"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 janvier 2014

La vie est don de Dieu (+ réflexions bio-éthiques à Saint-Serge)


"Une jeune femme enceinte avait été hospitalisée pour une crise d'appendicite. Les médecins avaient dû lui appliquer des compresses glacées sur l'estomac et lorsque le traitement s'acheva, ils suggérèrent qu'elle avorte l'enfant. Les médecins lui expliquèrent que ça serait la meilleure solution, car l'enfant naîtrait avec un handicap. Mais la courageuse jeune femme décida de ne pas avorter, et l'enfant naquit.
Cette femme, c'était ma MAMAN.
Et l'enfant, c'était moi."
André Bocceli



http://www.exarchat.org/IMG/pdf/Feuillet_exarchat_36_juin2011.pdf
"Le samedi 21 mai s’est tenu, à l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint Serge (Paris-  France), le 9ème colloque de l ‘Association Orthodoxe d’Etudes Bio-Ethiques, qui était consacré au regard de l’Orthodoxie sur les lois bioéthiques, qui sont actuellement en 2ème lecture au Parlement, et qui laissent une inquiétude certaine pour l’avenir. Les orateurs étaient le député Jean Bardet, Jérémie Ceausescu, professeur à Saint Serge, et le père Jean
Boboc. Le père Nicolas Cernokrak a accueilli au nom de l’Institut Saint Serge des participants très impliqués dans ces questions, parmi lesquels Monseigneur Michel (Donskoff), dont la contribution a été très appréciée. En l’absence de Monseigneur Gabriel, retenu au dernier moment, le diacre Dominique Beaufils a fait l’introduction, dont nous publions ci-après un court résumé. Notons que ce colloque sera diffusé par "Orthodoxie" (F2) les 12 juin et 17 juillet.
La finalité de l’éthique est de trouver le rapport idéal entre le développement des connaissances et le respect de valeurs fondamentales, différentes selon les civilisations, les philosophies, les religions... Peut-on établir une loi qui soit autre chose qu’un compromis cherchant à réunir des valeurs inconciliables par des prouesses juridiques ? On y ménage des issues, appelées « dérogations », pour protéger la recherche scientifique plutôt que les valeurs essentielles. On oublie que le « bien » est ce qui nous rapproche de Dieu, et le « mal » ce qui nous en sépare, car est « bien » ce qu’on a imposé comme possible puis habituel, le «mal» devenant de facto « bien » par la force de l’usage, et de la loi qui le pérennise.
On bâtit des lois souvent contradictoires, dont on sait d’emblée qu’elles seront détournées. Peut-on trouver un équilibre qui respecte les valeurs sur lesquelles se fonde l’orthodoxie, tout en faisant progresser la lutte contre les maladies ? La vie d’êtres humains justifie-t-elle de sacrifier celle de milliers d’embryons ?
Si l’on croit que la vie humaine commence dès la fécondation, la réponse est claire. Si l’on pense qu’il y a un stade où l’embryon n’est qu’un amas cellulaire, elle est tout aussi claire, mais diamétralement opposée. Si l’on n’accorde l’humanité que sur un projet parental, la réponse dépend d’une volonté ignorant Dieu : Les parents donnent la vie à un être tout en pouvant la lui retirer en fonction de leur désir. Dans ces conditions, la loi tente de « ménager la chèvre et le chou » en aménageant des dérogations et par un encadrement dont le caractère « strict » dépend, en réalité, de ceux qui en ont la responsabilité.
Les domaines de la loi doivent se limiter à la thérapeutique. Légiférer sur le Diagnostic Pré-Implantatoire, dont la finalité est un eugénisme que la loi française condamne, est un non-sens juridique. L’application des biotechnologies à un confort social, comme la procréation médicalement assistée pour femme seule ou couple homosexuel, est du seul domaine du confort.
Mettre les nanotechnologies au service des performances ou l’esthétique relève de l’inacceptable.
L’éthique, pour l’orthodoxie, consiste à aider des êtres en souffrance, en proposant des réponses au cas par cas, dans le respect de leur liberté, et dans un esprit d’« économie ». Cependant l’approche, même individuelle, de ces questions repose sur l’enseignement du Christ, et a comme premier principe le respect de la vie de son début – qui est, pour l’Orthodoxie, humaine et unique dès la fécondation – à sa fin, répondant à l’euthanasie. Les chrétiens ont un rôle de témoins. On pourrait résumer ainsi une éthique orthodoxe: « Ce que je dis, ce que je fais est-il conforme à la foi que je confesse ? »
L’Orthodoxie ne s’oppose pas à la recherche et au progrès mais, en toute connaissance des questions, insiste sur des alternatives respectant les valeurs fondamentales, et qui se montrent beaucoup plus efficaces et prometteuses. Elle ne vient pas imposer une règle rigide et intransgressible. Si les lois bioéthique ont largement recours aux dérogations, l’« économie», sur laquelle se fonde l’Orthodoxie, n’en a ni l’élasticité ni le caractère transgressif, mais reste ponctuelle, non reproductible, et basée sur le respect des valeurs chrétiennes."


Aucun commentaire: