"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

04 février 2014

Euthanasie, jeûne et prière - conversion pour un pays en ruine morale (Belgique)

Il y avait cette grenouille qu'on a placé dans une casserole sur un feu doux, dont on augmenté progressivement la flamme. Comme la température augmentait lentement, elle n'a pas réagit. Elle n'a pas tenté de s'échapper. Puis un moment, c'est devenu si chaud qu'elle s'est assoupie.. et elle est morte..



La population de tous les pays occidentaux, c'est une grande grenouille. Depuis des décennies, on augmente la température du chaudron dans lequel on veut la faire cuire - le liquide ce sont télévision, football, etc (panem & circences) et la flamme c'est avortement, euthanasie, "styles de vies alternatifs", etc. On chauffe toujours plus fort, tout y passe, toujours plus loin dans l'abject, l'inhumain. Et toujours moins de réaction. La grenouille occidentale est presque morte. Presque.



Jonas a été envoyé à Ninive pour un peuple paganisé, qui se vautrait dans le même genre d'horreurs que ce qu'on légalise progressivement chez nous - et qu'on enseigne dans nos écoles, contre l'avis parental, que ce qui est légal est nécessairement moral, en prime..

"La parole du Seigneur fut adressée à Jonas, fils d’Amitaï:  "Lève-toi, lui dit-Il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur que leur méchanceté est montée jusqu’à Moi."  Jonas se mit en route pour fuir à Tarsis, loin du Seigneur" (Jon 1,1-3)



Jonas a refusé la mission de Dieu. Allons-nous aussi, qui portons la lourde responsabilité d'être "Christophores" pour ce monde, nous enfuir au loin, en nous plongeant dans nos "pieuses prières" pour ne rien entendre du bouillonement du chaudron infernal? 


Faudra-t'il que Dieu nous jette à notre tour à la mer et dans le ventre de la bête, pour que nous nous décidions à dire avec le saint Apôtre Paul "Annoncer l’Évangile en effet n’est pas pour moi un titre de gloire; c’est une nécessité qui m’incombe. Oui, malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile! " (1 Co 9,16)  ???




Comme Jonas sous son arbre, allons-nous aussi rester assis dans nos temples dégoulinants de dorures, pour, aveuglés par tout l'encens, nous désintéresser du sort éternel de nos prochains en nous rassurant que "nous au moins nous sommes de pieux chrétiens orthodoxes", donc on sera sauvés (enfin, on le croit..)?

Après le "massacre des saints innocents" que feu l'admirable roi Baudouin 1er avait refusé de signer et que nos politiciens sans conscience ont légalisé, cet assassinat camouflé sous le vocabulaire euphémistique "d'interruption volontaire de grossesse"; après l'extermination médicale et remboursée des malades, des inutiles, des faibles, des petits vieux dont on convoite l'héritage - l'euthanasie, cette pratique prônée par Hitler dès 1921; etc; à présent on veut étendre le massacre aux enfants déjà nés. Le parlement fédéral belge s'apprête en effet à légaliser l'euthanasie d'enfants. Les Baals réclament sans cesse plus de victimes, nos représentants voudraient légalement les leur sacrifier. Et on devrait rester assis le dimanche à dormir à l'église, et le restant de la semaine vivre comme si on était sur une autre planète?

En Grèce, fin novembre 2013, le métropolite Seraphim de Piraeus a annoncé publiquement qu'il excommuniait tous les politiciens habitant son diocèse et ayant voté les lois anti-famille, anti-vie. Voilà l'exemple. Saint Jean Chrysostome serait encore là, il ferait pareil. Et il appelerait à prier et jeûner contre toutes ces horreurs.

Aussi puisqu'un évêque non-orthodoxe lance courageusement cet appel, sous les quolibets et injures et menaces, et que chez nous ça reste le silence assourdissant, je relaie son appel.

A l'objection que j'ai reçue plusieurs fois, "mais un jour, à quoi bon", je réponds oui, en effet, un jour c'est un peu court. Mais c'est mieux que notre "rien du tout" à nous, non?
Puisque le Christ nous dit que "te requiert-il pour une course d’un mille, fais-en deux avec lui" (Mt 5,41) - donc pourquoi pas trois jours - et pas seulement contre l'euthanasie, mais contre toute cette culture de mort? Car pour 3 jours à Ninive, Dieu a changé le cours des choses. Croyons-nous en Dieu et Sa promesse, ou est-ce juste une intéressante théorie "au cas où", façon "pari de Pascal"?



