"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

27 janvier 2014

récit de la translation des reliques de saint Jean Chrysostome (27/1)


Saint Jean Chrysostome, la trompette d'or de l'Orthodoxie

La mémoire de ce luminaire de l'Église est célébrée les 13 novembre et 30 janvier, mais le 27 janvier nous célébrons la translation de ses saintes reliques depuis le village arménien de Comane, où il est mort en exil, jusqu'à Constantinople, dont il avait auparavant dirigé l'Église. Trente ans après sa mort, le patriarche Proculus fit une homélie à la mémoire de son père spirituel et maître. Il enflamma tellement l'amour du peuple et de l'empereur Théodose le Jeune envers ce grand saint que tous voulurent que les reliques soient transférées à Constantinople. On a raconté que le sacorphage contenant les reliques de saint Jean, n'aurait pas permis  qu'on le déplace jusqu'à ce que l'empereur écrive une lettre à Chrysostome pour le supplier de pardonner (car la mère de Théodose, Eudoxia, était la coupable du banissement du saint), et l'appelant à revenir à Constantinople, sa résidence précédente. Lorsque cette lettre de repentance fut placée sur le sarcophage, le poids de ce dernier devint très léger. Au moment de la translation de ses reliques, nombre de malades qui touchèrent le sarcophage furent guéris. Lorsque les reliques arrivèrent à la capitale, alors l'empereur, au nom de sa mère et faisant comme si il était elle, parla sur les reliques, et priant à nouveau le saint pour être pardonné. "Alors que je vivais cette vie transitoire, je t'ai fait du mal, et maintenant que tu vis la vie immortelle, sois favorable à mon âme. Ma gloire est passée et elle n'a aidé en rien. Aide-moi, père. Dans ta gloire, aide-moi avant que je ne sois condamnée au Jugement du Christ!" Lorsque le saint fut amené dans l'Église des Douze Apôtres et placé sur le trône patriarcal, la foule entendit ces mots de la bouche de saint Jean "La paix soit avec vous tous." La translation des reliques de saint Jean Chrystostome a eu lieu en 438.
Prologue d'Ochrid




Saint Jean Chrysostome
Ce grand docteur universel et hiérarque est mort dans la ville de Comane en 407 en route vers son lieu d'exil. Il avait été condamné suite aux intrigues de l'impératrice Eudoxie pour avoir osé dénoncer les vices qui régnaient à Constantinople. Le transfert de ses saintes reliques eu lieu en 438, 30 ans après la mort du saint, au cour du règne du fils d'Eudoxie, l'empereur Théodose II (408-450).

Saint Jean Chrysostome avait un profond amour et respect pour le peuple, et dans le coeur des Chrétiens, il y avait un profond regret pour sa mort prématurée. Le disciple de saint Jean, saint Proclus patriarche de  Constantinople (434-447), au cours de la Liturgie dans l'église de Agia Sophia (Sainte Sagesse), prêcha une homélie louant saint Jean. Il dit "O Jean, ta vie a été remplie de tristesse, mais ta mort fut glorieuse. Ta tombe est bénie et ta récompense est grande, par la grâce et la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ, ô très gracieux ayant conquis les limites du temps et de l'espace! L'amour a conquis l'espace, la mémoire inoubliable a annihilé les limites, et plus aucun confinement n'empêche les miracles du saint."

Ceux qui étaient présents dans l'église furent tellement touchés par les paroles de saint Proclus qu'ils ne le laissèrent même pas achever son sermon. De commun accord, ils commencèrent à supplier le patriarche d'intercéder auprès de l'empereur, afin que les reliques de saint Jean puissent être ramenées à Constantinople.

Convaincu par saint Proclus, l'empereur donna son consentement et ordonna de transférer les reliques de saint Jean. Mais ceux qu'il envoya furent incapables de soulever les saintes reliques, jusqu'à ce que l'empereur réalise que c'était avec un édit au lieu d'une prière qu'il avait envoyé des hommes à Comane pour en ramener les reliques de saint Jean. Il rédigea une lettre à saint Jean, lui demandant humblement de pardonner son audace, et de revenir à Constantinople. Après lecture du message à la tombe de saint Jean, ils purent facilement en retirer les reliques, puis les emportèrent sur un navire jusque Constantinople.

Le cercueil avec les reliques fut placé dans l'église de la Sainte Paix (Agia Eirene). Lorsque le patriarche Proclus ouvrit le sarcophage, le corps de saint Jean fut retrouvé incorrompu. L'empereur approcha le cercueil avec larmes, demandant pardon pour sa mère, qui avait bâni saint Jean. Nuit et jour, le peuple ne quitta pas le cercueil.

Au matin, le cercueil fut apporté à l'église des Saints Apôtres. Le peuple s'écria "père, reprend ton trône." Alors le patriarche Proclus et le clergé entourant avec lui les reliques vit saint Jean ouvrir sa bouche et dire "La paix soit avec vous tous." Nombre de malades furent guéris à sa tombe.

La célébration du transfert des reliques de saint Jean Chrysostome fut instituée au 9ème siècle. (*)




(*) NDT : c'est à dire à l'époque où fut composée la Liturgie dite de saint Jean Chrysostome, et entamée la grande uniformisation liturgique et coutumière dans l'Église en Orient.

Aucun commentaire: