"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 mai 2014

2 Papes à Jérusalem le 25 mai 2014? Bartholomeos & François!


Révélez vos saints, et vous révélerez votre Église
http://onbehalfofall.org/reveal-your-saints-and-you-reveal-your-church/
19 Mai 2014, par Gabe Martini


Certes, il y a eu nombre d'articles, de podcasts, de communiqués de presse, de vidéos, et d'autres diffusions médiatiques au cours des récentes semaines à propos de la rencontre entre le patriarche oecuménique Bartholomeos et le pape François, l'actuel archevêque de la ville de l'Ancienne Rome.

Le Patriarcat de Constantinople n'a pas lésiné sur la dépense pour la promotion de cet événement, qui commémore le 50ème anniversaire d'une rencontre similaire à Jérusalem entre le patriarche oecuménique Athenagoras et le pape Paul VI (Janvier 1964).

Pour beaucoup, cet événement est un peu plus qu'une commémoration bien ficelée d'une branche d'olivier tendue entre ces 2 anciennes foi chrétiennes. Pour d'autres, c'est le centre de leur préoccupation sur le futur de leurs églises respectives. Est-ce que cet événement sera utilisé comme moteur pour des compromis doctrinaux? Est-ce que l'avenir de l'Orthodoxie ou du catholicisme-romain va se retrouver en déséquilibre suite à ce prochain échange d'amabilités?


Mais ce qui me tracasse le plus, ce n'est pas cet événement en particulier, mais le vocabulaire et les déclarations de ceux qui sont des deux côtés de la proverbiale "barrière" oecuménique. Je suis totalement en faveur d'un "dialogue dans l'amour" et d'un respect mutuel entre les deux Romes - Ancienne et Nouvelle. Mais lorsqu'on en vient à des compromis doctrinaux ou même au dialogue, nous devons être plus que prudents. L'attitude post-doctrinale de la Rome de Vatican II n'est pas celle de la "costaude" Eglise du Concile de Trente - mais cela signifie qu'elle est plus que "dérapante."

Le scénario derrière ce dialogue n'est pas neuf. Remontant aux conciles de Bâle, Ferrara et Florence, au milieu du 15ème siècle, la tentative de réunification des églises orthodoxes de l'Est et le Siège de Rome a un passé tumultueux. Mais à chaque époque, et à chaque changement, un saint est apparu pour préserver la Foi apostolique malgré les tentatives frénétiques de l'amener à sa fin. Tandis que certains en cette époque de de pluralisme pourraient préférer les oublier, l'Église honore trois de ces Saints comme "les Piliers de l'Orthodoxie."

Malgré tous ses meilleurs efforts pour parvenir au contraire, les Portes de l'Hadès / Enfer n'ont jamais réussi jusqu'à présent à prévaloir contre l'Église de Jésus-Christ. Et si on veut bien croire le Fils de Dieu, elles n'y parviendront jamais. C'est une conviction importante, fondamentale de la Foi Chrétienne - ce n'est pas contingentiel ou secondaire. Notre ecclésiologie est Christologie, et lorsque nous commençons à séparer les deux, nous commençons à séparer l'Église de sa Tête et de sa Vie même. Ce n'est pas une position extrémiste - c'est la position du Christianisme originel. C'est notre confession Baptismale.


En septembre 2000, l'éminent professeur Alexey Osipov (Académie théologique de Moscou) a donné un exposé sur les "fondamentaux de la théologie". Au cours de l'exposé, le professeur Osipov a mis l'accent sur les différences entre Rome et l'Orthodoxie et ce qui nous sépare aujourd'hui - nous connaissons ce qui nous a séparés aux 10ème, 13ème et même 19ème siècles. Mais qu'en est-il aujourd'hui?

