"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

16 janvier 2014

Saint Honorat de Lérins et d'Arles: office liturgique



Saint Honorat de Lérins et d'Arles  
(et de Trêves, son lieu de naissance)


 

VÊPRES

Lucernaire, t. 4

Honorons le fondateur de Lérins * et l'évêque d'Arles, Honorat, * qui sur l'île et dans la ville s'est montré * un saint ermite, un abbé zélé, * un excellent pontife, un très bon pasteur; * les foules déjà de son vivant * en ont loué la sainteté * sans attendre sa mort pour le célébrer; * et nous, à leur louange nous associant, * après tant de siècles, fidèlement, * nous accompagnons d'éloges sa mémoire sacrée.

Honoré, il le fut * du fait de sa vertu, * de cette vie consacrée au Seigneur, * qui l'a rendu parfaitement ressemblant * à l'image du Maître qu'il imita, * dans le renoncement et l'amour de ses brebis, * par l'ascèse de tous les jours * et le suprême pontificat * sur la chaire que Trophime avait fondée, * comme apôtre du Christ et disciple de Paul, * le siège apostolique des Provençaux.


Hiérarque ami de Dieu * et devenu conforme à ton nom,* sur terre n'ayant pas cherché les honneurs, * au dispensateur de la grâce tu as rendu * toute louange par ta vertu, au point d'être compté de ton vivant * parmi les astres les plus brillants, * avant d'orner comme un luminaire le firmament, * la coupole que l'Église a dans le Ciel, * sous le regard de Celui qui accorde miséricorde à l'humanité, * le Christ notre Dieu tout-puissant.

Gloire au Père, t. 8

Ce n'est pas au Dieu des ombres et des morts * que tu rendis ton culte, Honorat, * mais au Dieu Trine révélé par le Christ * et dont l'amour fut allumé * en ton coeur par la flamme de l'Esprit, * au Dieu Qui est, Qui était et Qui vient, * en présence de Qui désormais tu te tiens, * comme, ta vie entière, en image tu l'as fait, * réalisant la parole d'Élie: * Il est vivant le Seigneur * devant Qui je me prosterne en ce jour.

Maintenant... Théotokion

Le Roi des cieux...


Tropaires
t.5
Ardemment dès l'enfance ayant aimé le Seigneur, * tu quittas les richesses du monde et ses plaisirs * pour te consacrer au Christ dans la quiétude de Lérins. * Tel un fertile palmier, * tu as couvert la terre des Gaules * du fruit de ton témoignage sacré * et tu as illuminé l'Église d'Arles par tes sages enseignements. * Vénérable père, saint hiérarque Honorat, nous te prions: * puissent nos âmes être délivrées de leurs maux * et puiser à ta source la grâce de leur Salut.

t. 4
"La justice de tes oeuvres"

Natif de la Gaule Belgique, tu rencontras la Foi du Christ, * puis de Grèce en Provence tu importas ce genre de vie * qui par l'ascèse forge les saints;* et tu fis de ton île habitée par le serpent * un paradis, * de Lérins un lieu de sainteté; * Père saint, pontife Honorat, * en faveur de qui t'honore, prie le Christ notre Dieu.



MATINES


Cathisme I, t. 1
En ce jour exulte l'île de Lérins * au souvenir de son illustre fondateur; * et nous, en Provence ou dans le monde entier, * nous partageons l'allégresse de ses fils, * la joie de tous les Arlésiens * dans la cité dont il fut le suprême pasteur.

Cathisme II, t. 5
A ta mémoire, saint Honorat, * nous voulons associer * le choeur des pontifes du Christ * qui forment ta couronne dans le Ciel: * ce sont Maxime et Fauste de Riez, * Eucher de Lyon, Hilaire d'Arles, Loup de Troyes; * avec eux Vincent de Lérins, le fameux théologien.

