"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

28 juin 2013

L'icône de la Theotokos "aux 3 mains" ("Troeruchitsa")

Commémorée le 28 juin / 12 juillet

L'icône de la Mère de Dieu appelé" "au trois mains"
("Troeruchitsa"): Au 9ème siècle, à l'époque des iconoclastes, le moine saint Jean Damascène (mort vers 780, commémoré le 4 décembre) était zèlé dans sa vénération des saintes icônes. A cause de cela, il fut calomnié par l'empereur iconoclaste Léon III l'Isaurien (717-740) qui informa le caliphe de Damas que le moine Jean commettait des actes de trahison contre lui. Le caliphe ordonna de trancher la main du moine et le traîna sur la place publique. Vers le soir, saint Jean, ayant demandé au caliphe à récupérer sa main tranchée, la remis en place à son bras, et se jeta au sol devant l'icône de la Mère de Dieu. Le moine supplia Notre Dame de guérir sa main, avec laquelle il avait rédigé la défense de l'Orthodoxie. Après une longue prière, il s'endormit, et vit en songe que la Toute Pure Mère de Dieu venait le visiter, lui promettant rapide guérison. Avant cela, la Mère de Dieu lui annonça que sa main oeuvrerait sans faillir. S'étant réveillé, le moine Jean retrouva sa main intacte. Dans sa gratitude pour cette guérison, le moine Jean plaça sur l'icône une main en argent, d'où l'icône reçut ce titre de "aux trois mains." Selon la tradition, le moine Jean composa une hymne de reconnaissance à la Mère de Dieu - "Toute la Création se réjouit en toi, Ô pleine de grâce", que l'on trouve à la place du "il est digne en vérité" dans la Liturgie de saint Basile le Grand.

Saint Jean Damascène fit profession monastique au monastère de la Laure du moine Sava le Sanctifié et y offrit son icône miraculeuse. La Laure offrit comme bénédiction cette icône "aux trois mains" à saint Sava, archevêque de Serbie (+ 1237, commémoré le 12 janvier). A l'époque de l'invasion de la Serbie par les Turcs, les Chrétiens voulant protéger l'icône la confièrent à la Mère de Dieu elle-même. Ils placèrent l'icône sur un âne, qui sans conducteur l'amena au Mont Athos et s'arrêta devant le monastère d'Hilandar. Les moines portèrent l'icone à l'église cathédrale. Lors d'une période de désacord sur le choix de l'higoumène, la Mère de Dieu daigna elle-même accepter la direction du monastère, et depuis cette époque sa sainte icône occupe la place de l'higoumène dans l'église. Et depuis cette époque, au monastère d'Hilandar, on n'élit plus qu'un vicaire, et suivant l'usage monastique, les moines vont chercher bénédiction pour chaque oeuvre d'obéissance, mais ils le font à la sainte icône.


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