"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 décembre 2014

Origines du chant polyphonique découvertes "par hasard" (Cambridge)

Le hasard apporte un regard neuf sur les origines du chant polyphonique
Maev Kennedy
Mercredi 17 Décembre 2014 00.01 GMT
http://www.theguardian.com/music/2014/dec/17/polyphonic-music-fragment-origins-rewritten
Un étudiant PhD a découvert dans la British Library un fragment qui suggère que la musique polyphonique moderne aurait une évolution bien plus ancienne que ce qu'on ne croyait.

Quelques lignes de musique écrites il y a 1.100 ans d'ici, découvertes par hasard par un étudiant en postgraduat dans un manuscrit de la British Library, s'avèreraient être le plus ancien exemple de musique polyphonique chorale, où les voix chantent diverses mélodies combinées pour former une seule composition.

Le morceau de musique, qui ne devait pas durer plus de quelques secondes, était écrit au bas d'une page d'un portrait d'un saint et a été daté des alentours de l'an 900 apJC. Bien qu'il existe de très antiques traités sur une telle musique, la découverte est le plus ancien exemple concret prévu pour être utilisé par des chantres - le plus ancien connu jusqu'alors étant d'une collection appelée le Winchester Troper, originellement composé pour la cathédrale de Winchester et daté des alentours de l'An Mil.

Cette courte composition dans une louange à saint Boniface a été découverte par hasard par Giovanni Varelli, un étudiant en licence du St John’s College, Cambridge, alors qu'il était interne à la British Library. Varelli, qui se spécialise dans l'ancienne notation musicale, a remarqué que ce morceau était écrit pour deux voix. Il croit que son importance n'avait pas été remarquée par les autres érudits à cause de la notation, qui prédate l'invention de la portée, et est difficile à lire pour le non-spécialiste.

Il dit que l'anonyme compositeur était déjà à expérimenter avec le style, rompant avec les règles d'alors. "Ce qui est intéressant ici, c'est que nous assistons à la naissance de la musique polyphonique, et nous ne voyons pas ce que nous attendions. Typiquement, la musique polyphonique est vue comme s'étant développée d'un ensemble de règles fixes et d'une pratique presque mécanique. Cela change la manière donc nous comprenons ce développement précisément parce que celui qui a écrit ceci rompait ces règles. Cela montre que la musique de l'époque était dans un état de flux et de développement. Les conventions étaient moins des règles à suivre qu'un point de départ d'où l'on pouvait explorer quelques nouveaux chemins de composition."

Bien que le compositeur et l'origine du manuscrit soient inconnus, Varelli, qui a déployé un intense travail de recherche autour de sa découverte, croit que le style de notation, connu comme Paléofranque Orientale, suggère qu'il viendrait d'un monastère de la région de Düsseldorf ou Paderborn, dans le nord-ouest de l'Allemagne contemporaine (*).

Ce morceau avait été écrit sur l'espace libre au bas d'une page de la vie de l'évêque Maternianus de Reims. Un autre scribe a ajouté une inscription en latin au sommet de la page, qui dit ceci "lequel est célébré le 1er décembre." Varelli dit que la date l'a aidé à rechercher l'origine du manuscrit, parce que bien que la plupart des monastères célébraient ce saint le 30 avril, nombreux en Germanie l'indiquaient au contraire au 1er décembre.

Le style allait être afiné et développé pendant des siècles, devenant bien plus élaboré qu'un simple chant pour deux moines.

"Les règles ici appliquées ont posé les fondations pour ceux qui ont développé et gouverné la majorité de l'histoire musicale occidentale du millénaire suivant. Cette découverte montre comemnt ils ont évolué, et comment ils existaient dans un état de constante transformation, aux alentours de l'an 900."

 
Quintin Beer (à gauche) et John Clapham (à droite), tous deux en pré-graduat en musique à St John’s College, Université de Cambridge. Filmé par Ryan Cronin


Ndt : (*) L'on se rappelera que la ré-évangélisation de la Germanie a été (vainement) tentée entre autres depuis l'Allemagne, par des descendants chrétiens orthodoxes des envahisseurs Saxons du milieu du 1er millénaire. Le plus illustre d'entre eux, Saint Boniface (5 juin), évangélisateur, évêque de Mayence et martyr, à qui ce tropaire est dédié, est né à Kirton dans le Devonshire, avant de mourir en Germanie en 734.
 

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