"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 juillet 2014

Les "Églises-Soeurs" vues officiellement par le Vatican (s.diacre Martini)

Une note du Vatican sur l'expression "Églises soeurs"
http://onbehalfofall.org/a-note-from-the-vatican-on-the-expression-sister-churches/
23 Mai 2014, par Gabe Martini
Ceci est la position OFFICIELLE du Vatican, non seulement dans les efforts oecuméniques en général, mais aussi dans les relations entre le Siège du Vatican et l'Église Orthodoxe.

Rédigé sous la supervision du cardinal Joseph Ratzinger (à présent Pape emeritus Benoît XVI), Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, ce document a été approuvé par le pape Jean Paul II (9 Juin 2000).

Ci-dessous est mise en exergue une perspective ecclésiologique souvent absente dans les discussions oecuméniques peu approfondies (tant en Orient qu'en Occident), et c'est une aide précieuse face aux oecuménistes radicaux qui voudraient nier les fondements de base du Christianisme ; à savoir que le Christ n'a établi qu'une seule Église sainte, catholique et apostolique, et que les Portes de l'Hadès ne prévaudront pas contre elle (Mt 16,18).

Sous-diacre Gabe Martini

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http://www.doctrinafidei.va/documents/rc_con_cfaith_doc_20000630_chiese-sorelle_fr.html
CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

NOTE SUR L'EXPRESSION  «EGLISES SŒURS»
A. LETTRE AUX PRÉSIDENTS DES CONFÉRENCES ÉPISCOPALES

Eminence (Excellence),

De plusieurs côtés, on a attiré l’attention de notre Congrégation sur les problèmes qu’implique l’usage de l’expression « Eglises soeurs », que l’on trouve dans d’importants documents du Magistère, mais qui est employée aussi dans d’autres textes et documents rédigés à l’occasion d’initiatives destinées à promouvoir le dialogue entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes orientales. Cette expression commence à faire partie du vocabulaire commun pour indiquer le lien objectif entre l’Eglise de Rome et les Eglises orthodoxes.

L’usage de cette expression a malheureusement été étendu, dans certaines publications et par certains théologiens engagés dans le dialogue oecuménique, pour désigner l’Eglise catholique d’un côté, et de l’autre l’Eglise orthodoxe. On induit ainsi à penser qu’en fait l’unique Eglise du Christ n’existerait plus, mais qu’elle pourrait être rétablie suite à la réconciliation entre les deux Eglises soeurs. En outre, la même expression est appliquée par certains de manière indue au rapport entre l’Eglise catholique d’une part et la communion anglicane ou les communautés ecclésiales non-catholiques d’autre part. C’est ainsi que l’on parle d’une « théologie des Eglises soeurs » ou d’une « ecclésiologie des Eglises soeurs », qui se caractérisent par un usage ambigu de cette expression avec un sens incohérent par rapport à sa juste acception originaire, telle qu’on la trouve dans les Documents magistériels.

Dans le but de dépasser cette équivoque et cette ambiguïté dans l’usage et dans l’application de l’expression « Eglises soeurs », notre Congrégation a jugé nécessaire de rédiger la NOTE sur l’expression « Eglises soeurs » que vous trouverez ci-joint, et qui a été approuvée par le Pape Jean-Paul II au cours de l’audience du 9 juin 2000. Les indications qu’elle donne doivent donc être considérées comme autorisées et obligatoires, même si cette Note n’est pas publiée de manière officielle sur les Acta Apostolicae Sedis, en raison de sa finalité, qui est seulement de préciser la terminologie théologiquement correcte à ce sujet.

Notre Dicastère vous communique une copie du document et vous prie de bien vouloir vous faire interprète des préoccupations et des indications qui y sont exprimées, auprès de votre Conférence épiscopale, et surtout auprès de la Commission ou de l’Organisme préposé à la promotion du dialogue oecuménique, afin que, dans les publications ou les écrits que ceux-ci produiraient à propos de la thématique en question, ils s’en tiennent avec soin aux indications que donne la Note.

