"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

27 mars 2013

Théologie académique, danger de l'orgueil (p. Tryphon, Eorhf)

Un terrain piégé que nombreux ne remarquent pas, qui imite la vie spirituelle. La théologie académique, bien qu'elle puisse servir à l'Église, a aussi été la source de destruction spirituelle de beaucoup de gens. La véritable théologie découle d'une maîtrise de la prière, elle n'est pas liée à un degré académique. Lorsque la théologie devient notre philosophie de vie, nous ne sommes en rien différents des païens, et nous permettons à l'orgueil de s'installer en nous, et l'assurance que nous avons peut devenir le terrain miné où notre âme finira par se détruire.

Le véritable théologien est celui qui, par la maîtrise de la prière et en cultivant l'humilité, découvre Dieu noétiquement, dans son coeur. "Le diable n'est pas en chasse après ceux qui sont perdus; il chasse ceux qui sont conscients, ceux qui sont proches de Dieu. Il leur enlève la confiance en Dieu, et commence par les affliger en leur insufflant la confiance en soi, la logique, le rationalisme, la critique. Nous ne devrions jamais faire confiance à notre esprit logique. Ne croyez jamais vos pensées." (Ancien Païssios l'Athonite).

De même que le théologien académique, un moine qui se croit être une autorité en matière de vie monastique, mais qui n'a jamais vécu dans l'obéissance à un ancien, ne connaît en réalité rien au monachisme. Car ce n'est pas quelque chose qu'on peut étudier de manière distante, mais qui doit être vécu en communauté, dans l'obéissance.

L'acquisition d'un coeur humble et contrit, c'est le coeur du monachisme et de la théologie Orthodoxes, sans lequel on ne sait rien en connaître. Saint Jean Chrysostome avertissait ainsi ceux qui cherchaient Dieu sans l'humilité "le chemin de l'enfer est pavé de crânes de prêtres!" Probablement particulièrement le clergé, mais nul n'est immunisé contre la tentation de croire connaître ce qui concerne Dieu, quand en réalité on ne connaît que l'orgueil qui a pris racine dans la recherche académique de Dieu. Nous devons préserver nos coeurs, en extirpant toute trace d'orgueil, et alors seulement nous pourrons devenir de vrais théologiens. La théologie sans Dieu n'est que de la philosophie. Le monachisme sans lutte ascétique et obéissance n'est rien d'autre qu'un style de vie alternatif.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon

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