"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

30 novembre 2013

La joie, la bonne humeur, signe infaillible de la présence de Dieu (p. Tryphon, EORHF)

Bien que nous n'ayons aucune preuve écrite que notre Seigneur Jésus-Christ rigolait, je suis personnellement convaincu qu'Il le faisait. Comment n'aurait-Il pas pu partager notre humanité à la perfection s'Il n'avait pas eu le sens de l'humour, et partagé des moments de rires avec Ses disciples? Le rire est un don si précieux, car il nous permet de partager d'une manière spéciale des circonstances de nos vies. Lorsque nous nous permettons d'aborder avec joie ces événements souvent comiques qui se déroulent autour de nous, alors nous sommes à même de nous placer dans un bon point de vue. Notre capacité à rire de nous-mêmes aide à réduire notre illusoire impression de notre importance.

Qu'un Chrétien puisse rire ne suggère en rien qu'il serait approprié de rire avec de l'humour sale, ou de se moquer de l'infirmité ou des manquements de quelqu'un d'autre. Notre humour ne doit jamais se baser sur le ridicule, ou diminer autrui. Le Christ a utilisé l'humour lorsqu'Il a parlé du chameau tentant de passer par le chas de l'aiguille (Mt 19,24). Et nous lisons en Proverbes 17,22 "Coeur joyeux améliore la santé, esprit déprimé dessèche les os."

Un sens de l'humour démontre aux autres que nous vivons avec la joie et l'allégresse en nos coeurs, parce que nous avons une raison d'être heureux. Nous croyons que le don du Salut est une bonne raison de se réjouir, car le ministère du Seigneur ne s'est pas achevé sur la Croix, mais a continué après Sa sainte Résurrection. Vivre avec le coeur joyeux, cela ajoute de la valeur à notre foi, car cela donne envie aux autres de partager la joie qu'ils voient en nous.

Nous pouvons rire parce que nous savons qu'à la fin, tout ira bien, car Dieu nous aime, et nous croyons que Sa main providentielle est à l'oeuvre en nos vies. Nous croyons que Dieu sait bien qu'il y a beaucoup de tristesse, d'affliction et de maladie en cette vie, mais que cela ne demeurera pas, parce que Son plan pour notre Salut est à l'oeuvre. Il y a un vieux dicton celtique qui dit "La vie, c'est aimer, vivre et rire; et pas haïr, mourir et se lamenter." Il a sa source dans le Christianisme Orthodoxe du peuple Celte. C'est pourquoi il est contradictoire pour un chrétien d'être désagréable, de ronchonner et de pleurnicher. Car "La joie est le signe infaillible de la présence de Dieu."

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon




"Cher Dieu,
si Tu ne sais pas me faire maigre,
rends gros mes amis"


Photo: père Artemy, Moscou, Russie

29 novembre 2013

L'apôtre saint André (30/11)


Apolytikion ton 4
Toi qui des Apôtres es le Premier élu,
et le propre frère du Coryphée,
André, supplie le Maître de tout l'univers
afin de donner la paix au monde entier,
et la grande miséricorde à nos âmes


Cathisme, ton 1 (après 1ère stichère du Psautier)

Nous te louons avec amour comme disciple
du Christ, premier élu de tous Ses saints Disciples,
ô glorieux Apôtre André,
et avec foi nous te crions :
Sauve ton troupeau des afflictions et épreuves,
de tous les malheurs et des multiples scandales,
car le Christ te l'a confié.


Gloire..
et maintenant


Cathisme ton 3 (après 2ème stichère du Psautier)

Le Christ fit de toi premier disciple,
bienheureux André, mystique illustre,
qui annonçais à tire d'aile très clairement
Ses divins commandements dans tout l'univers,
illuminant manifestement les nations.
Aussi, Apôtre bienheureux, prie le Christ notre Dieu,
de nous accorder Sa miséricorde infinie
.

Gloire..
et maintenant


Ndt : l'on me connaît comme très peu amateur des "belles histoires "et autres mythologies censées exposer l'Histoire de l'Église. Aussi quitte à jouer le trouble-fête, je me dois de rappeler que dans l'Évangile de saint Jean, le saint Apôtre André n'est pas "le" premier appelé. C'est une invention d'une théocratie (Constantinople) voulant se hisser à un rang d'honneur humain par rapport à une autre théocratie (Rome). Ils sont deux à qui saint Jean le Baptiste et Précurseur indique le Christ comme "le maître à suivre" et tous les deux le suivent - et un des deux n'est autre que l'Évangéliste. Donc deux appelés ensemble.
Ensuite, nulle part au 4ème siècle, lors de la fondation de Constantinople par l'empereur Constantin le grand, on ne lit quoi que ce soit de "non-scripturaire" à propos de l'Apôtre en question et d'une prétendue mission voire fondation locale. Aucun texte d'époque, rien. Plus fort encore, pour une prétendue fondation apostolique, pas la moindre église qui lui est dédicacée au cours de ce siècle-là, et à ma connaissance, pas non plus au siècle suivant. Ca fait quand même beaucoup d'ingratitude s'il avait vraiment été le fondateur. Mais tout ça ne sont que des mythes sans fondement, inventés tardivement.
La seule chose qui importe dans cette fête, c'est de suivre ce qu'on sait de sûr par les Évangiles et le restant du NT concernant ledit apôtre André, et d'essayer de l'imiter en restant fidèle au Christ contre vents et marées. Si on s'en tient à ce programme, alors pas besoin des mythes théocratiques.

Une vie remplie de lumière (p. Porphyrios)


Avec le Christ, une personne est remplie de grâce et vit dès lors au dessus du mal. Le mal n'existe pas pour elle. Il n'y a que le bien, qui est Dieu. Le mal ne saurait exister. Là où règne la Lumière, il ne saurait y avoir de ténèbres. Ni les ténèbres ne pourraient l'envahir, car il a la lumière.
Ancien Porphirios

28 novembre 2013

Être juste, droit, honnête, ce n'est pas un job à temps partiel! (p. Tryphon, EORHF)


Les professeurs et les parents ont pour routine de réguièrement rappeler aux enfants l'importance de céder à la pressionsociale, sachant qu'un bon comportement peut souvent être miné par le désir de se rendre acceptable à leurs amis et condisciples scolaires.

Nous autres adultes devons nous souvenir que nous aussi, nous sommes souvent soumis à la pression sociale. Lorsque nous sommes entourés de gens qui mènent tout le temps une vie hautement morale, qui sont honnêtes dans les questions commerciales, et respectueux dans leur manière de traiter autrui, notre propre adhésion aux Commandements de Dieu est facilitée.

Mais à quoi ressemblons-nous lorsque nous passons notre temps avec ce voisin, cet ami ou ce parent dont la compagnie est plaisante, mais qui ne raconte que des blagues sallaces, ou diffuse d'horribles ragots à propos de personnes que nous connaissons? Est-ce que nous nous laissons aller à rire parce que nous voulons faire comme les autres, ou est-ce que nous reprennons le chemin de la vie morale, restant droits dans notre Foi Chrétienne, peu importe le comportement de ceux avec lesquels nous nous trouvons?

"Être juste parmi les justes est une grande chose digne de louange, mais c'est bien plus grand encore et bien plus digne de louange que d'etre un juste au milieu des injustes." (saint Nicolas Velimirovic, Prologue d'Ochrid).

Être juste, ce n'est pas un job à temps partiel.

Dans l'amour du Christ,
hiéromoine Tryphon

27 novembre 2013

Mgr Athenagoras (Y. Peckstadt) nouveau métropolite de Belgique (27/11/13)



http://www.amen.gr/article16049

"Les membres du Saint Synode du Patriarcat de Constantinople ont élu aujourd'hui mercredi 27 novembre 2013 mgr Athénagoras (Peckstadt) de Sinope comme nouveau nouveau métropolite de Belgique et Exarque des Pays-Bas.

Le nouvel évêque a servi jusqu'à présent comme chorévêque du métropolite Panteleimon, qui a présenté sa démission le mois dernier auprès du patriarche Bartholomeos 1er et du Saint Synode. Il est d'origine Belge et e plus des langues officielles de la Belgique, parle couramment le grec et l'anglais.

Il est particulièrement populaire parmi les fidèles de la sainte métropole de Belgique et a représenté l'Église du Christ dans diverses conférences et assemblées théologiques internationales.

AXIOS pour le nouveau métropolite de Belgique Athénagoras!"
https://www.facebook.com/athenagoras



Glorification des pères Porphyrios de Kafsokalivia et Meletios de Lardos! (27/11/2013)


Έγινε από το Οικουμενικό Πατριαρχείο η Αγιοκατάταξη του Γέροντος Πορφυρίου
http://www.amen.gr/article16044

Αγιοκατάταξη του Γέροντος Πορφυρίου!
http://www.romfea.gr/epikairotita/20640-2013-11-27-12-19-13


Le Patriarche de Constantinople, à propos des saints contemporains
http://www.johnsanidopoulos.com/2011/05/patriarch-bartholomew-on-contemporary.html
Le 25 janvier 2004, s'exprimant au cours de la cérémonie d'inauguration de l'église Saint-Nicolas à La Havane, Cuba, le patriarche Bartholomeos de Constantinople exposait que l'Église Orthodoxe a toujours donné grande place à ses saints. Après avoir cité plusieurs noms de saints récemment reconnus, il continuait ainsi :
"Il y a aussi ceux qui sont reconnus saints par l'unanimité de l'Église, quand bien même le travail de reconnaissance officielle de leur saintenté n'est pas encore accompli, tels les anciens Païssios, Porphyrios et Ephraïm, le compatriote de saint Nicolas l'ancien Iakovos d'Evia, Philotheos Zervakos et encore bien d'autres. Autour de telles personnalités, des milliers d'âmes ont trouvé la paix, la douceur, la joie et la vie. Les éléments de la nature leur obéissaient. Les animaux leur témoignaient grande révérence. Tout et tout le monde sentait l'amour et la grâce du Saint Esprit qui demeurait en eux. Les voir, c'était voir le Christ. Leurs mains étaient les mains de la philanthropie. Leurs coeurs étaient plein d'un amour sacrificiel. La cîme de leur esprit était paisible. Leur affection était sainteté. Leur vie quotidienne était "amour, joie, paix, patience, droiture, bonté, foi, douceur, tempérance." Nombreux sont ceux qui ont beaucoup bénéficié de la présence de ces authentiques hommes de Dieu. Ils sont nos plus grands bienfaiteurs. Leurs prières ont dissipé la volonté des nations, apporté la miséricorde et l'aide de Dieu à ce monde, repoussé les esprits impurs, relevé les malades de leurs infirmités, et résolus d'insolvables problèmes pour l'humanité."






