"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

19 janvier 2013

P. Païssios, un Protestant, des saints et des icônes

Le père Païssios répond à des questions de Protestant sur les saints et les icônes.
Question: Le Seigneur nous a enseignés à prier Dieu le Père. L'Église Orthodoxe prie la Theotokos / Mère de Dieu et les saints, qui n'étaient que des humains. Est-ce exact?

Réponse: Écoutez, toutes les prières vont à Dieu. Nous prions la Panagia et les saints, en fait nous leur demandons qu'ils prient eux aussi le Seigneur pour nous. Leur prière a grande puissance.

Question: Oui mais la Panagia et les saints étaient des humains, et ils sont morts. Ils ne nous entendent pas, et ne sont plus présents nulle part. Peut-être même que Dieu est fâché que nous les prions.

Réponse: Mon enfant, pour Dieu, personne ne meurt. Lorsque quelqu'un meurt physiquement, il est mort pour nous qui vivons encore ici sur terre. Il n'est pas mort pour Dieu. Et si cette personne a de l'audace devant Dieu, il apprend du Christ que nous sollicitons ses prières, il écoute et se réjouit à travers le Christ. La prière des justes a grande puissance.

Question: Le Seigneur a dit "Je suis le Seigneur ton Dieu. Ne te fabrique pas d'idoles ou d'images. Ne les vénère pas, ne les adore pas, car Je Suis le Seigneur ton Dieu, et Je Suis un Dieu jaloux" L'Église Orthodoxe vénère des icônes. Est-ce vrai?

Réponse: Regarde, la mère qui a son enfant partit à la guerre craint pour lui jour et nuit. Elle est très inquiète pour lui. Soudain, elle reçoit une lettre de son enfant, avec une photo dedans. Lorsqu'elle la voit, que fait-elle? Elle la prend en main, et elle l'embrasse, elle la porte sur sa poitrine, contre son coeur. Alors que crois-tu? Une telle mère avec un tel désir passionné pour son enfant, crois-tu qu'elle embrasse une photographie? Elle fait comme si elle embrassait son enfant. C'est le même comportement pour ceux qui sont passionnés de la Panagia et des saints qu'ils vénèrent. Nous ne vénérons pas les icônes parce que ce sont des icônes, mais parce que ce sont des saints représentés dessus. Et eux, pas parce qu'ils existent, mais parce qu'ils ont souffert pour le Christ. C'est vrai que Dieu est un Dieu jaloux. Cependant pas pour Lui-même, mais pour le démon. Le Père n'est pas jaloux de Ses enfants. Ne vous en faites pas, le Seigneur Se réjouit lorsqu'Il vous voit honorer et aimer Sa mère et Ses saints.
P. Païssios l'Athonite



Question: The Lord taught us to pray to God the Father. The Orthodox Church prays to the Theotokos and the Saints who were people. Is this correct?

Answer: Listen, all prayers go to God. We pray to the Panagia and the Saints, that is, we request that they pray also to the Lord for us; their prayer has great power.

Question: Yes, but the Panagia and the Saints were people and they died. They do not hear us, nor are they present everywhere. Perhaps God is angry that we pray to them.

Answer: My child, to God no one dies. When someone dies, they died to us who still live on earth. They do not die to God. And if that person has boldness before God, they learn from Christ that we are requesting their prayers, though Christ listens and rejoices. The prayer of the righteous has great power.

Question: The Lord says: 'I am the Lord your God. Do not make idols or images. Do not venerate these, nor worship them, for I am the Lord your God and I am a jealous God.' The Orthodox Church venerates icons. Is this correct?

Answer: Listen, the mother who has her child in a war fears for him day and night. She has much to worry about. Suddenly she receives a letter from her child with a photo inside. When she sees it, what does she do? She takes it into her hands and kisses it, she puts it to her chest to touch her heart. So what do you think? Such a mother with such passionate desire that she has for her child, do you believe she is kissing a photograph? She believes she is kissing her child. The same is believed by those who have a passionate desire for the Panagia and the Saint they are venerating. We do not venerate icons because they are icons, but because of the Saints. And these not because they are people who exist, but because they suffered for Christ. It is true that God is jealous. Not however for His own, but for the devil. The Father is not jealous of His children. Do not worry, the Lord rejoices when He sees you honoring and loving His Mother and His Saints.

Théophanie à la russe : plouf dans la glace!


Sainte Théophanie à nos frères et soeurs dans l'Ancien Calendrier!


18 janvier 2013

Saints Athanase et Cyril d'Alexandrie, flambeaux de l'Orthodoxie (Holy Fathers)

Commémorés ensemble le 18 janvier

Les saints Athanase et Cyril ont été papes d'Alexandrie. Ces sages enseignants de la vérité et défenseurs de l'Église du Christ partagent une fête commune en reconnaissance de leurs écrits dogmatiques qui démontrent la vérité de la Foi
Orthodoxe, interprétant correctement les saintes Écritures, et démontrant la fausseté des hérésies.
Alors qu'il n'était encore que diacre, Saint Athanase prit part au Premier Concile Oecuménique. Il y surpassa tout le monde par son zèle à défendre l'enseignement proclamant que le Christ est consubstantiel ("homoousios") au Père, et pas une simple créature comme le prétendaient les Ariens.
Ce brillant luminaire de l'Orthodoxie aura passé le plus clair de sa vie en exil loin de son siège [entre autres en Occident, où on partageait sa Foi; ndt]. Et tout cela à cause des innombrables complots de ses ennemis. Il parviendra à revenir près de ses fidèles vers la fin de sa vie. Comme l'étoile du soir, il illumina les fidèles Orthodoxes de ses paroles, avant de s'éteindre peu après, en 373. Il est aussi commémoré le 2 mai, fête de la translation de ses saintes reliques.
Holy Fathers




Si le poison de l'orgueil s'installe en vous, tournez-vous vers l'Eucharistie. Et ce Pain, Qui est votre Dieu Qui Se déguise humblement, vous enseignera l'humilité. Si la fièvre de l'égoïste avarice fait rage en vous, nourrissez-vous de ce Pain; et vous en apprendrez la générosité. Si le vent glacial de la cupidité vous refroidit, hâtez-vous vers le Pain des Anges, et la charité fleurira en votre coeur. Si vous ressentez la piqûre de l'intempérance, nourrissez-vous de la Chair et du Sang du Christ, Qui pratiqua un héroïque contrôle de Lui-même durant Sa vie terrestre, et vous en deviendrez tempérant. Si vous êtes fainéant et négligent des choses spirituelles, renforcez-vous de cette nourriture Céleste, et vous deviendrez fervent. Et enfin, si vous vous sentez souillé par la fièvre de l'impureté, allez au Banquet des Anges, et la toute pure Chair du Christ vous rendra pur et chaste.
Saint Cyril d'Alexandrie



If the poison of pride is swelling up in you, turn to the Eucharist; and that Bread, Which is your God humbling and disguising Himself, will teach you humility. If the fever of selfish greed rages in you, feed on this Bread; and you will learn generosity. If the cold wind of coveting withers you, hasten to the Bread of Angels; and charity will come to blossom in your heart. If you feel the itch of intemperance, nourish yourself with the Flesh and Blood of Christ, Who practiced heroic self-control during His earthly life; and you will become temperate. If you are lazy and sluggish about spiritual things, strengthen yourself with this heavenly Food; and you will grow fervent. Lastly, if you feel scorched by the fever of impurity, go to the banquet of the Angels; and the spotless Flesh of Christ will make you pure and chaste.
St. Cyril of Alexandria




Mais pour chercher la juste compréhension des saintes Écritures, il faut mener une bonne vie et avoir l'âme pure, et pour la vertu Chrétienne guider l'esprit pour qu'il comprenne, dans la mesure que le permet la nature humaine, la vérité au sujet du Verbe de Dieu. Nul ne saurait comprendre les enseignements des saints à moins d'avoir un esprit pur et de s'efforcer d'imiter leur vie. Quiconque veut regarder vers la lumière du soleil va d'abord se nettoyer les yeux, afin de permettre quelque
afin d'obtenir, en quelque sorte, quelqu'approximation de la pureté de ce qu'il observe; et celui qui souhaite voir une ville ou un pays va à l'endroit en question afin de pouvoir le voir. De même, quiconque souhaite comprendre l'esprit des auteurs sacrés doit d'abord purifier sa propre vie, et approcher les saints en imitant leurs actes. Et ainsi uni à eux dans la similitude de vie, il va à la fois comprendre ce qui leur a été révélé par Dieu, et dès lors échappant au péril qui menace les pécheurs au Jugement, il recevra ce qui est préparé pour les saints dans le Royaume des Cieux.
Saint Athanase le Grand



"But for the searching and right understanding of the Scriptures there is need of a good life and a pure soul, and for Christian virtue to guide the mind to grasp, so far as human nature can, the truth concerning God the Word. One cannot possibly understand the teaching of the saints unless one has a pure mind and is trying to imitate their life. Anyone who wants to look at sunlight naturally wipes his eye clear first, in order to make, at any rate, some approximation to the purity of that on which he looks; and a person wishing to see a city or country goes to the place in order to do so. Similarly, anyone who wishes to understand the mind of the sacred writers must first cleanse his own life, and approach the saints by copying their deeds. Thus united to them in the fellowship of life, he will both understand the things revealed to them by God and, thenceforth escaping the peril that threatens sinners in the judgment, will receive that which is laid up for the saints in the kingdom of heaven."
Saint Athanasius the great

Critique des "dix principes orthodoxes du dialogue oecuménique"

Je vais être dur, mais je n'aime pas ce texte qui prétend aussi _me_ représenter. Oui, il y a de l'attaque ad hominem, car nous sommes incarnés et ce sont des hommes qui commettent tout cela. Contre le Christ et Son Église, dont je ne suis qu'un membre bien piètre et pécheur. Et ils en amènent beaucoup à douter, voire à quitter le Christ..


Proposés par M. Stavrou, professeur à l'Institut St-Serge, co-secrétaire du Comité mixte de dialogue théologique catholique-orthodoxe en France.

"1. Le but du mouvement œcuménique est l'unité pleine et visible de l'Eglise, c'est-à-dire la pleine communion ecclésiale dans une même foi, avec les mêmes sacrements et des ministères réciproquement reconnus."

Proclamé à chaque Liturgie présidée par le Saint-Esprit, inspiré par ce même Saint Esprit, le Credo dit que je crois que l'Église EST Une, sainte, catholique et apostolique. Pas qu'il faudrait que l'on se rapproche de gens qui croient au Christ mais préfèrent le faire dans des religions historiquement inventées par les hommes des siècles après que le Christ aie, Lui, fondé l'Église. Donc c'est un point que croient les oecuménisants catholiques-romains & protestants libéraux - et c'est leur droit -, mais je ne vois pas comment un Chrétien pourrait dire à la Liturgie qu'il croit que l'Église est Une et en même temps professer publiquement que l'Église serait divisée. C'est inepte.


Au pire, c'est blasphématoire. Le Christ est Un. L'Église et le Christ ne font qu'un - cfr ce qu'entend saint Paul quand il n'est encore que le persécuteur et tombe du cheval en route vers Damas. Si on prétend que l'Église est divisée, alors le Christ est divisé. C'est une impossibilité théologique absolue. Saint Paul le martèle d'ailleurs. On aime les formules creuses chez les oecuménisants, mais ils feraient bien d'un peu réfléchir aux implications de leurs positions quant à la Foi et à leur salut.


"2. L'Eglise orthodoxe est appelée à répondre à la prière du Seigneur en faveur de l’unité de ses disciples (Jn 17,21). C'est pourquoi, depuis la fin de la 1ère Guerre mondiale, son engagement dans le mouvement œcuménique est irrévocable : aussi bien au sein du Conseil Œcuménique des Eglises (qu’elle a contribué à fonder en 1948) que dans le dialogue avec l’Eglise catholique romaine. "

Quel Concile oecuménique a engagé l'Église dans ce dialogue? Aucun. Quel Concile d'envergure? Aucun. Ce sont quelques évêques, laïcs et clercs qui ont décidé et imposé le tout à l'ensemble.
Saint Maxime le Confesseur nous rappelle ce que ça vaut, ce genre de décisions engageant les dogmes et prises hors du cadre bien fixé de l'Église...

Les disciples du Seigneur sont ceux qui font Sa volonté. Or Il a appelé toutes les nations à entrer dans l'Église. Dès lors ceux qui s'efforcent de rester "sur les parvis" (voire parfois avec un pied dedans et un pied dehors) n'agissent pas en disciple.
Par contre au sein de l'Église, il y a moult divisions, grands scandales dûs à l'orgueil des hommes et à la soif de pouvoir de nombreux clercs. C'est là que doit se travailler l'unité. Car comme dit le Seigneur dans ce même Évangile de saint Jean, c'est à l'amour que nous aurons les uns pour les autres que nous serons reconnus comme Ses disciples - quand Bartholomeos 1er tente de tailler des croupières à Kyrill de Moscou, on est loin de l'amour exemplatif. Et c'est par cet amour bien réellement manifesté aux premiers siècles que les incroyants en sont venus à reconnaître la vérité de la Foi. Quasi jamais par le baratin et le "dialogue" qui n'est qu'un rapport de force de rhétoriciens plus ou moins habiles selon les cas.


"3. L’Orthodoxie ne se réduit pas à l’Eglise orthodoxe : c’est « la vie nouvelle avec et dans le Christ, mue par le Saint-Esprit » (S. Boulgakov). Nous savons d’expérience où est l’Eglise du Christ mais nous ne pouvons dire où elle s’arrête, car le Christ est « la Lumière véritable qui illumine tout homme » (Jn 1,9) et l’Esprit Saint « souffle où Il veut » (Jn 3,8). "

En préambule, je dirais que le père Serge Boulgakov représente un courant d'opinion très particulier, qui n'a pas de relation directe avec toute la tradition patristique. Même s'il a notoirement du succès à Saint-Serge. Lequel institut envoie ses étudiants à l'institut "catholique" pour leur dernière année afin qu'ils obtiennent leur diplôme officiel, ce qui en dit long sur l'attachement de Saint-Serge à la Tradition de l'Église et son peu de confiance en 2000 ans d'enseignement patristique ininterrompu. Le professeur qui a rédigé ce texte a lui-même passé sa thèse de doctorat à la Sorbonne et à l'institut "catholique", en plus de localement. Comme si il fallait un titre, une auréole donnée hors de l'Église pour avoir de l'importance. Comme si la "sainte Liturgie enseignante", l'ascèse, la prière menant à une vie de sainteté n'étaient pas un meilleur diplôme..

Sa phrase est une vraie "tarte à la crème", ça permet de considérer à la rigueur que même Rabîndranâth Tagore serait "quelque part" membre de l'Orthodoxie, de par son comportement sur terre etc. C'est hautement insultant à la fois contre l'homme et son libre-choix de parcours, et contre Dieu Qui sauve qui Il veut et où Il veut et comme Il veut. Que l'homme en question soit ou non membre de l'Église n'y changeant rien.

En Luc 9,49-50, on a cet étonnant dialogue entre les Apôtres qui voulaient empêcher quelqu'un apparemment non-disciple de chasser les démons, et le Christ de les rabrouer, eux.. Saint Cyril d'Alexandrie disait (à la suite de plein d'autres saints Pères) que l'on connaissait les frontières visibles de l'Église, mais qu'on ne saurait connaître, nous, qui en était vraiment membre au delà. On n'a pas à juger, même pas ceux qui sont visiblement au dehors, organiquement. Ils le sont, c'est un fait et c'est tout. Est-ce leur chemin? Dieu sait, Dieu juge. Nous on a reçu gratuitement, on doit donner gratuitement. Et c'est le Christ qu'on a reçu et qu'on doit donner, pas du blablabla sur des "plus petit dénominateur commun" à échanger autour d'une tasse de thé et de petits gâteaux en évitant les sujets qui fâchent.

Pour moi, il faut retourner le début de la phrase et le mettre au positif : L'Orthodoxie EST l'Église. Point final. Et des membres de cette unique Église pourront se perdre (à commencer par moi). Comme des non-membres pourront être sauvés. Dieu est souverain absolu en la matière. Et c'est Dieu qui donne leur chemin de vie aux humains.


"4. L’Eglise orthodoxe refuse de disjoindre vérité et sacrements. Elle participe ponctuellement à des prières communes avec les autres Eglises mais en préservant son identité. L’Eucharistie étant une icône du repas du Dernier jour, la communion des chrétiens autour du même calice ne peut que sceller et non point anticiper leur réconciliation complète dans la foi, même s’il existe des cas exceptionnels d’économie pastorale qui demeurent du ressort des évêques. "

Non. Un évêque ne peut PAS aller contre la Foi de l'Église dans des domaines pareils. On sort totalement de l'économie puisqu'elle ne concerne que les personnes et leur salut personnel. Un évêque qui, tel Bartholomeos 1er, concélèbre avec un membre du clergé d'une religion humaine, expose la totalité de l'Église, du Corps du Christ donc!!!!!, à la chute. Ce n'est pas de l'économie, c'est un mensonge éhonté destiné à s'auto-absoudre d'actes tout simplement hérétiques. Stricto sensu. Car les canons dogmatiques des Conciles sont supérieurs aux évêques. Ou alors les patrons de Saint-Serge seraient supérieurs au Saint Esprit Qui a inspiré les articles dogmatiques de notre Foi? On voit où tout ça mène.

Ensuite, comme disait feu l'archevêque Basile Krivochéine, on ne participe pas à la prière commune. On prie en même temps qu'eux, mais on ne saurait pas participer.

J'ose affirmer que c'est impossible de participer. La prière, lex orandi, lex credendi, elle véhicule la Foi. Or elle n'est pas commune, cette Foi. Je ne crois pas au purgatoire. Je ne crois pas que le Christ a été adopté par le Père à la Théophanie, au Jourdain. Je ne crois pas que la Vierge Marie a eu des enfants naturels après le Christ. Je ne crois pas que l'Église n'est pas Une, pas sainte, pas catholique, pas apostolique. Etc. Plein de choses qui appartiennent à la croyance à divers degrés des participants à ces messes oecuméniques. Et eux ne croient pas à un tas de choses que nous avons reçu de Dieu, et ne pas le reconnaître c'est leur manquer de respect, un comble quand les oecuménisants prétendent à l'amitié avec les non-orthodoxes (en taisant leur haine envers les vieux-calendristes, passons..).
Dans bien des cas, on ne croit pas aux mêmes éléments-clés. On ne sait pas prier ainsi. Que Bartholomeos 1er, encore lui, "prie" avec des musulmans (qui nient la divinité du Christ), des bouddhistes (qui nient l'être, qui nient un Dieu, l'existence même étant illusoire), des zoroastriens (qui brûlent encore aujourd'hui des Chrétiens en Tchétchénie "parce que Chrétiens"), etc, c'est son problème. Une fois de plus il fait chuter des milliers de fidèles et les met en danger de brûler leur âme à la flamme du doute. On ne sait prier qu'en communauté de foi, ou de croyance pour les religions humaines.
Par contre comme disait mgr Basile, on peut prier "en même temps qu'eux", en soi, en son fors intérieur. Jamais je ne dirai le "Notre Père" en même temps qu'eux : ils affirment que Dieu est tentateur, c'est pas ma Foi, c'est pas ce que l'Église m'enseigne depuis 2000 ans. Donc même cette prière qu'on a tant banalisée, même ça c'est pas possible.


