"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

02 juillet 2014

Lorsqu'on ne vous pardonne pas... (Saint Jean Maximovitch / p. Tryphon EORHF)



(Publié en la fête de saint Jean Maximovitch, archevêque et thaumaturge, leçon vivante de pardon)


Il y a des gens qui insistent pour garder le ressentiment, souvent inventant dans leur tête des situations qui n'ont jamais existé, justifiant leur mauvais comportement et rejetant la faute sur autrui. Ils se voient eux-mêmes comme la partie victime, sont toujours rapides à se sentir offensés. Ils sont rarement capables d'avoir des relations saines, car ils sont en réalités eux-mêmes les abuseurs. Leur monde tourne autour d'eux-mêmes, et toute tentative par autrui de les appaiser ne fait que contribuer à leur comportement anti-social.

Un tel comportement trahit une profonde maladie spirituelle et psychologique, une qui n'est pas facilement guérissable. De telles personnes se sentent renforcées en rendant les autres mal à l'aise, et des tentatives normales de rapprochement se terminent souvent par l'échec, car de telles personnes aspirent sans cesse à d'autres manières pour continuer leur contrôle sur les autres. Leur maladie est difficile à guérir, car leur orgueil et leur sentiment de supériorité profondément ancré rend la repentance difficile, car ils ne se voient tout simplement pas comme ayant un problème.

La guérison de la maladie de l'âme se trouve dans la vie de l'Église, où Ses mystères sacrés (les Sacrements), Ses Écritures, et Ses divins Offices, sont la source de la guérison pour le coeur qui est ainsi atteint. Les Vêpres du Dimanche du Pardon sont une de ces sources pour commencer le processus de guérison, car c'est durant ce service-là que les fidèles, l'un après l'autre, prononce lesparoles "s'il te plaît, pardonne-moi pour toute blessure ou offense que je t'aurais causée de quelque manière que ce soit."

La réponse "Que Dieu te pardonne. S'il te plaît, pardonne-moi pour toute blessure ou offense que moi je t'aurais causée, de quelque manière que ce soit," est l'exemple de l'enseignement de l'Église disant que nous ne saurions pardonner aux autres que si nous avons le Christ en nous, car c'est le Christ Qui nous donne la puissance pour pardonner. Puisque Dieu nous pardonne, alors nous aussi nous savons pardonner.

Un Père du Désert racontait qu'un jeune moine était venu voir son ancien, se plaignant qu'il avait été choqué par un de ses frères, et suivant la sainte tradition du désert, il avait été trouver celui qui l'avait blessé, lui avait demandé pardon. Le frère dans l'erreur avait refusé, dès lors le frère blessé voulait savoir ce qu'il devait faire. L'ancien dit au jeune moine qu'il était reparti justifié aux yeux de Dieu, et qu'il n'y avait rien d'autre à faire pour lui, sinon prier pour son frère dans l'erreur.

Cette authentique histoire des Pères du Désert manifeste que nous devons toujours être rapides à pardonner à autrui, même si il était en tort, ne nous souvenant pas du tort subit, ni ne dépendant de la coopération de l'autre pour la réconciliation. Leur repentance n'est pas requise, car nous ne serons redevables que de notre propre réponse. Devant Dieu, nous serons justifiés.

Lorsqu'une autre personne refuse d'accepter notre sincère demande de pardon, nous devons être prêt à l'accepter, et à la quitter, sachant que nous avons accompli notre part. Des personnes abusives de ce genre savent, si nous les laissons faire, nous empêcher de vivre notre propre vie en Christ, car ils détournent notre attention du pardon qui vient du Christ. Lorsque nous nous en éloignons, de ces gens négatifs, nous partons après les avoir pardonnés, et nous nous consacrons à prier pour leur repentance. Il n'y a rien d'autre que nous puissions faire.

Gardant notre attention sur le Christ, nous ne répliquons pas, nous n'avons pas de ressentiment, et nous ne perdons pas notre paix intérieure. La maladie qui est à la base des gens abusifs et qui contrôlent tout ainsi, nous ne devons pas lui laisser la possibilité de nous enlever notre joie et paix intérieures, qui viennent de notre relation personnelle au Christ.

Pour lebien de votre propre âme, et pour l'âme de l'offensant, continuez à prier pour lui, mais allez votre propre chemin, "et la paix de Dieu, qui surpasse tout entendement, gardera vos coeurs et esprits par le Christ Jésus" (Phi 4,7).


Dans l'amour du Christ
Higoumène Tryphon



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