"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

31 octobre 2013

Pourquoi p. Porphyrios ne "prophétisait" pas et le déconseillait au p. Païssios? (p. George Kaufsokalyvites)

(p. George Kaufsokalyvites est de la sainte kalyva de Zoodochos Pege, du saint skete de Kaufsokalyvia sur le Mont Athos)


En une époque où toujours plus de gens ressentent le besoin, du fait de la profonde crise affectant l'humanité, de s'intéresser aux événements eschatologiques tels que décrits dans l'Apocalypse de saint Jean le Théologien, de même qu'aux choses révélées par la grâce de Dieu aux prophètes, Pères de l'Église et saints anciens contemporains tels que le p. Païssios, nous devons particulièrement en revenir au point de vue de l'ancien Porphyrios, et tenter de comprendre pourquoi un si grand saint de notre temps, bien que connaissant avec précision et détail tout ce que nous vivons et d'où les choses viennent, évitait de parler de ces choses.

Ce qui doit particulièrement nous interpeller, c'est que l'ancien n'a absolument pas évoqué ce qui allait arriver, mais n'a révélé que ce qui était strictement nécessaire de savoir pour certaines personnes.

Le coeur de la pensée du père Porphyrios, c'était que les gens devaient consolider et grandir dans l'amour envers leur Créateur, non pas par crainte des choses à venir, mais par une relation désintéressée, comme le fait un père plein d'affection envers son enfant.

Cela vu l'unité qui était le plus grand héritage du Christ pour Ses Apôtres, qui peut être assurée lorsque l'enfant est uni à son Père premièrement par l'amour et non pas par la crainte.

L'ancien Porphyrios comparait fort justement l'époque que nous vivons avec les années ayant précédé de peu la venue de Jésus.

Qu'est-ce qui existait alors? Une "paix" romaine dans la puissance et l'idolâtrie, et une prêtrise aliénée par la passion pour le pouvoir, et elle était hypocrite sans apporter le moindre bénéfice, mais au contraire éloignait les gens de Dieu. Et pour finir, il y avait une petite quantité de gens purs et bons.

Tout cela décrit en détail ce qui se passe de nos jours, et la répétition de ceci à notre époque devrait probablement fortement nous troubler.

Avant la venue du Christ, il y avait des prophéties parlant de cet Avènement, de même que des avertissements et appels à la repentance pour le peuple de Dieu, comme dans le cas de Jonas et Ninive.

Cependant, ces prophéties étaient envoyées par Dieu pour ces quelques personnes bonnes et pures de chaque époque, comme je l'ai dit, parce qu'elles étaient bienveillantes pour recevoir le message et savaient qu'en faire.

L'ancien Porphyrios agissait avec cela à l'esprit, appelant les gens à aller vers le Christ par amour et non pas par crainte de terribles événements.

Il savait mais ne disait pas. Il parlait laconiquement et de manière cryptée, comprenant qu'en notre époque il y avait un énorme fosé entre la spiritualité des hommes sur le Mont Athos et le monde extérieur.

C'est pour cela qu'il envoya un homme avertir l'ancien Païssios et lui demander de ne plus parler de l'antichrist, du marquage au front, des guerres imminentes, etc.

Non pas parce que ce qui avait été révélé à l'ancien Païssios par divine illumination était mauvais, mais parce que le niveau spirituel du monde était à un si bas niveau que la crainte n'avait plus d'effet pratique, et que la seule approche nécessaire était l'amour pour le Christ.

Car si l'homme aimait Dieu, alors Dieu, au changement de l'humanité, changerait l'histoire. La même chose s'est produite avec la destruction imminente de Ninive.

Ce même Ancien Porphyrios, durant ses derniers jours, insistait sur la dégradation morale et la misère dans laquelle nous nous trouvions en tant que peuple, et il insista que ses enfants spirituels aillent lire ce verset de l'Ancien Testament qui dit "Tu as un manteau, tu seras notre chef" (Is. 3,6).

Alors nous a été clairement décrite l'actuelle situation. Les mêmes situations que le "vieil Israël" avec le "nouvel Israël" et les mêmes symptômes.

Le "vieil Israël" perdit son unité avec Dieu et le "nouvel Israël" perdit exactement son chemin d'unité avec le Christ.

C'était le grand combat de l'Ancien et il le servit littéralement jusqu'à son dernier souffle.

La "prière sacerdotale" du Christ, "afin que tous soient un" (Jn 17,21), était celle que l'Ancien a servie aussi longtemps qu'il a vécu, et il s'est endormit avec elle sur ses lèvres. Parce qu'il savait que lorsque l'humanité est assurée par l'unité avec le Christ, alors elle ne craindrait ni guerres ni l'antéchrist.

Par contraste, aujourd'hui nous allons vers le mal et nous examinions ces choses à venir comme un mal inévitable. Nous perdons ainsi notre être même.

Les guerres, les calamités et événements durs à venir sont l'ultime remède à l'apostasie humaine, c'est pourquoi l'ancien Porphyrios disait "L'Apocalypse a été écrite afin qu'elle n'arrive pas."

L'Apocalypse a pour but d'alerter, et la manière de l'éviter c'est de servir à l'unité que le Christ nous a laissée comme héritage.