Cathisme III, t. 4
La cité de Trèves eu l'honneur de ton berceau; * Marseille, la Grèce et l'Orient de tes pas ont reçu l'empreinte sacrée; * Fréjus et l'Esterel gardent pieusement ton souvenir, * Arles fut ton ultime demeure ici-bas, * et par toi Lérins est à jamais sanctifiée.

Kondakion, t. 8
"Par les flots de tes larmes"

Par miracle ayant chassé de Lérins déserte les serpents qui l'infestaient, * sous les flots de componction tu as fait fleurir un paradis spirituel * d'où la Gaule put tirer * de très saints évêques, tes fils, père Honorat; * toi-même en Arles tu devins un bon pasteur * intercédant pour nos âmes auprès du Christ.

Ikos
Il est allé rejoindre les astres, lui qui de son vivant * illumina le ciel de Provence par son éclat divin * et resplendit au firmament de l'Église par son rayonnement; * puisqu'il avait déjà sa demeure dans les Cieux, * il n'eut pas de peine à quitter les terrestres lieux * pour entrer dans la joie de son Maître, en bon serviteur * intercédant pour nos âmes auprès du Christ.


Synaxaire
Le 16 janvier, nous célébrons la mémoire de notre vénérable Père Honorat, fondateur du monastère de Lérins, puis évêque d'Arles.
Thaumaturge à Lérins et bon pasteur en Arles, * Honorat, pour toujours par l'exemple tu parles.
Ayant multiplié le nombre de tes fils, * près du Père tu vas, le six après le dix.

Par ses saintes prières...


Laudes, t. 8
Louons la grande gloire de Lérins, * le phare allumé sur l'île des Saints, * l'ange terrestre qui de la rive fit un ciel, * l'amant de la solitude ayant permis * qu'au désert fût terrassé * celui qui jadis fut vainqueur au Paradis.

Ensemble, chantons avec ardeur * celui dont la douceur a pu changer * les pierres les plus dures en vrais fils d'Abraham; * de coeurs telle pierre endurcis * il a fait du bon pain * pour la table du Christ notre Dieu.

Radieux, il le fut constamment, * sans devenir un triste saint, * l'ascèse étant pour lui un moyen, non une fin, * pour accéder, plein de joie, * à la personnelle perfection, * au colloque d'amour avec Dieu.

Impossible, pour l'humble Honorat * de rester inconnu: * plus sa vie fut cachée, plus son renom se répandit * au-delà des montagnes et des mers, * jusqu'en la Bretagne majeure, en l'Hibernie, * où ses disciples ont porté le nom du Christ.

Gloire au Père...

N'oublie pas ceux qui chantent, Honorat, * ta rayonnante gloire auprès de Dieu, * pour que nous, tes enfants spirituels, * au pays de l'azur et du soleil, * nous soyons dignes en tout temps * de conserver ta chaleureuse protection.

Maintenant... Théotokion

Sainte Mère du Christ notre Dieu, * espérance du monde et protectrice des mortels, * réjouis-toi, qui nous offres un sûr abri; * réjouis-toi, lampe très-pure de l'éternelle Clarté, * fontaine d'où l'Eau vive jaillit * pour les fidèles qui accourent auprès de ton Fils.


AMEN.


Acathiste à saint Honorat de Lérins :
http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.fr/2011/09/acathiste-notre-pere-parmi-les-saints_18.html

(Icône ci-dessous semble-t'il hétérodoxe)


6 commentaires:

Nikolas Petit a dit…

Pourriez-vous s'il vous plait retiré cette pseudo-icône non canonique de votre article, qui je le pense ce veut orthodoxe.
Il y a d'autre représentation de st Honorat parfaitement orthodoxe.
Si vous n'en trouvez pas je me ferais une joie de vous en envoyer pas email.

Jean-Michel a dit…

bonjour et merci de votre remarque, cependant je suis un peu perplexe vu qu'il y a 2 images sur l'article.

Si c'est l'icône en dessous, je ne vois pas ce qu'on peut lui reprocher. Et je n'ai pas trouvé mieux via qwant ou google. Si vous avez mieux, c'est avec plaisir.

Si c'est l'enluminure au dessus, c'est une enluminure, c'est tout.


Je ne suis pas intéressé par l'icône en tant que tel, puisque c'est un art liturgique inconnu des 4 premiers siècles de l'Église, et on a tant d'horreurs "officielles" dans nos églises. Par exemple, je peux aussi poster des icônes grecques ou russes du 18 ou 19ème siècle, elles sont célèbres pour appartenir à la "décadence iconographique" mais on m'interdira de les critiquer. Ou une copie du "vieux barbu" censé représenter la Sainte Trinité, une hérésie anthropomorphite présente dans nombre de paroisses officiellement orthodoxes, et même sur certaines icônes dites miraculeuses.
L'imagerie religieuse est un domaine où le culturel est très, trop fortement impliqué, je le crains.

Mais bien volontiers je suis preneur d'une autre icône, si vous savez où en trouver qui puisse être republiée (autre problème, le "droit de copie" que certains tapent sur leurs icônes, maladie moderne celle-là)

A la gloire de Dieu

Nikolas Petit a dit…

Je ne parlais pas de l'enluminure, elle est ce qu'elle est.

Mais je parlais bien de ce qui ressemble à une icône, mais qui est en contraction avec le langage iconographique orthodoxe, tout comme les autres exemples que vous mentionnez.
Mais celui dont nous parlons signifie que st Honorat porterait en sont sein le Christ, comme la Vierge (cf. signification de l'icône de la Vierge du Signe par exemple dans Le sens des icônes de L. Ouspensky et V. Lossky).
Ou encore cet article sur les "icônes déviantes" peinte par des catholiques où figure le st Honorat en question:
http://www.atelierdamascene.fr/spip.php?rubrique4

Pour des icônes de st Honorat voir ici
http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.fr/2011/09/acathiste-notre-pere-parmi-les-saints_18.html
ou là
http://www.st-irenee.fr/icones-et-fresques-de-l-église/
ou encore les fresques du monastère du Bussy en Othe ou de ...
Ce n'est pas parcequ'a une époque l'art iconographique a connu une décadence et que par laxisme les reliques de celle-ci sont encore tolérées dans maint endroit que vous devez en faire en autant en cautionnant de nouvelle innovation. Je pense que vous en conviendrez.
Je ne suis pas non plus d'accord sur le fait que l'iconographie est inconnu de l'Eglise des premiers siècles mais c'est un autre sujet.

Anonyme a dit…

Cette icône est une représentation littérale de l'oraison funèbre faite par Hilaire d'Arles lors des obsèques d' Honorat d'Arles.
Je cite, 17, 2 : "Là dès lors accouraient à l'envi toutes les gens à la recherche de Dieu. Quiconque eut le désir du Christ rechercha Honorat, et en vérité quiconque rechercha Honorat trouva le Christ. Là, en effet, il apparaissait dans toute sa force; il y avait établi son cœur comme une citadelle très élevée et un temple tout resplendissant; là résidèrent la chasteté, qui est sainteté, la foi, la sagesse et la vertu; la justice y brilla avec la vérité." 17, 3: "C'est pourquoi, ayant pour ainsi dire les bras tendu et les mains ouvertes, il conviait tous les hommes à se jeter dans ses bras, autant dire dans l'amour du Christ. Tous de partout accouraient vers lui à l'envi. Et en effet, quelle terre, quel peuple ne comptent pas aujourd'hui de ses habitants dans ce monastère ?"
Aucune histoire d'enfantement là-dedans.
Pace e salute

Anonyme a dit…

La miniature d'en-tête quand à elle représente St-Marcel Ier, se retrouve dans un missel à l'usage de St-Didier d'Avignon et est datée du XIVème siècle.
Pace e salute !

Anonyme a dit…

Sa Vie :

http://www.orthodoxa.org/FR/orthodoxie/synaxaire/stHonorat.htm