"Si Mon peuple sur qui est invoqué Mon Nom s’humilie, prie, recherche Ma présence et se repent de sa mauvaise conduite, Moi, du Ciel, J’écouterai, Je pardonnerai ses péchés et Je restaurerai son pays."
2 Chroniques 7,14



Croyons-nous en Dieu??? Vraiment??? Alors jeûnons et prions!



Nous sommes passés par une époque d'athéisme, et nous savons ce que c'est que de vivre sans Dieu. Alors nous voulons crier "stop" au monde entier.
Patriarche Kyrill de Moscou



A (re)lire :
La vie est don de Dieu (+ réflexions bio-éthiques à Saint-Serge)
http://stmaterne.blogspot.com/2014/01/la-vie-est-don-de-dieu-reflexions-bio.html


==============================
articles (c) La Libre Belgique

L’Eglise jeûne et prie contre l’euthanasie
http://www.lalibre.be/actu/belgique/l-eglise-jeune-et-prie-contre-l-euthanasie-52eaa16a3570e5b8eeeae23f
Laporte Christian Publié le jeudi 30 janvier 2014 à 20h00
Mgr Léonard et l’archevêché mobilisent une dernière fois avant le vote à la Chambre.

L’archevêque André-Joseph Léonard ainsi que ses collègues- évêques de Bruxelles et des deux Brabant, soit respectivement Jean Kockerols, Jean-Luc Hudsyn et Léon Lemmens lancent un appel aux chrétiens de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles afin que le jeudi 6 février où pourrait être votée la loi sur l’extension de l’euthanasie soit une journée de jeûne et qu’elle se mue le soir en veillée de prière "afin d’éveiller les consciences et de provoquer un ultime débat public au moment où notre pays risque de se donner une législation étendant la possibilité de l’euthanasie à des personnes mineures".

L’Eglise serait "heureuse si d’autres chrétiens, des croyants d’autres religions et des agnostiques ou des athées (la) rejoignaient dans cette démarche, qui est d’abord d’ordre philosophique, selon des modalités adaptées à leurs convictions". Et de rappeler que "les euthanasies d’adultes se multiplient dangereusement; le risque est grand qu’en élargissant l’offre aux mineurs, la loi projetée ne suscite artificiellement la demande".

Pour les quatre évêques "il n’est pas trop tard, mais il est temps ! Secouons notre propre conscience et aussi, avec respect, celle de nos frères et sœurs en humanité. L’histoire ne sert jamais deux fois les mêmes plats ni les mêmes circonstances. C’est aujourd’hui qu’il faut agir". Concrètement, ils organiseront des veillées de prière dans trois lieux emblématiques et géographiquement centraux de l’archidiocèse : à la basilique de Koekelberg à Bruxelles, à la collégiale St-Pierre à Louvain et à la basilique de Basse-Wavre. Mais d’autres sanctuaires sont invités à se mobiliser. A Bruxelles et à Louvain, la veillée a lieu le 6 février à 20h. A Basse-Wavre, ce sera le 8


L'action de Mgr Léonard contre l'euthanasie des mineurs
http://www.lalibre.be/actu/belgique/l-action-de-mgr-leonard-contre-l-euthanasie-des-mineurs-52ea6d313570d7514c2d1450
Belga Publié le jeudi 30 janvier 2014 à 16h18
Concrètement, des veillées de prière seront organisées dans au moins trois endroits de l'archevêché de Malines-Bruxelles.

L'archevêque de Malines-Bruxelles et ses trois auxiliaires ont lancé jeudi un appel à l'ensemble des doyennés ainsi qu'aux basiliques et sanctuaires de l'archidiocèse à observer le jeudi 6 février prochain une journée de jeûne et de prière après l'approbation mardi en Commission de la Justice de la Chambre de l'extension de la loi euthanasie aux mineurs d'âge. La veillée de prière doit servir "à réveiller les consciences et provoquer un ultime débat public au moment où notre pays risque de se donner une législation étendant la possibilité de l'euthanasie à des personnes mineures", expliquent les quatre ecclésiastiques.

Concrètement, des veillées de prière seront organisées dans au moins trois endroits de l'archevêché de Malines-Bruxelles. Ainsi, le jeudi 6 février, Mgr Léonard présidera la veillée de prière qui se déroulera en la Basilique nationale de Koekelberg. Au même moment, Mgr Kockerols présidera, en l'absence de Mgr Lemmens, celle qui se tiendra dans la collégiale Saint-Pierre de Louvain. En Brabant wallon, la veillée présidée par Mgr Hudsyn aura lieu le samedi 8 février dans la basilique Notre-Dame de Basse-Wavre.

Un texte expliquant pourquoi les quatre ecclésiastiques s'opposent à l'extension de la loi euthanasie sera distribué avant le début des veillées de prière.


Édito: la sagesse de l’Eglise belge
http://www.lalibre.be/debats/edito/edito-la-sagesse-de-l-eglise-belge-52ec04f23570e5b8eeeb9e83
Francis Van de Woestyne Publié le vendredi 31 janvier 2014 à 21h17


Dans quelques jours, la Chambre votera le projet de loi qui étend, sous certaines conditions, l’euthanasie aux mineurs. Afin de sensibiliser les consciences, l’archevêque André-Joseph Léonard a décidé d’organiser une journée de jeûne et de prière. Certains ont jugé cette initiative déplacée.

1. La Belgique est une démocratie parlementaire. Le peuple est souverain. C’est au Parlement, où siègent les élus de la Nation, que se conçoivent les textes législatifs et que se discutent les projets rédigés par les membres du gouvernement. Ce processus législatif ne peut être entravé par aucun groupe, aucune association. Les lois, votées selon des majorités définies dans la Constitution, s’appliquent à tous.

2. Il est cependant tout à fait légitime, pour qui désire manifester une crainte à l’égard d’un texte en préparation, de s’y opposer par tous les moyens démocratiques possibles. Et l’on reste éberlué devant les protestations des partisans de la loi élargissant l’euthanasie aux mineurs. Selon eux, l’Eglise belge ferait preuve d’une ingérence inacceptable dans ce débat. Où sont les intolérants ? Pourquoi l’Eglise ne pourrait-elle donc pas intervenir dans un débat aussi sensible ? L’Eglise considère que ce texte heurte ses convictions. Elle n’est pas la seule. Le monde médical est divisé. Des pédiatres ont expliqué, il y a deux jours dans "La Libre", en quoi la loi en préparation était inutile et précipitée. C’est aussi notre sentiment.

3. En France, les lois à caractère éthique ont provoqué une profonde division de la société. En Belgique, ces évolutions ont eu lieu grâce à l’incroyable maturité démocratique des citoyens. C’est notamment parce que l’Eglise a choisi des modes de protestation "doux", sans aucun radicalisme, que le débat est resté serein.




L’euthanasie et ses enjeux - Communiqué des évêques de Belgique, 22 janvier 2014
http://www.catho.be/index.php?id=47&id_news=10728&L=0


 

3 commentaires:

Anonyme a dit…

http://www.lalibre.be/actu/belgique/une-veillee-contre-l-euthanasie-des-mineurs-rassemble-1-000-personnes-a-bruxelles-52f3f90c3570516ba0b5f273

Une veillée contre l'euthanasie des mineurs rassemble 1.000 personnes à Bruxelles

Belga Publié le jeudi 06 février 2014 à 22h05
Ils s'opposent à l'extension de la loi.

Quelque 1.000 personnes se sont réunies à la basilique de Koekelberg, jeudi soir, à 20h00, pour une veillée de prières contre l'extension de la loi sur l'euthanasie aux mineurs, qui sera votée à la Chambre jeudi prochain. A l'appel de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles, cette journée de jeûne suivie d'une veillée de prières a été tenue dans diverses églises en Belgique, notamment quelques-unes à Bruxelles et huit en Brabant flamand. Le diocèse de Liège tiendra une veillée mardi prochain.

A la Basilique de Koekelberg, Monseigneur Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, souhaite provoquer un ultime débat public. Il remet en cause l'utilité de cet élargissement, étant donné l'absence de réelle demande, mais aussi sa cohérence. "On juge les adolescents juridiquement incapables de poser des actes importants sur les plans économiques et affectifs et tout à coup, ils deviennent capables de décider qu'on les fasse mourir."

Il met également en garde contre les dérives éventuelles de ces considérations éthiques, en s'appuyant sur le projet d'extension de l'euthanasie aux personnes démentes qui ont acté une demande anticipée. "Quand l'euthanasie se multiplie, cette décision prétendument purement individuelle exerce une pression subtile sur la société. Les personnes âgées potentiellement démentes dans quelques années vont se dire qu'il suffit de signer un papier pour ne pas risquer de devenir une charge pour leur entourage. Je crains que cela brise des solidarités et invite finalement discrètement des personnes à faire ce choix solitaire."

photo mgr Athenagoras de Belgique, mgr Leonard, pasteur protestant

Anonyme a dit…

http://www.lalibre.be/debats/opinions/liberte-d-expression-meme-pour-les-catholiques-52f488fc3570516ba0b63308

Liberté d’expression… Même pour les catholiques ?

