"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 mars 2013

Le rire est-il interdit en Carême?


Le Carême est-il une période où il faut aussi s'abstenir de rire de tout, et avant tout de soi-même?

Faut-il tirer la gueule jusque par terre pour "avoir l'air d'un ascète"?

Faut-il considérer que seule la lecture jusqu'à la nausée de livres "spirituels" va nous amener à être "bien vus" de Dieu?

Quand notre Seigneur Jésus demande à l'aveugle "que veux-tu que Je fasse pour toi?", n'y-a-t'il pas une forme d'humour là derrière, Dieu sachant si bien ce que l'on en attend? Et à Canaa, notre Seigneur que les pharisiens traitaient de buveur et de glouton, Il est resté stoïque aux noces, regardant en chien de faïence la fête se déroulant devant Lui, ou bien a-t'Il pleinement participé à ces réjouissances, et donc aussi aux rires qui immanquablement accompagnent les fêtes?

Et quand notre Seigneur nous parle de se retirer "dans la chambre haute, et là ton Père Qui est dans le secret..", nous parle-t'Il d'une chambre "matérielle", ou puisqu'en même temps Il nous invite à prier sans cesse, ne serait-ce pas la "chambre de l'âme"? Et là, Dieu est-Il couroucé si nous Lui parlons comme à un papa ("Abba"), avec respect mais aussi avec humour? Voire avec dérision envers nous-mêmes, quand nous constatons "tout ce mal que je fais et que je ne voudrais pas faire, et tout ce bien que je voudrais faire et n'arrive pas à faire"? Ne sommes-nous pas risibles aussi à nous battre pour des peccadilles alors que Dieu nous propose toute l'éternité en Son Royaume sans fin?

C'est le rire moquerie, le rire qui est un jugement de son prochain, qui est vraiment nocif. Et pas uniquement en Carême. Par contre, rire d'un bon mot de son enfant, d'une pitrerie de son chat, d'une situation vécue qui serait dramatique humainement parlant mais qu'on aborde avec philosophie "bah, il y a pire.."


"Quelle précieuse ressource de pouvoir rire de nous-mêmes! Rire de nos bévues, de nos ambitions folles non satisfaites, de nos déboires amoureux, de nos déceptions méritées ou non, de nos travers, de nos contradictions, de nos illusions! Un bon rire sain, et nous voilà désarmés envers nous-mêmes, en paix avec nous-mêmes.. et corrigés à moitié, sinon tout à fait"
Paul Nyssens, "le rire"

Je suis un peu lassé des remarques et comportements "plus orthodoxe que les Apôtres"...
Et j'ai encore envie de rire de moi-même.

Un peu de sagesse antique ne ferait pas de tort..

Felix qui se ipsum ridere potest, nam semper oblectabitur!

(Heureux celui qui sait rire de lui-même car il n'a pas finit de s'amuser)




Notre sainte religion ne reconnaît pas de qualités supérieures ou inférieures en fonction de la race ou de la religion (arch. Damaskinos d'Athènes, 1943)


"Notre sainte religion ne reconnaît pas de qualités supérieures ou inférieures en fonction de la race ou de la religion, car comme il est écrit "Il n'y a plus ni Juif ni Grecs" (Gal. 3,28), et dès lors, elle condamne toute tentative à discriminer ou créer des différences raciales ou religieuses. Notre sort commun tant dans les jours de gloire que les jours d'épreuves nationales a forgé des liens inséparables entre tous les citoyens Grecs, sans exception, peu importe la race."
Archevêque Damaskinos, 23 mars 1943




Extrait d'une lettre que l'archevêque Damaskinos d'Athènes a signée il y a 70 ans, pour protester contre l'Holocauste et la déportation des Juifs de Grèce. Selon la Fondation Raoul Wallenberg, l'archevêque est le seul dirigeant religieux d'un pays occupé (par les nazis) à avoir protesté publiquement contre l'Holocauste alors qu'il était en cours de s'accomplir.

22 mars 2013

Le Protévangile dans la Genèse ou l'annonce du Salut dès les origines (p. John / Archangel Michael Orthodox church)

Lectures du jour : Genèse 2,20-3,20 & Proverbes 3,19-34

"Entre toi et la femme je mettrai la haine, entre ton lignage et le sien. Celui-ci te blessera à la tête, et toi tu le blesseras au talon." (Gen. 3,15)

Ce verset de la Genèse qui semble assez obscur est en réalité extrêmement important, et on en parle souvent comme étant le "Protevangelian", ce qui signifie en latin "premier Évangile." C'est parce qu'il nous présente les premiers germes de la promesse messianique, un avant-goût du plan rédempteur de Dieu.

Le serpent se voit dire qu'il blessera le talon de la descendance de la femme, mais que cette descendance finira par écraser la tête du serpent. Blesser au talon signifie une blessure qui n'est pas fatale; mais écraser la tête signifie une blessure qui est fatale, et le terme en lui-même le dit, qui dans le texte de base parle d'écraser. En d'autres termes, le serpent pourra attaquer le talon du Messie, mais le Messie écrasera la tête du serpent.

L'accomplissement de cette prophétie se réalise au moment de la Crucifixion. Le Christ, "descendance de la femme", avait été blessé en endurant la mort, mais S'en releva le 3ème jour. Par Sa mort et Sa Résurrection, notre Seigneur a infligé une blessure mortelle à la tête du serpent - le démon - qui a causé sa ruine et sa damnation éternelle.

P. John, Archangel Michael Orthodox Church

Grâce, Baptême, repentir et progrès spirituel (saint Marc l'Ascète)

La grâce a été mystiquement donnée à ceux qui ont été baptisés en Christ. Et elle devient active en eux dans la mesure où ils observent activement les Commandements. La grâce ne cesse jamais de nous aider secrètement. Mais pour que l'effet positif arrive, cela dépend de nous, dans la mesure de notre capacité.
 
Initiallement, la grâce surgit dans la conscience de divine manière. C'est ainsi que même des pécheurs en sont venus à la repentance et à se conformer ensuite à la volonté de Dieu.


De plus, la grâce peut se loger dans un conseil donné par notre prochain. Parfois aussi, elle accompagne notre compréhension durant une sainte lecture, et comme résultat naturel, enseigne à notre intellect la vérité en ce qui la concerne. Alors, si nous ne cachons pas le talent qui nous a été ainsi donné, nous entrerons activement dans la joie du Seigneur.


Celui qui cherche les énergies de l'Esprit avant d'avoir au préalable activement respecté les Commandements, est comme quelqu'un qui se vend lui-même en esclavage et qui, à peine acheté, demande à recevoir la liberté tout en conservant l'argent de sa propre vente.
 
Lorsque vous avez compris que les événements externes vous arrivent par la justice de Dieu, alors dans votre quête du Seigneur, vous avez trouvé "connaissance spirituelle et justice" (cf. Prov. 16,8. LXX).

Une fois que vous avez reconnu que les jugements du Seigneur "sont sur toute la terre" (1 Chr 16,14 LXX), alors tout ce qui vous arrivera vous enseignera la connaissance de Dieu.

Saint Marc l'Ascète



Grace has been given mystically to those who have been baptized into Christ; and it becomes active within them to the extent that they actively observe the commandments. Grace never ceases to help us secretly; but to do good- as far as lies in our power -depends on us.

Initially grace arouses the conscience in a divine manner. That is how even sinners have come to repent and so to conform to God's will.

Again, grace may be hidden in advice given by a neighbor. Sometimes it also accompanies our understanding during reading, and as a natural result teaches our intellect the truth about itself. If, then, we do not hide the talent given to us in this way, we shall enter actively into the joy of the Lord.

He who seeks the energies of the Spirit, before he has actively observed the commandments, is like someone who sells himself into slavery and who, as soon as he is bought, asks to be given his freedom while still keeping his purchase-money.

When you have found that external events come to you through God's justice, then in your search for the Lord you have found 'spiritual knowledge and justice' (cf. Prov. 16:8. LXX).

Once you recognize that the Lord's judgments 'are in all the earth' (1 Chr. 16:14), then everything that happens to you will teach you knowledge of God.

St. Mark the Ascetic

21 mars 2013

L'homme et la femme sont faits l'un pour l'autre (Genèse 2)


Lecture des Vêpres : Genèse 2,4-19
 

Telle fut l’histoire du ciel et de la terre, quand ils furent créés. Au temps où le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol.  Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol.  Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, Il insuffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.  Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et Il y mit l’homme qu'Il avait modelé.  Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.  Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.  Le premier s’appelle le Pishôn: il contourne tout le pays de Havila, où il y a l’or;  l’or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre de cornaline.  Le deuxième fleuve s’appelle le Gihôn: il contourne tout le pays de Kush.  Le troisième fleuve s’appelle le Tigre: il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième fleuve est l’Euphrate.  Le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.  Et le Seigneur Dieu fit à l’homme ce Commandement: "Tu peux manger de tous les arbres du jardin.  Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, assurément tu mourras."  Le Seigneur Dieu dit: "Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que Je lui fasse une aide qui lui soit assortie."  Le Seigneur Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et Il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait: chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné.  L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, Il ne trouva pas l’aide qui lui fût assortie.  Alors le Seigneur Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.  Puis, de la côte qu’Il avait tirée de l’homme, le Seigneur Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.  Alors celui-ci s’écria: "Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée "femme", car elle fut tirée de l’homme, celle-ci!"  C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.


Notes:

1. "La paléontologie s'arrête aux portes du Jardin d'Eden" (Olivier Clément, théologien chrétien orthodoxe). Ces anciens textes bibliques ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Ils expriment des vérités théologiques, ontologiques, et ne sont pas un compendium de recherches scientifiques.

2. Un des aspects spirituels qui nous amène à relire ce passage durant le Grand Carême, c'est ce rappel de "l'état édenique" au niveau alimentaire, qui nous amène à adopter (pour ceux dont ce n'est pas le régime normal) une alimentation végétarienne jusqu'à Pâques, à savoir la nourriture de l'état d'avant la "Chute adamique", état auquel l'Église nous appelle lutter (toute une vie durant) pour parvenir, l'état de béatitude et de vie de communion avec Dieu...

Le Christ à la porte de notre âme (p. Lev, Ap 3, 20)


"Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi ” (Ap 3, 20). Ainsi parle le Seigneur à l'Eglise de Laodicée. Ces paroles ne se rapportent pas à un épisode historique déterminé. Elles expriment une expérience qui peut être d'hier ou d'aujourd'hui, ou de demain, un appel qui sans cesse retentit à mon coeur comme à mon oreille et me bouleverse.

“ Je me tiens à la porte ”. Je l'ai vu venir. Il marchait rapidement. Je savais ou plutôt je sentais qu'il venait vers ma maison, et je me suis retiré en hâte de la fenêtre, pour qu'il ne m'aperçût pas. Car je n’étais pas sûr que je lui ouvrirais Ses visites produisent sur moi une impression double, contradictoire. Nous nous connaissons depuis bien longtemps. Il y eut des temps où nous étions intimes. Puis nos rapports se sont espacés. D'une part je me sentais honoré et heureux de l'avoir chez moi, d'autre part, je me sentais souvent gêné. Il me posait des questions personnelles, assez abruptes, qui agissaient sur moi comme des brûlures. Je tâchais de détourner l’entretien vers le domaine des idées et des doctrines. Mais toujours il me ramenait vers les choses intimes dont je craignais de parler. Plusieurs fois il est venu et au lieu d’ouvrir, je me suis caché non sans honte, non sans remords.

Voici que maintenant il est arrivé à ma porte. Non pas à la porte principale de ma maison. Il se tient en ce moment devant une porte de derrière, plus petite. Au début de notre intimité, quand je ne voulais pas avoir de secret pour lui, je l'avais prié de venir toujours par cette porte de derrière, laissant la grande porte étrangers, aux visites de cérémonie. Puis je me suis mis à éprouver un malaise devant l'usage qu'il de cette porte réservée. Entrant par derrière, il était à même de voir ou même de traverser des pièces familières, mal tenues. Il semblait prendre un intérêt à ma salle à manger, à ma cuisine, à ma chambre à coucher. Le désordre et la poussière ne lui échappaient pas. Il y fit même des allusions à la fois discrètes et directes. Je répondis évasivement: "Oh! C'est difficile... je n'arrive pas..." Il me dit alors: "Et si nous essayions ensemble tous deux?" Mais j'avais peur.

Je craignais qu'il découvrît à quel point certaines choses n’étaient pas ce qu'elles devraient être. J’ajournai, je prétextai des occupations urgentes. Afin de couper court, je condamnai la porte de derrière. Je le fis désormais entrer par la porte de façade. Je le reçus au salon. Ses visites devinrent, de ce fait, de plus en plus froides et formelles, et de plus en plus rares.

Il est donc arrivé à la porte de derrière. Elle est close. Depuis que “ sa ” porte a été condamnée, une végétation sauvage commence à la recouvrir. Le lierre croît. Au pied de la porte poussent des herbes folles et même des plantes toxiques, des tiges de belladone et de ciguë. La serrure est toute rouillée. Il s'est donc arrêté devant sa porte et il la regarde. Va-t-il frapper? Veut-il donc entrer par cette porte? et montrer ainsi qu'il désire renouer les relations intimes d'autrefois? Mais voilà qu’il frappe! Vais-je ouvrir? Rien n'est prêt pour le recevoir. Un désordre inouï s'étale partout. Et où est la clé cette porte? Il frappe encore. Je l'observe de loin. Il frappe doucement. Il ne donne pas de coup de poing.Il heurte seulement la porte avec le doigt majeur. Je remarque que son regard n'est pas dirigé directement en face, vers la porte. Tout en frappant il regarde par le côté et en haut, vers le ciel. Son expression est grave, impatiente. Il semble se concentrer, non sur la réponse que je ferai, mais sur la grâce que le Père peut accorder, sur la décision que le Père peut inspirer.

Il frappe toujours. "Je me tiens à la porte et je frappe... ” Le verbe est au présent. Il s'agit d'une action répétée, continue. Que faire? Je ne puis pas vivre sans sa présence. Si j'ouvre, va-t-il m'adresser des reproches ? Essaierai-je de m'excuser?

Je ne puis ouvrir que si je me rends à lui sans condition.. Alors il n'y aura plus de problème... Allons. Je vais, vers la porte. J'ouvre cette porte qui grince et que retiennent les plantes parasites. Je m'efface: “ Seigneur, entre; Seigneur, tu sais..." J'allais dire "tu sais que malgré tout, je t'aime". Mais je n'ose continuer la phrase, et un sanglot étrangle ma voix. Lui me regarde avec un sourire calme. Il dit: "Je sais, je vais souper avec toi". Je m’écrie: “ Seigneur, je n'ai pas préparé de repas. Je n'ai rien de ce qu’il faut..." Il répond: "C'est moi qui t'invite à mon souper; je veux, chez toi, célébrer ma Cène".

Un moine de l’Eglise d’Orient


20 mars 2013

Le Christ n'est pas venu sauver des pays mais des êtres humains! (saint Nicolas Velimirovic)

Dans un pré, le plus important c'est l'herbe. Dans un champs, c'est le blé. Dans un jardin potager, ce sont les légumes. Personne ne vantera la clôture du pré plutôt que la qualité de l'herbe. Ni personne des semailles du champs plutôt que du blé. Ni personne des sillons dans la terre plutôt que des légumes qui y poussent. Pourquoi donc les gens s'enorgueillissent-ils de leur pays, des routes du pays, des limites et frontières du pays, et des villes du pays, et de tout ce qui n'est pas plus important que la clôture du pré, les semailles du champ ni les sillons du jardin, lorsqu'on le compare à la vraie récolte, c-à-d avec l'homme? L'homme n'existe pas pour le pays, mais le pays existe pour l'homme. Le Christ n'est pas venu pour sauver des pays, mais des hommes. Un pays tire sa valeur propre de bons citoyens qui l'habitent. Et que reçoivent des gens mauvais d'un grand pays? Des épines d'un grands champs.
Prologue d'Ochrid, saint Nicolas Velimirovic


The most important thing in a meadow is grass. In a field, it is wheat. In a garden, it is vegetables. No one boasts about the enclosure of the meadow more than they do the hay in the meadow. Nor does anyone boast more about the shed in the field than they do the wheat in the field. Neither does anyone boast of the ditches more than they do the vegetables in the garden. Why do people boast about their countries; the roads throughout the country; the demarcations and boundaries of a country and cities throughout the country and everything else that is not more important from the enclosures of the meadows, neither the shed in the field, neither the ditches in the garden when it is compared to the main crop, i.e., with man? Men do not exist for the sake of the country but the country exists for the sake of men. Christ did not come to save countries, but men. A country receives its value from good citizens. And what do evil people receive from a great country? Thorns in a spacious field.
Prolog of Ochrid

19 mars 2013

prière de Carême quand on succombe à la tentation (humour)

Ô Seigneur, nous Te remercions pour cette nourriture que nous nous apprêtons à manger. S'il Te plaît, fais que nous ne soyons pas attrapés. Amen.

L'élection du pape

Le père Gregory-Francis écrivait (sur fb) :

"Une différence entre 2 élections papales – Alexandrie et Rome. Dans l'Église Copte, après des semaines de préparation et de vote par la hiérarchie, le clergé, les moines et laïcs Chrétiens Coptes, 3 candidats furent sélectionnés pour être présentés comme candidats pour le rôle de Patriarche de l'Église Orthodoxe Copte. Le jour du choix, une Liturgie a été célébrée et la cérémonie du choix du nouveau pape d'Alexandrie a eu lieu. Les 3 noms ont été placés dans un une urne en verre en présence de tous ceux qui étaient en mesure d'y venir. 12 garçons ont été choisis pour être candidats pour le rôle de sélectionneur. Après qu'un des garçons aie été choisi (à 3h36 dans le film) pour tirer le nom de l'urne de verre, ils ont commencé à prier et le garçon a tiré une des boules de l'urne en présence de toute l'assemblée (à 3h45 dans le film). Le hiérarque président la cérémonie a alors proclamé le nouveau pape d'Alexandrie et pape de l'Église Copte. C'est vraiment TRÈS DIFFÉRENT de ce qui se déroule à Rome ces jours-ci. Pas de spectacle publicitaire, de politique de l'ombre, de vote limité derrière des portes fermées sans aucune voix pour le choix de toute une Église. Hé bien, Rome n'a pas changé depuis les jours du Sénat Romain. Voyez donc comment cela s'est passé dans l'Église Copte il y a 4 mois."

original : "A difference in two Papal Elections - Alexandria & Rome. In the Coptic Church, after weeks of preparations and voting by the Hierarchy, clergy, monks and laymen of the Coptic Christians, 3 candidates were chosen to be presented as candidates for the position of Patriarch of the Coptic Orthodox Church. On the day of the choice a Liturgy was celebrated and the ceremony of choosing the new Pope of Alexandria took place. The three names were placed in a glass urn in the presence of all who could gather. Twelve boys were selected to be candidates for the role of selector. After the one boy is chosen (about 3h:36 minutes into the film) who will draw the name from the glass urn, the prayers are said and the boy chooses one of the balls from the urn in the presence of the whole assembly. (3h45 min, into the film) The presiding hierarch then proclaims the new Pope of Alexandria and Pope of the Coptic Church. Well, this is all VERY DIFFERENT from what is going on in Rome these days. No publicity hype, back-door politicking, limited voting behind locked doors with no voice in the choice by the whole Church. Well - Rome hasn't changed much since the days of the Roman Senate. Here's the way it was done by the Coptic Church 4 months ago."

https://www.youtube.com/watch?v=3AnSSzTDQpI

 "Live streaming of the Papal Altar Lot Liturgy that will take place in St. Mark's Cathedral in Al Abbasiya, Cairo, Egypt on November 4, 2012 where the 118th Pope of Alexandria will be chosen from among three candidates. The three candidates are: H.G. Bishop Rafael, H.G. Bishop Tawadros, Hegomen Fr. Rafael Ava Mina."
Diffusion en direct de la Liturgie de tirage au sort du pape, qui a lieu à la cathédrale Saint Marc à Al Abbasiya, Le Caire, Égypte, le 4 novembre 2012, où le 118ème pape d'Alexandrie sera choisi parmi 3 candidats. Ces 3 candidats sont: S.G. l'évêque Rafael, S.G. l'évêque Tawadros, l'higoumène p. Rafael Ava Mina."




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Lors de l'élection du pape à Alexandrie, je n'ai pas souvenance d'un battage médiatique sur les sites internet chrétiens orthodoxes. Pas de foule de hiérarques s'empressant là-bas et le faisant savoir à grand renfort de communiqués de presse. Pas de patriarche tout désireux d'aller donner la sainte accolade à son frère dans la Foi.
Car les Chrétiens Orthodoxes Coptes d'Égypte ou d'Éthiopie, là où on eut lieu récemment des élections au siège de primat, eux au moins, partagent la totalité de notre Foi. Et les affreuses divisions que l'intolérance et la soif d'hégémonie culturelle et politique hellénistique avaient causées, renforcées par leurs anathèmes aberrants, les échanges théologiques du Syndesmos ont prouvé à quel point elles n'avaient pas lieu d'être et devaient être résolues sans tarder. Ces martyrs au quotidien partagent la Foi de l'Église indivise, comme nous. Et quand ils élisent (vraiment, eux..) un successeur pour leur primat, nous on n'envoie pas de patriarche, pas de métropolite ou évêque médiatique. Rien qui mérite mention si ce n'est parfois un télex de vagues félicitations purement formelles, ou au "mieux" l'envoi d'un sous-fifre ne parlant même pas la langue de ses hôtes.

