"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 mai 2014

L'Évangile ne sait pas être adapté à "l'homme moderne"! (P. Georges Florovsky)

Nul ne saurait sans cesse adapter l'Évangile au soi-disant homme moderne.. C'est tout simplement impossible.. Car on n'est pas face à un développement linéaire de pensée. Ca va en zig-zag.. L'homme moderne change si vite qu'il est impossible de tenir compte de tous ses changements.. A peine quelqu'un dans l'Église pense s'être mis au diapason de l'homme moderne, que ce soi-disant homme moderne est déjà autrement.. Bien sûr, nous devons parler un language compréhensible.. Mais le vieux message restera toujours le même. Ce n'est pas le message qui devrait être ajusté à l'homme, mais l'homme qui devrait s'ajuster au message... Le monde moderne s'est éloigné du Christianisme et y reviendra. Le cadre moderne est fait de critique et de réforme. Certaines conditions compliquent le message pour l'homme moderne. Pourquoi ne pouvons-nous pas critiquer la mentalité moderne? La pensée humaine a toujours trouvé plus simple de s'en tenir à des idées générales qu'à l'unique Dieu dans l'histoire. Les Juifs attendaient un signe. Le signe fut la Croix, et ils le considérèrent comme une insulte. Les Grecs se moquèrent des discours de Paul à propos de la Résurrection. Les gnostiques tentèrent d'amoindrir le choc en spiritualisant le message. L'homme a toujours voulu représenter l'Église d'une manière universelle, comme une vérité universelle. La vérité universelle existe, mais elle est aussi revêtue de l'histoire.. Il y aura toujours une certaine tension entre la parole et le contenu du message de l'Évangile, mais on ne résoudra pas le problème en tirant l'Évangile hors de l'Histoire et le plongeant dans une autre sphère. A chaque fois qu'on aura utilisé un language qui soit au niveau de l'homme moderne, il ne faudra pas oublier l'identité / contenu du message.
P. George Florovsky, commentaires enregistrés à Elsa Breen, “Det gamle budskap i ny emballasje?”, Familien [Oslo], 3 Janvier 1968, 14, 47.





"One cannot forever fit the Gospel to the so-called modern man. . . . It is simply impossible . . . One isn’t dealing with a linear development of thought. It goes in zigzags … Modern man changes so quickly that it is impossible to keep up with the ins and outs. . . . As soon as one from the church thinks he has adjusted himself to modern man, the so-called modern man is another. . . . Of course we must speak so that it is understandable . . . But the old message will always remain the same. It is not the message which should adjust to man but man which should adjust to the message. . . . The modern world has arisen from Christianity and will turn back to it. The modern frame is open for criticism and for reforms. Certain conditions complicate the message for modern man. Why can we not criticize the modern mentality? Human thought has always found it easier to acquire general ideas before the unique: God in history. The Jews waited for a sign. The sign was the cross and they considered it to be an insult. The Greeks laughed at Paul’s speech about the resurrection. The Gnostics tried to soften the shock by spiritualizing the message. Thus man has always wanted to represent the church in a universal way, as a universal truth. Universal truth does exist, but it is also dressed in history. . . . There will always be a certain tension between word and content in the message of the Gospel, but one doesn’t solve the problem by shoving the Gospel out of history and into another sphere. In each endeavor after having used a language which communicates with modern man one must never forget the identity of the message."

Florovsky, recorded comments in Elsa Breen, “Det gamle budskap i ny emballasje?”, Familien [Oslo], 3 January 1968, 14, 47.

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