"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 octobre 2014

Sans sainteté, il n'est pas d'enseignement vrai (st Justin Popovic)


En dehors des saints, il n'est ni maîtres véritables, ni pédagogues; sans sainteté, il n'est pas d'enseignement vrai. Seul le saint peut être le vrai pédagogue et le maître; seule la sainteté peut être la véritable lumière. Le véritable enseignement, la véritable illumination, ne sont rien d'autre que le rayonnement de la sainteté. Seuls les saints sont les vrais illuminés.[...]

    Enseigner sans la sainteté, dispenser les lumières sans la sanctification dans l'Esprit Saint, c'est cela qu'a inventé l'Europe dans son idôlatrie humaniste. Et cela n'a pas de sens, car c'est par le culte du pape, par le culte des livres, par le culte de la machine ou par le culte de la mode, que se manifeste cette idôlatrie. Le véritable enseignement, -l'enseignement orthodoxe et évangélique- illumine l'homme par la lumière divine, et le conduit ("l'illumine") vers tout ce qui est immortel et éternel, divin et saint. C'est lui qui chasse tout péché et qui vainc toute mort, et c'est ainsi qu'il purifie l'homme, qu'il le rend saint et immortel, illimité et incorruptible."[...]

    Dans l'Occident européen, le christianisme s'est transformé graduellement en humanisme. Longtemps et avec persévérance , les occidentaux ont amoindri le Dieu-Homme, puis ils l'ont rabaissé au niveau de l'homme infaillible de Rome, et du non moins infaillible homme de Berlin. C'est ainsi qu'est apparu d'un côté le maximalisme christiano-humaniste occidental (papisme), qui retranche tout du Christ, et de l'autre côté, le minimalisme christiano-humaniste occidental (protestantisme), qui attend le moins possible du Christ - et souvent rien. Et les deux ont placé l'homme comme critère ultime à la place du Dieu-Homme. Ainsi s'accomplit l'effroyable tâche qui consiste à corriger le Dieu-Homme, son oeuvre et son enseignement !"

Saint Justin Popovic (1894-1979), in : "L'homme et le Dieu-Homme", trad. Jean-Louis Palierne, éd. L'Âge d'Homme, 1989

2 commentaires:

Euthyménès a dit…

Et que dire des orthodoxes qui sont fascinés par le papisme contemporain au point de tenir
des propos assez extravagants, comme on peut le constater ici:
http://orthodoxie.com/wp-content/uploads/2014/10/Chronique-RND_19_10_14.pdf
Ils ne sont même pas alertés par la canonisation systématique des papes du XXème siècle, ni par celle,à venir,sans doute de Pie IX,déjà béatifié, promoteur de l'infaillibilité pontificale, doctrine qui fut rejetée vigoureusement,en son temps, par les Patriarches orthodoxes qui avaient alors un peu de dignité.

Euthyménès a dit…

L'Orthodoxie en France a-t-elle engendré ses « Papimanes » pour employer un terme rabelaisien ?
On pourrait le penser lorsqu'on prend connaissance des chroniques d'un journaliste orthodoxe sur « Radio Notre Dame », dans l'émission « Lumières de l'Orthodoxie »,notamment celle du 28 décembre 2014, consacrée à l'adoration extatique du Pape actuel. Ce journaliste qui est porte-parole de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, chargé de la communication (mais oui...),nous confie : « Oui, mes chers amis je ne peux m'empêcher de parler du pape ! » On peut juger du niveau de la prestation en se référant au texte même de cette chronique , intitulée « Le monde tel qu'il devrait être ! L'Eglise telle qu'elle devrait être ! »,publié sur le site « Parlons d'Orthodoxie »,le 29 décembre 2014.Qu'en conclure ?