"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

01 août 2013

Carême de la Dormition (arch. Nicolae)


Avant la glorieuse fête de la Dormition de la toujours Vierge Marie, l'Église a institué une courte période de jeûne de deux semaines. Chaque période de jeûne est un temps de quête spirituelle, d'ascétisme et de prière pour atteindre un but. Dans le cas présent, il ne pourrait pas y avoir d'autre but que de percevoir une parcelle de ce grand mystère qu'est la personne de la Vierge Marie et de son rôle dans notre salut.

Pour ce faire, nous pourrions méditer sur une des icônes de la Theotokos, à savoir celle qui est appelée la Miséricordieuse (Eleousa). La plus ancienne référence mènet à une icône russe du XIIème siècle, bien connue et vénérée en Russie et dans le monde Orthodoxe. Sur cette icône, le Christ Enfant est tenu à deux mains par la Vierge Marie, et lui caresse le visage de Sa main. La Mère de Dieu incline son visage vers l'Enfant, comme pour répondre aux caresses de son Fils. L'Enfant Jésus tient un rouleau qui nous fait penser à ces paroles de saint Jean l'Évangéliste "et le Verbe S'est fait chair" (Jn 1,14). Les pieds croisés de l'Enfant symbolisent sans nul doute Sa future Passion.

L'icône de la Mère de Dieu Miséricordieuse montre l'amour mutuel de la Mère et du Fils. La mère enlace son fils avec le désir de Le protéger; le Fils répond à l'amour de Sa mère. Dans cet enlacement nous découvrons le mystère de l'amour de la Mère et du Fils, l'amour qui a racheté le monde: c'est le mystère du sacrifice, de l'amour crucifié pour sauver l'homme qui s'est éloigné de la face de Dieu. La Mère de Dieu tient dans ses bras le Rédempteur. Elle est la miséricordieuse, celle qui a donné au monde son Fils pour que le monde soit sauvé. La pitié pour son Fils Qui a été crucifié devient miséricorde pour nous tous les rachetés par le sacrifice du Fils. L'étroite étreinte d'une mère, ceux qui la reconnaissent comme Mère la ressentent aussi.

Dans l'hymne acathiste à la Theotokos, joie de tous les affligés, nous prions la Sainte Vierge de nous aider dans nos épreuves: O très sainte Vierge et Mère de Dieu, toi qui est plus élevée que les Chérubins et plus incomparablement plus glorieuse que les Séraphins, ô la Vierge divinement élue, Joie de tous les affligés, accorde-nous la consolation à nous qui sommes noyés par l'affliction, car en dehors de toi nous n'avons nul refuge ni aide. Tu es la seule Médiatrice de notre joie, car tu es la Mère de Dieu et Mère de miséricorde, tu te tiens devant le Trône de la Très Sainte Trinité, tu es en mesure de nous aider, car personne ne venant à toi n'est confondu.

De l'icône et de la prière, nous recevons aussi la compréhension de cette miséricorde de la Mère de Dieu. Et sa miséricorde pour nous devrait se refléter dans notre miséricorde envers ceux dans l'épreuve. Que ceux d'entre nous qui perçoivent l'étreinte de la Mère de Dieu répandent cette miséricorde sur ceux qui sont dans l'affliction en ce monde. Je renouvelle mon appel à la prière et la charité pour nos frères de Roumanie qui souffrent de l'inondation. C'est le bon moment pour ajouter la charité Chrétienne à notre jeûne.

Je prie pour notre Sauveur Jésus-Christ et Sa miséricordieuse Mère d'avoir pitié de nous et de nous aider à vivre le Carême de la Dormition avec profit spirituel..

+ NICOLAE, archevêque





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