"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 juillet 2013

Alliance ou Testament? Différence entre les notions et évolution des signes d'alliance (Gen. 15 / P. John)

Le chapitre 15 de la Genèse traite de l'alliance de Dieu avec Abram. Le terme hébreu pour alliance est "b'rit", qui provient de "barah", qui signifie "couper ou diviser." Lorsque l'Ancien Testament a été traduit en grec, le terme utilisé pour alliance fut "diatheke," mais ce terme n'a cependant pas un aussi fort impact que le terme original. Cela provient en partie du fait que le concept hébreu de b'rit n'a pas d'équivalent actif dans les cultures helléniques ou occidentales contemporaines. Au fil des siècles, les Chrétiens ont simplement adopté la croyance que cela faisait référence à quelque chose comme notre concept moderne de volonté, comme dans "dernières volontés et testament." En fait, c'est même ainsi que dans les traductions occidentales nous en sommes venus à utiliser le terme "testament" pour dénoter les Ancienne et Nouvelle Alliance de la Bible. Une erreur regrettable qui continue de nos jours par habitude et ignorance basique.

La plus ancienne, la plus primitive manière de tisser une alliance entre deux parties était appelée "couper une alliance," une référence importante, puisque le mot hébreu dénote "couper ou diviser."En anglais moderne, conclure un marché se dit "cutting a deal" c-à-d littéralement "couper une affaire."

Les plus anciennes manières de réaliser une alliance, c'est qu'un représentant de chaque partie de l'arrangement proposé s'entaille un bras avec un couteau, puis ils collaient les 2 blessures ensemble pour signifier le mélange des sangs ("vie"), ou, dans certaines cultures, le sang était carrément sucé de la blessure du contractant. Des serments solennels étaient prononcés, invoquant le nom de Dieu. Visiblement cette tradition est passée à travers les siècles sous la forme de ce qu'on appelle de nos jours "devenir frères de sang."

Le temps passant, un rite différent apparut, où l'on coupait des animaux au lieu de la chair l'un de l'autre. Généralement, cela ne signifiait pas simplement couper l'animal à sang, mais littéralement le tuer, le découper, et le partager en demi ou parties. Ces morceaux étaient alors posés au sol, organisés et séparés en deux groupes, et chaque partie prenante de l'alliance marchait entre les 2 tas en prononçant un serment au nom de Dieu.
P. John
Archangel Michael Orthodox Church






Chapter 15 of Genesis deals with God's covenant with Abram. The Hebrew word for covenant is "b'rit," which comes from the word barah, meaning "to cut or divide." When the Old Testament was translated into Greek, the word used for covenant was "diatheke," but this term really doesn't carry the full weight of the original meaning. This is due in part because the Hebrew concept of b'rit doesn't have an active equivalent in Greek or English speaking cultures. Over the centuries, Christians have simply adopted the belief that what is being referred to is something akin to our modern-day concept of a will, as in "Last Will and Testament." In fact, this is how we came to use the English word "Testament" to denote the Old and New Covenants of the Bible; an unfortunate error that continues to this day by habit and through basic ignorance.

The oldest, most primitive way of creating a covenant between two parties was called "cutting a covenant," an important reference because, again, the Hebrew word denotes "cutting or dividing." This is also how we derive the modern-day phrase "cutting a deal."

The earliest covenant-making procedures involved a representative from each side of the proposed agreement cutting their arm with a knife and then holding the cuts together to signify the mixing of blood ("life") or, in some cultures, the blood was actually sucked from each other's wounds by the opposite party. Solemn oaths were then sworn, invoking the name of the God. Obviously this tradition has survived through the ages in the guise of becoming "blood brothers."

In time, a different rite appeared which involved cutting animals instead of each other's flesh. Generally this meant not just slashing an animal to draw blood, but literally killing it, cutting it up, and dividing it into halves or pieces. These pieces would then be laid out on the ground, organized and separated into two groups, and both participants of the covenant would walk between them while swearing an oath in the name of God.

Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church

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