"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 mars 2014

Non à la guerre en Crimée ! (Alain Durel, philosophe)


Non à la guerre en Crimée !
21 mars 2014, 12:01


(republié avec autorisation depuis :

https://www.facebook.com/notes/alain-durel/non-%C3%A0-la-guerre-en-crim%C3%A9e-/10153950149470615. Les liens illustrant le texte ci-dessous sont de moi-même. JM)

Les Européens ne sont pas capables de s’entendre pour construire quelque chose ensemble, mais ils le seraient pour vouer à l’anathème un pays ! L’unanimité de la condamnation a quelque chose d’inquiétant. On pense aux analyses de René Girard sur le bouc émissaire. La violence de tous contre tous se mue en violence de tous contre un. Plus inquiétante encore est l’unanimité dans les médias, le caractère extrêmement dangereux de leurs propos. Hélas, ce n’est pas chose nouvelle. Ceux qui ont connu les guerres du Golfe ou les bombardements de Belgrade s’en souviennent. De quoi est coupable la Russie au juste ? D’avoir annexé la Crimée, dit-on. « Annexer », le mot est fort, il est dans tous les médias. Bien sûr, on songe à l’anschluss, au Troisième Reich, avec cette différence, toutefois, que des nazis sont au pouvoir en Ukraine : Vice Premier Ministre : Oleksandr Sych, Ministre de la Défense : Ihor Tenyukh, Responsable du Conseil de Sécurité et Défense Nationale (police intérieure) : Andriy Parubiy, Ministre de l’Écologie : Andriy Mokhnyk, Ministre de l'Agriculture : Ihor Shvaika, Procureur Général : Oleg Mokhnytsky (bras exécutif de la justice)… La Russie aurait donc annexé la Crimée. Les habitants de cette province riche en vignobles auraient été pris en otage, forcés à voter le rattachement de leur territoire à la Fédération de Russie. Vous y croyez, vous ? Pas moi. Les scènes de liesse, qui ont eu lieu partout le jour de l’annonce des résultats, et auxquelles ont été témoins les journalistes occidentaux présents sur place disent le contraire (le journal de France2 était transmis en direct de Crimée, les observateurs occidentaux étaient donc présents, contrairement à ce qui fut affirmé). Mes amis de Crimée ont tous témoigné de l’atmosphère d’intense joie qui a suivi la nouvelle du rattachement à la Russie. Je pose donc une question : si la Crimée avait été annexée, ne pensez-vous pas qu’il y aurait un mouvement de rébellion, comme ce fut le cas à Maïdan ? Il n’y en a pas. Il faut donc admettre cette vérité essentielle : l’immense majorité des habitants de Crimée a souhaité le rattachement de son pays à la Russie. Tant que les USA, l’OTAN et l’UE continueront à nier ce fait central, on peut être sûr que le danger de guerre est réel. Si, au contraire, on l’admet, n’est-il pas légitime que le peuple de Crimée décide de son propre sort ? Je vous invite à faire une expérience de pensée : imaginez que la Russie dise : « D’accord, nous annulons tout, nous demandons à l’UE d’organiser un referendum en Crimée ». Que se passerait-il ? Le même résultat, à peu de chose près, avec peut-être 70% de « oui » au lieu de 90%. Nous irions donc faire une guerre (peut-être mondiale, car la Chine soutiendra la Russie) sous prétexte d’un vice de forme, quand le fond est absolument évident ? Alors que faut-il penser ? Tout simplement, que les raisons invoquées par les USA, l’UE et l’OTAN sont fallacieuses. Il s’agit, depuis le début, d’une tentative de déstabilisation de la Russie programmée de longue date : « Quand l’Union soviétique s’est effondrée fin 1991, Dick ne voulait pas seulement voir le démantèlement de l’Union soviétique et de l’empire russe mais de la Russie même, pour qu’elle ne puisse jamais plus être une menace pour le reste du monde », a écrit dans ses mémoires l’ancien secrétaire d’Etat américain à la Défense, Robert Gates. Ce dernier faisait référence au secrétaire d’Etat à la Défense de l’époque et ancien vice-président américain, Dick Cheney.

Mais ce conflit est surtout une guerre énergétique sur arrière-fond d’intérêts économiques colossaux. Permettez-moi de rappeler cette vérité terrifiante : il existe des personnes qui s’enrichissent grâce aux guerres, les véritables dirigeants de la planète, qu’ils se nomment Exon, Mobil ou Gasprom. Je m’étonne de la passivité des citoyens français et européens au moment où une guerre va peut-être entraîner le monde dans le chaos. En ce moment même, l’armée ukrainienne est en train de prendre position contre la Russie, espérant, par une provocation, que la Russie répliquera, entrainant ainsi l’OTAN dans la guerre. N’est-il pas urgent de dénoncer la montée des périls, le langage belliqueux de nos représentants européens (qui ne nous représentent pas), de dire « non » à la guerre, « non » aux sanctions contre la Russie - qui entraîneront en retour des sanctions de la Russie contre l’Europe, prélude à la guerre - « non » au fascisme, « oui » à la négociation, « oui » à la paix !


1 commentaire:

Anonyme a dit…

autres "boucs émissaires" habituels dans la région en cas de crise : les Juifs. Et ça ne date pas d'hier, un article de ce blog-ci le rappelle..
http://stmaterne.blogspot.com/2013/05/faire-des-juifs-des-boucs-emissaires.html