"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 février 2014

Sainte Walburge, patronne d'Oudenaarde


Sainte Walburge fut une des bénédictines Anglo-Saxonnes qui furent engagées dans l'oeuvre missionnaire en Germanie au 8ème siècle, aux côtés du plus célèbre de tous, saint Boniface.

Sancta Walburga naquit vers 710 dans le Devon, fille d'un chef Saxon de l'ouest. Du fait de ses relations de famille royale, on la dépeint fréquement avec l'écusson des armes des Plantagenet.

Walburga fut envoyée pour être éduquée au monastère double de Wimbourne, dans le Dorset, où elle devint moniale. (un monastère double, c'est un monastère qui avait une communauté de moniales aux côtés d'une communauté de moines). Saint Boniface, qui était un parent, fit appel pour avoir de nouvelles recrues pour venir l'aider à l'évangélisation de la Germanie. Deux des frères de Walburga, saint Willibald et saint Wynnebald y étaient déjà partis en 739. Il n'est dès lors pas surprennant que Walburga, avec d'autres compagnes, répondit à l'appel. Parmi les partants on trouvait Hugeburc, qui écrira la 'Vie de saint Wynnebald', qui est la source d'information à propos de Walburga elle-même. Il existe une tradition rapportant qu'avant de quitter l'Angleterre, le groupe rendit visite à l'abbaye de Minster dans le Kent. C'est assez probable, vu que l'abbesse, Eadburga, était amie et correspondante de saint Boniface, et que cela se trouvait très proche d'un port de départ pour la traversée de la Manche.

Sur le Continent, elles firent d'abord le voyage vers Mayence, où elles furent acceuillies par Boniface lui-même. Ensuite elles furent envoyées à Tauberbischofsheim où Walburga prêcha et développa ses talents médicaux. Après 2 ans, elle fut envoyée à Heidenheim où se trouvait un monastère de moines qui avait été fondé par ses frères Wynnebald et Willibald, ce dernier étant évêque d'Eichstätt. Avec ses moniales, elle en fit un monastère double, le seul connu pour avoir existé en Germanie. Heidenheim suiva la Règle de saint Benoît et devint un important centre, non seulement pour la propagation de la Règle, mais aussi pour l'évangélisation et la prière.

Saint Wynnebald étant mort en 761, Walburga devint l'unique supérieure tant pour les moniales que pour les moines. D'après la 'Vie de Wynnebald' par Hugeburc, Heidenheim était un champ de mission fort difficile, avec 'beaucoup de dépravation païenne, beaucoup d'idolâtres', et des adversaires 'prêts à assassiner et incendier'. En plus de l'oeuvre missionnaire, il y avait aussi les difficultés liées au fait d'être supérieure d'un monastère d'hommes, qui n'étaient pas habitués à être dirigés par une femme, les monastères doubles étant inconnus en Germanie. Ce fut une implantation relativement importante, avec des ateliers, un moulin, et des fermes laitières. On possède peu de détails de la règle de Walburge, sauf qu'elle était 'une personne sensible et vulnérable, qui savait être patiente et pardonnait. Elle devait irradier la bonté et la luminosité' (Brigitta zu Münster). C'est peut-être de là que vient ce récit du miracle de la lumière. Lorsque le portier de l'abbatiale refusa d'éclairer le chemin pour Walburge et ses moniales durant une nuit noire, elle irradia d'elle-même une lumière miraculeuse et puissante.

Walburge mourrut en 779, et fut enterrée à Heidenheim. Après la mort de saint Willibald en 787, son successeur, l'évêque Gerhoh, transforma le monastère en une maison pour le chapitre d'Eichstätt pour prêtres séculiers. Il ne redevint pas une abbaye bénédictine avant 1150.

Pendant ce temps, en 870, les reliques de Walburga furent transférées dans le tombeau de son frère à Eichstätt, où son culte s'enracina et où elle fut vénérée comme sainte. De l'huile médicinale coula du rocher autour de sa tombe - et il en est encore ainsi jusqu'à nos jours et ceci explique la flasque sur son icône. Il cela devint un centre de pèlerinage. En 893, pour "l'elevatio" (la glorification, ou reconnaissance de sainteté), sa tombe fut ouverte et ses reliques répandues en divers lieu - dont Veurne, Ieper, Brugge et Oudenaarde (dont elle est la sainte patronne), lesquels lieux devinrent à leur tour centres de sa vénération.
Par ses saintes prières, Seigneur Jésus, aie pitié de nous et sauve nous.


Tropaire de sainte Walburge
Ô Dieu, Qui parmi les innombrables dons de Ta grâce * accompli Tes miracles même à travers la faiblesse d'une femme : * accorde-nous miséricordieusement, nous qui ne sommes pas seulement illuminés par l'exemple de chasteté de Ta bienheureuse vierge Walburge, * mais nous réjouissons aussi par la gloire de ses miracles, * qu'elle puisse être celle qui intercède pour nous auprès de Ton Trône * afin que nous soyons sauvés et entrions dans Ton Royaume pour les siècles sans fin.


"Tous les hôtes qui se présentent ont à être acceuillis comme le Christ, car Lui-même dira: J'étais un étranger, et vous M'avez acceuilli. .. Il faudrait faire preuve de toute humilité en s'adressant à un hôte à son arrivée ou départ. En inclinant la tête, ou par une complète prostration du corps, Christ sera adoré, parce qu'Il est en effet acceuillit en eux."
Règle de Saint Benoît 53 1-2, 6-7

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