Dans son exposé, le professeur examine de manière singulière la question des saints glorifiés (ou "canonisés"). Dans la reconnaissance de saints, l'Église révèle moins à propos des personnages glorifiés qu'elle n'en révèle à propos d'elle-même. En dévoilant au fidèle une personne digne à la fois de vénération et de ferventes demandes, l'Église révèle son propre être profond. Elle révèle ce qu'elle croit à propos de Dieu Lui-même:

"En effet, toute Église orthodoxe locale ou église non-orthodoxe peut être jugée par ses saints. Dites-moi qui sont vos saints, et je vous dirai ce qu'est votre église. Tout église n'appelle saint que ceux qui ont accompli en leur vie l'idéal chrétien, tel que l'Église le comprend. C'est pourquoi la canonisation d'un certain saint n'est pas seulement un témoignage de l'Église à propos de ce Chrétien, qui est selon son jugement digne de la gloire et qu'elle suggère comme exemple à suivre. Il est en même temps un témoignage de l'Église à propos d'elle-même. Par les saints, nous sommes parfaitement à même de juger à propos de la sainteté réelle ou imaginaire de ladite Eglise."

Osipov continue en décrivant en détail tant les écrits que les actions de plusieurs "saints" occidentaux chrétiens, à savoir de l'église catholique-romaine.



Dans cette évaluation exempte de toute apologétique, il trace une ligne de démarcation entre l'Orthodoxie et le catholicisme-romain. Lorsqu'il examine certains "docteurs" de la foi romaine, tels que Catherine de Sienne (14ème siècle) et Thérèse d'Avila (16ème siècle), nous voyons - grâce au professeur Osipov - de l'illusion spirituelle, une porte ouverte aux tromperies démoniaques, et une assurance de gloire qui rivalise avec le Christ Lui-même.

Parlant de Thérèse, le psychologue William James écrivit :

"Sa compréhension de la religion était réduite à un incessant flirt entre le fidèle et la divinité."

Ce n'est pas exagéré, la Madre Teresa révélant elle-même les innombrables "embrassades":
 

"Dès ce jour, tu sera Mon épouse.. A partir de maintenant, je ne suis plus seulement ton Créateur, Dieu, mais aussi l'Époux.. Le Bien-aimé appelle mon âme d'un murmure si pénétrant que je ne sais pas ne pas l'entendre. Cet appel touche tant l'âme qu'elle s'en brise de désir."  (Spanish Mystics, p. 88)

Par contraste, Osipov énumère de grands ascètes de la tradition Orthodoxe qui ont passé leur vie entière à demander un jour de plus pour se repentir. A la fin de sa vie, François d'Assise disait "Je ne connais pas une seule de mes transgression pour laquelle je n'aie expié par la repentance et la confession," alors que saint Sisoës d'Égypte se lamentait, "en vérité, je ne sais pas si j'ai seulement commencé à me repentir."

Les théologiens mystiques de "l'Orient" Orthodoxe ont condamné de manière très habituelle cette illusion ou ce "flirt" spirituel, tellement mis en avant par les docteurs et les saints de Rome. Par exemple dans les écrits de saint Nil le Sinaïte:

"Ne désirez pas voir physiquement Anges ou Puissances ou le Christ, sinon vous deviendrez fou, et prendrez le loup pour le berger, et vous prosternerez devant les démons-ennemis" (153 chapitres sur la prière, 115, Philocalie)

Et aussi avec saint Grégoire le Sinaïte:

"Quand, travaillant à l'oeuvre, tu vois une lumière ou un feu en dehors de toi ou en toi, ou la soi-disant figure du Christ, ou d'un ange, ou d'un saint, ne l'accepte pas, afin de n'être pas lésé. Veille aussi à ne pas permettre à permettre à ton intelligence d'imaginer de telles figures. Tout ce qui se forme ainsi à contre-temps de l'extérieur ne peut, en effet, qu'égarer l'âme. [..] Les Pères disent que tout ce qui vient dans l'âme de sensible ou d'intellectuel, et que le coeur met en doute et n'accepte pas, n'est pas de Dieu et est envoyé par l'adversaire."
De l'hésychia, Philocalie vol II (éd. Olivier Clément), p. 421

Osipov conclut:

"Hélas, l'église catholique a perdu l'art de distinguer le spirituel du sensuel, et la sainteté de la rêverie, et dès lors aussi le Christianisme du paganisme."

Depuis les années 1970 et en particulier depuis la chute du Rideau de Fer, le dialogue entre Rome et l'Orthodoxie a accéléré vers un niveau attendu et même profitable. Le Vatican a fait nombre de concessions, par exemple à propos du Filioque, alors que la redécouverte des Pères Grecs a influencé des théologiens tels que Benoît 16, le (rare) pape émérite. Une transformation complète est encore loin, mais la "direction" théologique de Rome est plus vers l'Orient que jamais.

Néanmoins, les murs qui séparent sont bien réels. Ils ne sont ni de simples fantaisies "d'extrémistes", ni les chevaux de bataille de "traditionnalistes radicaux." Une division entre Rome et l'Orthodoxie est palpable; elle est définissable; elle peut être clairement établie et expliquée. Malgré toutes les avancées récentes dont on se souvient, il y a des distinctions réelles, significatives et importantes entre le catholicisme romain et l'Église Une, Sainte, Apostolique, Orthodoxe-Catholique de "l'Orient" Chrétien.

Nombreux citeraient immédiatement ces distinctions en regardant ces signes si anciens : la clause du Filioque, l'obligation de célibat du clergé, le pain azyme au lieu du pain levé du Nouveau Testament, la suprématie et l'infaillibilité papale, et ainsi de suite. Mais je tends à croire que les différences sont plus subtiles, et dès lors, plus infectieuses.

La difference entre à la fois doctrine et piété ne se trouve pas seulement dans des Credo altérés et des Conciles disputés, mais dans notre affirmation de qui représente le mieux nos Foi respectives.

Révélez vos saints, et vous révèlerez votre Église. Et dans cet échange, on ne saurait trouver de différence plus prononcée entre "Orient" et "Occident".


- - - - - - - - - - - - - -

A propos de l'auteur, Gabe Martini:
"Je sers comme sous-diacre et catéchiste à la paroisse St. Sophia Greek Orthodox Church à Bellingham, Washington."


Article cité aussi sur le site internet russe Pravmir :
http://www.pravoslavie.ru/english/70879.htm






Patriarche de Constantinople Bartholomeos I et Pape de Rome Francois I, mars 2013, messe d'installation du nouveau président de l'Etat-Cité du Vatican
(Photo: Ravagli/Infophoto)
Source: http://www.pravoslavie.ru/english/70664.htm


================================================================

Trois réflexions me viennent.

- Une grande réunion avec le vatican à Jérusalem. Et le patriarche de Jérusalem, on en fait quoi, juste de la tapisserie? Au 1er Concile Apostolique, rapporté par les Actes d'Apôtres, ch. 15, c'est saint Jacques, premier évêque de Jérusalem, qui présidait, comme chef de l'Église locale, quant bien même Pierre, Jean, etc, étaient tous présents, eux les Apôtres. S'il doit y avoir quoi que ce soit de majeur à Jérusalem - a fortiori quand on annonce qu'ils compteraient même concélébrer l'Eucharistie!! ["The two leaders will celebrate Mass together at the Church of the Holy Sepulchre" - Pravmir] - il n'est pas normal que le chef de l'Église locale soit considéré comme un simple invité. Le patriarche de Constantinople n'a aucun droit juridictionnel hors de ce que le Canon 28 de Chalcédoine lui donne, à savoir l'Asie Mineure. Et Jérusalem c'est "juste un peu plus loin". On ne ramène pas la paix dans l'Église en méprisant ses règles de fonctionnement les plus basiques. Se promener ainsi partout sur terre comme il le fait, c'est agir comme un "pape Orthodoxe" surpassant toute juridiction, comme infaillible. Air (malsain) connu.

- Et le 8ème Concile Oecuménique, auquel le pape Jean VIII de Rome a souscrit et dont les Canons dogmatiques ont condamné à l'anathème quiconque croit ou professe le "FILIOQUE", tout d'un coup on aurait des patriarches qui seraient supérieurs aux Conciles Oecuméniques et pourraient balayer tout ça d'un revers de la main? Ce ne sont pas des "théologoumènes", des "opinions théologiques", que de professer avec vigueur et dogmatiquement le contraire de ces Canons oecuméniques! Et ignorer ce que les "autres" ont proclamé comme dogmes contraires à la Foi, c'est normal? Et nos frères et soeurs Coptes & autres Ethiopiens, admirables martyrs de la Foi vraiment commune (cfr Syndesmos 1992), dont nous sommes injustément séparés, on en fait quoi, pour eux juste de beaux discours de soutien théorique?

- A chaque Liturgie & Office, nous proclamons dans le Credo que nous croyons que l'Église EST UNE. En quoi est-elle divisée - sinon humainement, comme on l'a vu avec la récente rupture de communion entre 2 patriarches orientaux (nil novi sub sole, snif..) pour des questions de lutte de territoire, pour de la théocratie au lieu de Foi. Division due au péché humain. Mais elle est UNE en matière de Foi. Et cette Foi ne comporte aucun de ces éléments inventés hors de son sein et proclamés "dogmes" ailleurs. Aimer tout le monde, prier pour tout le monde, oui, mais vouloir nous voir prier pour marier l'eau et le feu, c'est quoi cette histoire?

Ces trois points devraient au moins faire réfléchir. Mon opinion sur le sujet est connue, je n'insisterai pas.


Et pour le restant, comme le dit l'auteur de l'article ci-dessus, c'est pas la première fois que ça se passe. Ceux qui le font croient toujours poser un acte prophétique. Ceux qui les soutiennent y croient aussi. Une majeure partie d'entre eux agissent "bona fide". Mais ces pseudo-prophètes et leurs soutiens n'agissent cependant jamais en paix avec leurs propres frères et soeurs qui ne sont pas d'accord avec ces étranges arrangements sur le dos de la Foi. Quel triste paradoxe, chercher l'union à l'extérieur et pas d'abord la paix à l'intérieur! Cependant, à chaque fois, Dieu suscite des saints pour sauver Son Église. Restons confiants - Gamaliel, le grand rabbin ayant formé le futur saint Paul et lui-même futur martyr de l'Église, le disait déjà dans les Actes "si ça vient de Dieu, rien ne pourra le renverser, mais si ça ne vient pas de Dieu, ça s'effondrera de soi-même". Deo gratias.

Pax vobiscum, fratres & sorores
.








6 commentaires:

Anonyme a dit…

photo exclusive de la rencontre privée entre le pape et le patriarche

(Hyperdox Herman)

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=651052024964763&set=a.285826894820613.62196.276860542383915&type=1

Anonyme a dit…

Déclaration commune du pape François et du patriarche Bartholomée
Créé le 25/05/2014 / modifié le 25/05/2014 à 19h25
http://www.lavie.fr/actualite/documents/declaration-commune-du-pape-francois-et-du-patriarche-bartholomee-25-05-2014-53341_496.php

Signée à Jérusalem le 25 mai 2014.

1. Comme nos vénérables prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Patriarche Œcuménique Athénagoras, qui se sont rencontrés ici à Jérusalem, il y a cinquante ans, nous aussi, le Pape François et le Patriarche Œcuménique Bartholomée, nous étions déterminés à nous rencontrer en Terre Sainte «où notre commun Rédempteur, le Christ Notre-Seigneur, a vécu, a enseigné, est mort, est ressuscité et monté au ciel, d’où il a envoyé le Saint Esprit sur l’Église naissante» (Communiqué commun du Pape Paul VI et du Patriarche Athénagoras, publié après leur rencontre du 6 janvier 1964). Notre nouvelle rencontre, entre les Évêques des Églises de Rome et de Constantinople, fondées respectivement par les deux Frères, les Apôtres Pierre et André, est pour nous source d’une profonde joie spirituelle. Elle offre une occasion providentielle pour réfléchir sur la profondeur et sur l’authenticité des liens existant entre nous, qui sont les fruits d’un parcours rempli de grâce au long duquel le Seigneur nous a conduits, depuis ce jour béni d’il y a cinquante ans.