Ce mardi 27 novembre 2013, le saint Synode du patriarcat "oecuménique" (ndt : Constantinople) a décidé l'incorporation officielle dans la liste des saints de l'Église Orthodoxe de l'ancien Porphyrios de Kafsokalivia et du vénérable Meletios de Lardos.
Jour de fête de Saint Porphyrios de Kafsokalivia: 2 décembre.
Jour de fête de Saint Meletios de Lardos: 12 février.


Saint Porphyrios de Kafsokalivia

Sa famille

L'ancien  Porphyrios est né le 7 février 1906 dans le village de Agios Ioannis John Karystia, près d'Aliveri, province d'Evia. Ses parents étaient de pauvres mais pieux fermiers. Son père s'appelait Leonidas Bairaktaris et sa mère Eleni, fille d'Antonios Lambrou.

Au baptême, il a reçu le nom d'Evangelos. Il était le 4ème de 5 enfants, et le 3ème des 4 qui ont survécu. Sa soeur aînée, Vassiliki, mourrut lorsqu'elle avait un an. Aujourd'hui seule sa plus jeune soeur est encore en vie, et elle est moniale.

Son père avait reçu un appel monastique mais ne devint pas moine. Cependant il était chantre dans l'église du village, et saint Nectaire fit appel à ses services pendant ses voyages dans la région, mais la pauvreté le força à émigrer vers l'Amérique pour travailler à la construction du canal de Panama.

Ses années d'enfance

L'ancien n'a pu fréquenter que 2 ans l'école de son villae. Le professeur était presque tout le temps malade et les enfants n'apprenaient pas grand chose. Voyant la manière dont les choses tournaient, Evangelos quitta l'école, travailla dans la ferme familiale et gardant le peu de bétail qu'ils avaient. Il commença à travailler dès ses 8 ans. Bien qu'il était encore très jeune, afin de gagner plus d'argent, il partit travailler à la mine de charbon. Par la suite il travailla chez un épicier à Chaldiki et au Pirée.


Son père lui avait appris le Canon de supplication à la Mère de Dieu (Paraklisis t. Panagia), et tout ce qu'il pouvait d'autre concernant notre Foi. Comme enfant, il se développa rapidement. Il nous a raconté qu'il avait 8 ans lorsqu'il dû se raser pour la première fois. Il avait réellement l'air plus âgé qu'il ne l'était en réalité. Dès son enfance, il fut très sérieux, travailleur et dilligent.

L'appel monastique

Alors qu'il veillait sur les moutons, et même pendant qu'il travaillait dans l'épicerie, il lisait lentement le récit de la vie de saint Jean le Cabanier. Il voulait suivre l'exemple du saint. C'est pourquoi il partit régulièrement au Mont Athos, mais pour diverses raisons, il n'y parvint jamais et revint à la maison. Pour finir, vers 14 ou 15 ans, il repartit pour le Mont Athos. Cette fois, il était décidé à y parvenir et il y parvint.

Le Seigneur, Qui veille aux destinées de tous, fit en sorte qu'Evangelos rencontra son futur père spirituel, le hiéromoine Panteleimon, alors qu'il était sur le bateau assurant la liaison entre Thessalonique et la sainte montagne de l'Athos. Le père Panteleimon prit immédiatement le jeune garçon sous sa protection. Evangelos n'était pas encore adulte, et dès lors n'aurait pas pu être admis à la sainte Montagne. P. Panteleimon raconta que c'était son neveu et il pu ainsi entrer.


La vie monastique

Son ancien, p. Panteleimon, l'emmena à Kavsokalyvia à la Cellule de saint George. P. Panteleimon y vivait avec son frère p. Ioannikios. Un moine très connu y avait autre fois vécu, le bienheureux p. Hatzigeorgios.

De la sorte, l'ancien Porphyrios se retrouva avec 2 pères spirituels en même temps. Il leur fit joyeusement obéissance absolue à tous les deux. Il embrassa la vie monastique avec grand zèle. Sa seule plainte était que ses anciens ne lui en demandaient pas assez. Il nous a assez peu parlé de ses luttes ascétiques et nous avons peu de détails. De ce qu'il expliquait très rarement à ses enfants spirituels sur le sujet, nous pouvons conclure qu'il luttait continuellement durement mais joyeusement. Il marchait nus pieds sur les chemins rocailleux et enneigés de la sainte Montagne. Il dormait très peu, et avec une seule couverture, à même le sol de la cellule, laissant les fenêtres ouvertes même quand il neigeait. Pendant la nuit, il accomplissait nombre de prosternations, se découvrant jusqu'à la taille afin que le sommeil ne puisse pas le vaincre. Il travaillait : gravure sur bois ou à l'extérieur pour aller couper des arbres, ramasser des escargots ou transporter sur son dos des sacs de terre sur de longues distances, afin qu'un jardin puisse être créé sur le terrain rocailleux près de la cellule Saint George.

Il s'immergeait dans les prières, les offices et les hymnes de l'Église, les apprenant par coeur tout en travaillant manuellement. Pour finir, à force de continuellement répéter l'Évangile et à l'apprendre par coeur par la même, il devint incapable d'avoir des pensées qui n'étaient pas bonnes ou étaient vaines. Durant ces années-là, il se décrivait lui-même comme "toujours en mouvement."

Cependant, le point distinctif de sa lutte ascétique n'était pas l'effort physique accompli, mais au contraire sa totale soumission à son ancien. Il s'était entièrement soumis à lui. Il disparaissait dans la volonté de son ancien. Il avait un amour, une confiance et une dévotion absolus pour son ancien. Il s'identifiait complètement à lui, faisant de la conduite dans la vie de son ancien la sienne propre. C'est ici que nous trouvons l'essence de tout. Ici, dans son obéissance, que nous découvrons le secret, la clé de sa vie.

Ce garçon sans éducation autre que primaire, utilisant les saintes Écritures pour dictionnaire, fut capable de s'éduquer lui-même. En lisant à propos de son bien-aimé Christ, il parvint en quelques années à apprendre autant si pas plus que nous avec tout notre confort. Nous avons des écoles et des universités, des professeurs et des livres, mais nous n'avons pas l'enthousiasme enflammé de ce jeune novice.

Nous ne savons pas exactement quand, mais certainement pas longtemps après être arrivé sur la sainte Montagne, il fut tonsuré moine et reçu le nom de Nikitas.

La visite de la divine Grâce

Nous ne devrions pas trouver étrange que la grâce divine repose sur ce jeune moine qui était rempli de feu pour le Christ et donnait tout pour Son amour. Il ne prêta jamais attention à ses labeurs et luttes.

C'était encore l'aurore, et l'église principale de Kavsokalyvia était fermée. Cependant Nikitas se tenait dans un coin de l'entrée de l'église attendant le son des cloches et l'ouverture des portes.

Il était suivi par le vieux moine Dimas, un ancien officier Russe, plus de 90 ans, un ascète et secrètement un saint. Frère Dimas regardait à l'entour pour être sûr que personne n'était là. Il ne remarquait pas le jeune Nikitas attendant dans l'entrée. Il commençait alors à faire toutes ses prosternations et priait devant les portes fermées de l'église.

La grâce divine coulait du saint p. Dimas et s'écoulait jusqu'au jeune moine Nikitas qui était alors prêt à la recevoir. Ses sentiments étaient indescriptibles. En chemin vers la cellule, après avoir reçu la sainte Communion à la Divine Liturgie ce matin-là, ses sentiments étaient si intenses qu'il s'arrêta, étendit ses mains et s'écria fortement "Gloire à Toi, Ô Dieu! Gloire à Toi, Ô Dieu! Gloire à Toi, Ô Dieu!"

Le changement apporté par le Saint Esprit

Suite à la visite du Saint Esprit, un changement fondamental eu lieu dans l'évolution psychosomatique du jeune moine Nikitas. C'était un changement venant directement de la main droite de Dieu. Il acquis des dons surnaturels, et fut revêtu de la puissance d'en haut.

Le premier de ces dons fut que lorsque ses anciens revenaient d'un lointain voyage, il était capable de les "voir" à une grande distance. Il les "voyait" là où ils se trouvaient, même quand ils n'étaient pas encore à portée de vue humaine. Il le confessa au p. Panteleimon qui lui conseilla d'être très prudent avec ce don et de n'en parler à personne. Un conseil qu'il suivit très sérieusement jusqu'à ce qu'il lui soit dit de faire le contraire.


Bien plus allait suivre. Sa sensibilité aux choses autour de lui devint très intense, et ses capacités humaines développées à l'extrême. Il écoutait et reconnaissit les oiseaux et les voix des animaux au point qu'il savait non seulement d'où ils provenaient, mais aussi ce qu'ils exprimaient. Son sens de l'odorat se développa à un tel point qu'il pouvait reconnaître des odeurs à une grande distance. Il connaissait différents arômes et leur dévelopement. Après une humble prière, il était capable de "voir" les profondeurs de la terre et loin dans l'espace. Il pouvait voir à travers l'eau et les roches. Il pouvait voir des nappes de pétrole, de la radioactivité, d'anciens monuments enfuis, des tombes cachées, des crevasses dans les profondeurs de la terre, des sources sous-terraines, des icônes perdues, des scènes d'événements ayant eu lieu des siècles auparavant, des prières qui avaient été dites dans le passé, les esprits bons et mauvais, l'âme humaine elle-même, vraiment tout. Il goûta la qualité de l'eau dans les profondeur de la terre. Il interrogeait les roches et elles lui disaient les luttes spirituelles d'ascètes qui s'y étaient trouvés avant lui. Il regardait les gens et étaient à même de guérir. Il touchait les gens et il les guérissait. Il priait et sa prière devenait réalité. Cependant, il n'essaya jamais d'utiliser consciemment ses dons de Dieu pour son bénéfice propre. Il ne demanda jamais que ses propres maladies soient guéries. Il ne tenta jamais de tirer profit personnel de la connaissance que lui apportait la grâce divine.