C'est le traitement thérapeutique du malade, parce que si la maladie progresse, les événements de l'Apocalypse seront l'amputation réalisée par le chirurgien lorsque la gangrène s'est installée.

L'ancien disait "Notre époque est semblable à celle du Christ. En ce temps-là, le monde était dans un état terrible. Mais Dieu nous a épargnés. Et à présent, nous ne devons pas désespérer. Je vois à travers la calamité apparaître une importante personne de Dieu, qui va rallier et unir le monde pour de bon."

C'est une des rares occasions où l'Ancien parla à propos de ce que nous vivons et de ce qui arrive. Il insistait que la justice de Dieu n'est pas statique, et que notre situation est misérable.

Mais il voyait que la miséricorde de Dieu reviendra à nouveau visiter l'humanité. L'ancien Païssios dit la même chose lorsque des visiteurs l'approchèrent avec une évidente angoisse à propos des événements à venir et qu'on lui demanda quand la colère de Dieu surviendrait. Il répondit "Nous devons demander que Sa miséricorde vienne, pas Sa colère."

C'est ça dont l'humanité a besoin, et c'est ainsi que nous devons aborder ce dont le saint nous a parlé. Ce qui a été prophétisé à notre époque est pour ces quelques uns qui, comme peu avant la venue du Christ, ont la bonne volonté pour oeuvrer à leur unité en Christ.

Les tabloïds, la presse étrangère, les médias en ligne, s'intéressent systématiquement à ce que l'ancien Païssios et d'autres pères spirituels contemporains ont dit. Je ne sais pas s'ils font ça dans un but de publicité, de vente, etc. Mais nous devons y réfléchi. Nous devons réfléchir à tout ce qui se cache derrière tout ça.

En 2009, alors que nous visitions la Russie, en quête d'un éditeur pour les lettres du 1er dirigeant de Grèce, Ioannis Kapodistrias, nous avons rencontré des dirigeants de haut rang de la Fédération de Russie. C'est avec surprise qu'on m'a adressé une question qui est en rapport avec tout ce que je viens de dire :

Il me demanda :

"Père Georges, les pères du Mont Athos disent qu'il y aura une guerre entre la Russie et la Turquie pour Constantinople. Qu'en dites-vous?"

Je lui ai répondu de but en blanc, d'une manière que je crois que l'ancien Porphyrios aurait répondu :

"Saint Cosmas d'Étolie, qui est un grand saint de l'Orthodoxie, a dit : 'Ils essayerons de résoudre ça par le stylo, mais ça n'ira pas. Ils le feront 99 fois par la guerre, et une seule fois par le stylo.' Cependant, nous, nous sommes du côté du stylo," j'ai rajouté.

Je crois que les Grecs ont reçu une bénédiction pour se voir envoyer par Dieu une personnalité révélatrice telle que l'ancien Porphyrios, afin de nous montrer la voie et le chemin pour éviter les calamités et les épreuves.

C'est à nous qu'il revient de gérer l'héritage qui nous a été laissé, et non pas à attendre que le navire heurte l'iceberg.

Si chacun d'entre nous agit isolément, et coupé du Christ, il est certain que nous dirons ce que le saint ancien disait : "Cependant, selon le plan de Dieu, il peut venir; et venir afin que les gens prennent conscience, et se rendent compte du chaos immense devant eux, et disent 'Aaah, nous sombrons dans le chaos, nous sommes perdus. Faisons marche-arrière, tous, vite changeons de route, nous avons été trompés.' Et ils reviendront à nouveau sur le chemin de Dieu, et la Foi Orthodoxe brillera."

Les derniers jours de l'ancien Porphyrios étaient les plus révélateurs pour ses enfants spirituels et pour toute l'humanité. L'ancien nous avait rassemblés dans sa cellule à Kaufsokalyvia et nous a dit "Je n'aime pas prophétiser, mais je vais vous donner une prophétie."

L'ancien nous a raconté tout ce qui allait se passer en Grèce, et quel futur il y aurait. C'était révéler le futur de la Grèce. Et tout cela a commencé à présent à se réaliser. Aujourd'hui, nous vivons tout ce qu'il nous a prédit, et tout se met en place avec exactitude.

La plus grande révélation de Dieu était la dernière nuit de sa vie, lorsque pendant une demi-heure, il pria la "prière sacerdotale" de Jésus : "Que tous soient un."

Le même Saint Esprit pria au sein de l'ancien Porphyrios pour l'unité en Christ de tous les Chrétiens et pour toute l'humanité, de sorte que les souffrances de l'Apocalypse ne surviennent pas.

Cette prière est le plus grand héritage du Christ pour l'humanité. Puisse l'unité de l'humanité avec Dieu se concrétiser.

Cet héritage, aujourd'hui, 21 ans après le repos de l'ancien Porphyrios, reste vivant et est dépeint sur une icône, la Panagia "afin que tous soient un" Patriotissa, une icône prophétique et eschatologique, que toute la Chrétienté connaît.

Nous autres, ses enfants, nous servons cet héritage, et nous y avons nos espoirs.



source:
http://www.romfea.gr/arthra-apopseis/14807-2012-12-10-10-31-49

1 commentaire:

Nikolas Petit a dit…

Cette représentation de la Panaghia n'est malheureusement pas conforme au canon de l'iconographie orthodoxe.