"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

07 février 2014

Saint Chrysole de Comines, martyr de l'évangélisation de la Belgique (3ème s.)


Photos à Comines Belgique & France, 14/10/2005
saint Chrysole, martyr, Apôtre des Flandres, fresque de l'église saint Chrysole à Comines B

"Saint Eloi, évêque de Noyon(-Tournai), ayant eu connaissance de la vie du bienheureux Chrysole et de son vénérable triomphe, ordonna, lorsque déjà il s'était écoulé un grand nombre d'années, que le corps du saint martyr fût levé de terre, et il le fit déposer honorablement dans une châsse d'argent." (Acta Sanctorum Belgii, t. I. de sancto Chrysolio.)


Tropaire de saint Chrysole ton 8
A l'instigation de l'Esprit divin,
Tu as répandu sur notre terre les germes de notre sainte Foi
Et débordant d'un grand amour pour le Christ,
Tu as arrosé notre sol des flots de ton sang.
C'est pourquoi, vénérable martyr Chrysole,
Nous te prions aujourd'hui de supplier la Vivifiante Trinité
Pour le Salut de nos âmes.



Saint Chrysole, + entre 278 et 303.
Né de parents chrétiens dans la petite Arménie, ils le confièrent à des maîtres sages et expérimentés. Il deviendra par la suite évêque d'une ville d'Arménie. La persécution ordonnée par Dioclétien et Maximien, qui s'alluma vers le même temps, sévit partout dans l'Asie, où il y avait déjà beaucoup de chrétiens. Saint Chrysole, soit pour mettre en pratique la recommandation du Sauveur qui avait dit à ses disciples : "Lorsqu'on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre"; soit pour aller répandre l'Evangile en d'autres contrées, rejoignit d'autres missionnaires partant vers les peuples de la Gaule. Saint Chrysole se fixa dans cette partie de l'ancienne Belgique Inférieure, située entre l'Escaut et la Lys, au pays Mélanthois. Pendant plusieurs années, il parcourut ces contrées sans que rien pût l'arrêter, ni la distance des lieux, ni la difficulté des voyages, ni les dangers de tout genre auxquels il était exposé. Sa confiance en Dieu était entière, et, selon la parole du divin Maître, "il ne craignait rien de ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n'ont aucun pouvoir sur l'âme".
Saint Chrysole, dans l'intervale de ses courses évangéliques, résidait habituellement là où se trouve l'actuelle à Comines. Il y construisit un oratoire pour célébrer les divins mystères et réunir, autant que le permettaient les circonstances, les nouveaux chrétiens. La persécution qui commençait à exercer ses ravages dans le nord des Gaules ne lui laissa pas le temps de baptiser ses catéchumènes. Un jour qu'il prêchait auprès d'un temple d'idoles, dans le village de Verlinghem, il fut surpris et arrêté par des soldats. Imitant la conduite de notre Seigneur au milieu de Ses bourreaux, ne répondit que par la patience aux brutalités dont ils l'accablèrent. C'est dans ce lieu qu'après avoir été frappé de verges, il eut le sommet de la tête tranché par ces soldats païens. Ils le laissèrent gisant par terre et baigné dans son sang. Saint Chrysole fut enseveli à Comines, dont il est devenu le saint patron, et où s'opèrent des guérisons par son intercession. Il est aussi le patron de la paroisse de Verlinghem. Celle de Lens, en Artois, possédait une partie des reliques, comme l'indique une ancienne inscription latine. Saint Eloi, lorsqu'il était évêque de Tournai et de Noyon, leva de terre le corps de saint Chrysole et le renferma dans un cercueil à la façon mérovingienne, comme il avait fait pour saint Piat. En 1611, la ville de Brugge, où l'on avait transporté la châsse de saint Chrysole à cause des guerres continuelles qui désolaient le pays, envoya à l'église de Tournai quelques parcelles de ces reliques de saint Chrysole, et reçut en retour des morceaux de celles de saint Eleuthère.



vue de l'église Saint-Chrysole & statue-reliquaire de Saint Chrysole, Comines Fr.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Saint Chrysole est un évêque régionnaire venu comme d'autres de Petite Arménie, qu'il avait quittée suite aux persécutions féroces de l'Empire à la fin du 3ème siècle. Il est venu évangéliser la région assez rude à l'époque entre Comines et Tournai. C'est en prêchant dans un village encore fort barbare qu'il a été martyrisé, le dessus de la tête tranché, versant son sang pour nous, comme le Christ.

En latin, on trouve une mention postérieure de son "élévation", qui correspond dans l'Orthodoxie orientale à la "glorification", ce que les catholiques-romains appellent "canonisation" :
"Saint Eloi, évêque de Noyon, ayant eu connaissance de la vie du bienheureux Chrysole et de son vénérable triomphe, ordonna, lorsque déjà il s'était écoulé un grand nombre d'années, que le corps du saint martyr fût levé de terre, et il le fit déposer honorablement dans une châsse d'argent." (Acta Sanctorum Belgii, t. I. de sancto Chrysolio.)
La Foi commune à l'Occident et l'Orient étant parfaitement orthodoxe à l'époque, et son "élévation", confirment qu'il est bien à sa place dans le Synaxaire actuel. Et nous le fêtons comme nombre d'autres saints en ce 7 février.

Il appartient à cette nuée d'évangélisateurs des 3 premiers siècles dans nos régions pour lesquels on possède de très brèves notices originales qui ont été largement amplifiée, déformées et "légendisées" (voire "mythologisées") à partir des Carolingiens (faisant de nos saints systématiquement et anachroniquement des sujets vaticanesques pour des motifs facile à comprendre). Le même phénomène d'amplification et de mythologisation s'est d'ailleurs retrouvé en Orient, n'est qu'à comparer les humbles notices des Actes des Martyrs avec les "contes" de certains Synaxaires pour le constater.

Cependant, en ce qui concerne les évangélisateurs de nos régions, leurs antiques oratoires se retrouvent souvent par l'archéologie sous forme de vestiges sur lesquels des églises mérovingiennes, carolingiennes puis romanes ont été construites. Leur présence par de saintes reliques est un autre témoignage. Et enfin dans l'antique Liturgie romaine orthodoxe, qui n'a pas varié d'un iota pendant des siècles, on retrouve aussi leur présence liturgique dans les prières qui leurs étaient adressées les jours de commémoration. Un témoignage fort des oeuvres d'antique évangélisation de nos contrées.

La région de Comines faisant partie de cette zone de la Belgique et du Nord de la France (nos anciennes Flandres "françaises" ;-) , qui ont particulièrement souffert de la 1ère guerre mondiale et ont été quasiment "rasées", tout a dû être reconstruit par la suite. D'où on ne trouve à Comines qu'une église catholique-romaine post-1GM.