"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 février 2013

21 février 2013

Saint Ephrem de Nea Makri et la femme athée (Catherine Kalogeratos, Neos Kosmos, Athènes)


Un jour, un ami vint en visite et m'offrit une icône d'un saint nommé Ephrem. Par politesse je l'ai acceptée, tout en me demandant en moi-même comment je ferais pour m'en débarrasser vite et bien, car je ne croyais pas en Dieu. En attendant, je l'ai laissée traîner sur la table de la salle à manger.

Quelques jours plus tard, vers minuit, j'ai vu une petite lumière rouge éclairer l'avant de l'icône du saint. J'ai pris peur mais ça s'est transformée en une sorte de joie intérieure. J'ai pu voir cette lumière brûler toute la nuit, comme une bougie. Le lendemain de ce miracle, j'en ai parlé à mes voisins. Ils en furent fort surpris car ils savaient que je ne croyais pas en Dieu.

Les jours passèrent mais plus de lumière. Je n'ai pas osé toucher l'icône, j'en avais attrapé une grande crainte. J'étais décidée à la donner à n'importe qui car je ne voulais plus revoir cette flamme rouge. Lorsque je suis allée me coucher cette nuit-là, en rêve, j'ai vu saint Ephrem. Il était petit et d'aspect austère. Il portait une longue tunique qui touchait ses pieds, et avait une corde de noeuds comme ceinture - je me souviens en particulier de ses sandales byzantines. Je me suis sentie mal et je n'ai pas osé le fixer du regard. Il me dit d'une voix imposante "Tu ne reverra pas la lumière puisque tu as dit que c'est ce que tu voulais, mais attention - tu peux bien te débarrasser de mon icône, moi je serai quand même toujours ici."

A présent, grâce à saint Ephrem, je crois en Dieu.

Du livre "Evlogeite! A Pilgrim's Guide To Greece", par mère Nectaria Mclees, pp. 625-26.

20 février 2013

Miséricorde et injustice (saint Isaac le Syrien)

Si vous êtes vraiment miséricordieux, lorsque ce qui vous appartient vous est injustement enlevé, ne soyez pas triste en vous-même, et ne parlez pas de votre perte avec votre prochain. Qu'une perte plus grande encore infligée par ceux qui vous insultent puisse même être effacée par votre miséricorde.
Saint Isaac le Syrien



If you are truly merciful, then when what is yours is unjustly taken, don't be sad inside, and do not tell of our loss to your neighbor. Let a better loss, inflicted by those who insult you, be absorbed by your mercy.
St. Isaac the Syrian

18 février 2013

Pourquoi se préparer au Grand Carême? Ne suffit-il pas en lui-même? (The voice in the wilderness)


Le coeur de l'année liturgique dans l'Église, c'est Pâques, la célébration de la Résurrection du Christ. Dans nos offices liturgiques, on la décrit comme la Fête des fêtes et le Triomphe des triomphes. Ce qui est tout à fait justifié, car comme le déclare l'Apôtre Paul, si le Christ n'est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine, et notre foi aussi est vaine (1 Co 15,14).
Par Sa Passion salvatrice, le Christ nous a libérés de la tyrannie de la mort, et nous a ouvert la porte du Paradis et la vie éternelle. Tel est le but de notre voyage spirituel de toute une vie, un voyage de la mort vers la vie, des ténèbres vers la lumière. C'est un long voyage, et nous autres voyageurs sommes vite fatigués. Nous nous laissons distraire, nous nous égarons et nous perdons même la route de vue. Pour nous aider à nous recentrer sur le but, chaque année l'Église nous organise une partie condensée de ce périple, en nous préparant à rencontrer la Fête de la Résurrection du Christ, qui est un avant-goût de l'éternelle Pâque.

Habituellement, nous pensons que cette période préparatoire, c'est le Grand Carême, mais en réalité, elle commence 3 semaines plus tôt avec les dimanches du Publicain et du Pharisien, puis du Fils Prodigue, et enfin du Jugement Dernier. Comme nous ne jeûnons pas encore, nous prêtons moins attention à ces dimanches préparatoires qu'aux autres dimanches du Grand Carême, et cependant, ils sont très importants, car ils nous donnent une carte routière pour notre voyage carémique.


Une semaine avant le Dimanche du Publicain et du Pharisien, qui ouvre le Triode de Carême, nous entendons des exhortations pour la période de Carême qui approche. La lecture évangélique dominicale nous rapporte le récit de Zachée, "chef parmi les publicains", riche percepteur d'impôts détesté pour ses pratiques malhonnêtes. Il a dû être un homme fort dur, mais la voix de sa conscience n'avait pas été complètement étouffée, car il en vint à réaliser qu'il avait fait fausse route dans la vie. Mais que pouvait-il faire? Peut-être que le grand maître dont le peuple parlait aurait pu l'aider. Lorsqu'il entendit que Jésus était en chemin pour passer tout près, il grimpa sur un sycomore afin de pouvoir L'apercevoir par dessus la foule, car Zachée était de petite taille. Faisant fi de la conscience ou du souci de sa réputation vu sa position de personnage public, dont on risquait de rire et se moquer, son désir intense de voir le Seigneur fut le  plus fort, son désir de recevoir de l'aide pour remettre sa vie en ordre. Et que se passa-t'il? Non seulement Jésus lui adressa la salutation, mais Il l'accompagna chez lui. Le coeur de Zachée s'ouvrit en présence de cet Amour, il résolu de s'amender auprès des gens qu'il avait lésés. En un mot, il était en bonne voie pour une nouvelle vie. Alors que nous nous approchons du Carême, nous devons avoir ce même désir, ce même état d'esprit que Zachée. Si nous désirons vraiment attirer le regard du Seigneur au milieu des vanités de ce monde, Dieu nous visitera. Nous devons simplement avoir le désir de Le recevoir dans la demeure de notre coeur.

