"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

14 avril 2014

Avoir peur d'aimer, ou comment passer à côté d'une vie de couple (p. Tryphon, EORHF)


Celui qui n'aime pas est déjà mort.


Il y en a qui ont peur de s'engager par crainte de perdre. Ils craignent que l'autre aille soit les abandonner, ou être perdus dans l'amour, alors ils restent éloignés de toute relation possible. Certains arborent la façade de l'indifférence, par peur du rejet, se privant eux-mêmes d'un bonheur possible. De crainte d'une perte possible, ils deviennent d'absolus perdants, car le bonheur qui vient dans une relation engagée, il leur échappe. S'ils ne s'aiment pas mutuellement, ils n'ont pas besoin de craindre de perdre cet amour. Certains, ayant perdu l'être aimé, craignant de revivre pareille perte, s'interdisent de recommencer à s'engager. Trouvant plus sûr de se garder à distance d'autrui, en agissant de la sorte, ils pensent qu'ils ne souffriront pas de nouvelle perte.

Lorsque vous refusez d'être vulnérable en vous donnant dans une relation engagée, vous vous privez d'un des aspects les plus fondamentaux de ce que signifie être humain. Lorsque vous avez peur de perdre, vous êtes sous pression pour mener une vie de courage, car c'est en vivant avec courage que nous sommes capables de pleinement participer à la vie, et de devenir pleinement humains.

S'affliger de la perte d'une relation, que ça soit suite à un décès ou à une rupture, est aussi important que la maturation de notre coeur, ou que d'avoir une relation à long terme, car en nous en affligeant, nous nous rendons capables de rester en relation avec autrui, et de rester le coeur ouvert à ce que Dieu a pour nous. Si la peur de la perte nous paralyse, nous pourrions ne pas être à même de risquer avoir quelque chose qui compte vraiment pour nous, car en évacuant ainsi le courage, nous nous privons de la sensibilité et de l'intimité qui nous aide à ouvrir notre coeur à tout ce que Dieu a prévu pour nous.

S'affliger, c'est la manière dont on peut guérir d'une perte, et suite à cela, être ouvert aux relations qui peuvent rendre votre vie plus complète, et plus accomplie. Nombre de gens ne se permettent pas de s'affliger, dès lors ils se privent de relations qui peuvent mener à la croissance spirituelle qui ne vient que par les pertes subies. Vous devenez plus fort si vous vous permettez de vous affliger lorsque vous avez expérimenté une perte, car s'affliger est une des plus fondamentaux dons de vie. C'est la manière dont le coeur peut se guérir d'une perte, et recommencer à aimer, et grandir en sagesse. Si nous refusons d'aimer quelqu'un d'autre, par peur de perdre cette personne, nous restons fermés non seulement aux autres, mais aussi à Dieu. "Celui qui n’aime pas demeure dans la mort" (1 Jn 3,14).

Dans l'amour du Christ,
Hiéromoine Tryphon



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