2. Notre rencontre fraternelle, aujourd’hui, est une nouvelle et nécessaire étape sur la route de l’unité à laquelle seul l’Esprit Saint peut nous conduire, celle de la communion dans une légitime diversité. Nous nous rappelons, avec une profonde gratitude, les étapes que le Seigneur nous a déjà rendus capables d’entreprendre. L’accolade échangée entre le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras, ici, à Jérusalem, après tant de siècles de silence, a préparé le chemin pour un geste important, le retrait de la mémoire et du sein de l’Église des actes d’excommunication mutuelle en 1054. Ce geste a été suivi par un échange de visites entre les Sièges respectifs de Rome et de Constantinople, par une correspondance régulière et, plus tard, par la décision, annoncée par le Pape Jean-Paul II et le Patriarche Dimitrios, tous deux d’heureuse mémoire, d’initier un dialogue théologique en vérité entre Catholiques et Orthodoxes. Tout au long de ces années, Dieu, source de toute paix et de tout amour, nous a enseignés à nous regarder les uns les autres comme membres de la même Famille chrétienne, sous un seul Seigneur et Sauveur, Jésus Christ, et à nous aimer les uns les autres, de sorte que nous puissions professer notre foi au même Évangile du Christ, tel qu’il fut reçu par les Apôtres, exprimé et transmis à nous par les Conciles Œcuméniques ainsi que par les Pères de l’Église. Tandis que nous sommes conscients de ne pas avoir atteint l’objectif de la pleine communion, aujourd’hui, nous confirmons notre engagement à continuer de marcher ensemble vers l’unité pour laquelle le Christ notre Seigneur a prié le Père « afin que tous soient un » (Jn 17, 21).

Anonyme a dit…

http://www.lavie.fr/actualite/documents/declaration-commune-du-pape-francois-et-du-patriarche-bartholomee-25-05-2014-53341_496.php

3. Bien conscients que l’unité est manifestée dans l’amour de Dieu et dans l’amour du prochain, nous attendons avec impatience ce jour où, finalement, nous partagerons ensemble le Banquet eucharistique. Comme chrétiens, nous sommes appelés à nous préparer à recevoir ce don de la Communion eucharistique, selon l’enseignement de Saint Irénée de Lyon (Contre les Hérésies, IV, 18, 5, PG 7, 1028), par la confession de la même foi, une prière persévérante, une conversion intérieure, une vie renouvelée et un dialogue fraternel. En atteignant ce but espéré, nous manifesterons au monde l’amour de Dieu par lequel nous sommes reconnus comme de vrais disciples de Jésus Christ (cf. Jn 13, 35).

4. À cette fin, le dialogue théologique entrepris par la Commission Mixte Internationale offre une contribution fondamentale à la recherche pour la pleine communion entre Catholiques et Orthodoxes. Aux temps successifs des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, et du Patriarche Dimitrios, les progrès de nos rencontres théologiques ont été substantiels. Aujourd’hui, nous exprimons notre sincère appréciation pour les acquis, tout comme pour les efforts en cours. Ceux-ci ne sont pas un pur exercice théorique, mais un exercice dans la vérité et dans l’amour qui exige une connaissance toujours plus profonde des traditions de l’autre pour les comprendre et pour apprendre à partir d’elles. Ainsi, nous affirmons une fois encore que le dialogue théologique ne recherche pas le plus petit dénominateur commun sur lequel aboutir à un compromis, mais qu’il est plutôt destiné à approfondir la compréhension de la vérité tout entière que le Christ a donnée à son Église, une vérité que nous ne cessons jamais de mieux comprendre lorsque nous suivons les impulsions de l’Esprit Saint. Par conséquent, nous affirmons ensemble que notre fidélité au Seigneur exige une rencontre fraternelle et un dialogue vrai. Une telle quête ne nous éloigne pas de la vérité ; tout au contraire, à travers un échange de dons, sous la conduite de l’Esprit Saint, elle nous mènera à la vérité tout entière (cf. Jn 16, 13).

5. Cependant, même en faisant ensemble cette route vers la pleine communion, nous avons maintenant le devoir d’offrir le témoignage commun de l’amour de Dieu envers tous, en travaillant ensemble au service de l’humanité, spécialement en défendant la dignité de la personne humaine à toutes les étapes de la vie et la sainteté de la famille basée sur le mariage, en promouvant la paix et le bien commun, et en répondant à la souffrance qui continue d’affliger notre monde. Nous reconnaissons que la faim, la pauvreté, l’analphabétisme, l’inéquitable distribution des ressources doivent constamment être affrontés. C’est notre devoir de chercher à construire une société juste et humaine dans laquelle personne ne se sente exclu ou marginalisé.

Anonyme a dit…

http://www.lavie.fr/actualite/documents/declaration-commune-du-pape-francois-et-du-patriarche-bartholomee-25-05-2014-53341_496.php

6. C’est notre profonde conviction que l’avenir de la famille humaine dépend aussi de la façon dont nous sauvegardons – à la fois prudemment et avec compassion, avec justice et équité – le don de la création que notre Créateur nous a confié. Par conséquent, nous regrettons le mauvais traitement abusif de notre planète, qui est un péché aux yeux de Dieu. Nous réaffirmons notre responsabilité et notre obligation d’encourager un sens de l’humilité et de la modération, de sorte que tous sentent la nécessité de respecter la création et de la sauvegarder avec soin. Ensemble, nous réaffirmons notre engagement à sensibiliser au sujet de la gestion de la création ; nous appelons tous les hommes de bonne volonté à considérer les manières de vivre plus sobrement, avec moins de gaspillage, manifestant moins d’avidité et plus de générosité pour la protection du monde de Dieu et pour le bénéfice de son Peuple.

7. De même, il y a une nécessité urgente pour une coopération effective et engagée des chrétiens en vue de sauvegarder partout le droit d’exprimer publiquement sa foi, et d’être traité équitablement lorsqu’on promeut ce que le Christianisme continue d’offrir à la société et à la culture contemporaines. À ce propos, nous invitons tous les chrétiens à promouvoir un authentique dialogue avec le Judaïsme, l’Islam et d’autres traditions religieuses. L’indifférence et l’ignorance mutuelles ne peuvent que conduire à la méfiance, voire, malheureusement, au conflit.

8. De cette sainte ville de Jérusalem, nous exprimons nos profondes préoccupations partagées pour la situation des chrétiens au Moyen Orient et pour leur droit de rester des citoyens à part entière de leurs patries. Avec confiance, nous nous tournons vers le Dieu tout-puissant et miséricordieux, dans une prière pour la paix en Terre Sainte et au Moyen Orient en général. Nous prions spécialement pour les Églises en Égypte, en Syrie et en Irak, qui ont souffert le plus douloureusement en raison des récents événements. Nous encourageons toutes les parties, indépendamment de leurs convictions religieuses, à continuer d’œuvrer pour la réconciliation et pour la juste reconnaissance des droits des peuples. Nous sommes persuadés que ce ne sont pas les armes, mais le dialogue, le pardon et la réconciliation qui sont les seuls moyens possibles pour obtenir la paix.

Anonyme a dit…

http://www.lavie.fr/actualite/documents/declaration-commune-du-pape-francois-et-du-patriarche-bartholomee-25-05-2014-53341_496.php

9. Dans un contexte historique marqué par la violence, l’indifférence et l’égoïsme, beaucoup d’hommes et de femmes sentent aujourd’hui qu’ils ont perdu leurs repères. C’est précisément à travers notre témoignage commun de la bonne nouvelle de l’Évangile que nous pouvons être capables d’aider nos contemporains à redécouvrir la voie qui conduit à la vérité, à la justice et à la paix. Unis dans nos intentions, et nous rappelant l’exemple, il y a cinquante ans, du Pape Paul VI et du Patriarche Athénagoras, nous lançons un appel à tous les chrétiens, ainsi qu’aux croyants de toutes les traditions religieuses et à tous les hommes de bonne volonté, à reconnaître l’urgence de l’heure qui nous oblige à chercher la réconciliation et l’unité de la famille humaine, tout en respectant pleinement les différences légitimes, pour le bien de toute l’humanité et des générations futures.

10. En entreprenant ce pèlerinage commun à l’endroit où notre unique et même Seigneur Jésus Christ a été crucifié, a été enseveli et est ressuscité, nous recommandons humblement à l’intercession de la Très Sainte et toujours Vierge Marie nos futurs pas sur le chemin vers la plénitude de l’unité, en confiant l’entière famille humaine à l’amour infini de Dieu.
« Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 25-26).

Anonyme a dit…

"that is to say the overriding dogma of the Church, is rejected by them and replaced by the Latin heretical overriding dogma of the primacy and infallibility of the Pope, that is to say of man. From this pan-heresy heresies were born and continue to be born: the Filioque, the rejection of the invocation of the Holy Spirit, unleavened bread, the introduction of created grace, cleansing fire, superfluous works of the saints, mechanized teachings about salvation, and from this sprang mechanized teachings about life, Papocaesarism, the Inquisition, indulgences, the murder of sinners because of their sins, Jesuitism, the scholastics, the casuists, Monarchianism, and social individualism of different kinds" Saint John Popovich