"5. La catholicité ecclésiale que nous confessons signifie que dans l’Eglise l’unité et la diversité ne s’opposent pas mais se conjuguent selon le modèle trinitaire : trois personnes divines absolument diverses et inséparablement unies dans la source unique du Père. "

oui, sauf qu'il faudrait montrer l'exemple au sein de l'Église. Par exemple, en terre d'Occident, les vieilles Liturgies que saint Jean Maximovitch avait permises dans son diocèse, à la suite de la décision du Saint-Synode de Russie de 1870, et qu'une majorité de mes frères et soeurs combattent activement, en particulier parmi les convertis. Seuls le Patriarcat d'Antioche et l'Eglise Hors Frontières respectent cette diversité, et au prix de grandes souffrances, de beaucoup de méchancetés de la part des "frères". Voire de persécutions actives...

L'Église était très diverse au départ - il suffit de lire le récit de la Pentecôte pour la voir, cette diversité. Par le péché des hommes, par une dictature culturaliste pro-hellenique menée tambour battant à l'époque de l'Empire, on a tout brisé au sein de l'Église. Qu'on répare à présent. Il y a du boulot, quand on voit les ostracismes entre Russes et Grecs et Roumains etc...


"6. Le dialogue œcuménique, fondé sur le respect et l’écoute de l’autre, ne signifie en rien un renoncement à la Vérité. Le dialogue de la charité doit s’ouvrir au dialogue de la vérité."

si c'est un préambule, c'est un bon article. Noyé dans la masse d'inepties, ça passera inaperçu

Je n'aime cependant pas le terme "oecuménique". Nous sommes l'oikumene puisque nous sommes dans l'Église qui est répandue par toute la terre. A Hawaï, il y a une paroisse qui a une icône myroblite. Au Japon, le tremblement et le tsunami ont épargné un seul bâtiment dans la ville ravagée au nord, et c'était la cathédrale orthodoxe. Saint Germain d'Alaska a évangélisé les Inuïts et on a des saints Aléoutiens. On célèbre la Liturgie même en terre sous le joug de l'islam. On est partout et Dieu est avec nous - 's nami Bog! Pas pour que nous soyons, nous pécheurs, "les meilleurs", mais de modestes porteurs de lumière à ce monde enténébré. 


Dialogue possible si le principe est bien d'aider l'autre à ouvrir les yeux. Aucun évangélisateur de peuple n'a jamais eu d'autre idée de départ que ça, car telle est la mission confiée par le Christ "Allez donc, enseignez toutes les nations". Jamais le Christ n'a dit de discuter des valeurs de ce qui pourrait éventuellement avoir de la valeur. Le Christ est venu pour nous sauver. Quand saint Paul a tenté la version "dialogue rationnel et théologique" à Athènes avec son discours à la statue du "dieu inconnu", on se rappelle ce que ça a donné. Si on ne suit pas l'exemple des saints pères, on fait fausse route. Eux, ils ont déjà obtenu la couronne d'éternité. Ils sont l'exemple. Nous pas. Qu'on soit patriarche ou laïc, moniale ou prof' d'institut de théologie, nous on n'y est pas encore.



"7. La vérité n’est pas une chose ou une formule que l’on possède mais une personne, le Verbe de Dieu incarné, que l’on peut contempler dans l’Esprit Saint et avec qui on entre en relation dans l’Eglise. "

Dans l'Église. Donc ceux qui sont en dialogue avec nous doivent _d'abord_ entrer dans l'Église pour avoir cette relation en plénitude. Si c'est ça qu'ils cherchent, il faut le leur dire. Avec charité et vérité à la fois. Certains d'entre eux ont déjà une très belle relation à Dieu malgré qu'ils ne sont pas dans les meilleures conditions pour ce faire. Parfois plus belle que certains qui sont dans l'Église de manière organique et s'en foutent (moi..). Elle est belle mais elle est incomplète (je reprend la formule du vatican dans la lettre dogmatique "Dominus Iesu" de 2000 et je la lui rebalance à la figure!). Seule une participation pleine et entière à l'Église leur permettra de tout avoir. Vouloir le Salut éternel de son prochain, n'est-ce pas le plus beau voeu, le plus beau cadeau qu'on puisse espérer pour lui?

Par contre, il y a des vérités théologiques. Quand le Christ dit que l'Esprit procède du Père, Il le dit (Jn 15,27). C'est pas une formule creuse. Ceux qui proclament comme dogme infaillible une autre formule sont ouvertement contre la vérité. Et elle vient du Christ. Le relativisme en la matière est au menu des cours de dogmatique à Saint-Serge?


"8. Toute affirmation doctrinale, pour être une vérité de foi « orthodoxe », doit aussi bien recevoir le consensus des différentes Eglises locales qu’être en accord avec les vérités que l’Eglise a reçues et confessées depuis la Pentecôte. "

Il n'y a qu'une seule Foi. Qu'on la qualifie d'orthodoxe, suite à cette aberration du confessionalisme pondue par les catholiques-romains au 16ème siècle et dans laquelle nos peu prudents responsables nous ont plongés, cela importe peu.

"Je me suis vu forcé de le faire pour vous exhorter à la lutte pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes" nous dit le 3ème verset de l'épitre de saint Jude, dans le Nouveau Testament. La Foi a été transmise "une fois pour toutes", et "aux saints". Pas à n'importe qui, mais à des hommes et des femmes qui vivaient dans la grâce de Dieu et n'ont pas communiqué cette Foi aux générations suivantes pour être, eux, glorifiés, mais pour que les générations suivantes puissent venir à la connaissance de la vérité, qui est le Christ (dixit saint Jean), et par là puissent faire librement le choix d'être ou non sauvés par ce même Christ.
Il ne sait rien y avoir de "nouveau" dans le domaine de la foi. On reformulera, on approfondira, mais Dieu a tout donné à l'Église. Saint Jean Damascène ou saint Hilaire de Poitiers, saint Syméon le Nouveau Théologien ou le père Porphyrios, sainte Gertrude de Nivelles ou mère Gavrilia, etc, sont séparés par des siècles, et c'est rigoureusement la même Foi qui les a fait vivre. Donc il n'y a pas de nouvelle affirmation doctrinale à attendre de ces discussions. Tout a été donné, absolument tout. Bien sûr quand on s'auto-proclame infaillible et qu'on pond des dogmes eux aussi infaillibles qui vont à l'encontre des vérités données par le Christ, c'est pas facile pour en sortir. L'humilité et la vérité ne sont pas très populaires.


"9. Nous refusons d’opposer une Eglise orthodoxe idéale aux autres Eglises réduites à leurs péchés historiques. Nous devons cultiver une honnêteté intellectuelle rigoureuse par un travail inlassable. "

Il n'y a qu'une seule Église dans le Credo, et elle est sainte. Elle ne sait pas être sainte et pécheresse à la fois. Elle EST sainte. Sa sainteté ne lui vient pas d'elle-même, surtout pas de ses membres, même les plus saints d'entre eux ne sauraient la rendre sainte. Elle l'est parce que le Christ en est la tête (cfr ep. Ephésiens) et que le Christ étant Dieu, étant LA sainteté, Son Église est nécessairement et obligatoirement sainte.
En grand hôpital des âmes, l'Église accueille en son sein des cohortes de pécheurs. Elle va les aider à se relever. Le Christ lui a donné à elle et à elle seule la totalité des "moyens" pour ce faire - les saints mystères ou sacrements. C'est un trésor qu'on ne saurait galvauder sans le souiller.

Ceux qui, en dehors de l'Église, ont fondé des communautés religieuses auxquelles ils ont donné le nom d'Église ne savent en aucun cas relier ces communautés de manière ininterrompue au Christ et aux saints Apôtres sur lesquels le Christ a fondé ladite Église. Même les prétentions du vatican ne résistent pas à une simple analyse historique menée avec "une honnêteté intellectuelle rigoureuse" qui justement fait défaut chez les thuriféraires de l'oecuménisme dès lors que ce qu'ils trouveraient pourrait vexer leurs amis hors Église. Et leur fermer des lieux où ils sont encensés, bien souvent.. On voit plus souvent Bartholomeos 1er au vatican ou autres officines de religions humaines qu'en visite amicale en Russie par exemple..
L'amour de la vérité est radicalement opposé à l'amour des compliments..

"10. Sans conversion, il ne peut y avoir réconciliation. Sans amitié, le témoignage rendu à la vérité n’est pas recevable. Le dialogue de la vérité doit se faire dans l’humilité et être accompagné par celui de la charité. Nous devons reconnaître, lorsqu’il y a lieu de le faire, les fautes et les manquements historiques de certains membres de notre Eglise, qui ont contribué à susciter ou à maintenir la division des chrétiens."

Oui, Bartholomeos 1er doit reconnaître toutes ses magouilles anti-canoniques pratiquées sans relâche afin d'avoir beaucoup d'évêques de sa prétendue juridiction (Chalcédoine can.28 aux oubliettes..) pour le futur concile pan-orthodoxe et d'y imposer à l'Église des orientations théologiques contraires à 2000 ans d'existence et dangereuses pour le salut de l'humanité.

Oui, les Roumains doivent reconnaître qu'installer des églises un peu partout sur terre sur simple base ethnique, sans se soucier s'il y a déjà ou non un évêque dans le coin, c'est contraire à la Foi de l'Église. Et c'est imiter les travers des Russes, des Grecs, etc... Et c'est pratiquer une hérésie condamnée en concile pan-orthodoxe (1871), l'ethno-phylétisme... ETC!

Oui, on a beaucoup à reconnaître et à corriger. Mais ça ne regarde pas les protestants, les anglicans, les catholiques-romains, etc, puisque ça concerne le fonctionnement contingentiel de l'Épouse du Christ. Ils ne seront concernés que le jour où .. ils se seront pleinement convertis au Christ, et auront rejoint Sa Nef où trône l'Arche de la Nouvelle Alliance.

Là où je rejoins le texte, c'est que l'amitié est un bon chemin pour les y aider. Par contre, d'expérience personnelle, je dirais que trop d'amitié amène trop de chrétiens à oublier que le Christ est vérité, et que la conversion est une ascèse, et que leurs amis d'autres religions auront un parcours très dur à mener pour arriver à la conversion. Et par une amitié mal comprise, ils sont nombreux à l'oublier...

"Ce n'est pas quiconque Me dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le Royaume des Cieux ; mais celui qui fait la volonté de Mon Père qui est dans les Cieux."


Ceux qui tirent dessus assumeront leur choix. Les autres sont libres d'embarquer, il y a énormément de place. Plein plein plein de pièces dans la Demeure du Père éternel.



Pater Noster, adveniat regnum Tuum!

17 janvier 2013

L'instabilité du coeur - poème de saint Jean de Cronstadt

Le coeur peut bien souvent
beaucoup varier en un instant,
Il peut énormément changer en un moment,
vers le bien ou le mal,
vers la foi ou l'incroyance,
vers la simplicité ou la duplicité,
vers l'amour ou la haine,
vers la bienveillance ou l'envie,
vers la générosité ou l'avarice.
Oh, quelle inconstance!
Et combien de dangers!
Oh combien devons-nous êtres sobres et prudents!

16 janvier 2013

Discernement des esprits (saint Moïse l'Éthiopien)

Ainsi donc, vous pouvez constater que le don de discrétion n'est pas quelque chose de terrestre, et n'est pas rien, mais c'est le plus grand prix de la divine grâce. Et à moins qu'un moine y aspire de tout son zèle, et scrute avec la puissance du discernement d'un jugement sans faille les pensées / esprits qui montent en lui, il est assuré de faire fausse route, comme s'il se trouvait au milieu des plus profondes ténèbres d'une nuit noire, et non seulement tombera dans les dangereux fossés et précipices, mais aussi commettra des erreurs fréquentes dans des domaines qui sont pourtant évidents et droits.
Saint Moïse l'Éthiopien



You see then that the gift of discretion is no earthly thing and no slight matter, but the greatest prize of divine grace. And unless a monk has pursued it with all zeal, and secured a power of discerning with unerring judgment the spirits that rise up in him, he is sure to go wrong, as if in the darkness of night and dense blackness, and not merely to fall down dangerous pits and precipices, but also to make frequent mistakes in matters that are plain and straightforward.
St. Moses the Black Hermit

14 janvier 2013

Saint Augustin d'Hippone et la Prière du Coeur

Ainsi averti de revenir à moi, j’entrai dans le plus secret de mon âme, aidé de Ton secours. J’entrai, et j’aperçus de l’oeil intérieur, si faible qu’il fût, au-dessus de cet oeil intérieur, au-dessus de mon intelligence, la Lumière immuable; non cette lumière évidente au regard charnel, non pas une autre, de même nature, dardant d’un plus vaste foyer de plus vifs rayons et remplissant l’espace de sa grandeur. Cette lumière était d’un ordre tout différent. Et elle n’était pas au-dessus de mon esprit, ainsi que l’huile est au-dessus de l’eau, et le ciel au-dessus de la terre; elle m’était supérieure, comme auteur de mon être; je lui étais inférieur comme son ouvrage. Qui connaît la vérité voit cette lumière, et qui voit cette lumière connaît l’éternité. L’amour est l’oeil qui la voit,

O éternelle vérité! ô vraie charité! ô chère éternité! Tu es mon Dieu; après Toi je soupire, jour et nuit; et dès que je pus Te découvrir, Tu m’as soulevé, pour me faire voir qu’il me restait infiniment à voir, et que je n’avais pas encore les yeux pour voir. Et Tu éblouissais ma faible vue de Ta vive et pénétrante clarté, et je frissonnais d’amour et d’horreur. Et je me trouvais bien loin de Toi, aux régions souterraines où j’entendais à peine Ta voix descendue d’en-haut : "Je suis la nourriture des forts; crois, et tu me mangeras. Et je ne passerai pas dans ta substance, (423) comme les aliments de ta chair ; c’est toi qui passeras dans la Mienne.»