Je vous remercie pour votre collaboration et vous prie de croire, Eminence, (Excellence), à l’expression de toute ma considération dans le Seigneur.

+Joseph Card. Ratzinger
Préfect

B. TEXTE DE LA NOTE
1. L’expression Eglises soeurs revient souvent dans le dialogue oecuménique, surtout entre catholiques et orthodoxes. Elle est objet d’approfondissement des deux côtés du dialogue. Bien qu’il y ait un usage incontestablement légitime de l’expression, une manière ambiguë de l’utiliser s’est diffusée aujourd’hui dans la littérature oecuménique. Il est donc opportun de rappeler quel est l’usage propre et adéquat de cette expression, en conformité avec l’enseignement du Concile Vatican II et le Magistère pontifical qui l’a suivi. Il semble utile, tout d’abord, de souligner quelques traits de son histoire.

I. Origine et développement de l’expression.

2. L’expression Eglises soeurs ne se trouve pas comme telle dans le Nouveau Testament; cependant, on trouve de nombreuses indications qui manifestent les relations de fraternité qui existent entre les Eglises locales de l’Antiquité chrétienne. Le passage néotestamentaire qui reflète de la manière la plus explicite la conscience de ce fait est la phrase finale de 2 Jn 13: « Te saluent les enfants de ta soeur l’élue ». Il s’agit de salutations envoyées d’une communauté ecclésiale à une autre; la communauté qui les envoie, se désigne elle-même comme « soeur » de l’autre.

3. Dans la littérature ecclésiastique, l’expression commence à être utilisée en Orient, quand, à partir du Vème siècle, se répand l’idée de la Pentarchie, d’après laquelle, à la tête de l’Eglise on trouverait les cinq Patriarches et l’Eglise de Rome aurait le premier poste entre les Eglises soeurs patriarcales. Il faut pourtant remarquer à ce sujet, qu’aucun Pontife romain n’a reconnu ce nivellement des sièges, ni accepté que l’on ne reconnaisse qu’un primat d’honneur au siège romain. En outre, il faut remarquer que la structure patriarcale, typique de l’Orient, ne s’est pas développée en Occident.

On sait que dans les siècles qui ont suivi, les divergences entre Constantinople et Rome ont porté à des excommunications mutuelles qui eurent des « conséquences dépassant, autant que l’on puisse juger, les intentions et les prévisions de leurs auteurs dont les censures portaient sur les personnes visées et non sur les Eglises et qui n’entendaient pas rompre la communion ecclésiastique entre les sièges de Rome et de Constantinople ».[1]

4. L’expression apparaît de nouveau dans deux lettres où le Métropolite Nicetas de Nicodemia (en l’an 1136) et le Patriarche Jean X Camateros (en charge de 1198 à 1206), protestaient contre Rome qui, se présentant comme mère et maîtresse, aurait annulé leur autorité. Selon eux, Rome est seulement la première entre des soeurs égales en dignité.

5. A l’époque récente, le premier à utiliser l’expression Eglises soeurs a été le Patriarche orthodoxe de Constantinople Athénagoras I. Quand celui-ci accueille les gestes fraternels et l’appel à l’unité que lui adresse Jean XXIII, il exprime souvent dans ses lettres le souhait de voir rétablire l’unité entre les Eglises soeurs.

6. Le Concile Vatican II emploie l’expression Eglises soeurs pour qualifier les rapports fraternels des Eglises particulières entre elles: « Il y a en Orient plusieurs Eglises particulières ou locales, au premier rang desquelles sont les Eglises patriarcales dont plusieurs se glorifient d’avoir été fondées par les apôtres eux-mêmes. C’est pourquoi, prévalut et prévaut encore, parmi les orientaux, le soin particulier de conserver dans une communion de foi et de charité les relations fraternelles qui doivent exister entre les Eglises locales, comme entre des soeurs ».[2]

