"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

14 mai 2014

L'Église et la liberté de penser, une contradiction ? (d'après Karl Popper)

Bien que je sois un admirateur de la tradition, et conscient de son importance, je suis en même temps un adhérent presqu'orthodoxe à l'inorthodoxie. J'affirme que l'orthodoxie est la mort de la connaissance, puisque la croissance de la connaissance dépend entièrement de l'existence du désaccord. Certes, le désaccord peut mener à la lutte, et même à la violence. Et je pense que c'est une très mauvaise chose, car j'exècre la violence. Cependant, le désaccord peut aussi mener à la discussion, à l'argumentation, et à la critique réciproque. Et je pense que ceux-là sont d'une importance capitale. Je suppose que le plus grand pas en avant vers un monde meilleur et plus pacifique a été franchi lorsque la guerre des épées a d'abord été supportée, et pour finir remplacée par la guerre des mots.
Karl Popper, 'The Myth of the Framework”.

Ndt : le philosophe ne parle bien entendu pas ici de l'Orthodoxie en tant que « confessionalisme » chrétien. Mais on pourra tirer des parallèles intéressants avec ceux qui, au sein de l'Église, entendent museler le débat dès lors que ça remettrait en cause leur affirmation de pouvoir absolu, et ce dans divers domaines, pas seulement hiérarchique.




“Although I am an admirer of tradition, and conscious of its importance, I am, at the same time, an almost orthodox adherent of unorthodoxy: I hold that orthodoxy is the death of knowledge, since the growth of knowledge depends entirely on the existence of disagreement. Admittedly, disagreement may lead to strife, and even to violence. And this, I think, is very bad indeed, for I abhor violence. Yet disagreement may also lead to discussion, to argument, and to mutual criticism. And these, I think, are of paramount importance. I suggest that the greatest step towards a better and more peaceful world was taken when the war of swords was first supported, and later sometimes even replaced, by a war of words.”
Karl Popper, 'The Myth of the Framework”.

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