Par contre, qu'un dirigeant de ce monde soit élu à la tête d'un état ou d'une théocratie ou les deux à la fois, et ils s'y pressent massivement pour être sur la photo avec lui, et c'est à qui lui fera le plus beau compliment, offrira (avec l'argent du tronc des pauvres !) le plus beau cadeau.

Seigneur notre Dieu, nous devons être un peuple vraiment pécheur, que Tu nous afflige encore et toujours d'aussi piètres voire indignes pasteurs. Prends pitié et montre-nous les voies du repentir, par les prières de saint Marc d'Ephèse, saint Grégoire le Grand, et de tous Tes saints amis.


Si ces commentaires désabusés ne sont pas un bon plan pour vivre mon Carême, ce n'est pas juger mon prochain que de constater qu'égarer les fidèles l'est encore moins.

Kyrie eleison.

18 mars 2013

Grand Carême 2013, jeûne, charité et prière


Que la Lumière brille hors des ténèbres!


Bienheureux celui qui a consenti à devenir un ami proche de la foi et de la prière : il vit avec un esprit intègre, et foi et prière ne le quittent pas. La pière qui s'élève dans le coeur de quelqu'un sert à ouvrir pour nous les portes du Ciel. Cette personne se tient en conversation avec la Divinité et est agréable au Fils de Dieu. La prière rétablit la paix face à la colère du Seigneur et la véhémence de Sa justice. De la même manière, les larmes qui jaillissent en abondance dans les yeux ouvrent la porte de la compassion.
Saint Ephrem le Syrien



"Blessed is the person who has consented to become the close friend of faith and of prayer: he lives in single-mindedness and makes prayer and faith stop by with him. Prayer that rises up in someone's heart serves to open up for us the door of heaven: that person stands in converse with the Divinity and gives pleasure to the Son of God. Prayer makes peace with the Lord's anger and with the vehemence of His wrath. In this way too, tears that well up in the eyes can open the door of compassion."
St Ephraim the Syrian






Seigneur et Maître de ma vie,
éloigne de moi l'esprit de paresse, d'abattement, de dominatione et de vaines paroles;
mais donne à Ton serviteur un esprit d'intégrité, d'humilité, de patience et d'amour.
Oui, Seigneur Roi, donne-moi de voir mes péchés,
et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles. Amen
saint Ephrem le Syrien



Jeune mendiant avec un panier. Tableau d'Ivan Tvorozhnikov, Russie, 1886
source

Mt 25,31-46 : Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors il prendra place sur son trône de gloire.  Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs.  Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.  Alors le Roi dira à ceux de droite: "Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.  Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli,  nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir."  Alors les justes lui répondront: "Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer,  étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir,  malade ou prisonnier et de venir te voir?"  Et le Roi leur fera cette réponse: "En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait."  Alors il dira encore à ceux de gauche: "Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges.  Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire,  j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli, nu et vous ne m’avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m’avez pas visité."  Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour: "Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir?"  Alors il leur répondra: "En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait."  Et ils s’en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à une vie éternelle.

17 mars 2013

La Radieuse Tristesse, état d'âme du Grand Carême


Commençons joyeusement le temps du jeûne,
et livrons-nous au combat spirituel.
Gardons notre âme du mal,
et purifions notre chair.
Jeûnons de toute passion
aussi bien que de nourriture,
et que nos délices soient
les vertus de l'Esprit.
En les pratiquant avec persévérance
et amour,
puissions-nous obtenir tous
de voir la Passion vénérable du Christ,
et, dans la joie spirituelle,
la sainte Pâque.


Stichère du Dimanche du Pardon

 

prière pour le clergé (saint Eprem le Syrien)

L'ennemi de l'humanité, dans son impudence sans honte, attaque la sainte Église en la personne de ses serviteurs. O Seigneur, n'abandonne pas Ta sainte Église, ne la prive pas de Tes soins, afin que Ta promesse concernant son invincibilité puisse ne pas s'avérer vaine.
saint Ephrem le Syrien



The hater of mankind, in his shameless impudence, attacks the Holy Church in the person of her servers. O Lord, do not leave Thy holy Church without Thy care, that the promise that Thou didst utter concerning her invincibility may not be shown false.
Saint Ephraim the Syrian