Les offices pour ces semaines préparatoires se trouvent dans le livre liturgique "Triode de Carême", ils commencent donc par le Dimanche du Publicain et du Pharisien. Vous trouverez des différences avec les offices habituels.

Aux Matines dominicales, après la lecture de l'Évangile et du Psaume 50, on chante une stichère spéciale "Ouvre-moi les portes de la repentance, ô Donateur de Vie". On chante ces stichères jusqu'au 5ème dimanche du Grand Carême.

Une des particularités de ces offices des dimanches préparatoires, c'est le chant du psaume 136 "Sur les rives de Babylone", après la stichère habituelle du Polyeleos "Louez le Nom du Seigneur, alleluia!" Ce psaume fut chanté par le peuple élu lors de son exil à Babylone, et reflète notre enchaînement au péché qui nous a enlevés de notre patrie céleste. Ces semaines comportent aussi une commémoration particulière pour les défunts Chrétiens Orthodoxes "de tous les temps", et nous prions particulièrement pour tous ceux qui n'ont pas reçu de funérailles chrétiennes,  ceux morts soudainement ou violemment, sans possibilité de repentance finale. La veille de ce Samedi des Défunts, avant le Dimanche du Jugement dernier, nous entendons à l'église les hymnes funéraires.

Pour la plupart d'entre nous, la caractéristique finale du Grand Carême, c'est l'abstinence de certaines nourritures. Ici aussi, ces semaines préparatoires nous amènent graduellement à un jeûne plus strict. Après le Dimanche du Publicain et du Pharisien, on ne pratique pas les habituels jeûnes des mercredis et vendredis pour ne pas nous enorgueillir de suivre des "règles" de jeûne et pour nous rappeler que le jeûne n'est qu'un moyen et une aide sur le chemin du Salut, et non pas un ticket pour le Ciel. La semaine suivante, nous en revenons à la sage modération de la discipline ecclésiale, pratiquant les jeûnes du mercredi et vendredi. On l'appelle la semaine de carnaval parce qu'à la fin de cette semaine, le dimanche, nous cesserons de manger de la viande pour la durée du Grand Carême. S'ensuit la semaine de la tyrophagie, ou dernière semaine des produits laitiers, qui s'achèvera le Dimanche du Pardon, où nous commencerons le Grand Carême en demandant pardon à notre famille, nos amis et nos proches.

Oui, nous avons besoin de nous préparer à vivre le Grand Carême en vivant ces semaines de préparation.

source :
The Voice in the Wilderness, lettre paroissiale de l'église Saint John the Forerunner, patriarcat d'Antioche, archidiocèse USA.


http://www.pravmir.com/why-do-we-prepare-for-great-lent-isnt-lent-enough/

L'unique liberté est en Christ (saint Justin Popovic)

En réalité, il n'existe qu'une seule liberté - la sainte liberté en Christ, par laquelle Il nous libère du péché, du mal, du démon. Elle nous lie à Dieu. Toutes les autres libertés sont illusoires, fausses, c'est-à-dire qu'en réalité elles ne sont qu'esclavage.
Saint Justin Popovic

 
 
In truth there is only one freedom - the holy freedom of Christ, whereby He freed us from sin, from evil, from the devil. It binds us to God. All other freedoms are illusory, false, that is to say, they are all, in fact, slavery.
St. Justin Popovich

17 février 2013

L'amertume des tentations et la douceur des consolations (saint Isaac le Syrien)

Notre Dieu plein de compassion voulant que les tentations de Ses vrais enfants arrivent à un terme, ne perd pas patience mais au contraire leur donne la force pour endurer. Tous ces dons (consolation, amour, joie), les lutteurs les acquièrent comme fruit de leur patience", car leurs âmes parviennent à la perfection. J'aimerais tant que notre Christ et Dieu nous rende dignes, par Sa grâce, d'endurer les amertumes des tentations pour Son Amour et dans la reconnaissance de nos coeurs. Amen.
Saint Isaac le Syrien.




Our compassionate God wishing to bring the temptation of His true children to a good end, does not take but instead gives them the strength to endure. "All these gifts (consolation, love, joy) the strugglers acquire as fruit of their patience" for their souls to arrive at perfection. I wish our Christ and God to make us worthy through His grace to endure the bitterness of temptations for His love and with gratitude of our heart. Amen.
St. Isaac the Syrian