Chaque fois qu'il utilisait son don de discernement (diakrisis), les pensées cachées de l'esprit humain lui étaient révélées. Par la grâce de Dieu, il fut à même de voir le passé, le présent et le futur en même temps. Il confirmait que Dieu est omniscient et omnipotent. Il était capable d'observer et de toucher toute la création, depuis les limes de l'Univers jusqu'aux tréfonds de l'âme humaine et de l'histoire. La phrase de saint Paul "Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui l’opère, distribuant Ses dons à chacun en particulier comme Il l’entend" (1 Co 12,11) était assurément vraie pour l'ancien Porphyrios. Naturellement, il était humain, et recevait la divine grâce, qui vient de Dieu. Ce Dieu Qui pour Ses raisons propres ne révélait parfois rien. La vie vécue dans la grâce est un mystère inconnu pour nous. Tout propos sur le sujet serait une imprudente incursion dans un domaine que nous ne comprenons pas. L'ancien le rappelait toujours à ceux qui attribuaient ses capacités à autre chose que la grâce. Il soulignait ce fait, encore et encore, disant "ce n'est pas quelque chose qui est appris. Ce n'est pas un don. C'est la GRÂCE."


Retour dans le monde

Même après avoir été comblé de la grâce divine, ce jeune disciple du Seigneur continua ses luttes ascétiques comme auparavant, avec humilité, pieu zèle et un amour sans précédent pour l'apprentissage. Le Seigneur voulu ensuite faire de leur un maître et un berger pour Son troupeau rationnel. Il l'éprouva, le mesura et le trouva prêt.

Jamais au grand jamais le moine Nikitas n'aurait envisagé quitter la sainte Montagne et retourner au monde. Son amour brûlant pour notre Sauveur le poussait à souhaiter et rêver se trouver dans un désert, tout seul avec son doux Jésus.

Cependant, une sévère pleurésie le frappa alors qu'il était épuisé par ses luttes ascétiques surhumaines, elle survint alors qu'il ramassait des escargots sur les falaises rocailleuses. Cela força ses anciens à lui ordonner de partir pour un monastère dans le monde, afin qu'il puisse se rétablir. Il obéit et retourna dans le monde, mais à peine était-il guéri qu'il revint sur les lieux de sa repentance. Il retomba malade. Cette fois ces anciens, pleins de tristesse, le renvoyèrent pour de bon dans le monde.

C'est ainsi que nous le retrouvons à l'âge de 19 ans, vivant comme moine au monastère Lefkon de Saint Charalambos, près de son lieu de naissance. Néanmoins, il continua le régime qu'il avait appris sur la sainte Montagne, ses psaumes, etc. Cependant il fut obligé de diminuer son jeûne jusqu'à ce que sa santé s'améliore.


Ordination à la prêtrise

Ce fut dans ce monastère qu'il rencontra l'archevêque du Mont-Sinaï, Porphyrios III, qui y était en visite. Au cours de sa conversation avec Nikitas, il remarqua la vertu et les dons divins qu'il possédait. Il fut si impressionné que le 26 juillet 1927, en la fête de sainte Paraskeva, il l'ordonna diacre. Le lendemain, fête de saint Panteleimon, il l'ordonna prêtre comme membre du monastère du Sinaï. Il reçu le nom de Porphyrios. L'ordination eu lieu à la chapelle de la sainte métropole de Karystia, dans le diocèse de Kymi. Le métropolite de Karystia, Panteleimon Phostini, prit aussi part à l'office. L'ancien Porphyrios n'avait que 21 ans.

Le père spirituel

Après cela, le métropolite résident de Karystia, Panteleimon, le nomma par une lettre officielle d'approbation pour être père confesseur. Il appliqua ce nouveau "talent" qui lui était donné avec humanité et dur labeur. Il étudia le "Manuel du confesseur." Cependant, lorsqu'il tenta de le suivre à la lettre à propos de la pénitence, il fut troublé. Il réalisa qu'il avait à traiter chaque fidèle de manière personnelle. Il trouva la réponse dans les écrits de saint Basile, qui conseillait "Nous écrivons tout cela afin que vous puissiez goûter les fruits de la repentance. Nous ne considérons pas le temps qu'elle prendra, mais nous prêtons attention à la manière de la repentance."  (Ep.217 no.84.). Il suivit ce conseil de tout son coeur et le mit en pratique. Même en son vieil âge, il rappela ce conseil aux jeunes pères confesseurs.

Ayant ainsi acquis de la maturité, le jeune hiéromoine Porphyrios, par la grâce de Dieu, s'appliqua avec succès à l'oeuvre de père spirituel à Eubée jusque 1940. Il recevait chaque jour un grand nombre de fidèles en confession. En nombre d'occasions, il entendit les confessions des heures durant, sans interruption. Sa réputation de père spirituel, connaisseur des âmes et guide habile, se répandit rapidement dans toute la région. Cela signifie que nombreux affluaient vers pour se confesser auprès de lui dans le saint monastère de Lefkon près d'Avlona, Eubée. Parfois des jours et des nuits entiers s'écoulaient sans qu'il n'arrête ni ne se repose, en accomplissant cette pieuse tâche, ce sacrement. Il aidait grâce à son don de discernement ceux qui venaient le voir, les guidant vers la connaissance d'eux-mêmes, une confession honnête et la vie en Christ. Avec ce même don, il dévoila les pièges du démon, sauvant les âmes de ces maléfiques pièges et astuces.



Archimandrite

En 1938, il fut nommé archimandrite par le métropolite de Karystia "en l'honneur du service que vous avez rendu à l'Église en tant que père spirituel jusqu'à ce jour, et pour les vertueux espoirs que notre sainte Église fonde sur vous."  (protocole no. 92/10-2-1938), écrivait le métropolite. Des espoirs qui, par la grâce de Dieu, furent comblés.


 

Prêtre un temps durant pour la paroisse de Tsakayi, eubée, et puis monastère de saint Nicolas à Ano Vathia.

Il fut nommé par le métropolite résident comme prêtre du village de Tsakayi, Eubée. Certains des anciens villageois chérissent encore de nos jours la mémoire de sa présence en ces jours-là. Il dût quitter le saint monastère de Saint Charalambos car il avait été transformé en couvent. Ainsi donc, vers 1938, nous le retrouvons vivant dans les ruines du monastère abandonné de saint Nicolas, à Anvo Vathias, Eubée, dans la juridiction du métropolite de Chalcidique.


Dans le désert de la ville

Lorsque le drame de la deuxième guerre mondiale approcha de la Grèce, le Seigneur engagea Son serviteur obéissant, Porphyrios, l'assignant à un nouveau poste, plus près de son peuple engagé dans la bataille. Le 12 octobre 1940 il reçu la charge de prêtre temporaire à la chapelle de la polyclinique Saint Gerasimos d'Athènes, que l'on trouve au coin des rues Socrates et Pireaus, près du square Omonia. Il demanda lui-même cette position par amour compassionné envers ses compatriotes souffrants. Il voulait être près d'eux en ces temps si terribles pour leurs vies, lorsque la maladie, la souffrance et l'ombre de la mort montraient l'inutilité de tout autre espoir que l'espoir en Christ.

Il y avait d'autres candidats avec d'excellentes références intéressés par le poste, mais le Seigneur éclaira le directeur de la polyclinique. Humble et charmant, Porphyrios qui était sans éducation selon les normes de ce monde mais sage selon Dieu, fut choisi. La personne qui fit ce choix exprima par la suite son étonnement et sa joie d'avoir trouver un authentique prêtre, disant "j'ai trouvé un père parfait, exactement comme le Christ les veut."

Il servit la polyclinique comme son chapelain officiel, durant 30 ans, puis afin d'être disponible pour ses enfants spirituels qui venaient l'y chercher, volontairement il resta encore 3 ans.

Là, en plus de son rôle de chapelain, qu'il accomplissait avec un amour et une dévotion complets, célébrant les offices avec une merveilleuse dévotion; confessant, exhortant, guérissant les âmes et nombre de fois aussi les affections physiques, il agit aussi en père spirituel pour nombre de ceux qui venaient à lui.

"Oui, vous savez vous-mêmes qu’à mes besoins et à ceux de mes compagnons ont pourvu les mains que voilà.
" (Actes 20,34)

L'ancien Porphyrios, avec son absence de qualifications académiques, accepta d'être chapelain de la polyclinique pour un salaire insignifiant. C'était insuffisant pour vivre, pour soutenir ses parents et quelques proches qui dépendaient de lui. Il devait travailler en plus pour vivre. Il organisa successivement une ferme pour volailles et ensuite un magasin atelier de couture. Dans son zèle pour célébrer les offices de la manière la plus exaltante possible, il s'appliqua à réaliser des mélanges de substances aromatiques qui pouvaient être utilisées pour la préparation de l'encens utilisé dans le culte divin. En fait, dans les années 70', il fit une découverte originale. Il combina du charbon de bois avec des essences aromatiques, encensant dès lors l'église avec son propre charbon à lente combustion, qui donnait un doux parfum de spiritualité. Cependant il semble qu'il n'aie jamais révélé les détails de sa découverte.

A partir de 1955, il loua le petit monastère de saint Nicolas, à Kallisia, qui apparient au saint monastère de Pendeli. Il cultiva systématiquement le terrain à l'entour, y accomplissant beaucoup de dur labeur. C'est là qu'il voulu établir le couvent que pour finir il construira ailleurs. Il améliora les puits, construisit un système d'irrigation, planta des arbres, et laboura le sol avec une système qu'il avait lui-même conçu. Tout cela en plus d'être 24 heures sur 24 de service comme chapelain et confesseur.

Il tenait le travail manuel en haute estime et ne se permettait pas de repos. Il apprit par expérience les paroles de saint Isaac le Syrien : "Dieu et Ses anges trouvent la joie dans la nécessité. Le diable et ses ouvriers trouvent la joie dans la paresse."


Départ de la polyclinique

Le 16 février 1970, ayant accomplit 35 années de service comme prêtre, il reçu une petite pension du Fond d'Assurance du Clergé Hellénique, et cessa sa tâche à la polyclinique. En pratique, il resta cependant jusqu'à ce que son remplaçant arriva. Même après, il continua de visiter la polyclinique afin de rencontrer son grand nombre d'enfants spirituels. Pour finir, vers 1973, il limita ses visites à la polyclinique, et reçu au contraire ses enfants spirituels à Saint Nicolas, à Kallisia, Pendeli, où il célébrait la Liturgie et entendait les confessions.



