"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

12 mai 2013

Tous, nous sommes des saints Thomas! (p. Alexander Men)


Aujourd'hui, c'est le jour de l'Apôtre Thomas. Vous vous souviendrez que le Seigneur est spécialement apparu pour lui. Les 10 disciples étaient réunis lorsque le Seigneur, ayant vaincu la mort, survint et leur dit "la paix soit avec vous!" Ce sont de précieuses paroles: Il a apporté la paix pour l'âme de ces hommes, cette même paix qui à présent vient à vous. Il leur a parlé, les envoyant prêcher la Parole de Dieu. Mais un d'entre eux était absent : Thomas. Et lorsqu'il est arrivé, tous se sont empressés près de lui, disant, "Thomas, notre frère! Nous avons vu le Seigneur, nous L'avons vu vivant, nous L'avons touché!" Et une telle douleur, une telle peine surgit dans le coeur de Thomas qu'il dit "je ne le crois pas!" Bien que 10 personnes, ses frères, le lui avaient rapporté, il dit "Je ne le croirai que lorsque j'aurai touché Ses blessures de mes propres mains et touché Son corps, revenu à la vie."

Lorsque revint le moment où les disciples étaient à nouveau rassemblés derrière les portes fermées, par crainte de la persécution, soudain une voix familière se fit entendre, la voix de Jésus : "la paix soit avec vous!" Et Il se tenait au milieu d'eux. Le premier vers qui Il se tourna, ce fut Thomas. Jésus lui dit "Thomas, étends ta main et touche Mes blessures, rassure-toi, vérifie." Bien entendu, Thomas n'osa pas. Rien que de voir le Seigneur, il s'effondra en larmes devant Lui "Mon Seigneur et mon Dieu!" Jésus lui dit "tu crois parce que tu as vu. Mais bienheureux ceux qui croiront sans avoir vu."

Et qui sont ceux-là? C'est de nous qu'il s'agit. Nous n'avons pas vu le Seigneur durant le temps de Sa vie terrestre. Mais nous Le voyons avec nos yeux spirituels. Il est vivant parmi nous, et nous n'avons pas besoin de Le toucher. Combien de gens étaient là, qui L'ont vu de leurs propres yeux, qui ont entendu Sa parole, qui L'ont suivit sur la route - et qui n'ont pas crû, parce que leur coeur n'a pas répondu à l'appel du Christ. Mais nous, nous avons répondu à Son appel. Aussi faibles, infirmes et indifférents que nous puissions être, nous tous sommes venus vers le Seigneur avec ces paroles "mon Seigneur et mon Dieu."


C'est tout ce qu'il y a à en dire, comme si nous avions en effet ressenti le Seigneur, car tout ce qui nous entoure est de Lui et tout Lui appartient. Je me souviens d'un érudit qui avait passé de longues années à étudier fleurs, arbres, herbes, plantes et animaux en général. Il avait noté toutes ses observations, rassemblant d'énormes informations en 30 ans, qui sont utilisées de nos jours encore et dans le monde entier. Lorsqu'il eut achevé son oeuvre et décrit les créatures vivantes, il déclara : "Dieu est passé avant moi. Je L'ai ressenti dans Sa Création."

En effet, le soleil qui nous surplombe est l'oeil de Dieu ; le souffle du vent est la voix de Dieu ; toutes les lois qui régissent ce monde sont des lois de Dieu ; toutes les vicissitudes et bouleversements de notre sort – cela aussi, c'est du Seigneur. Nous Le ressentons et Le voyons aussi dans la prière, la Sainte Écriture, et dans les Mystères. Lorsque le Saint Calice nous est amené, c'est le véritable Seigneur, bien vivant, Qui est présent ici dans cette église, comme dans toutes les églises du pays. Et pas seulement dans les églises, mais partout où des gens Le prient : loin au nord, dans les déserts et les montagnes, et dans les villes surpeuplées, où il y a des foules par millions. Partout il y a des âmes qui se tournent vers le Seigneur, et ils Le voient et Le ressentent, et c'est la raison pour laquelle ils sont infiniment plus heureux et plus bénis que ceux qui ont vécu il y a 2000 ans d'ici, mais n'ont pas crû en Lui. Le Seigneur est avec nous : Il est ici, vivant, Ressuscité, et nous bénissant. Et nous autres, aujourd'hui, comme le fit Son Apôtre Thomas, nous nous prosternons devant Lui, disant "Seigneur, Tu es vivant, ici, devant moi, mon Seigneur et mon Dieu !"

P. Alexander Men, néo-martyr
 

Today is the day of the Apostle Thomas. You will recall that the Lord appeared to him specially. Ten disciples were gathered together when the Lord, having conquered death, came to them and said: “Peace be unto you!” These are precious words: He brought peace to the souls of men, that same peace that now comes to you. He speaks with them, sending them out to preach the word of God. But one among them is not there: Thomas. And when he does come, everyone rushes to him, saying: “Thomas, our brother! We have seen the Lord, we have seen Him alive, we have touched Him!” And such pain and offence boiled up in Thomas’ heart that he said: “I do not believe!” Although ten people, his brethren, had told him this, he said: “I will not believe until I touch His wounds with my own hands and feel His body, come to life again.”

Then the time comes when the disciples are again assembled behind locked doors, for they feared persecution, and suddenly a familiar voice is heard, the voice of Jesus: “Peace be unto you!” And He is standing among them. The first to whom He turns is Thomas. Jesus says: “Thomas, stretch out your hand to touch My wounds, assure yourself, verify.” Of course, Thomas did not do so. Just seeing the Lord, he fell stunned before Him with tears: “My Lord and my God!” Jesus said to him: “You have believed because you have seen. But happy are those who believe without seeing.”

Just who are these? It is we. We did not see the Lord during the time of His earthly life. But we see Him with our spiritual eyes; He is alive among us, and we do not need to touch Him. How many people there were who saw Him with their own eyes, who heard His word, who followed Him on the road – and did not believe, because their hearts did not respond to Christ’s call. But we have responded to this call; weak, infirm, and different as we are, we have all come to the Lord with the words: “My Lord and my God.”

This is all that needs to be said, as if we indeed felt the Lord, for everything surrounding us is from Him and everything is His. I recall a scholar who spent many years in the study of flowers, trees, grasses, and plants and animals in general. He recorded all this, assembling enormous records that for thirty years, to this day, have been used throughout the entire world. When he completed his work and had described living creatures, he said: “God has passed by before me; I have felt Him in His creation.”

Indeed, the sun above us is the eye of God; the breathing of the wind is the voice of God; all the laws of this world are the laws of God; all the vicissitudes and turns of our fate – this, too, is the Lord. We also feel and see Him in prayer, in Holy Scripture, and in the Mysteries. When the Holy Chalice is brought out to us, that is the living, real Lord, Who is present here in this church, as in all the churches of the land. And not only in churches, but everywhere where people pray to Him: to the far north, in deserts and mountains, and in populous cities, where there are crowds of millions. Everywhere there are souls turning to the Lord, and they see and feel Him, for which reason they are a hundred-times happier and more blessed than those who lived two thousand years ago, but did not believe in Him. The Lord is with us: He is here, living, risen, and blessing us. And today we, along with His Apostle Thomas, bow down before Him, saying: “Lord, You are alive before me, my Lord and my God!”

martyr p. Alexander

Original russe

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