"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 mai 2013

La supériorité de l'amour (p. Tryphon, Eorhf)


L'obéissance est un thème central dans toute l'histoire du Salut. Sans l'obéissance aux commandements de Dieu, il ne saurait y avoir salut, car le "nouus" (sommet de l'âme, notre centre spirituel) doit être guéri avant que nous ne puissions être restaurés. Le rôle de l'obéissance est si central, en fait, que la soumission à la volonté de Dieu doit avoir lieu avant que le processus de guérison ne puisse commencer.

L'obéissance a souvent été mécomprise, car beaucoup associent la soumission à une forme d'esclavage. Pour nombreux, l'obéissance est une relique du passé, lorsque les gens avaient à se prosterner devant les rois. Il y a des parents qui en vont jusqu'à traiter leurs enfants comme des bons amis, de peur qu'en leur apprenant l'obéissance, ils ne briment leur créativité. Souvent, les enfants qui ont été élevés par des parents permissifs se sentent mal-aimés, interprétant ce laxisme comme un signe de manque d'amour. Car le parent qui aime vraiment son enfant désire protéger et nourrir cet enfant, et veut lui donner des limites. L'âge donne à l'adulte l'avantage, et ses années d'expérience lui permettent de guider et protéger l'enfant. C'est aussi pour cela que ce n'est jamais une bonne idée de laisser à l'enfant le choix de venir ou non à l'église, de même qu'il ne viendrait à l'idée de personne de demander à un enfant s'il a envie de recevoir une bonne éducation ou non.
L'amour est la source de l'attente par les bons parents de l'obéissance de leur enfant.

Évêques et pères spirituels
L'obéissance joue aussi un rôle dans notre développement spirituel, et notre volonté à chercher l'accompagnement spirituel, et en retour, à s'efforcer de suivre la direction qu'il nous indiquera. Le mari et la femme qui sont obéissants l'un envers l'autre trouvent la vraie liberté dans leur soumission mutuelle, car en faisant abandon de son propre moi, ils s'ouvrent à la grâce de Dieu, et la guérison du "nouus" peut avoir lieu.

L'obéissance d'un moine à son supérieur et à la règle monastique, mène aussi à une liberté dont il ne saurait goûter s'il demeurait à faire sa volonté. De même, l'obéissance que l'on aura envers son évêque, en finale, libère, car en se soumettant de soi-même dans l'obéissance, le prêtre s'en remet à la volonté de Dieu. La vie des saints moines abonde de récits de persécutions par des évêques, mais le moine qui accepte humblement cette souffrance comme étant volonté divine, deviendra saint. La sainteté ne vient pas sans souffrance et lutte ascétique.

Pour l'évêque, le supérieur monastique ou l'époux, dont la position est voulue par Dieu, c'est l'amour qui doit régner. La tyrannie n'a pas de place dans la vie de quel que Chrétien que ce soit, et le mari, le prêtre, l'abbé / l'higoumène ou l'évêque qui dirige sans amour paternel, trahit l'amour du Christ, dont nous devons suivre  l'exemple. La supériorité de l'amour est le coeur de notre Foi Chrétienne, et la pierre de fondation de notre relation avec le Christ. Sans l'amour, le Christianisme n'est rien d'autre qu'une religion parmi tant d'autres.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon

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