; vrai Dieu et vrai homme. La Vierge Marie a donné naissance à l'humanité du Dieu Incarné, et la rédemption de l'humanité a été rendue possible par l'union de Dieu et de l'homme en Christ.
La désaccentuation de l'innocence de la Mère du Christ par les catholiques-romains, et l'insistance qu'elle aurait eu d'autres enfants avec Joseph comme on le voit dans la théologie de nombre de Protestants actuels, sont le résultat de leur éloignement de l'Église des origines et de sa reconnaissance divinement guidée quant à la place de la Sainte Vierge dans la vie du Chrétien. S'être ainsi éloigné des enseignements de l'antique Église au sujet de la Sainte Vierge en a même amené beaucoup à nier la naissance virginale du Christ, et de là nombre de progressistes en sont arrivés à mettre en doute des enseignements chrétiens aussi basiques que la divinité du Christ, la doctrine de la Trinité, et la Résurrection réelle du Christ.

Par les prières de la Sainte Vierge, Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de nous et sauve nous.

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon

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