"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 août 2014

Saint Carloman, prince des Carolingiens puis moine au Mont-Cassien (756)

Pour celles et ceux qui dans l'Église portent un prénom dérivé de l'étymologie germanique - "karl", fort - Charles, Carole, Charlène, Caroline, etc - voici un saint patron intéressant à proposer. Reçu par un des derniers papes Orthodoxes de Rome - le Grec saint Zacharie!! - il me semble que c'est une garantie suffisante pour faire taire les éventuels grincheux qui n'aiment pas toute référence occidentale et veulent rebaptiser et surtout renommer à tout crin :

SAINT CARLOMAN, PRINCE FRANC PUIS MOINE AU MONT-CASSIN (+ 756)
Carloman fut le fils ainé de Charles Martel et de son épouse Chrotrude ou Rotrude, et frère du puissant Pépin, roi des Francs. Son père, qui mourut en 741, lui légua par testament le gouvernement des provinces d'Austrasie, de Souabe et de Thuringe.
Parvenu au faite de la gloire de ce monde et dégoûté tout à coup par ce monde, Carloman remit en 747 entre les mains de son frère Pépin le gouvernement de ses Etats, lui recommanda l'éducation de son fils aîné Drogon, et partit en pèlerinage pour Rome, où il sera reçu par l'évêque et pape Zacharie.
Après avoir satisfait à sa dévotion, il se rendit sur le mont Socrate, situé à quelques milles de Rome. Il y fit bâtir un monastère en l'honneur de saint Sylvestre, où il se tint quelque temps caché. Mais lorsque le lieu de son séjour devint plus connu, tous les nobles Francs de distinction qui allaient en pèlerinage à Rome vinrent le voir, et le troublèrent souvent dans sa contemplation et dans son commerce intime avec Dieu. Cela le détermina à quitter ce lieu, et il se rendit avec un seul de ses compagnons à l'abbaye des Bénédictins du Mont-Cassin, gouvernée à cette époque par Pétronax.
Bientôt on sut dans presque toute l'Europe que Carloman avait embrassé la vie monastique au Mont-Cassin, et qu'il était un modèle des vertus Chrétiennes. Tous les gens de bien louèrent Dieu et admirèrent la puissance de la grâce divine, qui opère des transformations aussi étonnantes chez ceux qui s'y ouvrent, et les fait préférer les conditions les plus humbles aux honneurs du monde.
Après avoir, pendant quelques années, édifié toute la communauté, il fut obligé, par un ordre de son abbé, de faire un voyage auprès de son frère Pépin, pour lui demander de faire cesser les ravages que les Lombards recommençaient à exercer en Italie. Nons n'avons pas de renseignements certains sur le succès de cette mission. On sait seulement qu'après s'en être acquité, il se mit en route pour revenir, et qu'il mourut dans un couvent de Vienne, en Dauphiné, ayant, par son humilité volontaire, imité son Sauveur. On ne peut préciser le jour de sa mort, mais elle arriva au mois d'août ou de décembre. Pépin envoya ses restes mortels dans une châsse d'or au Mont-Cassin, où ils furent enterrés avec honneur sous le grand Autel. Le nom de Carloman se trouve dans le martyrologe des Bénédictins."

Pour la petite histoire, un "collègue hagiographe caustique & orthodoxe" américain expose la manière dont cela s'est probablement passé, qui varie un peu du "martyrologe bénédictin" pourtant généralement fort fiable :
http://theoniondome.com/2013/08/17/august-17-saints-of-the-day-myron-mamas-and-carloman/

Il est vrai que souvent pour se débarrasser d'un concurrent sans le trucider parce que membre de la famille, on lui "proposait" de devenir moine. Dans la mentalité franque, perdre sa chevelure était la honte absolue, donc une fois tonsuré de force, terminé tout prestige et aucune obéissance à attendre de quelque soldat que ce soit.

Il n'empêche que quoi qu'il en soit du fond de l'histoire, il a bien terminé sa vie comme moine, dans la pénitence. Et l'acceptation par le patriarche d'Occident de sa "vocation" monastique vers une abbaye réputée pour son Orthodoxie "même au delà des chambardements théologiques nés de l'apparition du catholicisme-romain en Germanie puis partout en Occident", est, je pense, une caution largement suffisante pour l'accepter.

Tropaire à saint Carloman, Prince de France, (Natalice en 756 A.D.)
Fils du défenseur de la Foi Charles Martel,*
Tu résignas ta charge en faveur de ton frère.*
Et tu t'en allas vivre en moine en Italie.*
Tu vécus au Mont Cassin près de saint Benoît.*
En mission dans les Gaules, tu mourus à Vienne.*
Saint Carloman prie pour le Salut de nos âmes!


Source : notre ami le sous-diacre Claude Lopez-Ginisty
http://acathistes-et-offices-orthodoxes.blogspot.be/2013/08/racines-orthodoxes-mois-daout1730-aout.html

Il serait bon qu'un(e) iconographe orthodoxe en réalise une belle icône, sur base de celle de saint Dagobert II , en plaçant la couronne par terre, symbole de l'abandon du pouvoir de ce monde.



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