Et j’appris alors que Tu éprouvais l’homme à cause de son iniquité, et qu’ainsi "Tu avais 'fait sécher mon âme comme l’araignée' ( Ps. 38, 12)." Et je disais : N’est-ce donc rien que la vérité, parce qu’elle ne s’étend, à mes yeux, ni dans l’espace fini, ni dans l’infini? Et Tu m’a crié de loin : Erreur, Je suis Celui qui est ( Exod. 3,14)! Et j’ai entendu, comme on entend dans le coeur, Et je n’avais plus aucun sujet de douter. Et j'eusse douté plutôt de ma vie que de l’existence de la vérité, "où atteint le regard de l’intelligence à travers les créatures visibles" (Rom. 1, 20).
Saint Augustin, évêque d'Hippone, Confessions, livre 7, ch.10




I entered into my inward self, Thou leading me on; and I was able to do it, for You had become my helper. And I entered, and with the eye of my soul (such as it was) saw above the same eye of my so
ul, above my mind, the Unchangeable Light. Not this common light, which all flesh may look upon, nor, as it were, a greater one of the same kind, as though the brightness of this should be much more resplendent, and with its greatness fill up all things. Not like this was that light, but different, yea, very different from all these. Nor was it above my mind as oil is above water, nor as heaven above earth; but above it was, because it made me, and I below it, because I was made by it. He who knows the Truth knows that Light; and he that knows it knows eternity. Love knows it. O Eternal Truth, and true Love, and love Eternity! You are my God; to You do I sigh both night and day. When I first knew You, You lifted me up, that I might see there was that which I might see, and that yet it was not I that did see. And Thou beat back the infirmity of my sight, pouring forth upon me most strongly Your beams of light, and I trembled with love and fear; and I found myself to be far off from You, in the region of dissimilarity, as if I heard this voice of Yours from on high: "I am the food of strong men; grow, and you shall feed upon me; nor shall you convert me, like the food of your flesh, into you, but you shall be converted into me." And I learned that You correct man for iniquity, and You make my soul consume away like a spider. And I said, "Is Truth, therefore, nothing because it is neither diffused through space, finite, nor infinite?" And You cried to me from afar, "Yea, verily, ‘I Am that I Am.’" And I heard this, as things are heard in the heart, nor was there room for doubt; and I should more readily doubt that I live than that Truth is not, which is "clearly seen, being understood by the things that are made." Rom. 1:20
St Augustine, Confessions, Bk. 7.10

13 janvier 2013

Un christianisme blessé et le retour de l'Église (p. Tryphon)



Le scandale publique d'évêques (ndt: catholiques-romains) protégeant des membres de leur clergé et personnel, lors de la révélation d'abus sexuels sur d'innombrables enfants, a choqué le monde et miné l'autorité spirituelle et morale de l'église catholique-romaine. Ajouté à cela, les débauches notoires de certains télé-évangélistes américains très célèbres, ont amené beaucoup à se demander s'il subsistait un peu de crédibilité au christianisme. Certains suggèrent même que ce serait la mort du christianisme.

Si le christianisme doit passer le siècle qui vient, alors nous devons voir un retour aux vraies racines de la Foi, où l'Église proclame la Bonne Nouvelle du Christ, dans toute sa pureté, et se recentre sur le coeur mystique et sacramentel, sur sa raison d'être. Elle doit offrir la guérison métamorphosante, une guérison qui ne vient qu'avec la grâce de Dieu, à travers la vie de Son Église, accomplissant sa vocation évangélique.

Peut-être que ce qui est occupé à sortir de tout ce scandale dans l'expression occidentale (hétérodoxe) du christianisme, c'est un appel renouvelé à l'Église Orthodoxe pour qu'elle prenne plus au sérieux ses racines mystique et sacramentelle. Si nous les Chrétiens, nous examinons de près l'incroyable résurrection de l'Église (en Russie) après la chute du communisme, avec ces milliers d'églises reconstruites et rouvertes, ces milliers de nouvelles construites, et tous ces monastères en forte phase de rapide croissance, nous pouvons voir que le 21ème siècle pourrait bien être l'Ère de l'Orthodoxie.

Pour que cela puisse avoir lieu, il faudra que nous mettions de côté tout ce qui a fait s'effondrer le christianisme à l'occidentale. Nous devons rendre compte de notre fonctionnement en tant qu'institutions religieuses. Évêques et prêtres doivent être responsables et rendre des comptes les uns aux autres, les transgressions contre le Corps du Christ doivent être retranchées et déracinées, et le clergé (y compris nos évêques) doit être un groupe de ces humbles serviteurs que les Évangiles nous appellent à devenir. Les comportements pompeux, médiévaux, doivent être écartés, et l'humble Sauveur compatissant doit transparaître dans la manière dont nous servons. Il faut permettre à la puissance transformante de la Bonne Nouvelle du Christ de transformer le monde; et la compréhension que nous avons de l'Église en tant qu'institution doit être évacuée de notre pensée, remplacée par la vision évangélique de l'Église comme Hôpital des âmes.

La sainte Église (Orthodoxe) va se développer au 21ème siècle, mais uniquement si nous ne formons pas obstacle à sa vie et à son ministère en permettant à notre propre amour du pouvoir et de l'autorité d'être cet obstacle à notre véritable vocation, à savoir d'être les serviteurs de la miséricorde et de l'amour du Christ.

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon