"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 avril 2013

les péchés habituels (p.Tryphon, EORHF)


Qui protège qui?!

Les offenses usuelles, péchés habituels, péchés répétitifs.

Dans le Sacrement de Confession, nous nous présentons devant le lutrin, sur lequel sont posés la sainte croix et l'Évangéliaire. Le prêtre se trouve là comme témoin, alors que dans l'antique Église la confession était faite devant toute l'assemblée des fidèles. Après nous être confessé devant le Seigneur, le prêtre, agissant en personne du Christ, et par Son autorité, prononce l'absolution. Ainsi commence le processus de transformation, qui mènera à la sainteté. La confession régulière est une nécessité si nous voulons triompher dans notre guerre contre le péché, car il n'y a qu'en confession que nous soyons confrontés à la réalité de notre nature déchue, et que nous confrontons notre ego, cherchant l'aide de Dieu pour vaincre nos passions.

La Confession et la Communion sont liées, car l'Église [dans sa partie slave, ndt] demande que nous confessions nos péchés avant d'approcher les Saints Dons, puisque l'Écriture est explicite quand au danger de prendre part indignement au Corps et au Sang du Christ. Le prêtre, comme témoin, aide aussi à guider le pénitent, l'aidant à développer un "plan de bataille" par lequel nous pouvons apprendre à lutter contre notre nature déchue et surmonter nos péché. L'importance de se confesser devant le prêtre est évidente en ce que l'on triomphe rarement des péchés secrets, car il est très facile de vivre sa vie en cachant nos manquements, lorsque personne ne les connaît.

Puisque tout péché (même ceux commis en secret) est contre l'entièreté du Corps du Christ (c-à-d l'Église), la confession devant un représentant de l'Église (le prêtre) est très importante. Lorsque nous confessons régulièrement nos péchés à notre père confesseur, nous reconnaissons nos chutes et nos manquements devant quelqu'un qui nous connaît bien et qui peut nous aider à nous diriger vers une véritable repentance, où nous trouverons la victoire contre les péchés d'habitude qui nous écrasent.

Lorsque nous en sommes à répéter constamment les mêmes péchés, avoir un père confesseur fixe est particulièrement valable, car il sait nous aider à nous concentrer sur des attitudes pour éviter ces répétitions de péchés. Tenir un journal notant nos luttes peut aussi être de grande aide, car nous pouvons ainsi commencer à avoir un aperçu clair de notre comportement qui mène à ces péchés d'habitude, dès lors nous aidant à diminuer la fréquence de nos chutes.

Il est bon aussi de se souvenir que le péché est quelque chose qui nous empêche de devenir saint. La sainteté est mieux comprise comme plénitude de l'être. Lorsque nous sommes dans la plénitude, l'intégrité, alors nous sommes comme Dieu voulait que nous devenions. Nous sommes sains de manière spirituelle, et la communion avec Dieu nous est ouverte. En parvenant à cette plénitude, nous devenons la véritable image et ressemblance de Dieu, celle qu'Il voulait pour nous, et nous parvenons  à notre héritage.

Lorsque nous nous trouvons à sans cesse lutter contre les mêmes péchés, il est bon de se souvenir que nous n'avons qu'à nous en remettre au Christ, Qui nous a promis la victoire sur nos péchés. La lutte pour la sainteté n'est pas tant ce que nous pouvons faire, que ce que le Christ peut faire en nous.



Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon

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