C'est quand tu es faible que Je suis fort

En plus de la maladie qui l'avait forcé à quitter le Mont Athos, et qui continuait de le faire souffrir du côté gauche, l'ancien Porphyrios souffrait de nombreuses autres affections, selon les périodes.

Vers la fin de son ministère à la polyclinique, il attrapa une maladie des reins. Cependant, il ne fut opéré que lorsque sa maladie était à un stade avancé. Et cela parce qu'il travaillait sans relâche malgré sa maladie. Il avait pris l'habitude d'être obéissant "jusqu'à la mort." Il était même obéissant envers le directeur de la polyclinique, qui lui avait dit de retarder l'opération afin qu'il puisse célébrer les offices de la Semaine Sainte. Cette postposition eu pour conséquence qu'il sombra dans le coma. Les médecins dirent à ses proches de préparer ses funérailles. Cependant, par volonté divine, et malgré tous les pronostics médicaux, l'ancien revint à la vie terrestre pour continuer son ministère auprès des membres de l'Église.

Quelque temps avant ça, il s'était cassé une jambe. A ce sujet, il y a eu une intervention miraculeuse de saint Gerasimos, à qui la chapelle de la polyclinique était dédicacée.

En plus de ça, son hernie qui devait le faire souffrir jusqu'à sa mort, s'aggrava, à cause des lourdes charges qu'il transportait jusqu'à son logement, à Turkovounia, où il vécut de longues années.

Le 20 août 1978, alors qu'il était à Saint Nicolas, Kallisia, il eu une attaque cardiaque. Il fut transporté en urgence à l'hôpital Hygeia, où il demeura 20 jours. Lorsqu'il quitta l'infirmerie, il continua sa convalescence à Athènes dans la maison de certains de ses enfants spirituels. Cela pour 3 raisons. D'abord, il n'était pas en état de rejoindre Saint Nicolas à Kallisia car il n'y avait pas de route, et il ne savait plus marcher longtemps. De plus, sa maison à Turkovounia n'avait même pas le minimum de confort. Et enfin, il devait rester à proximité des médecins.

Plus tard, lorsqu'il s'installa dans un abri temporaire à Milesi, à l'emplacement où il allait fonder un couvent, il fut opéré à l'oeil gauche. Le médecin commis une erreur, lui détruisant la vue à cet oeil. Après quelques années, l'ancien devint complètement aveugle. Durant l'opération, sans la permission de l'ancien Porphyrios, le médecin lui avait administré une forte dose de cortisone. L'ancien était particulièrement sensible aux médicaments, en particulier la cortisone. Le résultat de l'injection fut une hémorragie stomacale récurrente, se produisant en moyenne tous les 3 mois. Du fait de ce saignement régulier de l'estomac, il ne savait plus manger de nourriture normale. Il se nourrissait avec quelques cuillères de lait et d'eau chaque jour. Il en résultat qu'il devint si faible physiquement qu'il atteint le point où il ne parvenait même plus à s'asseoir bien droit. Il reçu 12 transfusions sanguines, toutes dans son logis à Milesi. A la fin, bien qu'il était à nouveau aux portes de la mort, par la grâce de Dieu, il survécu.

Depuis cette époque, sa santé physique fut terriblement compromise. Cependant, il continua son ministère comme père spirituel autant qu'il le pouvait, confessant tout le temps pour de courtes périodes, et souvent souffrant de divers problèmes de santé et de la plus terrible des douleurs. Et progressivement il perdi la vue jusqu'à ce qu'en 1987 il soit complètement aveugle. Il réduisit progressivement les conseils qu'il donnait aux gens, et augmenta ses prières qu'il offrait à Dieu pour eux. Il priait en silence avec grand amour et humilié poru tous ceux qui se recommandaient à ses prières et à son aide auprès de Dieu. Avec joie spirituelle, il vit la grâce divine agir sur eux. Ainsi l'ancien Porphyrios devint un vrai exemple de ces paroles de l'Apôtre saint paul : "C'est lorsque tu es faible que Je suis fort."




Il construit un nouveau couvent

C'était un désir fort ancien de l'ancien, fonder un saint couvent, établir une fondation monastique dans laquelle pourraient vivre des femmes pieuses, qui étaient ses filles spirituelles. Il avait fait voeu à Dieu qu'il n'abandonnerait pas ces femmes lorsqu'il quitterait ce monde parce qu'elles avaient été de fidèles aides au cours de ses longues années. Le temps passant, il serait possible à d'autres femmes souhaitant se consacrer au Seigneur de s'y installer elles aussi.

Sa première idée était de construire le couvent sur le terrain à Kallisia, Pendeli, qu'il avait loué en 1955 au saint monastère de Pendeli. Il tenta bien des fois de persuader les propriétaires de lui donner ou lui vendre le terrain requis. Sans succès. ll semblait dès lors que le Seigneur, sage régulateur qui pourvoi à tout pour tous, destinait un autre endroit pour cette entreprise particulière. Ainsi l'ancien s'intéressa à une autre région dans sa recherche pour un terrain.

Néanmoins, pendant ce temps et avec la coopération de ses enfants spirituels, il avait composé la charte légale pour la fondation du couvent, et l'avait soumise aux autorités ecclésiales ad hoc. Comme il n'avait pas encore pu choisir l'emplacement spécifique pour construire le couvent, il identifia Turkovounia à Athènes comme le lieu de fondation. Là il avait une humble petite maison en pierre, qui, même sans confort minimal, avait été sa pauvre demeure depuis 1948.

L'ancien Porphyrios n'accomplissait jamais rien sans la bénédiction de l'Église. Dès lors, en cette occasion, il chercha à recevoir l'approbation canonique à la fois de son éminence l'archevêque d'Athènes que du Saint Synode. Bien qu'il avait entamé les procédures adéquates en 1978, ce ne fut qu'en 1981, après avoir vaincu beaucoup de bureaucratie procédurière et autres difficultés, qu'il eu le grand privilège de voir le "saint couvent de la Transfiguration du Sauveur" reconnu par décret présidentiel et publié au moniteur officiel.

L'ancien avait entamé la recherche d'un endroit adéquat pour fonder le couvent avait bien avant son attaque cardiaque, lorsqu'il était devenu évident que ça ne serait pas à Kallisia. Avec grand soin et zèle, il chercha sans relâche pour l'emplacement apportant le plus d'avantages. Lorsqu'il eu récupéré modérément ses forces après l'infarctus, et qu'il se sentit à même de le faire, il continua l'intense recherche pour le lieu qu'il souhaitait. Il n'épargna aucun effort. Il parcouru tout l'Attique, Eubée et Viotia dans les voitures de différents enfants spirituels. Il regarda même la possibilité de construire son couvent en Crète ou sur une île. Il travailla incroyablement dur. Il visita des centaines de propriétés et consulta nombre de personnes. Il parcouru des milliers de kilomètres. Il fit d'innombrables calculs. Il mesura tous les éléments. Et pour finir, il sélectionna et acheta une propriété sur le site d'Agia Sotira, Milesi, près de Malakasa, Attique, région d'Oropos.

Au début de 1980, il s'installa dans cette propriété à Milesi, qui avait été acquise pour la construction d'un couvent. Au début et plus d'un an durant, il vécu dans une caravane dans des conditions très difficiles, en particulier en hiver. Après cela, il s'installa dans une petite maison délabrée dans laquelle il souffrit toutes les douleurs de l'hémorragie stomacale tri-mensuelle, et où il subit aussi plusieurs transfusions sanguines. Le sang était donné avec beaucoup d'amour par ses enfants spirituels.

Les travaux de constructions, suivis de près par l'ancien, commencèrent aussi en 1980. Il paya pour les travaux avec les économies réalisées avec ses amis et ses proches pendant des années avec ce but en vue. Il aida aussi divers enfants spirituels.



La construction de l'église de la Transfiguration

Son grand amour pour son prochain était centré sur le but de les guider vers la joie de la transfiguration selon le Christ. Avec l'Apôtre saint Paul, il nous implorait, nous ses frères et soeurs, par la compassion de Dieu, à "ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui Lui plaît, ce qui est parfait." (Rm 12,2) Il voulait nous guider vers l'état dans lequel il vivait, selon lequel "nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit." (2 Co 3,18)

C'est pourquoi il dédicaça son couvent à la Transfiguration, et pourquoi il voulu que l'église le soit aussi. Pour finir, par ses prières, il influença ceux qui travaillaient avec lui, et réussi dans ce but. Après beaucoup de consultation et de travail très lourd de la part de l'ancien, un plan simple, agréable et parfait fut réalisé.

En même temps, par l'intervention canonique de son éminence l'archevêque d'Athènes, le métropolite local (dont le siège dépend de l'archidiocèse athénien) donna permission pour que l'église soit construite au sein de sa juridiction, à Milesi.

La pose des fondations commença à minuit la nuit du 25 au 26 février 1990, durant une vigile de toute la nuit en l'honneur de saint Porphyrios évêque de Gaza et thaumaturge. L'ancien Porphyrios, malade et incapable de grimper les 11 mètres jusqu'au sol où la pierre de fondation devait être posée, avec grande émotion, offrit sa croix comme fondation. Depuis son lit, il pria, disant ces paroles : "Ô Croix du Christ, affermis cette maison. Ô Croix du CHrist, sauves-nous par Ta force. Souviens-Toi, Ô Seigneur, de Ton humble serviteur Porphyrios et ses compagnons.." Après avoir prié pour tous ceux qui travaillaient avec lui, il ordonna que leurs noms soient inscrits en un endroit spécifique dans l'église, pour leur commémoration éternelle.

Le travail de construction de l'église, en béton armé, commença aussitôt. Accompagné des prières de l'ancien, il progressa sans interruption. Il fut à même de le voir de ses yeux spirituels - car il avait perdu sa vue naturelle depuis des années -  l'église atteint le stade final de cette phase de la construction. C'est à dire, à la base du dôme central. En fait, elle atteint ce point le jour du départ final de l'ancien.


Il prépare son retour à la Sainte Montagne.

