"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 avril 2014

Un déluge sur notre péché, en nous plongeant dans la grâce du Carême (saint Maxime de Turin)

Nous lisons dans l'Ancien Testament qu'aux temps de Noé, alors que toute l'humanité s'était soumise au péché, les écluses célestes s'ouvrirent et la pluie tomba 40 jours durant.. C'était un symbole. Il était moins question d'un déluge que d'un baptême. Car c'était en effet un baptême qui emportait au loin les méfaits des pécheurs, et épargnait la droiture de Noé. Et ainsi de même de nos jours, comme en ces temps-là, notre Seigneur nous a donné le Carême afin que les cieux puissent s'ouvrir le même nombre de jours pour nous innonder des flots de la divine miséricorde. Une fois lavés dans les salutaires eaux baptismales, ce Sacrement nous illumine, et comme auparavant, ses eaux emportent le mal de nos péchés, et confirme la droiture de nos vertus.

La situation actuelle est la même qu'aux temps de Noé. Le baptême est déluge pour les pécheurs et consécration pour les fidèles. Dans le baptême, le Seigneur sauve la justice et détruit l'injustice. Nous pouvons voir tout cela se suivre en un seul et même homme : avant d'être purifié par le commandement spirituel, l'apôtre Paul était un persécuteur et un blasphémateur (1 Tim 1,13). Mais une fois baigné dans la céleste pluie du baptême, le blasphémateur mourut, le persécuteur décéda, Saul défuncta. Alors l'apôtre, l'homme juste, Paul, vint à la vie.. Quiconque vit le grand Carême  d'une manière pieuse et observe les Commandements du Seigneur verra le péché mourir en lui et la grâce y donner la vie.. De telles personnes meurent comme pécheur et vivent comme justes.
Saint Maxime, évêque de Turin (+ 420), sermon du Carême, CC sermon 50, PL57 585

Aucun commentaire: