"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

15 octobre 2013

La prière, la plus difficile des pratiques ascétiques (p. Tryphon, EORHF)


Saint Grégoire le Sinaïte a parlé de l'effort requis pour la prière lorsqu'il écrivait
"Aucune activité physique ou spirituelle effectuée sans peine ou effort ne peut apporter de fruit à celui qui la pratique, car 'le Royaume des Cieux souffre violence, et les violents le prennent de force' (Mt 11,12)." Ici, le terme peine signifie le remords et la contrition de l'esprit. Pour ceux qui sont physiquement faibles, pleurer et se lamenter sur son état de péché remplace l'effort physique.

Cela requiert une discipline physique pour que le coeur acquière la paix requise pour la prière : "Je suis devenu faible pour les faibles, afin de pouvoir gagner les faibles" (1 Co 9,22). Ceux qui sont expérimentés dans la prière doivent se concentrer sur le coeur, "si votre coeur s'est ouvert", et cela devrait être fait dans une grande crainte de Dieu, parce qu'union de l'esprit et du coeur (qui précède notre union avec Dieu) est accordée par divine grâce.

Le grand don de la prière est habituellement précédé de souffrances particulières et d'épreuves pour l'âme, qui amènent notre esprit à réaliser l'étendue de notre pauvreté et de notre vacuité, selon saint Isaac le Syrien. Afin d'être digne de ce dont de la Grâce, nous devons être fidèle dans notre humilité et pureté, et devons rejeter toute pensée pécheresse aussitôt qu'elle paraît. Les dons de l'Esprit sont donnés au fidèle, pur et humble. (Lc 16,10-12)"

L'archimandrite Sophrony disait que "de toutes les pratiques ascétiques, la lutte pour la prière est la plus ardue. Notre esprit sera constamment en mouvement. Parfois la prière va s'écouler comme un puissant courant, et parfois notre coeur va se sentir comme vide et desséché. Mais les périodes où nous perdons la ferveur devraient devenir plus brèves."

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon

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