7. Le premier document pontifical dans lequel se trouve le vocable de soeurs appliqué aux Eglises, est le Bref Anno ineunte de Paul VI au Patriarche Athénagoras I. Après avoir manifesté sa volonté de faire ce qui est possible pour « hâter le jour où entre l’Eglise d’Occident et celle d’Orient, une pleine communion sera rétablie », le Pape s’interroge: « En chaque Eglise locale s’opère ce mystère de l’amour divin et n’est-ce pas là la raison de l’expression traditionnelle et si belle selon laquelle les Eglises locales aimaient s’appeler Eglises-soeurs? Cette vie d’Eglise-soeur nous l’avons vécue durant des siècles, célébrant ensemble les Conciles Oecuméniques qui ont défendu le dépôt de la foi contre toute altération. Maintenant, après une longue période de division et d’incompréhension réciproque, le Seigneur nous donne de nous redécouvrir comme Eglises-soeurs, malgré les obstacles qui furent alors dressés entre nous ».[3]

8. L’expression a ensuite été utilisée souvent par Jean-Paul II, dans de nombreux discours et documents, dont on rappellera seulement les principaux dans l’ordre chronologique.

L’encyclique Slavorum apostoli: « Ils [Cyrille et Méthode] sont pour nous les champions et en même temps les patrons de l’effort oecuménique des Eglises soeurs de l’Orient et de l’Occident, pour retrouver, par le dialogue et la prière, l’unité visible dans la communion parfaite et totale».[4]

Dans une lettre de 1991 aux évêques européens: « Il convient donc d’entretenir des relations avec ces Eglises [les Eglises orthodoxes] comme avec des Eglises soeurs, selon l’expression du Pape Paul VI dans un Bref remis au Patriarche de Constantinople Athénagoras I.[5]

Dans l’encyclique Ut unum sint, le thème est surtout développé au n. 56, qui commence ainsi: « Après le Concile Vatican II, se rattachant à cette tradition, l’usage a été rétabli de donner l’appellation d’ ‘Eglises soeurs’ aux Eglises particulières ou locales rassemblées autour de leur évêque. Ensuite, l’abrogation des excommunications mutuelles, supprimant un obstacle douloureux d’ordre canonique et psychologique, a été un pas très important sur la route vers la pleine communion ». Le paragraphe se termine en souhaitant: « L’appellation traditionnelle d’‘Eglises soeurs’ devrait nous être sans cesse présente sur cette route ». Le thème est repris au n. 60 dans lequel on observe: « Plus récemment, la commission mixte internationale a fait un pas important en ce qui concerne la question si délicate de la méthode à suivre pour rechercher la pleine communion entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe question qui a souvent été une pierre d’achoppement dans les rapports entre catholiques et orthodoxes. Elle a jeté les bases doctrinales d’une solution positive du problème, fondée sur la doctrine des Eglises soeurs ».[6]

II. Indications pour l’usage de l’expression

9. Les éléments historiques exposés dans les paragraphes précédents montrent l’importance qu’a prise l’expression Eglises soeurs dans le dialogue oecuménique. Il est d’autant plus important d’en faire un usage théologiquement correct.

10. En effet, au sens propre, les Eglises soeurs sont uniquement les Eglises particulières entre elles (ou les regroupements d’Eglises particulières, par exemple les Patriarcats entre eux ou les Provinces ecclésiastiques entre elles).[7] Il doit toujours rester clair, même quand l’expression Eglises soeurs est utilisée dans ce sens propre, que l’Eglise universelle, une, sainte, catholique et apostolique, n’est pas la soeur, mais la mère de toutes les Eglises particulières.[8]

11. On peut aussi parler d’Eglises soeurs, au sens propre, en référence à des Eglises particulières catholiques et non catholiques; et donc même l’Eglise particulière de Rome peut être dite soeur de toutes les Eglises particulières. Mais, comme rappelé ci-dessus, on ne peut dire au sens propre, que l’Eglise catholique soit soeur d’une Eglise particulière ou d’un groupe d’Eglises. Il ne s’agit pas seulement d’une question de terminologie, mais surtout du respect d’une vérité fondamentale de la foi catholique: celle de l’unicité de l’Eglise du Christ. Il existe, en effet, une unique Eglise,[9] et le pluriel Eglises ne peut se référer qu’aux Eglises particulières.

