"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 octobre 2014

La mission de l'Eglise, c'est d'évangéliser là où nous tous habitons! (p. John / Saint Tikhon)

Lectures du jour : Eph 5,33-6,9 & Lc 7,17-30

Aujourd'hui, nous commémorons saint Tikhon, patriarche de Moscou, et Illuminateur de l'Amérique du Nord. Bien qu'il aie achevé sa vie comme martyr en Union Soviétique (1925), il a passé ses années d'avant comme évêque en Amérique du Nord. Alors qu'il était ici, il aidait à établir et organiser ce qui était alors des paroisses Orthodoxes de populations immigrées d'origines ethniques variées. Il ordonna des prêtre, parcouru la nation, et même consacra ma (dixit p. John, ndt) paroisse d'origine, la cathédrale de la Protection de la Vierge, à Minneapolis.

Dans un sermon prononcé à New York en 1907, saint Tikhon a souligné la mission de l'Église Orthodoxe en amérique et son obligation d'évangéliser un peuple peu homogène et de cultures variées :

"Il est de notre obligation de partager notre trésor spirituel, notre vérité, notre lumière et notre joie avec ceux qui n'ont pas ces dons. Et ce devoir ne repose pas seulement sur les prêtres et les missionnaires, mais aussi sur les fidèles laïcs."

En cette fête, honorons la mémoire de saint Tikhon en partageant avec volonté notre Foi auprès des autres, dans l'espoir qu'eux aussi, un jour, possèderont la perle de grand prix.

P. John





Today's Scripture Readings:
Ephesians 5:33-6:9 & St. Luke 7:17-30

Today we commemorate St. Tikhon, Patriarch of Moscow and all Russia, Enlightener of North America. Although his life ended as a martyr in Soviet Russia (1925), he spent his earlier years as a bishop in North America. While here he helped to establish and organize what were thenOrthodox parishes of varying ethnic immigrant populations. He ordained priests, traversed the nation, and even consecrated my home parish, Protection of the Blessed Virgin Cathedral in Minneapolis.

In a sermon delivered in New York in 1907, St. Tikhon outlined the
Orthodox Church's mission in America and its obligation to evangelize
to a diverse, cross-culture of people:

"It is our obligation to share our spiritual treasure, our truth, our
light, and our joy with those who do not have these gifts. And this duty
lies not only on the priests and missionaries, but also on the lay
people as well."

On this feast, let us honor St. Tikhon memory by purposely sharing our faith with others, in the hopes that they, too, will one day possess the pearl of great price.

Fr. John
Archangel Michael Orthodox Church





source photos facebook

Ca fait médiatique, moderne, cool, ça plaît aux flagorneurs, et à ceux qui ne pensent qu'en termes d'amitié humaine, mais où est l'exemple des saints? Est-ce évangéliser son pays que d'aller discuter évangélisation et famille hors de l'Église? La Foi Orthodoxe - celle des 10 Conciles Oecuméniques, pas les "petites traditions et arrangements humains" postérieurs, non, la vraie Foi - ne prévoit pas non plus qu'on puisse être un "ethnarque", un évêque ne s'occupant que d'une ethnie ou culture.
Soit on est évêque et alors on est père pour la totalité des habitants du diocèse, sans distinction de race & langue & culture, un peuple que l'on doit amener à apprendre à connaître "la perle de grand prix"; et on doit s'occuper des jeunes, des couples, des familles, des enfants dès le plus jeune âge; développer la vie monastique autant que la vie familliale; veiller à ce que le peuple chrétien soit un acteur majeur dans la vie du pays, afin d'éviter qu'il ne sombre encore plus dans le paganisme ou quelqu'autre religion paléolithique; on doit être un père pour le diocèse qu'on a reçu par la grâce de Dieu (et les arrangements humains). Mais un père est père pour tous...
Soit c'est ce qu'on est et qu'on vit.. 

soit c'est ce que je vois, ce que tous voient.. et je préfère ne rien en dire de plus

Pardonnez-moi si je vous choque, telle n'est pas mon intention, mais grande est ma déception...




2 commentaires:

Antoine a dit…

Je ne sais plus quel saint père a dit qu'à la fin des temps c'est l'"Eglise" (au sens de l'institution) qui persécutera les Chrétiens.
Nous en sommes au premier stade, celui de la trahison des clercs.

Anonyme a dit…

Nous avons déjà pu voir une photo du Patriarche Bartholomée à un balcon, tenant le Pape Benoît XVI par le bras et le soulevant presque comme on présente un boxeur vainqueur sur un ring ; ce dernier, qui, comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a été l’auteur de la célèbre déclaration « Dominus Iesus » pointant les déficiences des églises non romaines. L’exemple vient de haut.
Vos réflexions sont en résonance avec des constats déjà anciens, sur la situation de l'Eglise orthodoxe. Ainsi, en 1955, dans le numéro 8 des Cahiers de la Pierre-qui-Vire, le Père jean Meyendorff publiait un article intitulé « l'Evêque et la communauté des fidèles dans l'Eglise orthodoxe ». Il y relève les déviations qui altèrent la fonction épiscopale, déviations qui peuvent être d’ordre collectif, avec l’intrusion du phylétisme : « l’unité catholique qui doit se réaliser localement autour de l’évêque, et, par lui, avec toutes les Eglises qui communient dans la Vérité, peut souvent heurter des sentiments « naturels ». Il ne s’agit là que d’un aspect du conflit entre le Royaume de Dieu et celui de ce monde, qui se poursuit à l’intérieur de nous-mêmes. Au sein de l’Orthodoxie,ce conflit se concrétise souvent autour d’un nationalisme ecclésiastique, …qui, surtout depuis le XIXème siècle, constitue une véritable maladie spirituelle dans de trop nombreux milieux orthodoxes » Peut-on dire que cet état de fait a évolué ? Certainement pas puisque les hiérarques de ces églises se refusent toujours à mener, dans les pays dits de « Diaspora » la moindre action d’évangélisation ou de prédication de la foi orthodoxe en dehors de leur troupeau « ethnique ». Le Père Jean insiste sur la signification ecclésiologique de l’évêque au sein de la communauté chrétienne : « Son rôle ne peut cependant être bien compris et devenir, par le fait même, une réalité vivante, que là où cette communauté existe réellement. C’est l’absence d’une véritable conception de la communauté qui transforme pratiquement les évêques en administrateurs et en bureaucrates …La tradition liturgique et canonique de l’épiscopat suppose, en effet, l’existence de la communauté, dont l’évêque est le chef à vie, à la fois parce qu’il a reçu le sacre épiscopal, et parce qu’il est accepté par son Eglise qui, dans les premiers siècles, l’avait même élu. »
Deux remarques : Quand dans un Synode, beaucoup d’évêques portent un titre d’évêché fantôme et n’ont pas de réel troupeau, quelle autorité ont-ils pour élire « à l’unanimité » un évêque parachuté pour un diocèse de la « diaspora », là où beaucoup n’auront jamais mis les pieds ? Quant aux évêques ainsi nommés, puisqu’il leur est interdit toute action missionnaire, n’est-il pas inéluctable qu’une part importante de leur activité soit consacrée aux relations politico-diplomatiques ? Je laisserai le mot de la fin au P. Jean, dont les conclusions de son article gardent toute leur actualité :
« La valeur essentielle de l’épiscopat dans son sens ecclésial et son cadre communautaire, fondés sur la nature sacramentelle du Corps de l’Eglise constitue certainement la réponse vraiment orthodoxe, au problème, si délicat en Occident du « cléricalisme », bête noire des Réformés. On ne peut dire pourtant que, dans la réalité, les normes soient sauvegardées. Nous avons besoin d’un renouveau ecclésial profond et continu : les indications très claires d’une liturgie toujours vivante et les règles canoniques toujours en vigueur dans l’Orthodoxie constituent des points de repère parfaitement suffisants, dans la mesure où c’est en elles et par elles que l’Eglise reste identique à elle-même et fidèle à son Seigneur. »