"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

15 mai 2014

L'esprit de la critique de son prochain et l'amour (p. Tryphon, EORHF)

Craignant la perte de contrôle, nous construisons autour de nous un mur de défense, qui laisse l'authenticité au large. Craignant le rejet, nous nous voyons comme pas aimables, et nous blâmons les autres. Sachant que nous ne sommes pas authentiques, nous fuyons la vérité en devenant des critiques des autres. Nous nous mentons, et nous mentons aux autres, cachant notre insécurité et notre indignité, et nous enfermant loin de l'amour. Nous nous considérons comme indignes de l'amour, alors nous rejetons l'amour des autres, et pour finir, l'amour de Dieu.

Lorsque nous sommes confrontés à notre propre esprit critique, nous devons demander au Saint Esprit de nous en dévoiler la source. Pourquoi nous choisissons d'être critique envers les autres, alors qu'en réalité nous sommes des âmes blessés, souffrant en dessous d'un manteau de camouflage. On ne trouve la faute que chez les autres, parce que nous n'osons pas faire face à notre propre « moi » non-authentique.

La plénitude de la vie, c'est de nous connaître réellement nous-mêmes, et donner cela aux autres. Lorsque nous ne nous pardonnons pas nos manquements et erreurs, nous reprochons aux autres. Mal à l'aise et indigne, nous rejettons l'amour et l'amitié des autres, pensant que nous en sommes indignes, si ils connaissaient la vérité. Nous trichons. Nous nous mentons et à nous-mêmes et aux autres. Nous racontons des mensonges, petits et grands, et pour finir, nous mentons à Dieu. Nous vivons dans la crainte que nous serons découverts, et nous masquons la vérité en critiquant les autres. Nous cherchons à acquérir l'autorité sur les autres, parce que nous ne sommes pas authentiques, et nous n'avons pas d'intégrité.

« Mais toi, pourquoi juger ton frère? et toi, pourquoi mépriser ton frère? Tous, en effet, nous comparaîtrons au tribunal de Dieu,  car il est écrit: Par ma vie, dit le Seigneur, tout genou devant moi fléchira, et toute langue rendra gloire à Dieu. C’est donc que chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même.  Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres: jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. » (Rom. 14,10-13)."

dans l'amour du Christ,
higoumène Tryphon

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