Par conséquent, il faut éviter l’usage de formules comme « nos deux Eglises », parce qu’elles sont sources de malentendus et de confusion théologique: elles insinuent, si elles sont appliquées à l’Eglise catholique et à l’ensemble de l’Eglise orthodoxe (ou à une Eglise orthodoxe), une pluralité non seulement au niveau des Eglises particulières, mais à celui de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, proclamée dans le Credo, dont l’existence est ainsi offusquée.

12. Enfin, il faut garder à l’esprit que l’expression Eglises soeurs au sens propre, comme en témoigne la tradition commune de l’Orient et de l’Occident, ne peut être employée que, exclusivement, pour les communautés ecclésiales qui ont conservé un Episcopat et une Eucharistie valides.

A Rome, au siège de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, le 30 juin 2000, Solennité du Sacré-Coeur de Jésus.



+ Joseph Card. Ratzinger
Préfect

+ Tarcisio Bertone, S.D.B.
Archevêque émérite de Verceil
Secrétaire

Notes

[1]& Paul VI et Athénagoras I, Déclaration commune Pénétrés de reconnaissance (7-XII-1965), n. 3: AAS 58 (1966) 20. Les excommunications ont été réciproquement supprimées en 1965: « le Pape Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier, en son synode (…) déclarent d’un commun accord: (…) Regretter également et enlever de la mémoire et du milieu de l’Eglise, les sentences d’excommunication » (ibid., n.4); voir aussi Paul VI, Lett. apost. Ambulate in dilectione (7-XII-1965): AAS 58 (1966) 40-41; Athénagoras I, Tomos Agapis (7-XII-1965), Vatican-Panar 1958-1970 (Romae et Istambul 1970) 388-390.
[2] Conc. Vatican II, Décr. Unitatis redintegratio, n. 14.
[3] Paul VI, Bref Anno ineunte (25-VII-1967): AAS 59 (1967) 852-854.
[4] Jean-Paul II, Lett. enc. Slavorum apostoli (2-VI-1985), n. 27: AAS 77 (1985) 807-808.
[5] Jean-Paul II, Lettre aux évêques européens sur Les relations entre catholiques et orthodoxes dans la nouvelle situation de l’Europe centrale et orientale (31-V-1991), n. 4: AAS 84 (1992) 167.
[6] Jean-Paul II, Lett. enc. Ut unum sint (25-V-1995), nn. 56, 60: AAS 87 (1995) 921-982.
[7] Cf. les textes du Décr. Unitatis redintegratio, n. 14, et du Bref Anno ineunte du Pape Paul VI à Athénagoras I, cités ci-dessus aux notes 2 et 3.
[8] Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lett. Communionis notio (28-V-1992), n. 9: AAS 85 (1993) 838-850.
[9] Cf. Conc. Vatican II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 8; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Décl. Mysterium Ecclesiae (24-VI-1973), n. 1: AAS 65 (1973) 396-408.

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Gabe Martini répond
May 27, 2014 at 2:04 PM  
Merci, Maximus!
Non, nous ne sommes pas opposés à l'oecuménisme à proprement parler. Mais il est nécessaire de reconnaître qu'il y a de réelles divergences qui nous séparent. Et aussi d'admettre que tant eux que nous, croyons qu'il n'y a qu'une seule véritable Église, et que seul une des deux sait l'être.
Je crains que la plupart des efforts, à grande échelle, ignorent ce fondement basique.


A propos de Gabe Martini
Je sers comme sous-diacre et catéchiste à l'église  St. Sophia Greek Orthodox Church, Bellingham, Washington, USA.






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A Note from the Vatican on the Expression ‘Sister Churches’
http://onbehalfofall.org/a-note-from-the-vatican-on-the-expression-sister-churches/
May 23, 2014 by Gabe Martini
This is the official, Vatican perspective on not only ecumenical efforts in general, but also the relationship between the Vatican See and the Orthodox Church.

Written under the oversight of Cardinal Joseph Ratzinger (now Pope emeritus Benedict XVI), Prefect of the Congregation for the Doctrine of the Faith, this document was approved by Pope John Paul II (June 9, 2000).

Highlighted below is an ecclesiological perspective often absent in careless, ecumenical discussions (both East and West), and is a helpful corrective to radical ‘ecumenists’ who would deny the basic foundations of Christianity; that is, that Christ has established one holy, catholic, and apostolic Church, and that the gates of Hades will never divide it (Matt. 16:18).



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Note on the Expression ‘Sister Churches’

1. The expression ‘sister Churches’ occurs often in ecumenical dialogue, above all, in the dialogue between Catholics and Orthodox, and is the object of continuing study by both parties. While there is certainly a legitimate use of this expression, an ambiguous use has become prevalent in contemporary writings on ecumenism. In conformity with the teaching of the Second Vatican Council and the post-conciliar Papal Magisterium, it is therefore appropriate to recall the correct and proper use of this expression. It is helpful to begin with a brief historical outline.
I. The origin and development of the expression

2. The expression sister Churches does not appear as such in the New Testament; however, there are numerous indications of the sisterly relations which existed among the local Churches of Christian antiquity. The New Testament passage which most explicitly reflects this awareness is the final sentence of the Second Letter of John: “The sons of your elect sister send you their greetings” (2 Jn 13). These are greetings sent by one ecclesial community to another; the community which sends the greetings calls itself the sister of the other.

3. In Christian literature, the expression begins to be used in the East when, from the fifth century, the idea of the Pentarchy gained ground, according to which there are five Patriarchs at the head of the Church, with the Church of Rome having the first place among these patriarchal sister Churches. In this connection, however, it needs to be noted that no Roman Pontiff ever recognized this equalization of the sees or accepted that only a primacy of honour be accorded to the See of Rome. It should be noted too that this patriarchal structure typical of the East never developed in the West.

As is well known, the divergences between Rome and Constantinople led, in later centuries, to mutual excommunications with “consequences which, as far as we can judge, went beyond what was intended and foreseen by their authors, whose censures concerned the persons mentioned and not the Churches, and who did not intend to break the ecclesial communion between the sees of Rome and Constantinople.”1

4. The expression appears again in two letters of the Metropolitan Nicetas of Nicodemia (in the year 1136) and the Patriarch John X Camaterus (in office from 1198 to 1206), in which they protested that Rome, by presenting herself as mother and teacher, would annul their authority. In their view, Rome is only the first among sisters of equal dignity.

5. In recent times, the Orthodox Patriarch of Constantinople, Athenagoras I, was the first to once again use the expression sister Churches. In welcoming the fraternal gestures and the call to unity addressed to him by John XXIII, he often expressed in his letters the hope of seeing the unity between the sister Churches re-established in the near future.

6. The Second Vatican Council adopted the expression sister Churches to describe the relationship between particular Churches: “in the East there flourish many particular local Churches; among them the Patriarchal Churches hold first place, and of these, many glory in taking their origins from the apostles themselves. Therefore, there prevailed and still prevails among Eastern Christians an eager desire to perpetuate in a communion of faith and charity those family ties which ought to exist between local Churches, as between sisters.”2

7. The first papal document in which the term sisters is applied to the Churches is the Apostolic Brief Anno ineunte of Paul VI to the Patriarch Athenagoras I. After having indicated his willingness to do everything possible to “re-establish full communion between the Church of the West and that of the East,” the Pope asked: “Since this mystery of divine love is at work in every local Church, is not this the reason for the traditional expression ‘sister Churches,’ which the Churches of various places used for one another? For centuries our Churches lived in this way like sisters, celebrating together the ecumenical councils which defended the deposit of faith against all corruption. Now, after a long period of division and mutual misunderstanding, the Lord, in spite of the obstacles which arose between us in the past, gives us the possibility of rediscovering ourselves as sister Churches.”3