Contribution externe Publié le vendredi 07 février 2014 à 08h36
Une opinion de Eric de Beukelaer, chroniqueur


Le rapport de notre société belge sécularisée à l’Eglise catholique, est loin d’être pacifié. Parce que la majorité de la population est d’origine catholique et garde souvent encore un lien – paisible ou agressif – avec ses racines religieuses, chaque prise de position épiscopale dans un débat de société, éveille des commentaires émotionnels, bien plus que rationnels. J’en veux pour preuve les déclarations de Pierre Galand, président du Centre d’Action Laïque (CAL), suite à l’appel de l’archevêque Léonard (et ses 3 auxiliaires, ainsi que l’évêque de Liège) à une journée de jeûne et de prière – en vue d’éveiller les consciences par rapport à la future extension de la loi sur l’euthanasie aux mineurs d’âge.

Pour rappel – cela fait des années que le CAL milite pour l’adoption de cette loi. Je me serais donc attendu de sa part à un commentaire, du genre : « Je ne partage pas les craintes de l’institution catholique face à cette proposition de loi. Il n’empêche, tout comme les responsables laïques que nous sommes, les responsables catholiques ont le droit de participer au débat public en faisant entendre leur voix. Cela est sain et, ce faisant, ils sont dans leur rôle d’acteur spirituel – comme nous le sommes au nom du libre-examen. In fine, c’est la majorité parlementaire qui fait les lois » .

Face à pareil discours, je n’aurais eu rien à redire. Au lieu de cela, nous avons droit à un commentaire, qui commence par reconnaître aux catholiques la liberté d’expression, pour mieux la leur retirer ensuite. Je cite Pierre Galand (« le Soir », 6 février p.3) : « L’Église catholique porte une autre vision de la vie. C’est son droit. Mais ce n’est pas le sien de vouloir faire pression pour que sa conception soit imposée à tous ». En clair: quand le CAL appelle à manifester contre un projet de loi espagnol, comme il y a quelques jours, il est dans son droit (= bien). De même, quand le CAL et l’Église catholique appellent ensemble à des critères de régularisation des sans-papiers, comme il y a quelques années, cela est justifié (= bien).

Mais quand l’Église invite à prier par mettre en garde contre une proposition de loi belge soutenue par le CAL, il s’agit d’une intolérable ingérence (= pas bien). Une liberté d’expression à géométrie variable, en quelque sorte. Pourquoi cette inégalité de traitement face à la liberté d’expression publique? Parce que le CAL défendrait une position de « progrès » (= bien), alors que l’Église s’y opposerait (= pas bien). Voilà donc qu’un certain libre-examen adopte une vision « sacralisée » de l’histoire, toute hésitation ou opposition constituant un « retour en arrière ». Contradiction étonnante d’une attitude enfantant ce qu’il convient d’appeler « un dogme du progrès ». Progrès allant dans le sens du CAL – bien entendu.

Vision philosophique de la vie humaine

Avec de tels arguments, la laïcité philosophique telle qu’incarnée par certains, entre en contradiction avec les principes même de la laïcité politique. Cette dernière fonde la gestion publique sur la raison. De ceci découlent deux principes fondateurs:

1. Chaque citoyen adulte et sain d’esprit, est un sujet raisonnable. Il doit donc pouvoir parler et être écouté. Ceci exclut du champ démocratique le totalitarisme sous toutes ses formes, car il n’offre voix au chapitre qu’à celui qui pense comme lui et/ou qui lui ressemble.

Anonyme a dit…

2. Les arguments politiques des citoyens doivent être audibles par tous, même et surtout par ceux qui ne partagent pas les même convictions spirituelles. Le discours politique ne peut donc se fonder sur une révélation religieuse ou une idéologie de l’histoire. Seuls des arguments de type philosophique sont recevables. Ceci exclut du champ démocratique tous les fondamentalismes croyants ou athées, car ils évincent la raison du débat de conviction.

L’opposition de Mgr Léonard, et des autres évêques, à la proposition de loi sur l’euthanasie des mineurs, se fonde sur une vision philosophique de la vie humaine. Pourquoi refuser à un responsable catholique de s’engager dans un enjeu de société aussi crucial – comme le CAL le fait, de son côté? Pareil déni de parole encourage les radicalisations dangereuses. J’entends, de plus en plus souvent, des voix en colère m’opposer que je suis bien naïf de continuer à dialoguer avec le libre-examen en général et le CAL en particulier, car leur tolérance serait à sens-unique. Je réponds que nombre de libres-penseurs reconnaissent aux catholiques un plein droit d’expression. Et ceci, au nom du principe voltairien: « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour vous laisser le dire ». Ai-je tort de penser cela?