L'ancien Porphyrios n'avait jamais quitté le mont Athos, affectivement parlant. Il n'y avait aucun sujet qui ne l'intéressait plus que la sainte Montagne, et en particulier Kafsokalivia. Des années durant, il y avait eu une cellule, au nom d'un disciple qu'il visitait à l'occasion. Lorsqu'il entendit en 1984 que le dernier résident de la cellule de Saint Georges était parti pour de bon et s'était installé dans un autre monastère, il se hâta vers la Grande Laure de Saint Athanase, à qui cela appartenait, et demanda à le recevoir. C'était à Saint Georges qu'il avait pris la tonsure monastique. Il avait toujours voulu y retourner, pour garder le voeu prononcé lors de sa tonsure quelque 60 ans plus tôt, de rester dans ce monastère jusqu'à son dernier souffle. Il se préparait à présent pour son dernier voyage.

Il reçut la cellule selon les coutumes du Mont Athos, avec l'accord scellé du monastère, daté du 21 septembre 1984. L'ancien Porphyrios y installa plusieurs de ses disciples pour la succession. A l'été 1991, ils étaient 5. C'est le nombre qu'il avait mentionné à un fils spirituel quelque 3 ans auparavant, comme indiquant sa durée de vie restante.


Retour à sa repentance

Durant les 2 dernières années de sa vie terrestre, il parlait fréquemment de sa préparation pour sa défense devant le redoutable tribunal de Dieu. Il donna des ordres stricts que s'il devait mourir ici, son corps soit transporté sans cérémoniel et enterré à Kavsokalyvia. A la fin, il décida d'y aller tant qu'il était encore en vie. Il parla d'un certain récit des Apophtegmes des Pères :

"Un certain ancien, qui avait préparé sa tombe lorsqu'il senti que sa fin était proche, dit à son disciple, 'mon fils, les rochers sont glissants et en pente et tu mettra ta vie en danger si tu me porte seul à ma tombe. Viens, allons-y maintenant tant que je suis encore en vie.' Et ainsi son disciple le tint par la main et l'ancien se coucha dans la tombe et rendit son âme en paix."

La veille de la Fête de la Sainte Trinité en 1991, après avoir été à Athènes pour se confesser auprès de son très vieux et malade père spirituel, il reçut l'absolution et reparti pour sa cellule sur le Mont Athos. Il s'installa et attendit la fin, préparé à une bonne défense devant Dieu.

Ensuite, après qu'ils aient creusé une profonde tombe pour lui conformément à ses instructions, il dicta à un de ses fils spirituel une lettre  d'adieu avec conseils et pardon pour tous ses enfants spirituels. Cette lettre, datée du 4 juin (AC) et 17 juin (NC), fut retrouvée parmi les vêtements monastiques qui furent déposés pour ses funérailles le jour de son décès. Elle est publiée in extenso aux pages 57-58 de ce livre et est une nouvelle preuve de son infinie humilité.



"Par mon retour auprès de vous"

L'ancien Porphyrios avait quitté l'Attique pour le Mont Athos avec l'intention cachée de ne jamais revenir. Il en avait assez parlé à ses enfants spirituels de sorte qu'ils savaient qu'ils le voyaient pour la dernière fois. Aux autres il ne donnait que des indices. Ce n'est qu'après ssa mort qu'ils réalisèrent ce qu'il avait voulu dire. Naturellement, à ceux qui n'auraient pas supporté la nouvelle de son départ, il leur raconta qu'il reviendrait. Il racontait tant de choses à propos de sa mort, soit de manière explicite soit mystérieuse, de sorte que seule la certitude de son entourage qu'il survivrait comme les autres fois (un espoir né du désir), peut peut-être expliquer la soudaineté de l'annonce de sa mort.

Peut-être que lui-même hésitait, comme l'Apôtre saint Paul qui écrivait aux Philippiens "Je me sens pris dans cette alternative: d’une part, j’ai le désir de m’en aller et d’être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, bien préférable;  mais de l’autre, demeurer dans la chair est plus urgent pour votre bien." (Phil 1,23-24). Peut-être...

Ses enfants spirituels à Athènes l'appelaient constamment et il fut à 2 reprises forcés de revenir au couvent, contre sa volonté. Là il donna la consolation à ceux qui en avaient besoin. A chaque fois, il ne resta que quelques jours "afin que par son retour parmi vous soit pour vous un nouveau sujet de réjouissance dans le Christ Jésus." (paraphrasant les paroles de l'Apôtre, Phil 1,26). Ensuite il s'empressait de retourner au Mont Athos. Il désirait ardemment mourir là-bas et être paisiblement enterré au milieu de la prière et de la repentance.

Vers la fin de sa vie physique, il devint difficile pour lui de supporter la possibilité que l'amour de ses enfants spirituels affectent son souhait de mourir seul. Il était habitué à être obéissant et à se soumettre aux autres. Dès lors il dit à un de ses moines : "Si je te demande de me ramener à Athènes, empêche-moi, ce serait une tentation." En effet, nombre d'amis avaient planifié de le ramener à Athènes, car l'hiver approchait et sa santé se déteriorait.


Son endormissement dans le Seigneur

Dieu, Qui est toute bonté, et Qui accompli les désirs de ceux qui L'ont craint, accompli le désir de l'ancien Porphyrios. Il le rendit digne d'avoir une fin bénie dans une extrême humilité et obscurité. Il ne fut entouré que de ses disciples sur le Mont Athos, qui priaient avec lui. La dernière nuit de sa vie terrestre, il alla se confesser et prier noétiquement. Ses disciples lurent le Psaume 50 et d'autres et le service pour les mourants. Ils dirent la brève prière "Seigneur Jésus-Christ aie pitié de moi," jusqu'à ce qu'ils aient achevé la règle d'un moine du grand habit.

Avec beaucoup d'amour, ses disciples lui offrirent ce qu'il avait besoin, un peu de réconfort corporel et beaucoup de spirituel. Longtemps après, ils entendraient encore ses saintes lèvres murmurer les dernières parols prononcées de sa vénérable bouche. C'étaient les mêmes paroles que le Christ avaient priées à la veille de Sa Crucifixion : "Que tous soient un."

Après cela, ils l'entendirent répéter un seul mot. Ce mot se trouve à la fin du Nouveau Testament, à la conclusion de la divine Apocalypse de saint Jean, "Viens" ("Oui, viens, Seigneur Jésus").

Le Seigneur, son doux Jésus, vint. La sainte âme de l'ancien Porphyrios quitta son corps à 4h31 au matin du 2 décembre 1991, et voyagea vers les cieux.

Son vénérable corps, revetu de manière monastique, fut placé dans l'église principale de Kafsokalivia. Selon la coutume, les pères y lurent l'Évangile tout le jour durant, et pendant la nuit ils célébrèrent une vigile de toute la nuit. Tout fut accompli conformément aux instructions verbales détaillées de l'ancien Porphyrios. Elles avaient été couchées sur le papier afin d'éviter toute erreur.

A l'aube du 3 décembre 1991, la terre recouvrit les vénérables restes du saint ancien en présence des quelques moines du saint skite de Kafsokalivia. Ce n'est qu'alors, selon ses volontés, que sa mort fut annoncée.

C'était à ce moment-là du jour lorsque le ciel se colore de rose, reflétant la clarté du nouveau jour qui se lève. Un symbole pour beaucoup d'âmes de la transition de l'ancien de la mort vers la lumière et la vie.

Un bref résumé

La caractéristique principale de l'ancien Porphyrios tout au long de sa vie fut sa complète humilité. Elle s'accompagnait de son absolue obéissance, de son amour chaleureux et de sa patience absolue face à une douleur insoutenable. Il était remarqué pour sa sage discrétion, son discernement hors du commun, son amour infini de l'apprentissage, son extraordinaire connaissance (un don de Dieu, vu son absence de scolarité dans le monde), son amour infatigable pour le dur labeur, et sa prière continue et humble (et pour cette raison portant du fruit). En plus de tout cela, ses convictions Orthodoxes pures, sans la moindre note de fanatisme, son intérêt vif mais pour la plupart du temps invisible et méconnu pour les affaires de notre sainte Église, ses conseils efficaces, les nombreuses facettes de son enseignement, son esprit de longanimité, sa profonde dévotion, et la manière élégante des offices qu'il célébrait et les longs offertoires qu'il gardait soigneusement cachés jusqu'à la fin.


Epilogue


a) "Celui qui vient à Moi, Je ne le chasserai pas" (Jn. 3,37)

Tout au long de sa vie, l'ancien Porphyrios reçut tous ceux qui venaient à lui. Devenant comme saint Paul, "tout à tous afin de les sauver."

Toutes sortes de gens passèrent par son humble cellule; tant de saints ascètes que de grands bandits, des Chrétiens Orthodoxes que des gens d'autres confessions et religions, des personnes insignifiantes et des célèbres, des riches et des pauvres, des illettrés et des lettrés, des laïcs et du clergé de tous rangs. A chacun, il offrit l'amour du Christ pour leur Salut.

Cela ne signifie pas que tous ceux qui allaient voir l'ancien ou qui le connaissaient, peu importe depuis quand, adoptaient son message ou acquéraient sa vertu, et dès lors étaient aussi dignes de notre complète confiance comme lui l'était. Beaucoup de prudence, de vigilance et de bon sens sont requis, car au fur et à mesure que l'ancien devenait fort connu, la tentation naquit chez certains de prétendre à une sorte d'attachement ou relation avec lui. Ils voulaient se vanter ou créer la fausse impression qu'ils parlaient pour lui. Sinon par pure dévotion et véritable amour, en dehors d'une humble approche et d'un honnête apprentissage, il y a aussi la fausseté et l'appât du gain. La naïveté existe, de même que la tromperie. L'ignorance existe, mais aussi l'erreur et la falsification.

Au cours de ses dernières années, l'ancien Porphyrios s'en est régulièrement plaint. A savoir que beaucoup de gens se présentaient comme ses enfants spirituels et laissaient entendre que ce qu'ils faisaient l'était avec la bénédiction ou l'approbation de l'ancien. Cependant, l'ancien ne les connaissait pas, ni n'approuvait leurs activités. En fait, à deux reprises il demanda que des notices à ce sujet soient écrites pour mettre en garde les Chrétiens. A chaque fois, il révoqua son ordre de publication.

Voici un exemple. L'ancien avait adopté une certaine attitude au sujet de divers problèmes ecclésiastiques qui divisaient les fidèles. C'était connu de très peu, qui devaient garder le silence. Cependant, parfois certaines personnes venaient qui suivaient ou exprimaient la position de l'un ou l'autre camp. Il n'était pas correct de supposer que parce qu'une certaine personne voyait l'ancien, l'opinion de cette personne était alors bénie par l'ancien. Si seulement nous lui étions obéissants! Si seulement ceux d'entre nous qui l'approchaient avaient appliqué son conseil et en général adopté son esprit!

Pour parler clairement, son esprit était d'une absolue soumission à l'Église "officielle." Il ne faisait absolument rien sans son approbation. Il savait d'expérience dans le Saint Esprit que les évêques sont porteurs de la grâce divine de manière indépendante de leur vertu personnelle. Il percevait la grâce divine et il voyait où elle agissait et où elle n'agissait pas. Il insistait que la grâce s'oppose aux fiers, mais pas aux pécheurs s'ils étaient humbles.

Pour cette raison, il n'était pas d'accord avec les actions qui provoquaient des disputes et des conflits dans l'Église, ou des attaques verbales contre les évêques. Il recommandait toujours de trouver la solution à tous les problèmes de l'Église en interne, dans l'Église et par l'Église, dans la prière, l'humilité et la repentance. Il vaut mieux, disait-il, que nous commettions des erreurs en étant au sein de l'Église, que d'agir correctement en dehors d'elle.


b) "Tenez ferme dans un même esprit, luttant de concert et d’un coeur unanime pour la foi de l’Évangile" (Phil.1,27)

L'ancien enseignait que l'élément de base de la vie spirituelle en Christ, le grand mystère de notre foi, c'est l'unité en Christ. C'est ce sens où l'on s'identifie avec notre frère, où l'on porte la charge les uns des autres, où l'on vit pour les autres comme on vit pour soi-même, où dire "Seigneur Jésus-Christ aie pitié de MOI" et pour ce "MOI" cela contient et devient pour nous-mêmes la douleur et les problèmes des autres, de souffrir comme ils souffrent, de se réjouir comme ils se réjouissent, leur chute devant notre chute, et lorsqu'ils se relèvent nous nous relevons.

C'est pourquoi ses dernières paroles, sa dernière supplique à Dieu, sa dernière prière, son plus grand désir est que nous "devenions un." C'est ce qu'il a voulu, espéré et attendu.

Par cette manière merveilleuse et simple, combien de problèmes furent résolus et combien de péchés furent évités? Est-ce que mon frère a chuté? J'ai chuté. Comment pourrais-je le blâmer si moi-même je suis en tort? Est-ce que mon frère a réussi? J'ai réussi. Comment pourrais-je l'envier puisque je suis gagnant?

L'ancien savait que puisque c'est notre point le plus faible, c'est là que le démon livre la plus grande bataille. Nous plaçons nos propres intérêts en premier. Nous nous divisons. Nous voulons fuir les conséquences de nos actions pour nous-mêmes seulement. Cependant lorsqu'un tel esprit prévaut, il n'y a pas de Salut pour nous. Nous devons vouloir être sauvés avec n'importe qui d'autre. Nous devrions dire avec le saint de Dieu "Si Tu ne sauve pas tous ces gens, Seigneur, alors efface mon nom du Livre de la Vie." Ou comme l'Apôtre du Christ, vouloir être maudit et loin du Christ pour que soient en échange sauvés mes concitoyens, mes frères et mes soeurs.

C'est ça l'amour. C''est la puissance du Christ. C'est l'essence de Dieu. C'est la voie royale de la vie spirituelle. Nous devrions aimer le Christ Qui est TOUT, en aimant Ses frères et soeurs, car pour le moindre d'entre eux, le Christ est mort.

Extrait du livre "Ancien Porphyrios: Témoignages et expériences" par Klitos Ioannidis



Ἀπολυτίκιον. Ἦχος α΄. Τῆς ἐρήμου πολίτης
Τῆς Εὐβοίας τὸν γόνον,
Πανελλήνων τὸν Γέροντα,
τῆς Θεολογίας τὸν μύστην
καὶ Χριστοῦ φίλον γνήσιον,
Πορφύριον τιμήσωμεν, πιστοί,
τὸν πλήρη χαρισμάτων ἐκ παιδός.
Δαιμονῶντας γὰρ λυτροῦται,
καὶ ἀσθενεῖς ἰᾶται πίστει κράζοντας·
δόξα τῷ δεδωκότι σοι ἰσχύν,
δόξα τῷ σὲ ἁγιάσαντι,
δόξα τῷ ἐνεργοῦντι διὰ σοῦ πᾶσιν ἰάματα.

Apolytikion de saint Porphyrios de Kavsokalivia. Ton 1. 
Citoyen du désert
enfant d'Eubée,
père spirituel de tous les Grecs,
initié à la théologie,
et véritable ami du Christ,
ô fidèles, honorons Porphyrios,
lui qui était rempli des dons de la grâce dès l'enfance.
Les possédés du démon sont sauvés,
et les malades sont guéris, lorsqu'ils s'exclament avec foi :
Gloire à Celui Qui t'a donné la force,
Gloire à Celui Qui t'a sanctifié,
Gloire à Celui Qui par toi opère les guérisons pour tous.
Kondakion. ton 4
A toi le guide des champions,
le très saint temple du Saint Esprit,
et le bien-aimé de la toute pure Mère de Dieu,
ô Porphyrios, nous laissons s'élever de nos coeurs les louanges.
Il nous aime, nous guéri et nous protège tous,
et intercède pour nous sur le chemin de la déification.
C'est pourquoi nous nous écrions : réjouis-toi, saint père Porphyrios.
Mégalynaire.
Réjouis-toi, trésor des dons de la grâce et source miraculeuse de guérisons. Réjouis-toi nouveau prophète de l'Église, Porphyrios, trois fois béni, fierté de l'Athos.

Humble tombe du père Porphyrios à Kafsokalivia


Père Porphyre - "vie et paroles", éditions l'Age d'Homme




Saint Meletios de Lardos

Saint Meletios est né dans le village de Lardos, à Rhodos, à l'époque de la pénible occupation turque. Au baptême, il a reçu le nom d'Emmanuel. Il a parcouru la vie avec très peu de connaissance de ce monde, mais avec un grand trésor de grâce, vertu, pureté, innocence et un grand amour de Dieu.

Saint Meletios était un homme de prière.

Il parcourait des lieux désertés de Lardos, pendant qu'il veillait sur les brebis de son père, et calmait son âme avec la prière et le zèle pour la vie monastique.

Lors d'une de ses excursions, il eu une vision qui lui montrait l'icône de la Vierge Ypseni sous les racines d'un certain arbre. Suivant cette vision, et guidé par la Vierge, il décida de rentrer dans la vie monastique et se consacrer à Dieu. AInsi il construisit une église à l'endroit où il avait trouvé l'icône, la dédia à la Dormition de la Mère de Dieu. Le métropolite l'ordonna hiéromoine, et le fit higoumène de ce monastère.

Il mena une vie ascétique stricte. Les soirs, il se retirait vers une grotte près du monastère et priait, et pendant les jours il entendait les confessions des fidèles chrétiens, leur donnant la force pour garder leur foi en ces temps difficiles. Dieu lui donna aussi le don de guérison, et il guérit ainsi des âmes malades et spirituellement perturbées.

Les Turcs le calomnièrent et sa tête fut mise à prix à cause de son oeuvre parmi les fidèles Grecs Orthodoxes. Pour finir, le saint prouva son innocence devant le métropolite, puis il rendit son dernier souffle.

Il fut reconnu et honnoré comme saint par les chrétiens de l'île, et ses reliques, d'où exhale continuellement un doux parfum, ont été partagées en divers endroits. Une partie des saintes reliques est préservée au saint monastère d'Ypseni tel un trésor sans prix et une source de guérison et de bénédiction pour tous ceux qui les vénèrent avec dévotion.

Vu que le jour précis de son repos éternel n'est pas connu avec certitude, sa fête est célébrée en même temps que celle de son saint patron, saint Meletios évêque du grand Antioche, à savoir le 12 février.

Accomplir l'incroyable (G.K. Chesterton)


Aimer signifie aimer celui qui n'est pas aimable.
Pardonner signifie pardonner l'impardonnable.
La Foi signifie croire en l'incroyable.
L'espérance signifie espérer quand tout semble sans espoir.

Gilbert Keith Chesterton

26 novembre 2013

Voilà pourquoi les églises Orthodoxes ne servent pas "en plus" de salle de spectacle! (Lc 19,46 / P. John)

Dans les confessions christiques présentes en Belgique, on voit de plus en plus que les bâtiments religieux nouvellement construits ou reconstruits, l'étant en partie avec des fonds & subsides publics, servent à la fois pour des spectacles et pour leur culte religieux, et ils s'en accomodent fort bien, on voit des co-financements même. "Normalement" chez les chrétiens (aka orthodoxes) il ne saurait en être ainsi. Normalement..
Par contre, nous, notre problème serait plutôt que nos églises sont trop souvent fermées.. on doit aussi balayer devant nos portes...



Gloire à Jésus-Christ!

Lectures du jour : 1 Thes 1,6-10 & Lc 19,45-48

"Il est écrit 'Ma maison sera une maison de prière'." (Lc 19,46)

Lorsque Jésus marcha dans le Temple et vit les changeurs de monnaie et les marchands occupés à leurs affaires, ça devait probablement ressembler à l'entrée dans un hypermarché plutôt que la Maison de Dieu. C'est précisément cette manière cavalière, cette atmosphère où les affaires priment sur tout à l'intérieur du Temple qui a enragé notre Seigneur et provoqué son acte de colère peu habituel : renverser leurs tables et chasser les marchands hors du Temple. Bien que l'Évangile n'en parle pas, on peut imaginer la surprise sur le visage des disciples assistant à cet événement et voyant littéralement les pièces de monnaie valser au sol et les volatiles s'envoler pendant que leur Maître citait ces paroles du prophète Isaïe; tout cela parce qu'Il désire que la Maison de Son Père soit priante, un sanctuaire hors du monde externe.
P. John



Glory to Jesus Christ!

Today's Scripture Readings: 1st Thessalonians 1:6-10 & St. Luke 19:45-48

"It is written, 'My house shall be a house of prayer'." (Luke 19:46)

When Jesus walked into the temple and saw the money-changers and merchants engaged in their business, it must have seemed more like walking into a mall rather than the House of God. It was precisely this cavalier, business-as-usual atmosphere inside the temple which enraged our Lord and caused His frenzied, yet uncharacteristic feat: overturning their tables and chasing the merchants out of the temple. And although it is not recorded, one can only imagine the surprise on the disciples' faces who witnessed this event and literally saw coins clattering on the ground and feathers flying in the air as their Master quotes from the Prophet Isaiah; all because He desires His Father's House to be prayerful and a sanctuary from the outside world.
Fr. John

Dieu ne force personne à croire via des miracles (p. Païssios)


Dieu n'accomplira jamais le moindre miracle afin de démontrer Sa puissance, et ainsi acquérir plus de croyants. Il accomplit des miracles pour couvrir les faiblesses humaines.
Ancien Paisios l'Athonite



"God will never work a miracle in order to demonstrate His power, and thus acquire more believers. He works miracles to cover up human weaknesses…"
Elder Paisios of Mt. Athos

25 novembre 2013

Religion = cause principale des guerres? Un mythe! (p. Joshua)

hat tip au hiéromoine Joshua pour mentionner cette excellente petite étude statistique

Ce mythe qui prétend que la religion est la première cause des guerres
http://carm.org/religion-cause-war
Par Robin Schumacher & Matt Slick

Les athées et les humanistes sécularisés ne cessent d'affirmer que la religion serait la première cause de violence et de guerre dans l'histoire de l'humanité. Un des plus virulents chefs de file de l'athéisme américain, Sam Harris, dit dans son livre "The enf of faith" que la foi et la religion sont "les plus prolifiques sources de violence dans notre histoire." (1)

Bien qu'il ne soit pas question de nier que des campagnes militaires telles que les Croisades et la Guerre de Trente Ans reposaient à la base sur de l'idéologie religieuse, il n'est simplement pas correct d'affirmer que la religion a été la première cause de guerre. De plus, bien qu'il n'y a pas de désaccord quant à dire que l'islam radical était l'esprit qui a mené aux attentats du 11 septembre 2001 (NYC), il est faut de dire que toutes les croyances contribuent de manière équivalente là où de la violence et de la guerre motivée par des motifs religieux ont éclaté.

Une intéressante source de vérité sur le sujet, c'est l'ouvrage de Philip et Axelrod "Encyclopedia of Wars" (encyclopédie des guerres, 3 volumes), qui répertorie et étudie quelque 1763 guerres qui ont été menées au cours de l'histoire humaine. Pour toutes ces guerres, les auteurs en classent 123 comme étant de nature religieuse (2), ce qui nous donne le chiffre incroyablement bas de 6,98% de toutes les guerres. Et de plus si on en retire toutes celles menées par l'islam (66), ce pourcentage diminue de plus de la moitié et tombe à 3,23%.

Ce qui signifie que toutes les religions combinées - moins l'islam - ont causé moins de 4% de toutes les guerres et violents conflits de l'humanité. De plus, elles n'ont jamais joué de rôle de motivation pour les guerres majeures qui ont causé le plus de pertes humaines.

C'est un fameux contre-coup à l'argument d'Harris, n'est-ce pas?





La vérité, c'est que les motivations non-religieuses et philosophies naturalistes portent la responsabilité pour quasiment toutes les guerres de l'humanité. Les vies perdues durant les conflits religieux sont infiniment moindres en comparaison à celles qui ont eu lieu durant des régimes qui ne voulaient pas entendre parler d'une idée de Dieu - quelque chose qu'a bien montré R.J. Rummel dans son ouvrage "Lethal Politics and Death by Government" (3) :

Pertes humaines dues à des dictateurs non-religieux :

    Joseph Staline - 42.672.000
    Mao Tsé-Toung - 37.828.000
    Adolf Hitler - 20.946.000
    Tchiang Kai-shek - 10.214.000
    Vladimir Lénine - 4.017.000
    Hideki Tojo - 3.990.000
    Pol Pot - 2.397.0003

Rummel dit: "Près de 170 millions d'hommes, femmes et enfants ont été abattus, battus, torturés, poignardés, brûlés, affamés, gelés, écrasés ou forcé de travailler jusqu'à en mourir; enterrés vivants, noyés, pendus, bombardés ou tués par l'une des myriades de moyens que des gouvernements ont utilisés pour tuer des citoyens & étrangers désarmés et sans défense. On peut raisonnablement compter près de 360 millions de victimes. C'est comme si notre espèce humaine avait été dévastée par une Peste Noire moderne. Et en effet c'est le cas, mais une Peste de Pouvoir, pas de bacilles." (4)

La preuve historique est plutôt évidente : la religion n'est pas la cause première de la guerre.

Si on ne peut pas blamer la religion pour la plupart des guerres et violences, alors quelle est la cause première? La même chose qui pousse vers tous les crimes, cruautés, pertes de vies etc. Jésus donne une réponse bien claire : "Car c’est du dedans, du coeur des hommes, que sortent les desseins pervers: débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison.  Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme." (Mc 7,21-23).

Et (naturellement) Jacques est d'accord avec le Christ lorsqu'il écrit "D’où viennent les guerres, d’où viennent les batailles parmi vous? N’est-ce pas précisément de vos passions, qui combattent dans vos membres?  Vous convoitez et ne possédez pas? Alors vous tuez. Vous êtes jaloux et ne pouvez obtenir? Alors vous bataillez et vous faites la guerre. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas." (Jc 4,1-2)

Pour finir, l'évidence montre que les athées se trompent à propos des guerres qu'ils affirment détester si désespérément. Le péché est la première cause de guerre et de violence, pas la religion, et sûrement pas le Christianisme.

    1. http://books.google.com/books?id=XP_86itwp2IC&pg=PA27&lpg=PA27&dq=sam+harris+%22the+most+prolific+source+of+violence+in+our+history%22&source=bl&ots=sdpOO04g1D&sig=asL3JyvcaRp9zWRI9a4oVyoPU2E&hl=en&sa=X&ei=d9CKT92fGYqogweQgsXfCQ&ved=0CFgQ6AEwCA#v=onepage&q&f=false
    2. http://books.google.com/books?id=sF8wv_Y54j8C&pg=PA104&lpg=PA104&dq=encyclopedia+of+wars+%22Almohad+conquest+of+Muslim+Spain%22&source=bl&ots=VBRkLHXHj3&sig=XLT88ICr2Lu98L1_eldxRwMPgIY&hl=en&sa=X&ei=SdKKT4jLHIr1gAf8vNjiCQ&ved=0CCIQ6AEwAQ#v=onepage&q=encyclopedia%20of%20wars%20%22Almohad%20conquest%20of%20Muslim%20Spain%22&f=false
    3. http://books.google.com/books?id=sK5CJFpb2DAC&pg=PA23&lpg=PA23&dq=stalin+42,672,000&source=bl&ots=Tw7FJG9OnR&sig=aSUiodXqC4euU2UTyVNlnFkwyRE&hl=en&sa=X&ei=fc2KT7rnNcipgwe9tL3mCQ&ved=0CFMQ6AEwBw#v=onepage&q=stalin%2042%2C672%2C000&f=false and http://books.google.com/books?id=mbnLn6A3q-4C&pg=PA178&lpg=PA178&dq=Zedong+37,828,000&source=bl&ots=-VlfCns1xy&sig=2TrcOYMxZTjr653ULLdNkIkltwU&hl=en&sa=X&ei=2c6KT-G7BYGXgwf63-3kCQ&ved=0CEsQ6AEwBg#v=onepage&q=Zedong%2037%2C828%2C000&f=false
    4. http://books.google.com/books?id=N1j1QdPMockC&printsec=frontcover&dq=death+by+government&hl=en&sa=X&ei=WcyKT5TBDITiggfdpO28BQ&ved=0CDgQ6AEwAA#v=onepage&q=Almost%20170%20million%20men&f=false

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24 novembre 2013

Saintes Flora et Maria de Cordoue, martyres, ou l'Espagne Orthodoxe face à l'islam conquérant (+ 851)


SAINTES FLORA ET MARIA, MARTYRES (+ 851)
Dieu merci, l'historien des saints de l'antiquité et du Moyen Age n'a pas à travailler que sur des plagiats et des faux. Il rencontre aussi des témoignages directs où l'on sent battre un coeur. Les textes de saint Euloge, prêtre de Cordoue, archevêque élu de Tolède et martyr en 859, sont de cette catégorie bénie. Son style quelquefois précieux, toujours scripturaire, aide l'émotion intense qui éclate dans son "Instruction sur le martyre" dédiée aux vierges Flora et Maria, et dans la relation qu'il nous a laissée sur leur vie et leur mort en 851.
Euloge était l'animateur de la résistance Chrétienne contre l'Islam à Cordoue, quand il vit Flora pour la première fois. Elle avait été scalpée à coups de fouet. "Et moi, écrit-il, moi, ce pécheur, ce riche en iniquités, qui dès le début de son martyre ai joui de son amitié, j'ai touché de mes mains jointes les cicatrices de cette tête vénérable et délicate, après que par des coups de fouet la chevelure virginale était tombée" (P. L., t. 115, col. 838 D; cf. 831 B). On peut lire vers la fin de l'Instruction "Puissé-je tirer profit, moi pécheur, de ce médiocre petit livre, que j'ai écrit brûlant de votre amour spirituel, dans le dessein de vous sauver" (833 B).
Née d'un loup et d'une brebis, rose épanouie sur des épines, comme parle Euloge (831 A), Flora était vers 845 dans la fleur de sa beauté, physique et morale. Sa mère, originaire d'un bourg à l'ouest de Cordoue, était Chrétienne et de famille noble. Son père, un païen de Séville, avait élu domicile dans la capitale : il y mourut bientôt. La mère restait avec un fils et 2 filles. Elle fit de Flora, la plus jeune, une Chrétienne. Elle racontait plus tard à Euloge que la petite donnait aux pauvres la portion qu'on lui servait, et "furtivement accomplissait le bienheureux jeûne". Il fallait se gendarmer pour qu'elle mangeât, et seulemnent le soir. Cependant, en grandissant, Flora trouvait honteux d'avoir un Christianisme tout caché. Son frère, musulman fanatique, la gênait fort. Elle s'enfuit un jour avec sa soeur Baldegothone et se réfugia chez des Chrétiens. Le frère prit des clercs comme otages et les fit incarcérer. Flora ne voulait pas qu'on souffrît pour elle : elle revint dans sa maison et se déclara prête à tout endurer pour Jésus-Christ. Le frère, après avoir essayé de la séduire, la mena au juge. Elle déclara avec crânerie qu'elle était au Christ depuis son enfance et qu'elle lui gardait son corps intègre. Alors 2 satellites la maintiennent par ses bras étendus, et l'on fouaille sa tête jusqu'à la rendre chauve. On la rend presque évanouie à son frère: qu'il la soigne, l'instruise et la ramène, si elle ne se convertit point. Dès qu'elle se sent guérie Flora monte la nuit sur le mur du logis et saute dans la rue. Un Chrétien la recueille dans ce "chaos nocturne". Puis elle se cache près de Tucci (Martos, diocèse de Guadix) avec Baldegothone. Cette retraite dura 6 ans (831 C).
Et Maria, compagne de Flora dans son martyre? Son père était Chrétien, originaire d'Ilipula (= Cortijo de Repla? on préfère en général Niebla). Sa mère, arabe, se convertit. Ils eurent 2 enfants, Maria, puis un garçon, Walabonse, et se fixèrent à Froniano, village dans la montagne à l'ouest de Cordoue. Le père, devenu veuf, s'orienta vers la vie monastique. Walabonse devint moine à Saint-Félix sous le prêtre Salvator, et Maria nonne à Cuteclara près de Cordoue, sous une sainte femme, Artemia. Salvator étant mort, Walabonse revint chez lui et devint diacre. Maria l'aimait comme une seconde mère. Mais il se permit de lui fausser compagnie par le martyre. Pauvre petite sainte, sans son frère... Il apparut à une nonne : patience! Maria le rejoindrait bientôt. "De ce jour, la vierge sentait son coeur brûler d'amour pour le martyre. Brusquement éclairée par le Ciel, elle soupirait après le martyre avec impatiente ardeur" (840 B).
Un jour, elle partit pour le tribunal, afin de conquérir la couronne. En route, elle entra à Saint-Aciscla, et y trouva Flora, à qui le Christ avait donné rendez-vous sur sa croix. Elles se baisèrent, firent alliance : pas de repos, tant qu'elles n'auraient
pas Flora son Christ, et Maria son Walabonse. L'assaut du juge fut facile. Flora attaqua, puis Maria. "Et moi, juge, naguère j'ai eu un frère parmi ces confesseurs magnifiques, mort après avoir démoli votre prophète. J'imite leur courage en affirmant que le Christ est Dieu en vérité, et jure que les rites de votre loi et vos cérémonies sont des rêveries démoniaques" (841 A). Le cadi les envoie en un cachot malpropre, parmi des femmes de mauvaise vie. Elles se mettent à jeûner, à prier; le chant des hymnes fait passer l'horreur de l'ergastule. Cependant Euloge, pour les fortifier contre toute tentation d'apostasie, rédigea son Instruction, à laquelle il joignit une prière, pour obtenir la grâce de consommer le martyre (834 AD).
Enfin, après un 3ième avertissement du cadi, elles sont menées au tribunal pour être humiliées. On les interroge, ensemble, séparément. C'est ainsi, que 10 jours avant la fin, Flora comparut seule. Il n'obtint rien et la renvoya au cachot. Euloge, lui aussi détenu, eut alors une audience de "sa dame". Écoutons son récit (843 B) : "Elle était belle comme un Ange, brillante de la grâce d'une clarté céleste, l'air enjoué, le visage pudique, déjà épanouie par les joies de la Patrie céleste; elle me dit en souriant 'Maître, aujourd'hui j'ai passé devant le juge, avec mon frère en face de moi, cet adversaire de notre Foi, qui m'a persécutée jusqu'à me faire choir en cette fosse. On me demanda si je le connaissais. Je dis que c'était mon propre frère. Comment se fait-il, demanda le juge, que celui-ci soit un pilier de notre foi, et que toi tu professes le Christ?
- Je répondis : Juge, avant la 8ième année, moi aussi je vivais sous les ténèbres de l'ignorance, esclave des lois de mes pères,
et servais l'erreur des païens. Mais, illuminée par l'Auteur de la piété, je choisis la Foi des Chrétiens, pour laquelle j'ai résolu
de combattre à mort.
- Quel est, aujourd'hui, ton dernier mot par rapport à ce que tu m'as déjà exprimé?...
- Juge, je répète exactement ce que tu as entendu. Si tu m'interroges encore, ce que je dirai sera encore plus raide que la première fois.
Alors, il enfle sa gueule, tire de sa gorge gonflée des sons stridents, me menace de mort et ordonne de me ramener à la geôle."
Et après que ma dame m'eut fait son rapport avec sa voix de miel, je l'encourageai comme je pus, je lui rappelai l'espoir de la couronne méritée, puis, incliné profondément, j'adorai son visage angélique, me recommandant à ses prières. Renouvelé par ses paroles très vénérables, je revins à la retraite de mon cachot."
Finalement, Flora et Maria sont menées rapidement au lieu du supplice. Elles tracent sur leur visage les signes sacrés (de la Croix). Puis elles tendent le cou, et après la bienheureuse Flora, sainte Maria est prosternée. Les corps sont laissés aux chiens et aux oiseaux, puis on les jette au fleuve. Le cadavre de Maria fut retrouvé, mais non celui de Flora. Leurs 2 têtes furent recueillies dans la basilique Saint-Aciscle. Elles moururent le 24 novembre 851, à l'heure de none (3 heures). Euloge fut libéré grâce à leur prière, assure-t-il - le 29. Le tour de l'entraîneur entraîné viendrait en 859. Il fit parvenir à Baldegothone la ceinture que Flora portait dans la prison.

Bibl. - Textes d'Euloge dans P. L., t. 115, col. 819-845; notes, col. 899-903. Le Documentum martyrii (martyriale) ou "Instruction sur le martyre" est trop long pour que nous le traduisions. Euloge le soumit à son confrère Paul Alvare, futur martyr lui aussi, pour qu'il en vérifiât la correction dogmatique. Alvare répondit que l'Esprit-Saint parlait dans cet écrit; il l'avait lu rapidement pour ne pas le retenir, mais souhaitait vivement une copie. Le prologue indique le but : encourager, pour le rush final, les vierges emprisonnées. Mais Euloge ne dispose que de moyens pauvres : le riche pense et fait; le pauvre pense et défaille. L'opuscule évoque d'abord Esther et Judith. Le voisinage de femmes perdues ne doit pas décourager Flora et Maria : "Comme un lis parmi les épines, ainsi mon amie parmi les filles" (Cant., 2, 2). Les violences des bourreaux ne souilleraient pas leur âme, comme le déclarent saint Augustin et saint Jérôme (Quest. hébr. Gen., 12, 15; P. L. t. 23, éd. Vallarsi, col. 324-325) "Ce n'est pas la brutalité subie qui souille les saintes, mais la volupté consentie". Euloge allègue la constance de plusieurs héros de l'Ancien Testament, puis ces captifs Jonas, Malc (ici, t. 10, p.689), Paulin de Nole (ici, t. 6, p. 361 épisode légendaire). Courage! L'Eglise est opprimée. "Les divins tabernacles connaissent l'horreur de la solitude; l'araignée a couvert le temple, tout est silencieux" (cf. Saint Jérôme, Epist., 107, 1). On a engagé les détenues à rétracter leur déclaration de Christianisme devant le juge. "Mais nous, nous vous interdisons de le faire". Les tentateurs ont beau alléguer l'Église anéantie, il ne faut pas les écouter, en ajoutant au crime que serait le reniement de la vérité, cet autre crime de manquer à la confession de la vérité. Le silence serait une connivence intolérable avec le mal. L'occupant prétend réglementer, minimiser l'exercice du Christianisme. L'héroïsme des 2 martyres sera une bonne leçon pour la couardise publique. Euloge évoque les cicatrices de Flora qu'il a touchées d'une main tremblante, car il n'osait les baiser, sur ce crâne aux cheveux arrachés. "Après t'avoir quittée, longtemps et profondément j'ai réfléchi et soupiré".  Il pensait à saint Pierre libéré par un Ange, en se rappelant la jeune femme fuyant de nuit la prison fraternelle. Courage! Les vaillants soldats de Dieu, leurs frères, les ont précédées. Euloge énumère 12 martyrs récents, dont Walabonse : Maria retrouvera son frère. Pour finir, une prière au Seigneur Dieu tout-puissant demande le courage de boire le calice de la Passion avec entrain, et se termine par un souvenir au pauvre Euloge qu'il obtienne une petite place, la dernière, au pays des vivants!
- Le Documentum a des mouvements à la manière de saint Jérôme: § 22 début, cf. Jérôme, Epist., 77, 12; 137, 14; domina soror mea, cf. Epist., 22, 26; ici t. 9, p. 574 milieu; ou Lettres, éd. Labourt, t. 1, p. 138, 10. - § 23, occurret..., cf. Epist., 22, 41; éd. Labourt, p. 159, 3.
R.    Dozy, Hist. de Los Musulmanes espanoles... (711-1110), trad. F. de Castro, t. 2, 1878, p. 144-149, 176-183. - F. J. Simonet, Hist. de los Mozarabes de Espana, 1897-1903, p. 413-425 (Mens. de la R. acad. de la Hist., t. 13). - J. Perez de Urbel, Ano Cristiano, t. 4, 1933, p. 298-303, et S. Eulogio de Cordoba, 1928, rééd. 1942.




Tropaire des martyrs de Cordoue, ton 3
O martyrs de Cordoue, parfaite éloge de l'Hispanie, vous avez combattu le bon combat et exalté la Foi Orthodoxe, dénonçant les croyances des infidèles Hagarènes, et avec grande audace, proclamé le Christ comme Unique Fils de Dieu. Dès lors intercédez pour nous, afin que nos âmes reçoivent grande paix et abondante miséricorde.


Elles ont une rue qui leur est dédiée.. Ces héroïnes de l'univers n'ont qu'une rue.. pas de cathédrale orthodoxe, pas même une chapelle orthodoxe, rien, nous avons oublié tous nos ancêtres dans la Foi s'ils ne sont pas "ethniquement corrects" (à savoir orientaux).. et même nombre d'entre eux sont passés à la trappe.. honte à nous les "vrais" chrétiens...
http://callejero.interbusca.com/CORDOBA/CORDOBA/Calle-santos+flora+y+maria+n56-1.html