8. The expression has been used often by John Paul II in numerous addresses and documents; the principal ones, in chronological order, are the following:

In the Encyclical Slavorum Apostoli: “For us they [Cyril and Methodius] are the champions and also the patrons of the ecumenical endeavor of the sister Churches of East and West, for the rediscovery through prayer and dialogue of visible unity in perfect and total communion.”4

In a Letter from 1991 to the Bishops of Europe: “Hence, with these Churches [the Orthodox Churches] relations are to be fostered as between sister Churches, to use the expression of Pope Paul VI in his Brief to the Patriarch of Constantinople, Athenagoras I.”5

In the Encyclical Ut unum sint, the theme is developed above all in number 56 which begins in this way: “Following the Second Vatican Council and in the light of earlier tradition, it has again become usual to refer to the particular or local Churches gathered around their Bishop as ‘sister Churches.’ In addition, the lifting of the mutual excommunications, by eliminating a painful canonical and psychological obstacle, was a very significant step on the way toward full communion.” This section concludes by expressing the wish that the “traditional designation of ‘sister Churches’ should ever accompany us along this path.” The topic is taken up again in number 60 of the Encyclical: “More recently, the joint international commission took a significant step forward with regard to the very sensitive question of the method to be followed in re-establishing full communion between the Catholic Church and the Orthodox Church, an issue which has frequently embittered relations between Catholics and Orthodox. The commission has laid the doctrinal foundations for a positive solution to this problem on the basis of the doctrine of sister Churches.”6
II. Directives on the use of the expression

9. The historical references presented in the preceding paragraphs illustrate the significance which the expression sister Churches has assumed in the ecumenical dialogue. This makes the correct theological use of the term even more important.

10. In fact, in the proper sense, sister Churches are exclusively particular Churches (or groupings of particular Churches; for example, the Patriarchates or Metropolitan provinces) among themselves.7 It must always be clear, when the expression sister Churches is used in this proper sense, that the one, holy, catholic and apostolic Universal Church is not sister but mother of all the particular Churches.8

11. One may also speak of sister Churches, in a proper sense, in reference to particular Catholic and non-catholic Churches; thus the particular Church of Rome can also be called the sister of all other particular Churches. However, as recalled above, one cannot properly say that the Catholic Church is the sister of a particular Church or group of Churches. This is not merely a question of terminology, but above all of respecting a basic truth of the Catholic faith: that of the unicity of the Church of Jesus Christ. In fact, there is but a single Church,9 and therefore the plural term Churches can refer only to particular Churches.

Consequently, one should avoid, as a source of misunderstanding and theological confusion, the use of formulations such as “our two Churches,” which, if applied to the Catholic Church and the totality of Orthodox Churches (or a single Orthodox Church), imply a plurality not merely on the level of particular Churches, but also on the level of the one, holy, catholic and apostolic Church confessed in the Creed, whose real existence is thus obscured.

12. Finally, it must also be borne in mind that the expression sister Churches in the proper sense, as attested by the common Tradition of East and West, may only be used for those ecclesial communities that have preserved a valid Episcopate and Eucharist.

Rome, from the Offices of the Congregation for the Doctrine of the Faith, June 30, 2000, the Solemnity of the Sacred Heart of Jesus.

+ Joseph Card. Ratzinger, Prefect

+ Tarcisio Bertone, S.D.B., Archbishop Emeritus of Vercelli & Secretary
source
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20000630_chiese-sorelle_en.html



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Gabe Martini says   
May 27, 2014 at 2:04 PM   
Thanks, Maximus!
We’re not opposed to ‘ecumenism,’ properly done. But that requires admitting that there are real differences that separate us. And also admitting that we both believe there is one, true Church, and only one of us can be her.
I fear that most efforts on a large scale ignore this basic foundation.

About Gabe Martini
I serve as a subdeacon and catechist at St. Sophia Greek Orthodox Church in Bellingham, Washington.

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