"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 novembre 2013

L'apôtre saint André (30/11)


Apolytikion ton 4
Toi qui des Apôtres es le Premier élu,
et le propre frère du Coryphée,
André, supplie le Maître de tout l'univers
afin de donner la paix au monde entier,
et la grande miséricorde à nos âmes


Cathisme, ton 1 (après 1ère stichère du Psautier)

Nous te louons avec amour comme disciple
du Christ, premier élu de tous Ses saints Disciples,
ô glorieux Apôtre André,
et avec foi nous te crions :
Sauve ton troupeau des afflictions et épreuves,
de tous les malheurs et des multiples scandales,
car le Christ te l'a confié.


Gloire..
et maintenant


Cathisme ton 3 (après 2ème stichère du Psautier)

Le Christ fit de toi premier disciple,
bienheureux André, mystique illustre,
qui annonçais à tire d'aile très clairement
Ses divins commandements dans tout l'univers,
illuminant manifestement les nations.
Aussi, Apôtre bienheureux, prie le Christ notre Dieu,
de nous accorder Sa miséricorde infinie
.

Gloire..
et maintenant


Ndt : l'on me connaît comme très peu amateur des "belles histoires "et autres mythologies censées exposer l'Histoire de l'Église. Aussi quitte à jouer le trouble-fête, je me dois de rappeler que dans l'Évangile de saint Jean, le saint Apôtre André n'est pas "le" premier appelé. C'est une invention d'une théocratie (Constantinople) voulant se hisser à un rang d'honneur humain par rapport à une autre théocratie (Rome). Ils sont deux à qui saint Jean le Baptiste et Précurseur indique le Christ comme "le maître à suivre" et tous les deux le suivent - et un des deux n'est autre que l'Évangéliste. Donc deux appelés ensemble.
Ensuite, nulle part au 4ème siècle, lors de la fondation de Constantinople par l'empereur Constantin le grand, on ne lit quoi que ce soit de "non-scripturaire" à propos de l'Apôtre en question et d'une prétendue mission voire fondation locale. Aucun texte d'époque, rien. Plus fort encore, pour une prétendue fondation apostolique, pas la moindre église qui lui est dédicacée au cours de ce siècle-là, et à ma connaissance, pas non plus au siècle suivant. Ca fait quand même beaucoup d'ingratitude s'il avait vraiment été le fondateur. Mais tout ça ne sont que des mythes sans fondement, inventés tardivement.
La seule chose qui importe dans cette fête, c'est de suivre ce qu'on sait de sûr par les Évangiles et le restant du NT concernant ledit apôtre André, et d'essayer de l'imiter en restant fidèle au Christ contre vents et marées. Si on s'en tient à ce programme, alors pas besoin des mythes théocratiques.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Jean-Michel,
Merci pour votre travail quotidien sur votre blog. Je suis toutefois un peu étonné de votre note concernant le Saint Apôtre André. En effet, elle me semble tout à fait incompatible avec le texte du synaxaire édité par le hiéromoine Macaire du Saint Monastère de Simonos Petra. Ce synaxaire paraît "faire autorité"; nombreuses sont les références ci y sont faites tant dans les ouvrages écrits que sur "la toile". Son auteur est moine érudit d'un monastère saint. Alors pourquoi s'y opposer aussi "frontalement? Au cours des siècles, des millions de chrétiens ont vénéré la Saint Apôtre André en tant que premier appelé. Pourquoi balayer tout cela aujourd'hui d'un simple coup de "note en bas de page"? Vous accomplissez une merveilleuse tâche avec votre blog; il me semble que vous risquez pas de la gâcher en semant des graines de trouble et de division dans le cœur et le mental de vos lecteurs...
Merci, que Saint André vous bénisse et que Dieu vous garde.
En Christ,
Spyridon

Anonyme a dit…

Un auteur, que ce soit moi ou n'importe qui, n'est pas infaillible. On constate régulièrement à la lecture de certains documents dans l'Église que si untel ou unetelle a écrit quelque chose, c'est reproduit sans vérification des sources, la notoriété de l'auteur suffisant de caution. Un cas très banal est la multiplication à l'envi de l'erreur historique sur la source du "Filioque", qu'on post-date de 2 siècles dans la totalité des documents que j'ai pu lire jusqu'à présent, y compris en séminaire. Et ça alors que saint Léon le Grand lui-même (epistula 5) s'opposait à l'évêque espagnol qui l'a introduit dans le Credo en son synode. Or, puisque vous citez le synaxaire, il faut savoir que ledit évêque y est repris, en tout cas dans la version française du calendrier liturgique orthodoxe.. l'auteur du filioque, rien que ça (Turibe, évêque d'Astorga, 16 avril)..
Oui, je sais que depuis mille ans, depuis l'invention de ce mythe destiné à donner du lustre à Constantinople contre les prétentions de la Rome déjà déchue, on fait vénérer une idée. Mais qu'est-ce qui est spirituellement important, vénérer le saint Apôtre André, sous la croix duquel j'ai travaillé des années durant et que j'aime, ou vénérer des idées qu'on a inventées à son sujet. Si le saint Évangile, qui est tout de même une base authentiquement canonique pour nous tous, dit le contraire, est-ce vraiment important de s'attacher à des "belles histoires"?
J'ai un autre motif de ne pas en vouloir, de ces histoires. Il y a 4 ou 5 ans, lors d'une journée oecuménique organisée par la paroisse grecque-orthodoxe la plus proche (où demain je serai pour la fête paroissiale), j'étais assis à attendre mon tour de parole, puisqu'à la demande du clergé j'étais l'orateur francophone pour l'orthodoxie. Le prêtre parlait de "problèmes doctrinaux et d'hérésies" pour expliquer aux hétérodoxes présents le sujet du débat. Un catholique-romain assis à mes côtés a pointé du doigt la tristement célèbre icône "du Vieux barbu, avec le Fils et la Colombe", le genre d'icône qu'en Cappadoce on brûlait à chaque fête de l'Orthodoxie car contraire à la foi orthodoxe. Il a rigolé en répétant "hérésies, tu parles.." Voilà, nous ne pouvons pas commencer à parler de Foi si nous nous accrochons à des petites histoires, des coutumes culturelles sans intérêt voire profondément marquées de paganisme. A nous de balayer devant notre porte.

merci pour vos encouragements, les épreuves de la vie se multiplient, c'est que je commence à m'approcher du moment où j'envisagerai peut-être de penser à songer à prendre la voie du Christ et Sa précieuse Croix..

jm