"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 décembre 2013

Cacher des péchés à son père confesseur (p. Tryphon, EORHF)

Photo: Cellule de saint Jean Maximovitch, St. Tikhon's House, San Francisco

Un certain nombre de personne m'ont écrit pour exposer qu'ils étaient hésitants à confesser certains péchés, de peur d'être embarrassés en présence de leur prêtre. Une femme dit qu'elle ne pourrait supporter l'idée qu'un homme puisse entendre le détail de sa vie pécheresse, et s'étonnait de ce que le prêtre penserait d'elle après l'avoir entendue en confession. Il me faut ici faire remarquer qu'une mère spirituelle peut aussi entendre les confessions de ses enfants spirituels, le prêtre prononçant ensuite simplement la formule d'absolution, avec la bénédiction de la mère spirituelle, comme cela se pratique régulièrement dans les couvents de femmes.

Je suis moine depuis près de 30 ans, et je dois dire que je ne pense pas qu'il existe un péché que je n'aurais pas déjà entendu. Nul n'a exposé devant moi quelque chose qui aurait pu me choquer personnellement, car la condition humaine est partagée de tous. Ce que j'ai cependant expérimenté, c'est la joie d'entendre une bonne confession. Voir la charge de culpabilité et de honte levée, et les larmes de la vraie repentance, c'est une chose merveilleuse. La crainte de la honte devant le prêtre en a tenu beaucoup éloignés de cette levée du poids du péché, et du banissement de la honte, et tout ça pour rien. La crainte d'être embarassé empêche beaucoup de faire une bonne confession.

Aucun prêtre ne pense mal d'un pénitent, car tous les prêtres se réjouissent lorsqu'ils voient la levée du poids du péché et de la honte dans le Mystère de la Confession. Comme le pénitent, le prêtre témoigne de la miséricorde du Christ, et le prêtre, lui-même pécheur, est aussi élevé, car lui aussi, il est en grand besoin de la miséricorde et du pardon du Christ.

Nos vies se chargent de passions et d'habitudes pécheresses parce que nous manquons de nous battre contre le moindre péché que nous avons besoin de confesser. Nos blessures et nos plaies sont pleines d'inflammation, parce que nous refusons de leur appliquer le moindre remède. La femme au puits de Jacob a contemplé la miséricorde du Christ, et nous aussi, nous nous tenons au puits devant le Seigneur, lorsque nous nous tenons devant l'Évangéliaire, et la Croix, avec le prêtre comme témoin devant le Christ, Qui est prompt au pardon.

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon

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