"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 septembre 2014

La grandeur de l’amour de Dieu pour les hommes (saint Syméon le Nouveau Théologien)

Race entière des hommes, rois et princes, riches et pauvres, moines et laïcs, écoutez-moi maintenant raconter la grandeur de l’amour de Dieu pour les hommes ! J’ai péché contre Lui comme aucun autre homme au monde…

Pourtant, je le sais, Il m’a appelé et j’ai répondu aussitôt. Il m’a appelé à la pénitence, et aussitôt j’ai suivi mon Maître. Quand Il S’éloignait, je Le poursuivais; ainsi Il partait, Il venait, Il Se cachait, Il apparaissait, et moi je ne retournais pas en arrière, je ne me décourageais jamais, je n’ai pas abandonné la course.

Quand je ne Le voyais pas, je Le cherchais. J’étais plein de larmes, j’interrogeais tout le monde, tous ceux qui, un jour L’avaient vu. Qui est-ce que j’interrogeais ? Pas les sages de ce monde ni les savants, mais les prophètes, les apôtres, les pères - les sages qui possèdent en vérité cette sagesse qu’Il est Lui-même, Lui le Christ, Sagesse de Dieu (1Co 1,24). Avec des larmes et une grande peine de cœur je leur demandais de me dire où, un jour, ils L’avaient vu.

Et, voyant mon désir, voyant que je considérais tout ce qu’il y a dans le monde et le monde lui-même comme rien à mes yeux, Il S’est fait voir tout entier à moi tout entier. Lui Qui est hors du monde et Qui porte le monde et tous ceux qui sont dans le monde en les tenant d’une seule main, les choses visibles comme les invisibles (Col 1,16), Il est venu à ma rencontre.

D’où et comment est-il venu ? Je ne sais pas. La parole est incapable d’exprimer l’inexprimable. Seuls connaissent ces réalités ceux qui les contemplent. C’est pourquoi, ce n’est pas avec des mots mais des actes qu’il faut nous hâter de rechercher, de voir et d’apprendre la richesse des mystères divins, celle que donne le Maître à ceux qui la cherchent.
Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)
Hymne 29, Sources Chrétiennes SC174, p. 317

Aucun commentaire: